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pech uneLe Burkina Faso, pays enclavé, produit environ 30 000 tonnes de poisson dans l’année. Cette production nationale ne peut satisfaire la demande intérieure, ce qui oblige le pays à importer des quantités importantes de poisson. Au barrage de Tanghin, nombreux sont les pêcheurs citadins qui trouvent leur pain quotidien. Nous sommes allés à leur rencontre. Ils ont comme principale préoccupation  la raréfaction de la ressource piscicole dans cette retenue d’eau. Mais la surexploitation du barrage par les intéressés demeure la principale cause de cette situation, selon la direction de la Pêche.

Il est difficile de passer, quelle que soit l’heure, à côté du barrage de Tanghin, dans la capitale burkinabè, sans apercevoir des pêcheurs en pirogues à la surface de l’eau. Ils sont nombreux, ces pêcheurs qui ont pour occupation journalière de prélever du poisson de cette retenue d’eau pour aller le vendre pour subvenir aux besoins de leur famille. Charles Tassembédo, un pêcheur que nous avons trouvé dans sa pirogue en train de sortir de l’eau avec son butin, a 20 ans de carrière dans ce domaine. Selon lui, le barrage enregistre environ 30 pêcheurs dans la journée et les poissons pêchés sont généralement des silures et des carpes. «Je gagne souvent entre 5 et 6 kilogrammes de poissons. Sauf pendant la saison pluvieuse où je peux espérer avoir plus que cette quantité. Vraiment la ressource piscicole est en train de s'amenuiser. Avant il y en avait beaucoup», a avoué Charles Tassembédo. Il ajoute que cette  situation de manque de poisson incite beaucoup d’entre eux à ne pas se procurer un permis de pêche qui coûte 8000 F CFA l’année.  

Quant à Fayçal Koanda, il a 15 ans de service dans la pêche et n’a pas d’autre activité. Il doit pêcher du barrage entre 10 et 15 kg de poisson par jour. Mais il y a des jours où il n’arrive même pas à obtenir 5 kg. C’est à travers cette activité qu’il parvient à subvenir aux besoins de sa famille. «La quantité de poisson diminue d’année en année, et l’Etat de son côté ne nous aide pas avec du matériel de pêche ou en désensablant le barrage. Voilà pourquoi nous ne cherchons pas à nous procurer un permis de pêche. Nous aussi nous sommes des fils de ce pays, nous avons même secouru des gens dans l’eau ici», s’est plaint M. Koanda.

pech 2Pour lui, cette situation de pénurie de ressources en poissons dans le barrage s’explique par la présence de la jacinthe d’eau et la pollution de l’eau par les déchets qui y arrivent par le grand canal. Les déchets et la jacinthe, selon les pêcheurs, sont à l’origine de la rareté de la ressource en poissons et en même temps compliquent leur navigation et détruisent leurs filets.

Mais nous avons rencontré Karim Zongo, chef de service des petites et moyennes pêcheries, à la direction de la Pêche, pour avoir sa lecture de cette situation de faible quantité de poisson dans le barrage de Tanghin. Pour lui, la raison principale c’est la surexploitation du barrage par les pêcheurs car dans le passé, on y trouvait des carpes, des capitaines de 3 kg. « C’est une ressource naturelle soumise à la surexploitation. Le barrage est en permanence exploité par un effectif pléthorique de pêcheurs. Il y a des gens qui vont pêcher  toute la nuit, et la matinée d’autres leur succèdent pour y passer la journée. Ce rythme est au-delà de la norme », a confié M. Zongo.

Dans ses explications, il a également souligné que certains types de matériel,  notamment les filets utilisés pour capturer le poisson,  ne sont pas conformes à la réglementation. « Vous allez constater qu’ils utilisent des filets à faible maillage, ce qui n’est pas normal, et pire d’autres utilisent  des moustiquaires comme  filets de pêche. Ainsi, même les  alevins tombent dans le piège, par conséquent la reproduction devient impossible », a-t-il ajouté.

pech 3Selon lui, il y en a parmi ces pêcheurs qui disposent d’un permis et qui partent même dans d’autres régions du pays pour chercher le poisson, maintenant ceux qui ne disposent pas de permis sont les occasionnels. Ces derniers échappent à la réglementation et ne sont pas inquiétés parce que la direction de la Pêche n’est qu’une structure d’accompagnement et d’encadrement et non une structure de répression. La répression en la matière relève du ministère de l’Environnement.

La solution à ce problème de manque de ressources en poisson dans le barrage de Tanghin, c’est l’empoissonnement. « Nous leur avons dit que s’ils peuvent se discipliner, nous allons venir procéder à l’empoissonnement en y introduisant des alevins. Parce que sans la discipline, dès le lendemain de l’empoissonnement, ils vont tout racler. Il est vrai que nous voulons les aider mais eux aussi à leur niveau, ils doivent faire preuve de bonne volonté et de compréhension », a fait savoir Karim Zongo.

Ainsi, il leur conseille de bien s’organiser pour espérer non seulement l’aide publique mais aussi des ONG, de suivre les conseils des agents d’encadrement, de trouver d’autres activités parallèles pour ne pas rester une communauté vulnérable, d’entreprendre également l’élevage des poissons qui n’est pas interdit sur le site du barrage.

Aly Tinto (Stagiaire)

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