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houseDieudonné Maurice Bonanet, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, au cours d’une récente conférence de presse, affirmait qu’il était impossible de trouver 18 millions de parcelles pour en attribuer une à chaque Burkinabè. Il faut donc, selon lui, que les habitants du pays des hommes intègres apprennent à vivre dans des logements collectifs. On entend par logement collectif un type d’habitat rassemblant plusieurs logements au sein d’un même bâtiment. L’habitat collectif prend généralement la forme d’un immeuble comportant plusieurs appartements. Ce type de logements, généralement à loyer modéré, permettraient-ils de résoudre la crise du logement que le Burkina Faso traverse actuellement ? C’est ce que Radars Info Burkina a voulu savoir en tendant son micro à plusieurs citoyens.

Pama Nébié, Secrétaire général de la Coalition des associations pour la défense du droit au logement : « Ce qu’il faut retenir, pour notre part, c’est que déjà nous constatons que des Burkinabè vivent dans des logements collectifs. Quand vous prenez les célibatériums, ce sont quand même des logements où les gens vivent dans une cour commune. Plusieurs familles s’y côtoient et il n’y a aucun problème. Ce sont les conditions d’accès à ces logements qui posent problème. Donc il n’y a pas à dire aux gens d’apprendre ce qu’ils savent déjà faire. Deuxièmement, la crise du foncier tient au fait que l’offre est très faible et que l’Etat n’a pas pris la question à bras-le-corps. pemaPour le moment, il ne construit pas de logements collectifs où les populations peuvent habiter même si c’est sous forme de location. Il est vrai que nous défendons le droit au logement, nous n’avons pas demandé qu’on attribue à chaque Burkinabè une parcelle à titre de propriété privée, ce qui est impossible, nous le savons. Nous pensons que si l’Etat s’investissait dans la construction de logements collectifs pour les mettre en location au bénéfice des populations pauvres et, bien entendu, à des prix étudiés et abordables, cela contribuerait à résoudre la crise du logement ». 

Aïcha Zango, journaliste : « C'est connu de tous, le Burkinabè demeure attaché à la terre. Avoir une maison est parfois tout le combat d'une vie. Les habitats collectifs peuvent, à mon sens, résoudre un tant soit peu le problème de « bidonvilisation croissante » des quartiers, surtout à la périphérie des grandes villes. Mais tout dépendra du loyer de ces logements. zangoUn Burkinabè qui a par exemple 100 000 FCFA comme salaire mensuel pourrait-il cotiser pour ces logements et vivre dignement ? Pour moi, la question reste posée. Il va falloir vraiment au ministère un projet susceptible de convaincre les Burkinabè et avoir leur adhésion sinon, l'État va réaliser des logements  collectifs mais les non-lotis vont aussi continuer à s'étendre ».

Pelaga Soudré, membre d’une association pour la défense du droit au logement : «  Pour moi au Burkina Faso nous ne sommes pas encore à ce stade-là. Ça peut venir mais pas tout de suite. Les logements collectifs peuvent faire partie des solutions pour résoudre la crise du foncier, mais vraiment pour le moment je trouve que notre pays n’est pas prêt. Le Burkina n’a pas les moyens de construire des logements collectifs à niveau, surtout avec les problèmes d’eau que nous vivons au quotidien. En plus, les escaliers pour les enfants et les personnes âgées, ça ne sera pas facile. Pour moi, le mieux est d’octroyer au moins une parcelle à chaque chef de ménage. C’est la meilleure solution pour le moment ».

Grégoire Yaméogo, agent de la fonction publique : « Le rêve de toute personne, surtout de tout chef de famille, c'est d’avoir un toit pour loger les siens.  Et cela passe par l'acquisition d'une parcelle que l'on va mettre en valeur. Mais si au regard de la situation et du nombre croissant des populations on se retrouve obliger à vivre dans des logements collectifs, pourquoi pas. Pour moi le plus important, c'est que ces logements soient accessibles, autant dans leur coût que dans leur situation géographique, au plus grand nombre de Burkinabè. Parce que construire des logements carrément à la sortie de la ville,  sans route d'accès et souvent avec des problèmes d'approvisionnement en eau,  ça ne risque pas d'attirer beaucoup de gens. Mais si le projet est bien pensé et bien réalisé, avec des modalités d'accès souples,  je crois que ces logements pourront soulager un grand nombre de Burkinabé en quête de logement décent ».

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo

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