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Le Conseil des ministres, en sa séance du 8 novembre 2018, a annoncé une hausse de 75 FCFA du  prix à la pompe du Super 91 et du gasoil. L’essence passe ainsi de 602 à 677 FCFA et le gasoil de 526 à 601 FCFA. Cette hausse est diversement appréciée par les citoyens à qui nous avons tendu notre micro.

 JM

Jean Marie Ouédraogo, fonctionnaire à la retraite : « Les citoyens se plaignent déjà du manque d’argent, les jeunes ne travaillent pas et ce sont les vieux qui se débrouillent pour nourrir les familles. Si en plus cela l’essence, qui était à 602 francs, passe à 677 francs CFA, on sera obligé de diminuer la somme allouée pour la popote pour faire face à cette hausse. Même s’il est vrai que l’Etat n’a pas les moyens et qu’il cherche des sources de revenu, cette hausse des prix du carburant est mal venue. Le gouvernement aurait dû patienter un peu, le temps que les gens puissent écouler leurs récoltes et qu’ils aient un peu d’argent, ce qui leur aurait évité de trop ressentir cette hausse. De plus, il fallait que le gouvernement recueille l’avis des citoyens avant de procéder à ce renchérissement, car il n’est vraiment pas approprié.»

Un citoyen qui a requis l’anonymat : «  Je désapprouve  complètement l’augmentation du prix du carburant. Déjà que rien ne va dans notre pays, pourquoi augmenter le prix du carburant ? Et de jusqu’à 75 francs, alors qu’il n’y a déjà pas de travail ! C’est exagéré. C’est sûr qu’il y a des gens à qui  cette hausse ne pose aucun problème, mais nous autres, ouvriers, disons que ça ne va pas. L’actuel gouvernement disait vouloir faire mieux que ses prédécesseurs, mais s’il ne fait qu’augmenter les prix des produits, vraiment ça ne va pas. Quand c’est bon, on apprécie ; mais quand ce n’est pas bon non plus comme c’est le cas avec cette augmentation, il faut qu’on ait le courage de le dire. »

 Ali Zongo : « Compte tenu des longues distances que nous devons parcourir chaque jour pour venir travailler, vraiment cette hausse du prix du carburant ne nous arrange pas. Cela d’autant plus que nous sommes certains que nos employeurs n’augmenteront pas notre salaire parce que le prix du carburant aura connu une hausse. Nous demandons donc au gouvernement de revoir cette mesure pour le bien de tous. »

Daouda Tapsoba, employé de commerce : « Nous demandons au gouvernement de nous aider afin que nous puissions mettre le carburant, gérer nos petits « gombo» et nourrir nos familles. Car si le prix du carburant est élevé, c’est compliqué. Parfois, tu veux te rendre quelque part pour tes activités mais cela est impossible parce que tu n’as pas de carburant. »

AutrePierre Wadba : «  Si le prix du baril a augmenté, le gouvernement n’avait pas le choix. Néanmoins, il aurait dû penser prioritairement à la population d’autant plus que depuis que ces autorités sont aux affaires, rien ne va. Les prix des articles ne cessent d’augmenter, l’argent ne circule pas. Il y a même des gens qui regrettent d’avoir participé à l’insurrection populaire  de 2014 parce qu’ils trouvent qu’auparavant, la situation était plus tenable qu’actuellement. »

Mme Ouangrawa, gérante de kiosque : «  L’augmentation du prix du carburant ne plaît à personne. A cause de cette hausse, le coût de tous les articles va aussi augmenter : le prix du sucre, de l’huile, du riz, cela parce que le prix du transport va également connaître une augmentation. Nous invitons les autorités à revoir les choses, parce que la vie est devenue très dure. »

Propos recueillis par Edwige Sanou et Armelle Ouédraogo

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