à la uneUn peintre en bâtiment, c’est l’ouvrier responsable de l’application de la peinture sur un bâtiment. Il « habille » les murs et le plafond, maîtrise l’art de la finition et assure l’entretien des habitations. Ce noble métier est  majoritairement pratiqué par des hommes, très peu de femmes s’y intéressant. Et beaucoup le considèrent comme un « métier d’homme » car en plus d’être salissant, il comporte une certaine pénibilité étant donné que celui qui l’exerce est amené à être suspendu dans les airs à longueur de journée. Mais ce n’est pas l’avis de Mariam Tassembédo, dont l’histoire d’amour avec le pinceau dure depuis plus de huit ans. Pour connaître ses motivations et les difficultés liées à l’exercice de son métier, Radars Info Burkina (RIB) est allé à la rencontre de cette « Princesse au pinceau ».

 

Radars info Burkina : En tant que femme, pourquoi avoir choisi ce métier qui est, a priori, réservé aux hommes ?

Mariam Tassembédo : Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école. Si j’avais fréquenté, j’aurais pu obtenir des diplômes et occuper un haut poste de responsabilité. Mais compte tenu de ma situation, j’ai été obligée de choisir parmi les possibilités qui s’offraient à moi. C’était aussi pour ne pas rester à me tourner les pouces et attendre que quelqu’un s’occupe de moi ; je n’approuve pas cela. C’est ainsi que j’ai appris la peinture, un métier que j’exerce depuis plus de huit  ans, et je gagne bien ma vie.

RIB : En tant que femme, quelles sont les difficultés liées à ce métier ? Avez-vous déjà, par exemple, eu un accident de travail ?

deuxieme photoMT : Le métier n’est pas simple. Nous y rencontrons un certain nombre de difficultés. Par exemple, nous les femmes qui l’exerçons sommes victimes de préjugés. En effet,  souvent quand tu soumissionnes à un marché, on ne veut pas te l’attribuer, non pas que tu sois incompétente mais simplement parce que tu es femme. On peut donc refuser de te donner le marché, sous prétexte que les femmes ne sont pas capables, et l’attribuer à des hommes. Et il se trouve que ces mêmes hommes attributaires du marché reviennent te confier le travail à faire. C’est vraiment déplorable. L’autre difficulté est le manque de financements. En effet, si on avait des financements cela nous permettrait d’améliorer la qualité de notre travail. En ce qui concerne l’accident de travail, je rends grâce à Dieu de n’en avoir jamais été victime : nous disposons d’un matériel de protection comme les casques, les gants, etc.

RIB : Que pense votre entourage de votre métier de peintre en bâtiment et comment se comportent vos collègues avec vous ?

MT : Comme dans tous les métiers, il y a des gens qui apprécient ce que vous faites, tout comme il y en a qui vous déprécient. Mais dans mon cas, beaucoup de gens apprécient ce que je fais, car ils  trouvent que c’est courageux de ma part de pratiquer  un « métier d’homme ». Même avec mes collègues tout va bien, la collaboration est bonne. Nous faisons le même travail, donc il n’y a pas de discrimination ni de marginalisation.

RIB : Quel appel voudriez-vous lancer aux autres femmes qui, de nos jours, pensent qu’il y a des métiers d’hommes et des métiers de femmes ?

troisieme photoMT : Personnellement, je ne pense pas qu’il y ait certains métiers réservés aux hommes et d’autres réservés aux femmes. En outre, même si l’homme et son épouse travaillent tous les deux, si l’homme donne de l’argent à sa femme, c’est toujours un plus. Ce que je demande à mes sœurs et à mes mamans, c’est d’éviter de dépendre entièrement de quelqu’un et de compter exclusivement sur cette personne. Il faut que chacun se batte de son côté. Et il faut se donner à fond dans ce que l’on fait. Il n’est écrit nulle part que tel travail est réservé aux hommes ou aux femmes. Tant qu’un métier te permet de te prendre en charge ainsi que ta famille, c’est ce qui compte.

Propos recueillis par Edwige SANOU

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