mercredi 3 juin 2026

#Sénégal : Ousmane Sonko dévoile les raisons de son limogeage

650320089 1486495726169128 8531720198922981047 n 1Au cours d'une conférence de presse tenue ce mardi 2 juin 2026, l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, actuel président de l'Assemblée nationale du Sénégal, a, sans langue de bois, donné les raisons de sa séparation avec le président Bassirou Diomaye Faye. Face aux médias sénégalais, le chef du Parlement est revenu en détail, pendant plus de trente minutes, sur la crise qui secoue actuellement la sphère politique nationale.

Nous vous proposons un extrait de son intervention ci-dessous

 

« Le vendredi 22 mai 2026, le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, m'a convié, en tant que Premier ministre, à une audience au Palais de la République. Je m'y suis rendu aux environs de 16 heures.

Nous avons échangé et il a exprimé son souhait de mettre un terme à notre collaboration, considérant qu'un certain nombre des positions que j'avais prises ces derniers temps l'incommodaient ou posaient problème. J'en ai pris acte et je lui ai fait une suggestion. À plusieurs reprises déjà, j'étais allé le voir pour lui proposer une solution alternative : si le Palais était trop étroit pour nous deux, j'aurais pu me retirer et retourner à l'Assemblée nationale, mon mandat de député étant intact. Même si, au moment où je vous parle, des manœuvres sont en cours pour obtenir du Conseil constitutionnel une décision qui serait la plus inique que cette institution ait jamais rendue, visant à revenir sur ce mandat. Ce qui est inacceptable. De 2016 à aujourd'hui, les mêmes institutions, les mêmes organes et les mêmes leviers ont été utilisés pour comploter contre ma personne. Partout où je me suis engagé en politique, ces leviers ont servi à me radier de la fonction publique, à fomenter des dossiers judiciaires contre moi, à me persécuter, à m'emprisonner et à m'empêcher d'être candidat. Au vu de la configuration actuelle, il est évident que ce sont les mêmes pratiques qu'ils comptent perpétuer.

À plusieurs reprises, j'étais donc allé lui proposer cette solution. Elle consistait, de manière concertée, à ce que je rejoigne l'Assemblée nationale, que nous discutions pour choisir un Premier ministre issu du parti – majoritaire – et que nous formions un nouveau gouvernement afin de continuer à cheminer ensemble. Cela ne m'aurait pas empêché, depuis l'Assemblée nationale, de continuer à l'aider dans ses tâches.

Je lui ai fait cette proposition à trois reprises, notamment au sortir des élections législatives, dont vous connaissez les résultats : la liste de PASTEF s'était hissée en tête, avec plus de 80 % des députés élus. Mais à chaque fois, il avait rejeté cette option, me disant : "Ta place est à côté de moi, au sein de l'exécutif, car il y a beaucoup à faire."

Nous aurions pu régler cela à l'amiable, mais il a choisi une autre voie. Il me l'a notifiée, j'en ai pris acte. Toutefois, je lui ai soumis une seule et unique suggestion.

Je lui ai dit : "Monsieur le Président de la République, ce pays ne peut pas se passer d'un gouvernement sérieux. J'ai été Premier ministre pendant deux ans, je sais ce qu'il en est. La suggestion que je vous fais est de ne pas annoncer cette mesure immédiatement. Donnons-nous 24 à 48 heures au maximum – le temps du week-end – pour discuter ensemble des modalités pratiques de matérialisation de cette décision. Autrement, vous y serez obligé." Il souhaitait que j'endosse partiellement cette rupture en affirmant que nous avions décidé de nous séparer d'un commun accord. J'ai refusé.

Si nous discutons et trouvons des convergences, un accord, je peux le faire. À défaut, il vous appartiendra de prendre la responsabilité d'annoncer que vous m'avez limogé. Il m'a alors répondu : "Je dois aller rendre visite à l'archevêque de Dakar, je reviens vers 18 h ou 19 h, et je vous ferai signe pour que nous puissions démarrer cette discussion." Qu'à cela ne tienne, je suis retourné au Petit Palais, à son écoute.

À 20 h 35, il m'a envoyé un message pour m'informer qu'il ne pouvait plus tenir la réunion et qu'il comptait annoncer mon limogeage. J'en ai pris acte. Quelques minutes plus tard, le secrétaire général de la Présidence de la République faisait lecture du décret.

Cela ne m'a pas posé de problème, car c'était une issue que j'attendais depuis très longtemps. Mais je m'étais fixé une règle : la rupture ne viendrait pas de moi. Elle ne devait pas venir de moi.

Je suis donc rentré le soir même à mon domicile. Et nous sommes restés chacun de notre côté pendant au moins trois jours, si je ne m'abuse, jusqu'au lundi 25 mai 2026. »

Comments (0)

There are no comments posted here yet

Leave your comments

  1. Posting comment as a guest.
Attachments (0 / 3)
Share Your Location
  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes