film uneAprès son premier long métrage « Ma belle-sœur à tout prix », qui lui a valu le troisième prix Burkina Sucess, trophée qui récompense les films qui font le plus d’entrées en salle au cours de l’année, le jeune réalisateur Yves Edgard Bonkoungou renoue avec les salles obscures à travers un deuxième long métrage. « Maman oublie-moi » est une œuvre de fiction de 90 minutes coréalisée et coproduite avec Bavukahe Dos. A l’occasion de la prochaine sortie en salle de l’œuvre filmique, Radars Info Burkina est allé à la rencontre d’Yves Edgard Bonkoungou.

RIB : Parlez-nous un peu de votre deuxième long métrage coréalisé avec Bavukahe Dos et qui sort très bientôt.

YEB : « Maman oublie-moi » est un long métrage de 90 mn qui parle d’une petite famille dont le chef de ménage est taximan. Il se débrouille, malgré le peu qu’il gagne avec son activité, pour mettre sa famille à l’abri du besoin. Sauf que sa femme est très exigeante et rêve de vivre dans un grand confort. Son mari n’arrivant pas à lui offrir cela, elle fait la rencontre d’un homme très riche. Elle quitte alors son époux et sa fille pour aller vivre avec celui-ci. Le  mari est alors obligé de jouer à la fois le rôle de père et de mère pour leur fille. Son ex-femme, de son côté, a eu la vie de rêve qu’elle voulait tant, mais elle sera confrontée à beaucoup de difficultés parce qu’elle ressentira le manque de sa fille qu’elle a abandonnée. Elle demande à son nouveau partenaire de lui faire un enfant, chose que celui-ci refuse pour un certain nombre de raisons.

RIB : Quels sont les principaux thèmes que vous abordez dans cette fiction ?

YEB : L’élément principal que nous avons voulu mettre en relief, c’est l’éducation des enfants. Nous constatons beaucoup de divorces actuellement et cela joue énormément sur l’éducation des enfants. Outre cela, il y a beaucoup d’autres thèmes comme l’amour, l’unité de la famille mais aussi l’homosexualité.

RIB : Quelle leçon voulez-vous donner aux cinéphiles qui iront suivre le film ?

YEB : Notre objectif est vraiment de résoudre les problèmes que traversent les couples et qui conduisent à la séparation, au divorce. Car les problèmes de couple ne manquent jamais et il ne faut pas nécessairement être riche pour être heureux. Chacun doit vivre selon ses moyens. Quel que soit le problème rencontré dans la vie à deux, on doit pouvoir en discuter et trouver un terrain d’entente et penser à sa progéniture qui sera affectée en cas de séparation. En outre, il faut aussi que les femmes sachent que tout ce qui brille est or. Il ne faut pas penser que la richesse vient miraculeusement, car certaines fortunes ont des sources occultes. C’est donc mieux de vivre heureux avec le peu de moyens qu’on a que de vivre avec une personne immensément riche mais dont la fortune n’a pas été honnêtement acquise.

RIB : Sur l’affiche, on voit des acteurs que l’on découvre pour la première fois à l’écran, pourquoi ce choix ?

film 2YEB : Nous avons voulu essayer quelque chose de nouveau avec de nouvelles têtes, mais aussi donner la chance à ceux qui aiment le cinéma et qui rêvent de jouer dans un film de réaliser ce rêve. Ce qu’il faut retenir, c’est que le casting était ouvert à tous les acteurs. Même si ce ne sont que des acteurs secondaires que nous avons pu retenir au cours du casting.  Parce qu’on n’a pas trouvé ceux qu’on recherchait pour incarner les rôles principaux parmi ceux qu’on a auditionnés. Et jusqu’à ce qu’on procède au casting, nous n’avions que l’actrice principale. C’est sur le terrain finalement que nous avons pu avoir ces acteurs qui nous manquaient.

RIB : Beaucoup de réalisateurs se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent dans la recherche de financement, comment avez-vous fait pour réunir les moyens nécessaires à la réalisation de ce film ?

YEB : Nous n’avons pas eu les moyens nécessaires, vu que nous avons frappé à plusieurs portes sans succès. Mais nous n’avons pas attendu ces moyens pour démarrer le projet. On s’est juste dit qu’avec ou sans l’aide d’un partenaire, nous allions réaliser ce film. Nous avons mis le paquet sur la qualité parce qu’à la base nous sommes des techniciens donc on avait une idée du matériel qu’il nous fallait pour faire une œuvre de qualité qui respecte les normes à l’international et qui peut être compétitive, même hors du continent. Nous avons produit le film sur fonds propres. Et c’est notre passion pour le cinéma qui nous a beaucoup motivés mon coréalisateur et moi tout au long de cette expérience. C’était difficile mais pas impossible. Au départ, nous avions un budget de 30 millions et face au manque de moyens, nos fonds personnels investis s’élèvent à 10 millions de francs CFA. Et comme nous sommes des techniciens nous avons fait nous-mêmes pas mal de choses comme le son, les images, la lumière, avec l’aide de quelques assistants. On aurait voulu avoir tous les techniciens sur le plateau, ne pas avoir à faire deux, trois choses à la fois parce que ça épuise. Mais on n’avait pas le choix et heureusement tout s’est bien passé.

RIB : Comment comptez-vous vous y prendre pour faire voir le film par le plus grand nombre de personnes aussi bien sur le plan national qu’à l’international ?

YEB : Nous avons déjà lancé la promotion sur les réseaux sociaux un mois avant la sortie du film. Et même en ville, nous avons mis des affiches géantes à plusieurs points stratégiques des principales artères. En plus du Burkina où le film sera projeté dans plusieurs villes, nous prévoyons de le faire voir au Congo, en Côte d’Ivoire et au Mali. Il y a également des chaînes de télévision qui nous ont approchés pour acheter le film. Mais la vente ne se fera qu’après la diffusion dans les différentes villes et les pays cités précédemment. Nous comptons faire de ce film un succès international. Pour Ouagadougou, la première phase de projection est prévue au Ciné Burkina du 17 au 30 juin. Après cela, on le projettera aussi au Ciné Neerwaya et dans les autres salles de la capitale.

RIB : Un dernier mot ?

YEB : Nous invitons tout le monde à aller voir le film car il éduque et ouvre l’esprit.

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo

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