lundi 8 août 2022

La loi de finances 2019 et sa kyrielle de taxes qui divisent l’opinion publique

taxe uneAprès l’adoption de la loi de finances 2019, le budget annuel de l’Etat burkinabè est jugé « orienté pauvre » par Hadizatou Rosine Coulibaly, l’argentier national. Comment trouver le manque à gagner ? A ce propos, des taxes sur les boissons alcoolisées, non alcoolisées, les voitures, les billets d’avion, la parfumerie, etc., sont annoncées pour 2019. Sur la question, les avis des citoyens sont partagés.

Amadou Zoungrana, commerçant : « Ce pouvoir court vraiment à sa perte. Juste après l’augmentation du prix des hydrocarbures, il passe à un autre chapitre avec l'annonce de l’entrée en vigueur prochaine de ces nouvelles taxes. Je crois que des gens viendront terminer ce mandat à leur place ».


Sayouba Yerbanga, gérant du maquis centre-sud : « Si en plus des taxes que nous payons déjà il y en a d’autres, nous serons obligés d’augmenter le prix de la bouteille pour faire face à nos dépenses. Ici, nous avons plusieurs employés que nous payons. A chaque fin de mois, nous trimons pour pouvoir honorer le salaire des employés. Si nous devons payer d’autres taxes, ce sera davantage difficile pour nous».

Malick To, entrepreneur : « Cette augmentation est normale, mais il faudrait que cela soit orienté vers les grandes entreprises telles que la Brakina et autres, qui se font des milliards de recettes mensuelles. Au Burkina Faso, ce que l’on constate, c’est que ce sont les petites entreprises qu’on harcèle pour qu’elles paient les taxes tandis que les grandes ne sont pas inquiétées. Pour ce qui est de la taxation des véhicules automobiles, je souhaite que les taxes s’appliquent aux grandes sociétés de transport qui font d’importantes recettes. Même si le gouvernement incluait les cyclomoteurs avec une taxe de 25 ou 100F, je serais d’accord. Le pays est pauvre et chacun doit contribuer au développement».

taxe 2Gilbert Tiemtoré, agriculteur : « A mon avis, l’augmentation a une explication : si le pays a besoin de plus de moyens pour son fonctionnement, c’est un effort que nous devons tous consentir. Si ces taxes peuvent contribuer à la sécurité du pays, je n’y vois pas d’inconvénient ».

taxe 3Madi Zongo, étudiant : « L’application de ces taxes n’a pas sa raison d’être, il fallait que le gouvernement diminue son train de vie. Eux qui sont nos autorités devraient donner en premier lieu l’exemple en payant leurs factures d’eau, d’électricité et leurs frais de communication. Du reste, dans les services publics il y a des missions souvent inutiles et budgétivores qu’on pourrait supprimer pour renflouer les caisses».

 

 

Propos recueillis par Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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