Dans le cadre de la troisième phase des Journées nationales de lutte antivectorielle (JNLAV), le Secrétariat permanent pour l'élimination du paludisme (SP/Palu) a organisé, le 3 octobre 2026, une sortie de terrain avec les hommes et femmes des médias dans la région des Tannounyan. L'objectif est de renforcer la visibilité des actions menées et de promouvoir un changement durable de comportement au sein des populations.
Le coup d’envoi de ce troisième passage a été officiellement donné au Lycée municipal Hema Fadouah Gniambia de Banfora par le Gouverneur de la région des Tannounyan, Patrice Yéyé. L'ambition affichée est de maintenir le taux de destruction des gîtes larvaires au-delà de 92 %, à l'instar des étapes précédentes dans la région.
Pour le Gouverneur de la région, Patrice Yéyé, l'atteinte de l'objectif national d'éradiquer le paludisme d'ici à l'horizon 2030, voulu par les autorités du pays, passe impérativement par une forte implication communautaire. Le choix de lancer cette étape en milieu scolaire répond à une vision pédagogique claire : « L'école, c'est le creuset du savoir et de la connaissance. Il faut commencer par les tout-petits pour leur inculquer les bonnes manières, leur apprendre à assainir leur cadre de vie, à identifier un gîte larvaire et à le détruire ».
En plus de la brigade de l'hygiène publique déployée pour sensibiliser et pulvériser les quartiers, le Gouverneur a appelé chaque citoyen à faire de la lutte antivectorielle une préoccupation quotidienne.
« Il ne suffit pas de faire une seule campagne et baisser les bras. On doit le faire au quotidien. Ça doit être intégré dans notre vie quotidienne, dans nos faits et gestes. Lorsqu'on se lève le matin, on constate qu’il y a un petit récipient qui contient de l'eau par-ci par-là, il faut le verser. Il faut les détruire. Ça doit être un comportement individuel, chaque jour on doit le vivre. C'est un combat perpétuel qui doit s'intégrer dans nos gestes de tous les jours », a-t-il indiqué.
Rappelant l'optimisme des autorités au regard du bilan des précédents passages, il est convaincu que cette phase permettra d’atteindre de meilleurs résultats, car « Impossible n'est pas burkinabè », a-t-il rappelé en citant le chef de l'État.
Pour atteindre ces objectifs, le Dr Abdoul Aziz Ouédraogo, Directeur régional de la Santé des Tannounyan, est « au four et au moulin » avec son équipe. Il a souligné que les efforts consentis portent déjà leurs fruits. Entre 2024 et 2025, la région a enregistré une baisse historique de plus de 30 000 cas de paludisme, une tendance qui se poursuit positivement en 2026.
Interrogé sur la portée des actions menées, notamment la pulvérisation au biolarvicide des gîtes larvaires positifs, il a expliqué qu'il s'agit d'une stratégie d'étouffement visant à empêcher les larves d'évoluer en moustiques adultes porteurs du paludisme et de la dengue.
« Ces produits sont sans danger pour la population », a rassuré le Directeur régional.
Au niveau national, le bilan du deuxième passage fait état de plus de 530 000 gîtes larvaires identifiés, dont plus de 477 000 détruits, soit un taux de destruction d'environ 89,88 %. Les opérations ont également permis de curer plus de 24 km de caniveaux et de canaux, d'assainir plus de 960 sites publics et de retirer plus de 82 000 pneus usagés des espaces publics. Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, avait qualifié ce bilan de satisfaisant et appelé à maintenir la mobilisation pour le troisième passage.
Flora SANOU
