Gestion de la pandémie de coronavirus : L’Etat burkinabè est impuissant et se plie aux desiderata des citoyens, selon l’opposition politique
Ce sont Carlos Toé du MCR et Alain Zoubga de L’Autre Burkina/PSR qui étaient face aux hommes et femmes des médias aujourd’hui 12 mai pour le traditionnel point de presse du chef de file de l’opposition politique. Au menu des échanges avec les pisse-copies, les décisions du gouvernement allégeant les restrictions relatives au COVID-19, les tergiversations sur la réouverture des classes et la reprise de l’enrôlement des électeurs par la CENI.
Dans la gestion de la pandémie de coronavirus, au lieu d’indiquer aux citoyens le chemin à suivre, l’Etat semble se laisser dicter par les citoyens la conduite à tenir, foi du CFOP. Il en veut pour preuves le fonctionnement, malgré les restrictions, des débits de boissons, les lieux de loisirs ainsi que la réouverture forcée par les commerçants de certains marchés et yaars. Des situations qui, selon l’opposition politique, ont contraint l’Etat et les collectivités territoriales à se précipiter pour rattraper les choses par des décrets et arrêtés. « Un Etat aussi impuissant représente un danger pour tout le peuple, parce qu’en cas de situation de catastrophe naturelle, sanitaire, de conflit généralisé ou d’invasion ennemie, les citoyens seront abandonnés à leur propre sort », a déploré l’opposition politique. Elle ajoute : « A cause des contre-vérités répétées du gouvernement et des manipulations qui entourent la gestion de la pandémie, la majorité des citoyens ne croient plus en l’existence du Covid-19. » Or, cela pourrait entraîner une négligence des gestes barrières et conduire à un rebond de la maladie dans notre pays.
Réagissant à la reprise des activités pédagogiques dans les classes d’examen initialement prévue pour le 11 mai et reportée au 1er juin, l’opposition politique voit en ce nouveau report l’incapacité des autorités en place à négocier une trêve avec les partenaires sociaux ainsi qu’une désorganisation au sommet de l’Etat. De plus, cette nouvelle date qui coïncide avec le début de la saison pluvieuse n’a pas été bien pensée, car « de nombreux villages et communes sont enclavés pendant l’hivernage». Pour le CFOP, il faut impérativement rouvrir les classes d’examen au plus tôt et prendre une décision définitive en ce qui concerne les classes intermédiaires, en concertation avec l’ensemble des acteurs du système éducatif. Il juge par ailleurs les cours à distance initiés par le MENAPLN totalement inadaptés, surtout pour l’écrasante majorité des élèves qui n’ont pas accès à Internet, à la télévision et à la radio. Afin de sauver l’année scolaire, il est demandé au gouvernement la réparation des injustices commises sur le personnel de l’éducation ainsi que la reprise du dialogue avec les partenaires sociaux à qui l’opposition demande de faire preuve de solidarité et de sacrifices dans le but de sauver l’avenir des élèves qui, autrement, risque d’être compromis.
Tout en se réjouissant de la reprise, depuis le 08 mai 2020, de l’enrôlement des électeurs, le CFOP a noté des difficultés. Il s’agit, à titre illustratif, de l’état défectueux des appareils de la CENI dans les communes de Tougouri et Yalgo dans le Namentenga où à peine une dizaine de personnes ont pu être enrôlées depuis le début de l’opération. Dans la province du Gourma, sur 101 sites d’enrôlement initialement prévus, seulement 51 sont fonctionnels du fait de l’insécurité. De plus, beaucoup d’électeurs qui avaient fait établir leur CNIB avant la quarantaine ne l’ont pas encore reçue et de nombreux déplacés souhaitant se faire enrôler ne disposent pas de CNIB. L’opposition politique invite la CENI à combler au plus vite ces lacunes afin que l’enrôlement des électeurs puisse se poursuivre sereinement.
Armelle Ouédraogo
Le Coordinateur national du plan de riposte de la pandémie du COVID-19 par intérim, Brice Wilfried Bicaba, a fait le point de l’évolution du virus au Burkina ce vendredi 8 mai 2020. A sa suite, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, le Pr Alkassoum Maïga, a expliqué le plan de son département pour la rentrée académique le 11 mai prochain et le projet « un étudiant, un ordinateur ».
Ce jeudi 7 mai 2020 dans la matinée, l'Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) et l’Union pour le progrès et le changement (UPC), le principal parti d’opposition, ont animé tour à tour des conférences de presse. L’APMP s’est penchée sur la pandémie du coronavirus, la question sécuritaire, les élections couplées de novembre 2020 et la fronde sociale. Pendant ce temps, au siège de l’UPC, des élus et responsables UPC de la région de l’Est sont préoccupés par la situation sociosécuritaire dans leur région. Ils proposent une opération dénommée « Ogapo» (Ndlr : dénouement final en langue locale) dans cette région du pays puisque « depuis le début du mois de janvier, il ne se passe pas une seule journée sans qu’on parle de viols (souvent collectifs), d’attaques armées, de tueries, d’enlèvements et de menaces ».
Sur le plan sécuritaire, selon les partis de la mouvance, malgré les énormes efforts faits dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, des foyers de tension existent toujours et demandent à être définitivement stabilisés. « L’APMP salue la forte mobilisation des volontaires pour la défense de la patrie et leur farouche détermination. Elle invite toutes les populations à faire corps avec les FDS en coopérant et en continuant à s’enrôler pour la défense de la patrie».
Un conseil ordinaire des ministres s'est tenu le mercredi 6 mai 2020 sous la présidence du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré. Au titre du ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, le Conseil a adopté un décret portant levée de la suspension et prorogation des actions de révision des listes électorales au titre de l'année 2020.
Le point de presse sur l'évolution du Covid-19 au Burkina a été animé ce vendredi 1er mai par Brice Bicaba, coordonnateur par intérim du plan de riposte du coronavirus, en compagnie du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. Le Dr Bicaba est revenu sur la méthode mise en place pour la collecte des données. Les données de ce jour seront mentionnées dans le communiqué habituel.
Contrairement à ce que pensent les uns et les autres, l’UPC n’est pas restée silencieuse sur les circonstances du décès de Dame Compaoré, foi du Poé Naba, membre du bureau politique de l’UPC. « Les députés sont astreints au respect du règlement de l’AN. Nous ne pouvons pas crier sur tous les toits pour réclamer certaines actions », a-t-il affirmé. Il a ajouté qu’à l’étape actuelle des choses, des actions sont engagées par l’AN à l’encontre de tout le gouvernement et qu’elles iront peut-être jusqu’à la motion de défiance, car il y va de la crédibilité de l’institution parlementaire.
Au titre du ministère de la Sécurité, le Conseil a adopté un décret modificatif du décret 2018 N°097, portant création organisation, attributions et fonctionnement de la Brigade spéciale des investigations anti-terroristes et de lutte contre le crime organisé. « Dès 2019, il y avait le démarrage effectif de la brigade sur le terrain. Cependant, on s'est rendu compte que la brigade était confrontée à d'énormes difficultés, aussi bien au niveau de son organisation, de son fonctionnement que de ses attributions. Ce décret modificatif aborde les réponses clés liées à ces difficultés afin d'améliorer les investigations du terrorisme et la lutte contre la criminalité organisée », a expliqué M. Dandjinou.
Le chef de file de l'opposition politique, représenté par Mamoudou Hama Dicko, président de la NAFA, et Adama Séré, président du RDEBF, était face aux hommes de médias ce 28 avril à l'occasion de son traditionnel point de presse. Entre autres sujets abordés, les rencontres avec le gouvernement et certaines institutions, la « répression dans les médias publics » et le contentieux entre des magistrats et l’Etat.
Le point de presse du vendredi 24 avril 2020 sur le Covid-19 a été animé par le directeur du Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS), le Dr Brice Wilfried Bicaba. Il avait à ses côtés la ministre de la Santé, le Pr Léonie Claudine Lougué, et celui de la Communication, porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou. L’évolution de la pandémie connaît une baisse, selon le Dr Bicaba. A la suite du directeur du CORUS, le ministre de l’Education nationale a dévoilé le plan d’action de son département pour la reprise des cours dans les établissements.










