jeudi 2 décembre 2021

Grillade de viande aux abords des voies : Etat d’hygiène des bouchers et de leur outil de travail

grilldDans la capitale burkinabè, l’aliment le plus disponible dans la rue et surtout devant les maquis, c’est bien la viande. Cela fait du Burkinabè un grand consommateur de cet aliment. Ce commerce, malgré le fait que des textes fixent les conditions d’hygiène, expose les clients à des maladies. Du transport à la consommation passant par l’emballage, nombreux sont les bouchers qui conduisent leurs clients à la …boucherie, et ce n’est pas là un simple jeu de mots.

Selon l’article 43 de la loi, « toute personne appelée, en raison de son emploi, à manipuler des denrées alimentaires, tant au cours de leur collecte, préparation, traitement, transformation, conditionnement, emballage, transport, entreposage, que pendant leur exposition, mise en vente et distribution, est astreinte à la propreté corporelle et vestimentaire sous la responsabilité de l'employeur ». Il se trouve cependant que le constat sur le terrain contraste avec ce que recommande ce texte juridique. Un foyer de grillade que nous avons observé dans un maquis de la place ne respecte pas ces normes. Par exemple, le tenancier des lieux était dans une tenue dont la propreté laissait à désirer et les emballages utilisés pour protéger la viande pendant la grillade portaient à des endroits donnés le logo de cimenteries de la place. A la question de savoir comment il s’y prend pour ne pas intoxiquer ses clients, notre interlocuteur répond qu’il enlève la première couche du papier qui a été en contact direct avec le ciment et le reste, il le nettoie de sorte à ne pas avoir cette substance dans la viande.  

Adama Dicko, que nous avons rencontré, dit se préoccuper de la santé de ses clients. Par conséquent, il dit prendre les dispositions nécessaires à cela. « Ici, nous mettons tout en œuvre pour que la santé de nos clients ne soit pas mise à mal. Avant de commencer le travail, une toilette pour assainir nos mains est faite tous les jours. Mes ustensiles et mon espace de travail sont toujours propres. Pour moi, la santé n’a pas de prix. C’est à nous, commerçants, de faire de notre mieux pour préserver la santé de nos consommateurs ».

Pour Mamadou Zongo, un fidèle client que nous avons trouvé sur place, ces endroits sont de bons lieux de rencontre. Sans compter qu’à son avis, ces grillades « sauvent » beaucoup de clients qui, souvent, arrivent dans les maquis sans avoir mangé préalablement. Cependant, il avoue qu’il ne prend pas toujours le soin de vérifier les conditions hygiéniques avant consommation.  

Pour Paul Sawadogo, « étant donné que les bouchers manipulent de la nourriture, il devrait y avoir un suivi régulier en matière d’hygiène des lieux et les concernant eux-mêmes. Ensuite, il devrait leur être imposé l’usage du papier aluminium pour l’emballage des viandes en lieu et place du papier ordinaire, dont l’origine est souvent douteuse ».

En dehors de ces conditions d’hygiène, sur le lieu de vente et l’emballage, il faut noter qu’il n’est pas rare de constater des bouchers transportant la viande dans des conditions non hygiéniques des abattoirs au lieu de grillade. A ce sujet, les bouchers disent n’avoir pas les moyens de se payer des moyens de transport mieux adaptés pour leur activité.

Qu’à cela ne tienne, la santé du client ne devrait pas être mise à mal par le manque d’hygiène de ceux-ci alors que des textes encadrent cette activité.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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