Campagne agricole 2022-2023 : Le gouvernement subventionnera la filière coton à hauteur de 72,8 milliards F CFA

mnst uneInitialement prévu pour le mercredi 4 mai, c’est en définitive ce 6 mai que s’est tenu l’hebdomadaire Conseil des ministres burkinabè au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, chef de l’Etat.  A l’issue de ce huis clos gouvernemental, le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, a fait aux hommes des médias le point des travaux de sauvetage des 8 mineurs de Perkoa et son collègue du Commerce a lu un communiqué relatif à l’augmentation des prix des engrais.

Les conséquences de la crise ukrainienne sur les pays africains, dont le Burkina Faso, continuent à se faire ressentir. La dernière en date ? La hausse des prix des engrais, selon le ministre burkinabè du Commerce, Abdoulaye Tall. « La Russie est l’un des principaux exportateurs mondiaux d’engrais. A titre d’exemple, pour la campagne agricole 2021-2022, les engrais en provenance de ce pays représentaient 17% des engrais utilisés par nos producteurs », a-t-il précisé. Une situation qui occasionne une flambée des prix des intrants agricoles, énormément utililisés dans la production du coton. Pourtant, l’or blanc est la principale source de revenu du monde rural, mais également une chaîne de valeur car sans coton, il n’y aura pas d’huile, a expliqué le ministre. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de faire des efforts pour soutenir le monde agricole.

mnst 2« A titre d’exemple, hors subvention, le prix du sac de 50 kg  de NPKS   est d’environ 35 000 F CFA. Mais le gouvernement a décidé de subventionner ledit engrais. Ainsi, le sac sera vendu aux cotonculteurs à crédit à 16 000 F.  Le prix des 50 kg d’urée,  sans subvention, est de 37 000 F mais là encore, le gouvernement a décidé de le subventionner pour qu’il soit vendu à crédit à 16 000 F. Le coût du traitement par insecticide classique à l’hectare est normalement de 6 000 F mais le gouvernement a décidé de consentir des efforts pour qu’il soit fait à 3 800 F l’hectare. L’insecticide de spécialité est aussi subventionné, si bien que le traitement à l’hectare coûtera en définitive 7 000 F», a précisé Abdoulaye Tall. Et à l’en croire, au total cette subvention coûtera à l’Etat burkinabè environ 72,8 milliards de francs CFA, l’objectif étant d’encourager nos acteurs agricoles à produire davantage.

mnst 3S’agissant du drame de Perkoa, le porte-parole du gouvernement  a assuré que des efforts étaient faits pour retrouver les mineurs. Depuis l’inondation de ladite mine, on n’a pas obtenu signe de vie des 8 pauvres travailleurs piégés dans les entrailles de la terre, lesquels sont jusque-là introuvables. Mais selon le ministre Bilgo, l’espoir est permis. « L’espoir que nous avons est qu’il est confirmé que la jauge de la bouche d’aération qui est en surface est toujours fonctionnelle. C’est ce qui nous fait penser que si l’eau avait pu pénétrer dans la cavité de refuge, il n’est pas sûr que cette jauge-là aurait continué à fonctionner. Jusqu’à ce stade, le pompage se réalise mais les ingénieurs et les techniciens n’ont pas encore croisé d’engins. Ce qui veut dire qu’il reste une certaine hauteur pour poursuivre les travaux de pompage », a-t-il précisé.

Dans le but de suivre de près l’ensemble des opérations mais également d’être réactif et dynamique dans l’accompagnement de toute la procédure de sauvetage, le gouvernement a délocalisé la cellule de crise à un endroit plus proche de la mine, précisément au haut-commissariat de Réo. Les différents acteurs, à savoir les familles des personnes piégées dans les galeries souterraines, les coutumiers, les sages et les personnalités de la localité, sont impliqués dans le processus. Le porte-parole du gouvernement a terminé en précisant que la mine a renforcé ses équipements en commandant du matériel qui est déjà arrivé.

Barthélémy Paul Tindano