Avant-première au ciné Burkina : « Merci ma rivale », une leçon de sagesse et de réconciliation conjugale signée Oumar Dagnon 

merci ma rivaleLe paysage cinématographique burkinabè s’enrichit d’une nouvelle œuvre majeure. Le film « Merci ma rivale », réalisé par Oumar Dagnon et adapté du roman éponyme de l'écrivaine Sakinatou Sanfo, a été projeté en avant-première dans la soirée du lundi 26 octobre 2026 au ciné Burkina, en présence de l’équipe du film et d’un public conquis.

De la littérature au grand écran : un pari réussimerci ma rivale 2

D’une durée de 1h45, le long-métrage a été tourné en l'espace d'un mois à partir du 14 septembre. Ce film explore avec finesse et originalité les dynamiques souvent complexes de la vie conjugale.

Le réalisateur Oumar Dagnon a expliqué sa démarche artistique : « Le cinéma est populaire dès la base, donc il faut aller vers la grande masse. En faisant ce film, l’objectif était de faire un film populaire qui allait parler à la grande masse ». En portant à l'écran l'œuvre de Sakinatou Sanfo, l'équipe a fait le choix audacieux d'allier la littérature au septième art.merci ma rivale 4

Pour l'auteure du roman, cette adaptation cinématographique résonne comme un grand honneur et s'inscrit dans une démarche d'éveil des consciences : « J'ai écrit ce roman pour alerter les sœurs, parce que quoi qu'on dise, les hommes sont des bourreaux parfois. Le message que j’aimerais passer à mes sœurs est que ce n'est pas partout où la violence donne des résultats positifs... Vous avez vu que la gentillesse porte des fruits », a confié Sakinatou Sanfo, tout en saluant le travail d'adaptation réussi sur la forme et sur le fond.

Un regard sans complaisance sur les réalités des foyers

Le film plonge les spectateurs dans le quotidien de Reine (incarnée par la comédienne Viviane Yanogo) et d’Éric son époux (incarné par Kora Charles Aneyan), un couple marié depuis plusieurs années et parents de deux enfants. Pris au piège de la routine, des silences et des tensions quotidiennes, le couple s'essouffle. Éric, en quête de tendresse et d’attention, finit par céder au charme de Sandra, une jeune femme séduisante.

Plutôt que de céder à la facilité de la confrontation violente, Reine choisit une stratégie inattendue : elle se rapproche de sa rivale sans révéler sa véritable identité, nouant une relation de confiance qui la poussera paradoxalement à s'interroger sur ses propres manquements.merci ma rivale 3

Pour l’actrice principale Viviane Yanogo, ce rôle résonne comme un miroir des réalités sociales contemporaines, non seulement au Burkina Faso mais à travers le monde entier. « C'est vrai que les hommes aussi connaissent souvent un peu de violence (...) d'où l'importance de dialoguer, de communiquer dans nos foyers », a-t-elle souligné, invitant les femmes à ne pas se négliger après le mariage et à réactiver constamment la flamme de l'amour.

Revenant sur les leçons principales à tirer de cette histoire, le réalisateur Oumar Dagnon insiste sur l'effort continu nécessaire au sein du couple : « Ce n'est pas parce qu'on est marié que c'est déjà un acquis, ou même dans une relation amoureuse. On doit tout le temps s’entretenir pour séduire continuellement et maintenir la flamme dans le foyer, c'est très important. Ils se sont aimés dès la base, c’est l'amour qui les a unis, mais pourquoi après ils se regardent en chien et chat ? On appelle à l'amour à travers le film avec un brin d'humour ».

Un accueil chaleureux du publicmerci ma rivale 5

Les premiers retours des spectateurs témoignent de la pertinence du sujet abordé. Pour Ashley Djiguimdé, une cinéphile présente à cette soirée, le film offre une belle leçon de sagesse : « C’est un très beau film, qui d'ailleurs enseigne les femmes comme les hommes. Surtout, ça parle d'un fait de société. Il y a beaucoup d'hommes aujourd’hui qui souffrent dans leurs foyers ». Elle a également salué l'audace et la ruse de l'actrice principale qui a su gérer la crise « en douceur » plutôt que par la bagarre.

Porteur d'un message de sensibilisation, d'humour et d'émotion, « Merci ma rivale » appelle à la remise en question, au dialogue et à la préservation de l'amour au sein du couple.

Les cinéphiles désireux de découvrir cette comédie dramatique ont rendez-vous au ciné Burkina, où le film est officiellement à l'affiche du 26 octobre au 11 novembre 2026.

Flora SANOU