Grippe aviaire au Burkina : Les clients se font rares chez les revendeurs de poulets

avrs uneLors du  Conseil des ministres du jeudi 13 janvier 2022, le gouvernement a annoncé l’apparition de la grippe aviaire au Burkina Faso. Le lendemain vendredi, le ministre des Ressources animales, Moussa Kaboré,  et son collègue de la Santé, Charlemagne Ouédraogo, ont tenu une conference de presse au cours de laquelle ils ont donné plus de précisions sur cette épizootie. Les régions touchées, pour le moment, sont  le Centre, le Centre-Ouest et le Centre-Sud. Radars Info Burkina a fait le tour de quelques marchés de la ville de Ouagadougou pour un constat. 

Au marché de Zogona, l’ambiance dans les lieux de vente de poulets n’est pas celle des grands jours. Les cages qui, auparavant, étaient pleines sont vides aux 2/3. Une morosité due à la grippe aviaire qui s’est signalée au Burkina Faso à la fin de l’année 2021. Comme le ministre des Ressources animales l’a indiqué, « son incidence est essentiellement économique et nutritionnelle, respectivement pour les éleveurs de volaille et pour la population ». Des propos confirmés par les vendeurs des poulets. avrs 2« Comme vous pouvez le constater ici, nos poulets ne sont pas malades, mais les clients se font rares maintenant. Même si nos poulets ne meurent pas, les clients ne viennent plus comme avant. D’ailleurs ce sont les poulets de chair là qui meurent beaucoup or nous, ce sont les poulets bicyclettes que nous vendons », a déclaré Adama Ouédraogo, vendeur de gallinacés au marché de Zogona.

Malgré cette épizootie, les habitués du poulet bicyclette ne comptent pas changer de sitôt leurs habitudes alimentaires.

avrs 3Autre lieu, même constat. Au marché de Dassasgho, les employés d’Adama Kaboré chôment. En temps normal, ils n’ont pas de repos à pareille heure. Mais, agrippe aviaire oblige, ils se tournent les pouces. «  Il n’y a plus de marché, sinon nos poulets ne meurent pas », a affirmé Adama Kaboré.

En rappel, selon le ministre des Ressources animales, la grippe aviaire a occasionné actuellement au Burkina Faso des mortalités d’environ 500 000 volailles et une perte de 1 380 222 plaquettes d’œufs de consommation estimées à environ 4 780 000 000 de francs CFA, toutes espèces de volailles confondues. Il ajoute que le virus de la grippe aviaire menace l’ensemble du cheptel aviaire national. C’est pourquoi le gouvernement conseille à toute personne ayant constaté un cas suspect de grippe aviaire d’en aviser l’agent vétérinaire ou l’agent de santé le plus proche. Pour empêcher l’introduction de la maladie dans les sites d’élevage et sa propagation, il est recommandé aux producteurs d’éviter les contacts de la volaille entre différents élevages et avec d’autres animaux.

Barthélémy Paul Tindano