Attaques terroristes : La menace se déporte sur la route Boromo-Bobo-Dioulasso

attaq« L’armée nationale monte en puissance », clament les autorités politiques et militaires de la transition au Burkina Faso. Cette assurance des autorités contraste avec les réalités sur le terrain. Pire, la menace terroriste se déporte vers des localités jusque-là épargnées.

C’est le cas de la route nationale N°1 qui relie Ouagadougou à Bobo-Dioulasso. Plusieurs incidents terroristes sont survenus ces temps-ci entre Boromo et Bobo-Dioulasso. Tout porte à croire que l’objectif est de couper Bobo-Dioulasso du reste du pays.

Le dernier incident en date est l’attaque du poste de péage de Pâ dans la nuit du 4 juillet 2022. Pâ se trouve sur l’axe Boromo-Houndé.

Selon l’Agence d’information du Burkina, les malfrats ont criblé le péage de balles avant de mettre le feu au bâtiment principal. Ils ont ensuite tiré dans le centre-ville sans faire de victimes.

Bien avant cette attaque, le poste forestier de Founzan, situé sur l’axe Pa-Dano, à une quinzaine de kilomètres de la RN1 avait été pris pour cible le 19 juin 2022. Des dégâts matériels ont été enregistrés.

Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juin 2022, le commissariat de police de Béréba et le poste forestier de Koumbia, localités de la province du Tuy, ont été attaqués, faisant d’importants dégâts matériels.

Koumbia est une petite ville située à moins de cent kilomètres sur l’axe Houndé-Bobo-Dioulasso.  

Outre ces incidents terroristes, des incidents de sécurité ont été rapportés sur le même axe.Ainsi, un braquage a eu lieu le 22 avril 2022 à hauteur du village de Dankari, village situé sur la RN1, entre Koumbia et Houndé.

Le 24 juin 2022, un autre braquage a eu lieu au même endroit à Dankari, suivi d’une autre le 7 juin 2022, ce qui porte à 3 le nombre d’attaques à main armée dans la zone dans un intervalle de trois mois.

Pour les spécialistes de la sécurité, à travers ces braquages, les groupes terroristes se procurent des ressources pour financer leurs actes dont le recrutement, le maintien des combattants et de leurs familles, l’acquisition de motocyclettes, de carburant, d’armes et de munitions, etc. 

Suite à tous ces incidents, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer plus de sécurité sur cet axe qui relie Bobo-Dioulasso, la capitale économique, à Ouagadougou, celle politique. La RN1 est stratégique en ce sens qu’elle relie le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire au Burkina Faso. Il importe donc que la sécurité y soit garantie.

Baly Zongo