3Depuis le début des interrogatoires, les militaires passés à la barre du juge Seidou OUEDRAOGO, ont désigné le sergent-chef Roger KOUSSOUBE dit le Touareg, comme étant l’une des pièces maitresses de ce coup de force perpétré contre les autorités de la Transition en septembre 2015. Mais ce mardi 10 juillet 2018, face au tribunal, Le touareg a réfuté toutes les accusations portées à son encontre. Mieux, il dit avoir joué les seconds rôles dans cette affaire.

 

Le Touareg, le fidèle, l’infiltré dans le camp des pro-BASSOLE ! C’est en ces termes que l’on peut résumer le rôle et la personne du sergent-chef Roger KOUSSOUBE dit le Touareg à l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP) après l’insurrection des 30 et 31 octobre, après qu’il ait vidé son sac ce mardi à la barre du juge Seydou OUEDRAOGO. En effet, si l’on se fie à son grand déballage de ce jour, après l’insurrection populaire, le RSP était divisé en trois (03) camps. On avait celui de ceux qui étaient restés fidèles au corps avec à leur tête les chefs de corps tels que le commandant PORGO. Il y avait aussi ceux qui avaient pris faits et causes pour le premier ministre de la Transition, le général Yacouba Isaac ZIDA. De ceux-là, on peut citer le sergent COMPAORE et le soldat NADIE qui avaient pour rôle selon lui d’intoxiquer les autres jeunes. Pour ce faire, leurs cibles étaient les jeunes en difficulté, à qui ils remettaient de l’argent pour les avoir dans leur rang. Le dernier camp était celui des pro-BASSOLE où on pouvait compter le major BADIEL, et l’adjudant NION comme étaient parmi les fidèles du général Djibril BASSOLE, à qui ils donnaient certaines informations. « Avant, pendant et après l’arrestation du général BASSOLE, c’est le major BADIEL qui lui donnait les informations », a-t-il confié.

003De ces trois camps, le sergent-chef KOUSSOUBE dit être parmi les fidèles au corps, même s’il donnait des informations aux pro-ZIDA. Cela, parce que le premier ministre de la Transition, par ailleurs, patron des renseignements au RSP avant la chute du président COMPAORE lui avait demandé de travailler à accompagner la Transition. Il dit n’avoir jamais rencontré ZIDA pendant la transition et que c’est son chef d’unité, le capitaine Flavien KABORE qui était leur canal de communication, car c’est à lui, qu’il transmettait les informations pour ZIDA. Toutefois, il reconnait avoir reçu de l’ex premier ministre la somme de huit millions (8 000 000) de francs CFA en deux tranches de quatre millions (4 000 000) chacune et une puce MTN Côte d’Ivoire avec cinquante mille (50 000), car il devait recevoir un appel. Cet appel, il dit ne l’avoir jamais reçu. C’est ZIDA lui-même qui par fini, l’a appelé sur ce numéro. Lequel appel qui a d’ailleurs enregistré et qui a circulé entre temps sur les réseaux sociaux.

Selon lui, depuis l’avènement de la Transition, ce n’était plus le grand amour entre ZIDA et certains hauts gradés du corps comme le général DIENDERE et le colonel-major KERE. D’ailleurs, le général en avait conscience. « Après les évènements du 29, les jeunes traitaient le général de traite, car ils les appelaient à en finir avec ZIDA, mais sa réponse était : ce n’est pas notre objectif. Restez prudents, ne vous laissez pas embarquer. Si quelque chose arrive à la transition, ils vont m’accuser, ils vont vous accuser. Le général depuis sa note d’affectation, ne venait plus au camp », a-t-il expliqué.

08Pour lui, ses frères d’armes déjà passés à la casserole du juge OUEDRAOGO, veulent lui faire porter un chapeau qui ne l’appartiendrait pas. En effet, il dit n’avoir jamais communiqué avec le général DIENDERE sur un quelconque coup d’Etat. Aussi, soutient-il n’avoir jamais porté l’information de l’arrestation des autorités de la transition à ses supérieurs, comme BADIEL. « Je ne suis qu’un sergent-chef et il y  avait des dizaines d’officiers au RSP. Pourquoi, le général m’aurait-il chargé de cette mission ? », a martelé le Touareg qui estime qu’entre le général et lui, il n’y avait cette intimité et cette grande confiance qui puisse lui permettre de faire fie des officiers avec qui il a travaillé des années durant, pour lui confier cette lourde information. Il affirme du reste que tout ce qu’il a eu faire jusqu’au coup d’Etat est connu de son con commandement à qui il faisait à chaque fois le compte-rendu.

D’ailleurs, il affirme avoir été exposé aux faits, une fois arrivé au camp sur appel de Florent NION. « Le 16 septembre, j’étais en ville pour rejoindre mon pied-à-terre situé à Koulouba, derrière l’ancienne Assemblée nationale, quand j’ai reçu un appel de Florent NION. C’était aux environs de 13h. Il m’a demandé de venir au palais avec Lahoko Mohamed ZERBO et Sami DA. C’est pourquoi, je les ai appelés. Arrivé au palais, le poste d’entrée était fermé. J’ai donc fait le tour pour entrer par le poste perroquet. Une fois dans la cour du palais, j’ai encore fait le tour pour me retrouver côté Est du palais. Je me suis garé, j’ai vu beaucoup de véhicule en mouvement. Rambo est venu aussi garé. J’ai vu le major BADIEL sous le hall et il y avait des véhicules qui emmenaient les autorités de la transition, notamment le président KAFANDO. Alors, le major BADIEL adit : allez chercher le général. Dans le véhicule, il y avait Rambo, qui était le conducteur, NION, le chef de bord et BIRBA. J’ai aussi embarqué avec eux, puisque celui qui m’a appelé de venir (NION) était dans ce véhicule. C’est une fois dans le véhicule qu’il m’a fait savoir que c’était une ènième crise. J’ignorais que c’était un coup d’Etat. Arrivé au domicile du général, on est descendu. Rambo, BIRBA et NION &tait devant et moi derrière. Je me suis renseigné avec la garde du général qui m’a dit qu’il dormait. Après avoir jeté un coup d’œil sur la terrasse où il n’y avait personne, je suis reparti à mon pied-à-terre pour me mettre en tenue. Je sui revenu au domicile du général, puis on est allé au PC où le général a eu une rencontre avec les officiers. Après, il est ressorti avec KERE pour le CMGA. Je devais faire parti du cortège, mais je ne me sentais pas, donc j’ai demandé à Sami DA de me remplacer », a-t-il expliqué.

006En outre, il dit n’avoir eu que trois missions à l’extérieur du camp au cours des évènements du 16 septembre. Celle de KERE qui était d’escorter l’ancien président Jean Baptiste OUEDRAOGO, celles du major BADIEL qui était de dégager les barricades au niveau de IAM, CFAO et du SIAO et celle de sécuriser la zone de l’hôtel Libya.

En clair, de ce qui s’est passé pendant le putsch, le Touareg se dédouane, car il dit n’avoir jamais reçu d’instruction du général pour qui que ce soit et n’a jamais fait parti du commando qui a arrêté les autorités et d’une quelconque réunion préparatoire. Bien au contraire, il dit avoir plutôt travaillé dans les renseignements afin d’éviter les crises et tout ce qu’il faisait n’était pas ignoré de son chef de corps à qui il rendait permanemment compte. Il dit avoir quitté le pays pour la Côte d’Ivoire, car sa vie et celle de sa famille était menacée. D’ailleurs, à l’en croire il dit vider son sac à la barre, mais craint toujours pour la vie de sa famille

En rappel, le Touareg est poursuivi dans cette affaire pour atteinte à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires, dégradation aggravée de biens et incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline. Des faits, qu’il a partiellement reconnu.

Son sac, il ne l’a pour le moment pas complètement vidé, car son interrogatoire continu demain matin.

 

Candys Solange PILABRE/ YARO

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