Mission conjointe CEDEAO-UA Burkina : Les élections se sont déroulées dans un « environnement paisible sans incident majeur, de manière satisfaisante »
La mission conjointe d’observation électorale Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) – Union africaine (UA) a tenu une conférence de presse ce mercredi 25 novembre à Ouagadougou, soit 3 jours après les élections présidentielle et législatives, à l’issue de ses observations. La mission de la CEDEAO indique que globalement le processus électoral s’est déroulé dans un environnement paisible, sans incident majeur, et celle de l’UA affirme que « les élections se sont déroulées de manière satisfaisante ».
La Mission d’observation électorale (MOE) de la CEDEAO est dirigée par Kabiné Komara, ancien Premier ministre de la République de Guinée. A partir du 29 octobre 2020, la Commission de la CEDEAO a déployé une équipe de quatre (4) experts spécialistes d’opérations électorales, de questions juridiques, genre et prévention des conflits et médias et communication. Cette équipe a été renforcée par l’arrivée d’une Mission d’observation électorale à long terme (MOELT) de 10 membres au Burkina.
A ces deux missions s’est ajoutée une Mission d’observation électorale à court terme (MOECT) de 70 membres. Au total, la MOE de la CEDEAO, forte de 84 membres, a été déployée dans 29 provinces de toutes les 13 régions du Burkina Faso pour observer les phases pré-électorale, électorale et post-électorale.
En ce qui concerne la campagne électorale, la mission note qu’elle a eu lieu dans toutes les régions du pays, à l’exception des régions où il avait été déjà convenu que les élections ne pourraient pas avoir lieu pour des raisons de sécurité. Tout en regrettant l’attaque terroriste du 11 novembre au Sahel qui a coûté la vie à 14 soldats, la mission souligne que l’Etat a pris des dispositions pour assurer la sécurité des candidats à l’élection présidentielle pendant la campagne et plus généralement tout au long du processus électoral.

Selon la mission, 380 bureaux de vote dans 29 provinces des 13 régions ont été visités par les observateurs de la CEDEAO. Sur 72 bureaux de vote visités à l’ouverture, deux incidents ont été enregistrés ; les 72 bureaux de vote visités à l’ouverture disposaient du matériel électoral et tous les agents étaient présents ; aucun problème opérationnel ni logistique majeur n’a été signalé ou observé. Les listes d’électeurs n’étaient pas affichées à l’entrée de la plupart des bureaux de vote, les opérations de vote ont commencé à 6h et se sont terminées à 18h dans la majorité des bureaux de vote visités.
Les insuffisances relevées au fur et à mesure par les observateurs de la société civile après l’ouverture du scrutin ont été portées à la connaissance de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), laquelle y a trouvé des solutions au fur et à mesure. Les représentants du MPP, de l’UPC et du CDP étaient présents dans la plupart des bureaux de vote visités. Certains partis, notamment Agir ensemble, l’ADF-RDA, le MCR, le MPS, l’OPA-BF, Le Faso Autrement et Vision Burkina étaient par endroits assez bien représentés.
Toujours selon la MOE, la plupart de leurs observateurs ont attesté de la qualité de la centralisation au niveau communal.
S’agissant des recommandations, la MOE de la CEDEAO demande, entre autres, l’amélioration substantielle de l’affichage des listes électorales dans les centres de vote, l’amélioration de la communication entre la CENI et les acteurs politiques engagés dans la compétition de façon que les mesures prises arrivent très rapidement à ceux qui doivent les mettre en œuvre.
Concernant les réserves formulées par les candidats signataires de l’Accord politique de l’opposition, la mission conjointe CEDEAO-UA, dans le but de trouver une solution consensuelle à cette situation de derrière minute, s’est associée à celles de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et des Nations unies (NU) pour entreprendre des actions de bons offices. Elles ont rencontré successivement les partis de l’opposition, ceux de la mouvance présidentielle, des OSC et la CENI.
La MOE de la CEDEAO « s’est félicitée qu’à la suite de toutes ces initiatives, les 5 commissaires représentant l’opposition qui s’étaient retirés du travail de centralisation aient décidé de reprendre leur place (ce mercredi 25 novembre, Ndlr)», s’est réjoui, Kabiné Komara.
Quant à la mission d’observation électorale de l’UA (MOEUA), elle a déployé douze (12) équipes d’observateurs dans les provinces du Kadiogo, du Ganzourgou, de l’Oubritenga, du Houet, du Ziro, du Boulgou, du Boulkiemdé et du Bam. Celles-ci ont visité 143 bureaux de vote.
En matière d’appréciation globale du double scrutin, la MOE de la CEDEAO indique que le processus s’est déroulé dans un environnement paisible sans incident majeur, en dépit du contexte général sécuritaire tendu et de certaines contraintes logistiques.
Elle félicite le peuple burkinabè et le gouvernement pour les dispositions prises pour la tenue de ces élections. La mission salue le patriotisme, la patience et le civisme dont les électeurs ont fait preuve au cours du double scrutin. Elle encourage les électeurs à maintenir leur comportement exemplaire jusqu'à la proclamation définitive des résultats et les exhorte à garder ce sens élevé de responsabilité et à préserver les valeurs de tolérance et de paix.
Par ailleurs, la mission lance un appel aux candidats aux deux élections à respecter les résultats issus des urnes et les exhorte à recourir, en cas de besoin, aux voies légales pour le règlement de tout contentieux électoral. Enfin, la mission observera les développements post-électoraux.
De l'avis du chef de la mission d’observation électorale de l’UA, Bernard Makuza, malgré les crises sécuritaire, humanitaire et sanitaire, les élections couplées du dimanche 22 se sont déroulées de manière satisfaisante.
Aly Tinto
Deux jours après la tenue des élections du 22 novembre, la Coalition des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL) a fait face aux hommes de médias une déclaration sur le déroulement du scrutin. Elle se félicite de la tenue effective de ce double scrutin et appelle l’ensemble des acteurs en compétition à suivre les voies de recours légales en cas de contestation des résultats. En ce qui concerne les réserves émises par l’opposition politique, CODEL va aller vers les différents acteurs pour une approche de médiation.
Au total, sur plus de quarante alertes, 90% ont été résolues par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
A l’ouverture, dans les zones sécurisées, 90% des bureaux de vote ont ouvert avant 6 heures 15 mn. Dans 98,20% des bureaux de vote observés, les présidents étaient présents. 18 % des présidents des bureaux de vote étaient des femmes. Les forces de l’ordre étaient présentes dans 94,40% des bureaux de vote observés.

On a constaté depuis hier, lundi 23 novembre, l’arrêt de la publication des résultats du double scrutin du 22 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pourtant, de nombreux Burkinabè étaient impatients d’avoir les résultats finaux de cette élection couplée. Radars Info Burkina a promené son micro dans la ville de Ouagadougou pour recueillir les impressions des citoyens sur cette situation. Lisez plutôt.
« Nous ne sommes pas sans savoir qu’ils ont également injecté de l’argent dans leur campagne comme tout autre parti et que le Code électoral sanctionne la fraude », lance M. Ziba.
Selon Cédric Bazié, il n’y a pas eu de magouilles à ces élections. « Si le MPP a gagné, l’opposition doit l’accepter et ceux qui ont perdu devront s’armer de patience et de courage et attendre les prochaines échéances électorales». Pour lui, les membres de l’opposition ne sont que de mauvais perdants.
Au lendemain de la tenue des élections couplées, pendant que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) publiait les premiers résultats de la présidentielle commune par commune, les candidats signataires de l’accord politique de l’opposition se sont réunis au siège du CFOP. Objectif : Fustiger la « mauvaise organisation des élections » par la CENI. Ils ont, dans la foulée, prévenu qu’ils « n’accepteront pas des résultats entachés d’irrégularités et qui ne reflètent pas la volonté du peuple burkinabé ».
Pour ces candidats, l’ensemble du processus a été fortement émaillé de fraudes. Comme autres irrégularités et insuffisances qu’ils ont relevées, on peut citer la modification, à la dernier minute et de manière informelle, du nombre et de la cartographie des bureaux de vote retenus pour les élections ; l’ouverture tardive et même la non-ouverture de plusieurs dizaines de bureaux sur l’ensemble du territoire national ; le fait que des électeurs détenteurs de cartes d’électeur ont été refoulés des bureaux de vote du fait de l’absence de leurs noms sur les listes imprimées ; le non-affichage des listes des électeurs devant les bureaux de vote comme cela est prescrit par les textes ; la non-prise en charge des représentants des partis politiques dans les bureaux de vote contrairement aux dispositions de la loi électorale.
Au lendemain du scrutin du 22 novembre, l’heure est à l’attente des résultats des élections, marquée par une atmosphère plutôt morose au siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).
Par ailleurs, ils polémiquent sur certaines tendances données par quelques médias de la place. « La télévision nationale a publié des résultats de Kaya et il ressort que sur 100 votants, le MPP a obtenu 109 voix ; il y a donc quelque chose qui ne va pas », s'exclament-ils, exigeant des explications de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Le QG du Mouvement du peuple pour progrès (MPP) se prépare à fêter son « coup K.-O. Notre victoire est en téléchargement », affirment d’ores et déjà des militants du parti au pouvoir réunis à son siège national. A l’inverse, le siège national de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) est désert.
S’agissant de la fraude, il dit que les auteurs seront sanctionnés, qu’ils soient du parti au pouvoir ou de l’opposition. « Le MPP est un parti assez fort pour aller convaincre et mériter ses résultats plutôt que de passer par la petite porte. Je ne crois pas auxdites fraudes, certains candidats, par endroits, ont sûrement vu leurs faiblesses face au MPP, donc ils ont décidé de porter ces accusations. »
Au siège national du l’Union pour le progrès et le changement (UPC), les lieux étaient déserts ; aucune animation. A en croire un militant rencontré sur place, les membres dudit parti, qui dénoncent de multiples « irrégularités ayant entaché le double scrutin », étaient en route pour le CFOP et ont prévenu qu’ils n’accepteraient pas des résultats frauduleux.

« Nous sommes convaincu que nous allons gagner ces élections parce que le peuple a eu le temps de faire la comparaison entre la gestion du CDP d’avant et la gouvernance actuelle, très négative. Et comme je l’ai promis, si le CDP remporte la présidentielle, nous travaillerons afin que la paix revienne au Burkina, non pas par les armes mais par l’intelligence et la voie diplomatique», a précisé M. Komboïgo.
Débutée le 31 octobre dernier, la campagne électorale pour les élections couplées du dimanche 22 novembre prend fin ce vendredi à minuit. Radars Info Burkina a pris langue avec Mathias Tankoano, président du Conseil supérieur de la communication (CSC), pour savoir son appréciation de la couverture médiatique de cette campagne.
MT : En ce qui concerne les contenus des sessions d’information, nous avons procédé de la même façon. Tous les candidats à la présidentielle ont eu droit à 13 reportages de leurs meetings et activités. Donc au niveau de la présidentielle, tous les candidats ont eu droit au même nombre de reportages pendant les sessions d’information de la télévision et de la radio publiques. Concernant les législatives, nous avons 126 listes en compétition. Nous étions obligés donc de faire une répartition proportionnellement aux circonscriptions électorales où ces listes se présentaient. Il y a eu des listes ou partis politiques qui ont eu droit à 6 reportages et les plus grands partis qui couvraient les 45 provinces ont eu droit à 16 reportages. Même lors des sessions d’information pendant les journaux parlés et pendant les émissions spéciales, l’équilibre a été respecté.
Nous sommes à trois jours des élections couplées du 22 novembre au Burkina Faso. La campagne électorale à cet effet prend fin vendredi 19 à minuit. Au niveau des législatives Sylvain Bouma Thiéné est candidat sur la liste du Kadiogo en tant que premier suppléant pour le compte de la formation politique Coalition rupture pour un Burkina meilleur. Juriste de formation il a été candidat tête de liste dans le Sanguié aux élections législatives de 2015 sous la bannière du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF).
Ainsi donc il a créé une association dénommée Union des jeunes Africains pour la paix et le développement (UJAPD) en 2017. Une association dont le but est de réunir toute la jeunesse africaine autour d’un même idéal.
Pour cette campagne électorale qui s’achève, il est allé sur le terrain convaincre les électeurs. Il a procédé par le porte-à-porte pour leur expliquer sa vision.










