Le Ministรจre de lโAgriculture, de lโEau, des Ressources animales et halieutiques, ร travers la Direction gรฉnรฉrale de lโEnvironnement et du Cadre de vie (DGECV), a menรฉ, ce mardi 31 mars 2026, une opรฉration de police environnementale ayant permis de dรฉmanteler un rรฉseau de trafic de dรฉchets dangereux.ร lโissue dโune enquรชte minutieuse, les agents ont interpellรฉ un commerรงant au marchรฉ de Tanghin, impliquรฉ dans la vente de caisses ayant contenu du cyanure. Ces contenants, bien que vides en apparence, demeurent des dรฉchets hautement toxiques, susceptibles de provoquer de graves atteintes ร la santรฉ humaine et ร lโenvironnement.
Lโopรฉration visait prรฉcisรฉment ร mettre un terme ร ce trafic illicite. Elle a permis de constater que ces caisses รฉtaient exposรฉes ร lโair libre, manipulรฉes sans aucune prรฉcaution et en contact direct avec les usagers et les passants du marchรฉ, les exposant ainsi ร des risques sanitaires majeurs. Le commerรงant en cause a รฉtรฉ immรฉdiatement interpellรฉ.

Interrogรฉ, ce dernier a dรฉclarรฉ ignorer la dangerositรฉ de ces contenants, malgrรฉ la prรฉsence visible de pictogrammes de danger, notamment les symboles de crรขne et dโos croisรฉs.
Pourtant, la rรฉglementation est sans รฉquivoque. Les contenants de cyanure, quโil sโagisse de fรปts ou de caisses, doivent impรฉrativement รชtre retournรฉs aux entreprises dโorigine ou pris en charge par les sociรฉtรฉs miniรจres, seules habilitรฉes ร importer et utiliser cette substance, dans des conditions strictement encadrรฉes. Leur prรฉsence dans les marchรฉs constitue ainsi une infraction grave au Code de lโenvironnement.
Poursuivant leurs investigations, les รฉlรฉments de la Police de lโEnvironnement ont rรฉussi ร remonter la filiรจre jusquโร une entreprise situรฉe ร Loumbila. Sur les lieux, les constats effectuรฉs se sont rรฉvรฉlรฉs particuliรจrement prรฉoccupants. Prรฉsence de rรฉsidus de cyanure, dรฉpรดts anarchiques de dรฉchets, y compris mรฉdicaux, et exposition de substances dangereuses ร lโair libre.
Face ร la gravitรฉ des faits, lโentreprise a รฉtรฉ mise sous scellรฉs. Lโentrepreneur, ainsi que le propriรฉtaire dโun vรฉhicule-remorque prรฉsent sur le site, ont รฉtรฉ convoquรฉs. Les documents saisis dans ce vรฉhicule ont permis dโรฉtablir un lien avec une sociรฉtรฉ miniรจre impliquรฉe dans ce circuit illรฉgal.

Selon monsieur Hamadou OUEDRAOGO, chef du service de la Police de lโEnvironnement, une telle situation est dโautant plus incomprรฉhensible que les industries miniรจres, seules habilitรฉes ร utiliser et importer cette substance toxique, maรฎtrisent parfaitement les rรจgles relatives ร la gestion des dรฉchets dangereux. Il rappelle que le Code de lโenvironnement prรฉvoit des sanctions sรฉvรจres ร lโencontre des contrevenants, notamment des peines dโemprisonnement de cinq ร dix ans et des amendes allant de 10 ร 100 millions de francs CFA.
Il appelle par ailleurs la population ร faire preuve de vigilance et ร dรฉnoncer toute activitรฉ suspecte liรฉe ร la vente ou ร la manipulation de produits dangereux. Il invite รฉgalement les commerรงants ร sโassurer de la nature des produits quโils acquiรจrent, en particulier lorsque ceux-ci portent des pictogrammes de danger.
La Police de lโEnvironnement assure que les investigations se poursuivent afin de dรฉmanteler lโensemble du rรฉseau. Elle rรฉaffirme son engagement ร sanctionner tous les acteurs impliquรฉs, conformรฉment ร la loi.
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