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cesa uneL’idéal est qu’une femme, pour accoucher, le fasse par voie naturelle. Mais il arrive souvent que certaines femmes finissent par enfanter par césarienne. Pour comprendre l’état actuel de la pratique de l’accouchement par césarienne et les problèmes qui y sont liés, nous avons rencontré le Dr Boubacar Touré, gynécologue accoucheur au Centre hospitalier universitaire (CHU) Yalgado Ouédraogo. Il ressort de l’entretien qu’en moyenne 10 à 15 césariennes sont pratiquées par jour à Yalgado.

Selon le Dr Boubacar Touré, beaucoup de césariennes sont pratiquées au CHU Yalgado Ouédraogo, puisque les femmes qui ne peuvent pas être prises en charge pour césarienne ou pour une complication dans les formations sanitaires en périphérie y sont évacuées. «Nous avons entre 40 et 60% de nos femmes évacuées qui le sont pour des césariennes. En moyenne, on pratique entre 10 et 15 césariennes par jour», a indiqué le gynécologue accoucheur. Il poursuit en notant la légère baisse du phénomène due à la création des deux CHU (Tengandogo et Bogodogo) à Ouagadougou. «Ça nous a soulagés un moment. Mais avec une  population  à la démographie galopante, nous sommes en train de revenir aux chiffres d’avant », a-t-il ajouté.

Trois raisons principales expliquent la pratique de la césarienne. Premièrement, elle est pratiquée pour sauver la vie d’une mère si elle est en danger, deuxièmement pour sauver la vie de l’enfant. «Mais au-delà de l’enfant, ce que nous voyons, c’est le capital cérébral ; il faut que l’enfant naisse sain. Nous voulons qu’il naisse avec toutes ses capacités intellectuelles et  puisse être au service de la nation », a précisé Dr Touré. Enfin, la césarienne est pratiquée pour sauver à la fois la mère et l’enfant.

cesa 2Mais il arrive que des femmes enceintes, sans contrainte médicale, demandent volontairement à accoucher par césarienne. «C’est vrai qu’il y a des femmes qui viennent demander la césarienne, mais il est strictement interdit par la loi de faire une césarienne par complaisance. En effet, les césariennes doivent avoir des indications précises médicales. Mais s’il n’y a aucun danger, il faut savoir que l’acte chirurgical n’est pas banal. C’est extrêmement dangereux. On n’opère pas parce qu’on veut s’amuser. Donc on ne peut pas faire une césarienne parce que la femme la veut », a-t-il souligné.

Pour lui, comme raisons qui incitent ces dernières à en faire la demande, il y a le fait que dans les discussions, elles pensent que le travail d’accouchement est douloureux parce qu’il y a des contractions utérines. En plus, il y a la peur et la non-pratique de l’accouchement sans douleur dans les formations sanitaires nationales. « Mais l’accouchement sans douleur est pratiqué dans certains pays développés de même qu’au  Mali. Dans les années, à venir il y a un programme pour développer l’accouchement sans douleur dans tout le Burkina », a fait savoir  le Dr Touré.

L’accouchement sans douleur est une sorte d’anesthésie qui n’est pas générale qu’on appelle anesthésie locorégionale. « La femme a des contractions utérines, elle les sent mais elle ne sent pas la douleur jusqu’à l’accouchement », a expliqué le gynécologue.

La gratuité des soins des femmes enceintes dans les hôpitaux publics n’est pas sans impact sur la pratique des césariennes. Il y a la rupture du stock de certains médicaments, des intrants et consommables. « Parfois, il nous manque des tissus papiers  stériles et les habits stériles que doivent porter les chirurgiens. Si ces choses nous manquent, l’intervention est impossible. Nous ne prescrivons pas les médicaments parce qu’on le veut. Jusqu’à présent, la gratuité des soins  marche  mais ce n’est pas encore arrivé, comme on le dit », a-t-il affirmé.

Selon lui, un des points de discussion entre le gouvernement et le syndicat de la santé, c’est l’amélioration des conditions de travail ainsi que celle de la gratuité des soins.

Aly Tinto (Stagiaire)

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