jeudi 2 décembre 2021

Journée internationale de la contraception : Les acteurs burkinabè de sensibilisation changent leur fusil d’épaule

aasAutrefois utilisée dans la sensibilisation grand public, la communication sur les moyens de contraception, pour plus d’efficacité, a changé de canal. Du counseling aux réseaux sociaux en passant par les entretiens et écoutes groupées, chaque cible, selon sa spécificité, est atteinte. Au fil des ans, selon Mme Awa Koné de l’Association african solidarité (AAS), le taux de prévalence des infections sexuellement transmissibles a baissé.

Selon la directrice de l’Association african solidarité (AAS), Ngarni / Koné Awa, la sensibilisation au changement de comportement en matière de santé de la reproduction fait face à des pressions culturelles. C’est pour cette raison que son association et ses partenaires ont orienté l’intervention des prestations vers la prévention de proximité. De ce fait, les causeries éducatives, les rencontres de conseils, les écoutes et la paire éducation sont leurs approches communicationnelles. Selon elle, c’est ce qui explique le fait qu’il y ait moins de communication grand public à leur niveau.

Comme thèmes abordés, elle précise que les activités de prévention sont réduites et que le financement est actuellement plus orienté vers la prise en charge. Pour Mme Koné, ce changement de stratégie de lutte s’expliquerait par le fait qu’il y ait une baisse considérable du taux de prévalence au sein de la population en général. Mais pour ce qui concerne certaines cibles comme les professionnelles du sexe, les actions de prévention à leur niveau demeurent, parce que la baisse du taux de prévalence est assez lente à ce niveau.

Pour ce qui est de la cible jeune, elle précise qu’il y a des séances d’écoute. Étant donné que leur structure associative dispose de centres d’écoute jeunes à jeunes, ils y organisent les causeries de groupe, les entretiens personnalisés afin d’éclairer la lanterne de ceux-ci. aas 2Pratiquement, elle indique qu’il y a des offres de services pour permettre aux jeunes d’avoir accès aux moyens de prévention tels que les contraceptifs, les condoms et biens d’autres. Pour ce qui est des moyens préventifs non prescriptifs, AAS met à la disposition des populations des distributeurs automatiques de condoms dans des stations-service, à la gare routière et aux endroits où officient des travailleuses du sexe dans la ville de Ouagadougou. Cela permet de garantir la confidentialité des usagers qui ont souvent une certaine honte à s’en procurer dans les boutiques et les pharmacies.

Pour ce qui est de la communication, l’association utilise les potentialités qu’offrent les Techniques de l’information et de la communication (TIC) pour mettre l’information à la disposition des jeunes. Par exemple, l’association a mis en place un call center et s’attelle à mettre sur pied un site web et un groupe WhatsApp où les jeunes peuvent venir s’informer sur des sujets ayant trait à la santé de la reproduction. Mais déjà le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), un des partenaires d’AAS, a mis en place un site web appelé « QG jeunes », qui a été expérimenté à Fada N’Gourma et à Tenkodogo. Cette plateforme disponibilise beaucoup d’informations en matière de santé de la reproduction pour la population.

En matière de sensibilisation, étant donné qu’il y a des pesanteurs socioculturelles qui freinent souvent l’usage des moyens contraceptifs, la méthode utilisée, c’est de sensibiliser les leaders religieux et coutumiers à travers des plaidoyers et des mobilisations sociales, affirme Awa Koné. Hormis ceux-ci, elle indique que les parents d’élèves, les enseignants sont mis en contribution pour faciliter le travail. Car selon elle, l’adhésion des responsables de tout ordre de chaque localité est un préalable avant toute intervention et cela est fait en prenant en considération la spécificité des zones.

En définitive, nous pensons que l’éducation en matière de santé de la reproduction doit commencer dans la cellule familiale et à l’école depuis le bas âge des enfants. Aux enseignants et aux parents d’élèves nous demandons très souvent d’aborder la question de la santé de la reproduction avec les enfants avant qu’ils n’apprennent cela d’eux-mêmes. Ensuite, dans la société l’information devrait être à la portée des populations en tout temps et en tout lieu. Il faut aussi éviter les messages de contre-publicité que diffusent certaines religions sur la contraception.

Saâhar-Iyaon Christian Somé Békuoné

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