Dans une note officielle adressée à la Délégation de l'Union européenne à Ouagadougou, le gouvernement burkinabè a vivement réagi à la résolution du Parlement européen du 18 juin dernier concernant les libertés fondamentales au Burkina Faso.
Qualifiant ce texte d'ingérence inacceptable et de manœuvre « adossée à des desseins néocoloniaux », le gouvernement rejette fermement des accusations jugées partiales, rappelle la responsabilité historique de l’OTAN dans la crise sahélienne et déclare ladite résolution « nulle et de nul effet ».
Tout en opposant les progrès engrangés depuis 2022 dans la reconquête territoriale aux « chiffres erronés » de l'institution européenne, Ouagadougou réaffirme son attachement à un dialogue respectueux, tout en excluant fermement toute condescendance ou tentative de remise en cause de la souveraineté nationale.
Ci-dessous l'intégralité de la note verbale
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Le Ministère des Affaires aires étrangères du Burkina Faso présente ses compliments à la Délégation de l'Union européenne à Ouagadougou et a l'honneur de porter à sa connaissance ce qui suit:
Le Gouvernement du Burkina Faso a pris connaissance avec une vive indignation et une grande déception de la résolution adoptée par le Parlement européen le 18 juin 2026, intitulée: Persistance de la répression de l'espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso ».
Le Gouvernement voudrait d'emblée rappeler au parlement européen que cette résolution manifestement adossée à des desseins néocoloniaux et inspirée par des réseaux obscurs à la solde de la France, constitue une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d'un État souverain, en contradiction avec les principes consacrés par la Charte des Nations Unies, notamment ceux relatifs à l'égalité souveraine des États et à la non-ingérence dans leurs affaires internes.
Le Gouvernement relève avec gravité que certains parlementaires européens persistent à développer une approche paternaliste des relations internationales, fondée davantage sur des préjugés idéologiques que sur une compréhension objective des réalités du terrain.
Le Gouvernement du Burkina Faso s'étonne particulièrement que le Parlement européen ait choisi de s'appuyer sur des chiffres aussi erronés sur la situation nationale, pour adopter une telle résolution au moment même où le peuple burkinabè mène avec courage, détermination et dignité, une lutte existentielle contre le terrorisme et ses sponsors étatiques.
Le Gouvernement rejette avec la plus grande fermeté cette résolution dont les appréciations partiales, les allégations infondées ainsi que les jugements péremptoires traduisent un refus manifeste de ses initiateurs, de voir les progrès engrangés par le Burkina Faso depuis 2022 dans la reconquête du territoire national et dans la consolidation de son économie.
Le Gouvernement du Burkina Faso relève par ailleurs avec étonnement que le Parlement européen ait cru devoir s'ériger en juge des politiques internes d'un État souverain dont il ne maîtrise ni les réalités historiques, ni les contraintes sécuritaires, ni les défis spécifiques, alors même que de nombreuses crises humanitaires, violations graves des droits humains, phénomènes de discrimination, de radicalisation et de restriction des libertés continuent de susciter de profondes préoccupations au sein même de l'espace européen et dans son voisinage immédiat.
Le Gouvernement rappelle que la crise sécuritaire qui affecte aujourd'hui le Burkina Faso et plusieurs pays du Sahel, est la conséquence directe de la déstabilisation de la Libye à la suite de l'intervention militaire irréfléchie de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en 2011. Cette intervention, dont les effets dévastateurs continuent dans toute la région sahélienne, a favorisé le terrorisme, la prolifération et la circulation des armes de guerre ainsi que l'expansion de réseaux criminels transnationaux qui menacent la paix et la stabilité de toute l'Afrique de l'Ouest.
Le Gouvernement regrette profondément que le Parlement européen ait choisi d'ignorer cette réalité historique pourtant largement documentée et reconnue par de nombreux observateurs internationaux.
A l'évidence, ceux-là mêmes dont les décisions ont largement contribué à la dégradation de la situation sécuritaire dans le Sahel s'arrogent aujourd'hui le droit de porter des jugements hâtifs sur les mesures souveraines prises par les États de la région pour protéger leurs populations et préserver leur intégrité territoriale.
Pour la gouverne du parlement européen, le Gouvernement du Burkina Faso rappelle que grâce aux efforts conjugués des Forces de Défense et de Sécurité, des Volontaires pour la Défense de la Patrie et de l'ensemble du peuple burkinabè, des avancées significatives ont été enregistrées tant dans la lutte contre le terrorisme et la reconquête du territoire, que dans le développement durable.
Le Burkina Faso demeure attaché à un dialogue franc, respectueux et mutuellement bénéfique avec l'Union européenne ainsi qu'avec l'ensemble de ses partenaires. Toutefois, ce dialogue ne saurait prospérer dans un climat marqué par la condescendance, les injonctions, les procès d'intention ou les tentatives de remise en cause des choix souverains librement assumés par le peuple burkinabè. En tout état de cause, cette résolution est nulle et de nul effet.
Le Gouvernement du Burkina Faso réaffirme sa détermination inébranlable à poursuivre la mise en œuvre de ses politiques de reconquête territoriale, de refondation de l'État et de préservation de ses intérêts fondamentaux, conformément aux aspirations légitimes du peuple burkinabè.
Le Ministère saurait gré à la Délégation de l'Union européenne de bien vouloir porter le contenu de la présente Note Verbale à la connaissance des institutions compétentes de l'Union européenne.
Le Ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso saisit cette occasion pour renouveler à la Délégation de l'Union européenne à Ouagadougou les assurances de sa considération distinguée.
Ouagadougou le 23 juin 2026











