Santé maternelle : quatre formateurs préparés pour renforcer la lutte contre les hémorragies du post-partum dans le Goulmou

 formateurs 2Chaque année, des femmes perdent encore la vie en donnant naissance. Derrière ces statistiques se cachent des mères, des familles endeuillées et des communautés affectées par des décès souvent évitables. Au Burkina Faso, la mortalité maternelle demeure un défi majeur de santé publique. Selon l'Enquête Démographique et de Santé, le pays enregistrait en 2021 un ratio de 198 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.

Parmi les principales causes de ces décès figure l'hémorragie du post-partum, une complication qui peut survenir après l'accouchement et qui exige une détection rapide ainsi qu'une prise en charge immédiate.

C'est pour répondre à cette urgence que le projet Safer Births in Crises, mis en œuvre par le consortium IRC-Jhpiego-UNFPA en collaboration avec le Ministère de la Santé, a organisé du 17 au 22 août 2026 à Ouagadougou une formation destinée à quatre professionnels de santé de la région du Goulmou. Cette initiative constitue une étape stratégique dans les efforts visant à rendre les accouchements plus sûrs pour les femmes de la région.formateurs

Durant six jours, les participants ont renforcé leurs compétences sur les pratiques actualisées de prévention, de détection précoce et de prise en charge de l'hémorragie du post-partum. À travers l'approche « Low Dose High Frequency » (LDHF), qui privilégie les exercices pratiques, les simulations cliniques et le coaching, ils ont également été formés à l'approche E-MOTIVE de l'Organisation mondiale de la Santé, conçue pour améliorer la rapidité et l'efficacité des interventions lorsque survient une hémorragie.

Pour Jean-Claude Sawadogo, responsable de la santé reproductive à la Direction régionale de la Santé du Goulmou et participant à la formation, cette approche représente une avancée significative. « Avant, nous estimions souvent les pertes sanguines de manière visuelle. Avec E-MOTIVE, nous utilisons désormais des outils de mesure précis qui permettent d'agir plus vite et de prendre les bonnes décisions au bon moment », explique-t-il. Il estime que l'adoption de ces nouvelles pratiques peut contribuer à réduire de façon significative les décès liés aux hémorragies du post-partum dans les structures sanitaires de la région.

L'importance de cette formation réside également dans son effet de cascade.formateurs 1

Les quatre participants ne sont pas de simples bénéficiaires. Ils deviennent des formateurs chargés de transmettre leurs connaissances à plus de 90 prestataires de santé exerçant dans les sept formations sanitaires soutenues par le projet dans le district sanitaire de Fada N'Gourma. L'objectif est de s'assurer que davantage de sage-femmes, maïeuticiens et agents de santé disposent des compétences nécessaires pour réagir efficacement lorsqu'une urgence obstétricale survient.

À travers cette démarche, le projet Safer Births in Crises mise sur le renforcement durable des capacités locales. Car lorsqu'un professionnel de santé est mieux préparé, ce sont des dizaines, voire des centaines de femmes qui peuvent bénéficier de soins plus sûrs au fil du temps.

Pour les partenaires du projet, chaque compétence acquise constitue un pas supplémentaire vers un objectif commun : réduire les décès maternels évitables et permettre à davantage de femmes du Goulmou de vivre leur grossesse et leur accouchement en toute sécurité. Car au-delà des chiffres et des formations, l'enjeu reste profondément humain : donner à chaque mère la chance de célébrer la naissance de son enfant et de rentrer chez elle saine et sauve.

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