dimanche 26 juillet 2026

frais apeDans une interview qu’il a accordée à Radars Info Burkina ce jour 10 août 2022, Issiaka Kaboré, directeur des Études (DE) du lycée privé Wend-Manegda Ouaga 2000, s’est prononcé sur la suppression des frais APE (Association des parents d’élèves) dans les établissements scolaires privés au Burkina Faso demandée au ministère de l’Education nationale par  le Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF).

Radars Info Burkina : Qu’est-ce que les frais APE ?

Issiaka Kaboré : C’est une cotisation annuelle de l’Association des parents d’élèves. Ces frais sont payés par chaque élève dans les établissements publics et ceux privés.

Le montant des frais APE est-il fixé par le ministère de l’Education nationale ou par chaque établissement d’enseignement ?

IK : L’Association des parents d’élèves (APE) est une « institution » reconnue par l’État. Elle n’a pas été improvisée ; elle figure dans le cahier des charges du ministère de l’Education nationale. S’agissant du montant des frais APE, il varie d’un lycée à un autre. À moins que je me trompe, c’est chaque établissement qui fixe ses frais APE.

A quoi servent lesdits frais ?

IK : Ils jouent un rôle très important dans le système éducatif si et seulement si il y a une transparence dans leur utilisation et s’il y a véritablement une rationalisation des dépenses. L’APE est un partenaire des établissements et a plusieurs fonctions : sociale, de médiateur  et d’assistance.

Primo, les fonds APE peuvent être utilisés pour financer une partie d’un examen blanc. Par exemple, l’école peut monter son projet  d’examen blanc et il se trouve que le budget alloué aux examens blancs est insuffisant. En pareil cas, l’école peut recourir à l’Association des parents d’élèves pour demander sa contribution. Secundo, certains établissements peuvent avoir des difficultés de paiement de leurs enseignants, surtout en fin d’année. Face à cela, si l’APE est en mesure d’apporter de l’aide, elle peut contribuer à  résoudre ce problème. Tertio, les activités socioculturelles des élèves en fin d’année sont en partie  financées par l’APE. Bref, celle-ci joue un rôle capital dans le système éducatif, d’autant plus qu’elle participe au succès des activités des établissements scolaires.

Au cas où le ministère de l’Education nationale donnerait son OK pour la suppression des frais APE tel que le demande le Réseau national des consommateurs  du Faso (RENCOF), quelles sont les alternatives que vous prévoyez, vu que, à vous entendre, celle-ci joue un rôle non négligeable ?

IK : À mon humble avis, il serait bien que l’État y mette de l’ordre, c’est-à-dire qu’il uniformise les frais en fonction des bourses et des salaires des parents d’élèves parce qu’il se pourrait que les frais soient élevés. Ainsi, on pourrait trouver le juste milieu : 1 000 FCFA ou même 500 FCFA, car il y a des APE qui vont au-delà de 5 000 FCFA. En tout cas, la suppression des frais APE ne serait pas une bonne idée. Par exemple, l’État pourrait octroyer une subvention aux établissements pour solutionner les problèmes. Sans compter que les établissements eux-mêmes peuvent récupérer ces frais autrement, notamment en les ajoutant aux frais de scolarité. On doit donc mettre l’accent sur l’essentiel, car il y a d’autres défis à relever.

Le mieux, ce serait donc que les différents acteurs du système éducatif travaillent en synergie et proposent les solutions idoines dans l’intérêt supérieur du pays, surtout pour l’amélioration de l’éducation. Il y a, par conséquent, lieu d’échanger pour trouver les solutions les plus appropriées. Il faudra faire preuve de sagesse et de responsabilité sur cette question des APE.

Interview réalisée par Flora Sanou

combenin uneAu Burkina Faso vivent de nombreuses communautés étrangères parmi lesquelles on compte des Béninois. Radars Info Burkina est allé à la rencontre de quelques ressortissants de l'ancien Dahomey vivant au pays des hommes intègres afin de s’imprégner de leurs réalités et de recueillir le jugement qu'ils portent sur leur pays d’accueil.

 Selon la présidente de l’Union des Béninois au Burkina Faso (UBBF), Bernadette Gbaguidi, la communauté béninoise regroupe environ 5 000 personnes. Elle est composée  majoritairement  d’étudiants, d’ouvriers, d’artisans et toutes ces personnes se sentent à l’aise dans leur pays d’accueil. «On se sent Burkinabè ; c’est juste le sang béninois qui coule dans nos veines», a-t-elle déclaré. Cependant, les difficultés, il n’en manque pas, indique dame Gbaguidi. «Dans le milieu estudiantin, les problèmes sont multiples. Il y a, par exemple, celui du logement car plusieurs étudiants viennent s’inscrire mais n’ont pas de lieu où résider. Il y a  aussi certaines écoles de formation qui  n'ont pas d’agrément. Ainsi, certains étudiants béninois  s’y inscrivent mais par la suite, ils se retrouvent avec des diplômes non reconnus. D’autres se font également arnaquer dans des activités douteuses. Pour ce qui est des ouvriers et des artisans, certains travaillent mais au finish, ils ne perçoivent pas leur paie. Par ailleurs, plusieurs filles se retrouvent dans les restaurants et bars en tant que serveuses et sont abusées par leurs employeurs ou même les clients.» Ce sont là autant de problèmes que vit la communauté béninoise résidant au Burkina Faso, si l’on en croit la présidente de l’association qui les regroupe.

 L’insécurité, devenue le quotidien du Burkina ainsi que d'autres pays de la sous-région, est aussi un souci et le vœu des ressortissants de l'ancien Dahomey vivant au Burkina, c’est le retour de la paix et de la sécurité au Faso.

Bénild Aurel Litchéou, étudiant en 2e année de banque-microfinance dans un institut de la place,  par ailleurs artiste musicien et danseur, affirme être parfaitement intégré au Burkina, d'autant plus qu'il y vit depuis maintenant 23 ans. À l’en croire, son intégration au sein de la société burkinabè n’a guère été difficile parce qu’il y a  grandi et fait tout son cursus scolaire. combenin 2«Mon intégration n’a pas été compliquée. J’ai vécu Burkinabè et je vis toujours Burkinabè. Je me sens chez moi parce qu'en cas de besoin, les frères burkinabè sont toujours disponibles», indique-t-il. Toutefois, confesse le jeune étudiant, il est confronté à un problème de naturalisation, chose qui ne lui permet pas de prendre part aux concours directs de la fonction publique burkinabè.

D'après le journaliste et  consultant médias Serge Mathias Tomondji, précédemment directeur de la rédaction de la télévision Burkina Infos et qui vit au Burkina depuis une trentaine d’années, son intégration au Burkina s'est faite sans aucune complication. Le pays des hommes intègres est, de son propre aveu, un pays hospitalier et accueillant. « Pour moi, le Burkina Faso est un pays épatant qui, malgré son enclavement et ses maigres moyens, a su capitaliser sur la bravoure et le travail de ses femmes et de ses hommes. Par exemple, ce pays n'a rien à envier aux autres de la sous-région en ce qui concerne notamment les productions céréalière, maraîchère, fruitière et même agricole. Pendant toutes ces années et à différents niveaux, j'ai pu constater combien les Burkinabè sont accueillants et hospitaliers. Je n’ai aucun problème  avec eux. Dans tous les quartiers où j’ai vécu et dans celui où je vis actuellement, tout se passe bien. Les Burkinabè m’ont bien accepté et nos échanges sont respectueux et cordiaux. J'ai évolué dans plusieurs médias privés sans aucune complication. Avec les autorités burkinabè, peut-être en raison de ma profession de journaliste, je n'ai aucun problème non plus », affirme-t-il.

mathiastCependant, il pointe du doigt les problèmes liés à l’établissement des documents administratifs sur place et l’insécurité à laquelle est en proie le pays des hommes intègres. Il leur faut en effet se rendre jusqu’à Cotonou, la capitale béninoise, pour se faire établir une carte d’identité nationale ou un passeport, d'après M. Tomondji, ce qui occasionne d’énormes dépenses. La pandémie de COVID-19 et la situation sécuritaire actuelle du Burkina n'arrangent guère les choses, toujours selon lui.

Mais la situation a tout de même évolué avec la désignation d'un consul honoraire du Bénin au Burkina, a-t-il affirmé. Aujourd’hui, les Béninois peuvent se faire immatriculer et obtenir une carte consulaire. Ils peuvent aussi se faire établir certains papiers de base sur place. Mais pour l’heure, l’administration consulaire est en pleine réorganisation en raison du décès des deux premiers consuls du Bénin au Burkina.

L'actuel consul désigné, qui attend toujours d'être officiellement installé par les autorités burkinabè, développe cependant des initiatives pour une inscription des Béninois de sa juridiction dans le fichier de base du Recensement  administratif à vocation d'identification de la population (Ravip), lancé en 2020 et qui constitue la première phase pour l'établissement de tout document administratif au Bénin.

Cette opération, qui doit avoir lieu d'ici mi-septembre et devra être suivie du déplacement d'une mission de l'Agence nationale d'identification des personnes (Anip), permettra aux Béninois de se faire établir, sur place, un acte de naissance sécurisé, le Certificat d'identification personnelle (CIP) et la carte nationale biométrique.

« La situation sécuritaire constitue une source de grande inquiétude mais qu’à cela ne tienne, aucun projet ne se fait sans le Burkina », a déclaré M. Tomondji.

« Quand je suis arrivé ici, je ne pensais pas m'y établir durablement. Aujourd'hui, le Burkina est mon pays d'adoption, ma deuxième partie. J'y ai passé le plus clair de ma vie professionnelle et pratiquement la moitié de ma vie tout court. Mes perspectives, qu'elles soient professionnelles ou personnelles, ne se déclinent donc pas sans le Burkina. Cependant, la dégradation de la situation sécuritaire consécutive aux attaques terroristes de ces dernières années constitue une source de grande inquiétude et le sujet principal de préoccupation nationale et régionale. Les efforts multiformes qui se mènent pour endiguer ce mal doivent être accompagnés par tous pour un retour progressif à la normale », a terminé Serge Mathias Tomondji.

F.S.

aasante uneL’« hépatite » est un terme générique employé pour désigner toute inflammation du foie. Au Burkina Faso, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont porteuses chroniques du virus de l’hépatite B (VHB), contre 720 000 individus qui portent le virus de l’hépatite C (VHC). Ces chiffres montrent bien que l’hépatite B est la plus fréquente dans notre pays, avec un taux de prévalence moyenne d’environ 10%. Toujours selon les statistiques, il y a des régions, comme celle du Sud-Ouest, où la prévalence des hépatites B et C est un peu plus importante. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette maladie. A en croire le Dr Lydie Marie Jeannette Sia, hépato-gastroentérologue, la salive en tant que telle ne contamine pas, mais une salive contaminée par un sang porteur de l’hépatite peut bien transmettre cette maladie.

« Les modes de transmission sont entre autres : de la mère à l’enfant par du sang contaminé par l’hépatite ainsi que les relations sexuelles non protégées avec une personne atteinte de la maladie », a précisé le Dr Lydie Marie Jeannette Sia, hépato-gastroentérologue. A l’en croire, la salive en elle-même n’est pas un vecteur de transmission car, affirme-t-elle,  « la salive en tant que telle n’est pas contaminante de l’hépatite, mais une salive contaminée par du sang porteur de l’hépatite peut transmettre la maladie. On peut avoir des saignements buccaux sans le savoir. Dans ce cas, la salive est contaminante ».

aasante 2L’hépatite n’est pas une maladie héréditaire, elle se transmet par des facteurs externes. Un dépistage tardif de cette maladie expose ceux qui en sont porteurs à des risques de complication. « Après quelques années d’évolution dans l’organisme, l’hépatite peut se compliquer en cirrhose, qui est une pathologie grave pouvant entraîner le décès du patient. L’extrême, ce sera le cancer du foie, qui est incurable parce qu’à un certain stade, il n’y a plus de possibilité thérapeutique curative pour le patient. C’est dire donc que le dépistage précoce est important pour lutter contre cette maladie », a indiqué la doctoresse.

Le traitement de l’hépatite B est à vie. Par contre, l’hépatite C est curable et après 3 mois de traitement, la guérison est totale à 95%. Le diagnostic précoce est utile, voire nécessaire, parce qu’il  y a un vaccin efficace, selon l’hépato-gastroentérologue, et son efficacité est à vie.  « Ce que nous conseillons, c’est que toute personne se fasse dépister dans les formations sanitaires. Ainsi, celui qui est dépisté négatif pourra se faire vacciner et être ainsi protégé contre cette maladie à vie. En revanche, celui qui est diagnostiqué positif à la maladie peut se faire suivre par un spécialiste du domaine », conseille la spécialiste en santé.

A l’en croire, guérir de l’hépatite B est certes possible mais extrêmement rare, car seuls « 3% des patients porteurs de cette maladie sous traitement guérissent ».

Et l’hépato-gastroentérologue de conclure : « Ce qui nous réconforte, c’est qu’on a un traitement efficace qui permet d’obtenir une inactivation du germe, ce qui réduit considérablement l’évolution vers les complications. »

 Nafisiatou Vébama

tmkoLa  « garangose », de nombreux Burkinabè s’en souviennent encore. Ce néologisme typiquement voltaïque apparu en 1966 désignait à la fois la politique de rigueur financière et d’austérité instaurée par le ministre Tiémoko Marc Garango, alors « grand argentier » du gouvernement du général Sangoulé Lamizana, et l’initiateur de ladite politique.

Après le soulèvement populaire de janvier 1966 qui a renversé le régime du président Maurice Yaméogo, le Burkina Faso (ex-Haute-Volta) était en proie à des difficultés économiques. Tiémoko Marc Garango, intendant général de 1re classe des Forces armées nationales (FAN) du Burkina Faso, est alors appelé au gouvernement pour y occuper le poste de ministre des Finances.

Pour l’Institut général Tiémoko Marc Garango pour la gouvernance et le développement (IGD), qui porte d’ailleurs son nom, ce dernier « était un brillant gestionnaire très apprécié pour sa rigueur et son sens du travail bien fait et a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire économique et financière du Burkina Faso ».

Comment procéder pour relever l’économie voltaïque, alors complètement à terre ?

Le général Tiémoko Marc Garango, alors ministre des Finances et du Commerce, adopte une rigueur budgétaire et crée de nouveaux mécanismes de perception de fonds pour relever le défi de la relance de l’économie du pays.  

Dans ce sens, le « grand argentier » engage plusieurs réformes dans la fonction publique afin de remettre sur les rails l’économie nationale. Au nombre de celles-ci, on peut citer la retenue à la source de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) et la réduction des bourses d’études.

Nafisiatou Vébama

prt2Les pertes blanches sont un sujet tabou dans nos sociétés et nombreuses sont les femmes qui ignorent l’utilité ou la dangerosité desdites pertes. Radars Info Burkina s’est entretenu sur ce sujet qui touche à l’intimité féminine avec Solange Gouba, sage-femme d’Etat et responsable du service de Santé maternelle et infantile (SMI) du centre médical urbain de Ouagadougou.

Les pertes blanches, désignées par le terme médical « leucorrhées », sont des sécrétions naturelles qui surviennent généralement après les menstrues. De couleur blanche, voire jaunâtre, elles sont produites par le vagin et l’utérus. De plus, elles varient selon les périodes, d’après la sage-femme d’Etat Solange Gouba.

L’importance des pertes blanches

Toujours selon Mme Gouba, les pertes blanches permettent au vagin de s’auto-nettoyer en évacuant les cellules mortes de sa surface (muqueuse vaginale), mais aussi la sueur ou encore la « mouille » liée au désir sexuel. Elles  permettent également une hydratation permanente ainsi qu’une lubrification vaginale.

 La variation des pertes blanches

Les leucorrhées (terme médical employé pour désigner les pertes blanches) peuvent être physiologiques ou pathologiques. Elles sont dites physiologiques ou normales lorsqu’elles sont inodores, fluides, épaisses ou légèrement laiteuses, blanches ou jaune clair et d’aspect transparent. Elles changent d’aspect juste avant les règles. À cette période, elles ont tendance à s’épaissir, à être plus abondantes et peuvent même foncer légèrement ou devenir jaunes. Elles deviennent transparentes, fluides et abondantes 4 jours avant l’ovulation et 24h après celle-ci.

Lorsqu’une femme est enceinte, ses pertes blanches augmentent en raison du taux élevé d’hormones produites par son corps puis par le placenta. Elles sont très abondantes et fluides, si bien que certaines femmes peuvent même avoir la sensation de « mouiller » en permanence. Ces sécrétions forment un enduit blanchâtre, parfois grumeleux et souvent glaireux.

Les pertes blanches sont en revanche qualifiées de pathologiques lorsqu’il s’agit d’une infection. Dans ce cas, il est urgent pour la femme de consulter un spécialiste en matière de santé.

prt uneLa nécessité d’aller en consultation

A en croire la sage-femme, des pertes blanches qui ne répondent pas aux normes susmentionnées requièrent une consultation. « Lors d’une infection vaginale (comme une mycose), les pertes blanches changent totalement d’aspect. Elles peuvent devenir très jaunâtres, rosées, voire verdâtres. Elles dégagent alors une désagréable odeur de poisson, deviennent grumeleuses, mousseuses ou crémeuses et peuvent s’accompagner de démangeaisons, de brûlures, d’irritations de l’appareil génital ou de fièvre. Si de tels symptômes apparaissent, la personne doit consulter un gynécologue afin d’être située sur la raison de ce changement d’aspect », précise-t-elle.

Quelques recommandations

Selon dame Gouba, il ne faut pas traîner avec des pertes blanches qui sont abondantes et sentent mauvais car si elles ne sont pas traitées, elles peuvent être source de stérilité. En outre, il est recommandé  d’éviter de nettoyer l’intérieur du vagin, que ce soit avec de l’eau, du savon ou un gel intime. « C’est une partie fragile du corps de la femme qui n’a pas besoin d’être nettoyée,  puisque l’organisme le fait lui-même. Il faut donc bannir  les douches vaginales, inutiles et néfastes pour la flore vaginale. Chaque femme doit normalement consulter après chaque cycle menstruel parce que certaines ont de mauvaises pratiques d’hygiène », a conclu l’agent de santé.

F.S.

abpfam uneL’Association burkinabè des femmes artistes musiciennes (ABFAM) a organisé une sortie détente ce 5 août à l’espace culturel Lounga de Koubri, à la périphérie sud de la capitale. C’était aussi une occasion pour les membres de ce regroupement d’échanger sur l'apport qui peut être le leur en matière de promotion de la  cohésion sociale, cela d'autant plus que le tissu social burkinabè est fragilisé.

« Notre pays est en quête de paix et de cohésion sociale ; notre association a donc pensé qu’elle pouvait apporter sa contribution à la résolution de la crise. Nous avons créé ce cadre pour déterminer le rôle de la femme dans le retour de la paix au Burkina Faso », a précisé Maïmounata Lingani, alias Maï Lingani, présidente de l’Association burkinabè des femmes artistes musiciennes (ABFAM).

Selon ces musiciennes, même si elles ne peuvent pas prendre les armes pour aller au front comme les Forces de défense et de sécurité (FDS), à travers leurs voix elles peuvent au moins contribuer à la cohésion sociale.

abfam 2Pour le Dr Guy Brou, qui  a entretenu les membres de l’ABFAM sur le thème « Burkina Faso, crise sécuritaire, quel apport de l’artiste femme burkinabè ? », celles-ci, outre leurs voix,  peuvent apporter leur contribution au renforcement du tissu social à travers des œuvres sociales par exemple. Le conférencier a, par conséquent, invité les artistes féminins burkinabè à l’union, chose qui leur permettra, d’après lui, d’être efficaces dans leur contribution à la paix au Burkina Faso.

abfam3La chanteuse Amity Meria, venue pour un partage d’expérience avec ses « sœurs », a, elle,  soutenu que l’artiste musicienne qui s’inscrit comme défenseur d'un pays a le devoir d’être un modèle. S’inscrivant dans la même logique que le Dr Brou, elle a expliqué que sans unité, elles ne pourront rien faire de constructif. « Il faut  réaliser cette vraie unité avant de vouloir contribuer à la paix dans la nation », a-t-elle affirmé. Et selon elle, le Dr Guy Brou, en agissant ainsi, pose des bases pour amener les artistes féminins à comprendre quelle peut être leur contribution à une sortie de la crise dans laquelle le pays est.

Cette sortie détente à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou a aussi été l’occasion pour l’ABFAM de mettre en terre des plants, précisément à l’espace culturel Lounga. Au nombre des essences plantées figure le colatier, un arbre qui symbolise la paix à travers ses fruits, les noix de cola.

Portée sur les fonts baptismaux en 2015, l’Association burkinabè des femmes artistes musiciennes (ABFAM) compte près de 200 membres.

Nafisiatou Vébama

rciSur le territoire burkinabè vivent plusieurs communautés étrangères. Au nombre de celles-ci figure celle ivoirienne, qui vit en parfaite harmonie avec les populations de son pays d’accueil. Certains Ivoiriens estiment que le Burkina Faso est un pays de formation, tant sur le plan social que sur celui éducatif. La Côte d’Ivoire célèbre 62 ans d’indépendance le 7 août 2022 et pour ses ressortissants, la vraie indépendance est encore loin.

« Cela fait maintenant 5 ans que je vis au Burkina Faso. C’est un pays très accueillant. Depuis mon arrivée dans ce pays avec mon époux, qui est Burkinabè, je me suis sentie chez moi », affirme Mariama Ouattara, ressortissante ivoirienne.

D’après Ezéchiel Kouassi, étudiant ivoirien, son intégration a été facilitée par ses camarades. « Nous cohabitons parfaitement avec les Burkinabè parce que nous apprenons les uns des autres. Le Burkina Faso est un pays hospitalier où la diversité culturelle est prônée », indique-t-il. Le jeune Kouassi ajoute que pour lui, la vie au Burkina Faso est une sorte de formation, tant sur le plan éducatif que sur celui social. « Ici, on gagne en maturité et en formation. Je me sens bien dans ce pays d’accueil et il y a des possibilités que je m’y installe », dit-il.

62 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire, que retenir ?

De l’avis de certains ressortissants du pays d’Houphouët-Boigny, 62 ans après l’accession de leur patrie à la souveraineté internationale, le constat est triste : la terre d’Eburnie, à l’instar d’autres pays africains, n’est pas véritablement indépendante. Selon Mariama Ouattara par exemple, Ivoirienne, quand un pays est dans la dépendance économique, c’est qu’il est aussi dépendant dans les autres domaines. « Nous pouvons exploiter nos propres richesses et financer les projets du pays. Au lieu de cela, on laisse des étrangers venir piller nos richesses et nous laisser seulement des miettes. Et ce sont eux qui imposent leur volonté. Ce n’est pas cela, être un pays indépendant », fulmine-t-elle.

Nafisiatou Vébama

aaoscAu Burkina Faso, on ne peut plus nier l’existence de la société civile. Depuis l’insurrection de 2014, on assiste à la création d’Organisations de la société civile en continu. Ces OSC sont le plus souvent composées de jeunes qui sont engagés dans leurs communautés. Réunies en collectif, elles ont décidé de s’impliquer dans la lutte contre l’hydre terroriste. Pour le secrétaire adjoint du Collectif national des organisations de la société civile « Sauvons le Burkina Faso », les jeunes  sont prêts à aller sur le terrain, mais ils attendent une autorisation des autorités et une formation adéquate.

« Nous sommes prêts à aller sur le terrain et à soutenir les FDS dans tous les domaines », a affirmé Souleymane Zongo, secrétaire adjoint du Collectif national des organisations de la société civile « Sauvons le Burkina Faso». Le Collectif confie que les jeunes des 13 régions sont déjà mobilisés et n’attendent que le quitus du gouvernement pour s’engager pleinement dans la lutte contre le terrorisme. « Nous sommes disposés à nous déployer sur le terrain pour évaluer les besoins des FDS.  Même si c’est pour aller aider à cirer les chaussures des militaires, nous pensons que c’est de l’aide », a indiqué Souleymane Zongo, secrétaire adjoint du Collectif national des organisations de la société civile « Sauvons le Burkina Faso».

Il ajoute : « Si les FDS manquent de ressources humaines pour lutter contre le terrorisme, nous devons les appuyer. Aller aider les militaires au front, ce n’est pas seulement prendre les armes, mais si notre implication nécessite qu’on prenne les armes, on le fera. »

S’engager avec l’approbation des autorités

Pour sa participation légale à la lutte contre le terrorisme, le Collectif a entrepris des démarches auprès des autorités pour obtenir leur approbation.

Souleymane Zongo a fait savoir qu'ils « peuvent s’engager comme les VDP l’ont déjà fait, mais n’oublions pas que c’est suite à un appel qu’ils sont allés se faire s’enrôler. Donc si le gouvernement lance un appel à s’enrôler, nous pensons que beaucoup seront volontaires. On ne peut pas s’engager sans autorisation préalablement parce que sur le terrain, l’armée pourrait nous confondre à l’ennemi».

D’après le Collectif national des organisations de la société civile « Sauvons le Burkina Faso», ses  structures dans les 13 régions du pays ont déjà mobilisé des jeunes et ces derniers n’attendent plus que leur formation.

Nafisiatou Vébama

aadsserte uneLe directeur régional de l’ONEA du Centre, Barnabé Millogo, a tenu un point de presse ce mercredi 3 août 2022, au cours duquel il a donné des explications sur les perturbations en matière d'approvisionnement en eau potable qui affectent certains quartiers de Ouagadougou. Selon le DR, cela est imputable à un problème technique survenu à l’usine de traitement d’eau de Ziga. Toutefois, il assure que cette difficulté est prise en charge pour une solution rapide.

« Depuis quelques jours, des abonnés de l'ONEA (NDLR : l’Office national de l’eau et de l’assainissement) comme les résidents de Bassinko, Yagma, Rimkiéta, Nagrin, etc., ressentent des perturbations dans l'approvisionnement en eau potable », a déclaré d’entrée de jeu le directeur régional du Centre. Et de poursuivre : « Ce sont des impératifs techniques que nous avons eus à la station de traitement de Ziga, malgré les opérations de maintenance préventive, qui sont à l’origine de ces désagréments. »

aadsserte 2Pour comprendre le problème et tenter d’y remédier, des équipes ont été immédiatement déployées, à en croire le DR, qui ajoute que c’est justement le travail desdites équipes qui permet d'envoyer de l'eau à Ouagadougou pour assurer le minimum en matière de distribution d'eau potable, surtout dans les zones sensibles telles que les hôpitaux et les quartiers qui sont les plus défavorablement desservis. Il a précisé que compte tenu des nombreux déficits enregistrés, l'eau n’arrive pas à monter dans les châteaux. C’est pourquoi ceux qui résident dans des zones un peu élevées n'ont pas d'eau. « Ce que nous faisons, c'est aller manœuvrer dans le réseau pour permettre de prendre l'eau dans les zones basses et de la canaliser avec le peu qui entre dans les châteaux pour pouvoir la réorienter vers les zones élevées », a-t-il expliqué. aadssrte 3Le traitement de l'eau consiste à prélever ledit liquide dans le barrage et à lui faire subir un traitement pour le rendre potable. Après quoi, l’or bleu est convoyé vers Ouagadougou et c'est la station de dispatching qui dessert les différentes zones. Le directeur régional a précisé que la station de dispatching n'a pas de problème et que c'est à l'usine de traitement d'eau qu'il y a le souci technique. Il déplore aussi que ceux qui sont dans des zones favorables fassent des provisions parce que, selon lui, c’est au détriment de ceux qui sont dans les zones défavorables. « Mais, assure-t-il, les premiers résultats de l’équipe d'experts commise au niveau des stations ont permis d'envisager une amélioration notable de la situation d'ici la fin de la semaine. »

Le directeur régional du Centre a, une fois de plus, présenté les excuses de l'ONEA pour les désagréments que cette fâcheuse situation occasionne aux consommateurs et invité ceux qui sont dans les zones défavorables à avoir le réflexe de faire des provisions d'eau en attendant un retour de la situation à la normale.

Etienne Lankoandé

ratgiI.M. a attrait S.I. en justice pour abus de confiance. L’affaire a été jugée par le  tribunal de grande instance Ouaga I ce 2 août 2022. D'après le plaignant, lui et S.I. auraient conclu un marché de livraison d’un camion de marque Mercedes Benz d’un montant de 11 millions F CFA. Il aurait versé 8 millions de francs FCFA comme avance et le camion devait lui être livré dans un délai de 40 jours. Mais jusqu’à présent, ni ledit camion ne lui a été livré ni l’acompte versé ne lui a été restitué.

I.M. a contacté S.I. pour l’achat d’un camion Mercedes Benz mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

S.I., devant le tribunal, reconnaît avoir conclu le marché d’achat du véhicule. Il soutien que l’argent a été perçu en son nom par M.O. devant un huissier et transféré  à S.D. qui vit hors du pays. Ce dernier était chargé d’envoyer le camion.

A la barre S.I. explique que S.D. lui a envoyé une photo disant que le véhicule était à Lomé et qu’il aurait des difficultés pour le transit. « Il m’a dont dit qu’il avait besoin d’argent et qu’on pouvait prendre encore 1 million chez I.M. et j’ai pris cet argent et l’ai remis au cousin de S.D. qui s’est chargé de transférer la somme », dit-il. 

Malgré ce nouveau transfert d’argent, le véhicule n’est pas encore arrivé alors que Derra assure qu’il est bien à Lomé. Pour en avoir le cœur net, S.I. s’est rendu à Lomé. Au port, il a montré les vidéos et l’immatriculation que S.D. lui avait envoyées mais ils n’ont pas trouvé de véhicule de ce type.

L’accusé porté plainte à son tour

Il a donc, à son tour, porté plainte contre S.D. et l’huissier qui était témoin de l’encaissement des 8 millions par le cousin de S.D.

Pris au piège dans cette affaire, S.I. se propose de rembourser I.M. en commençant par lui verser la somme de 2 millions de francs FCFA.  Pour l’avocat du plaignant I.M., si S.I. n’avait pas pris les 8 millions, il ne se serait pas mis à rembourser 2 millions. Il estime que le camion devait rapporter par jour 85 mille. De ce fait, il réclame, en plus des 6 millions, 1 millions 500 mille francs au titre des dommages et intérêts.

Pour le procureur, il y a effectivement eu un contrat de vente entre I.M. et S.I. et M.O. également a reconnu avoir transféré les 8 millions à S.D., qui se trouve en Allemagne mais, S.I. n’a encaissé aucun kopeck  sur les 8 millions de F CFA. « C’est vrai qu’il a pris l’engagement de livrer le camion et de faire encaisser l’argent par M.O. en son nom parce qu’il avait l’assurance que le camion allait être livré avant les 40 jours et même que des photos du véhicule lui ont été envoyées. Si le camion n’a pas été livré jusqu’à ce jour, on peut dire que S.I. est une victime parce qu’on lui a envoyé des photos disant que le camion était à Lomé. Ce dernier a raison d’avoir déposé plainte contre S.D.», a-t-il affirmé.

Le procureur a conclu qu’aucun fait de dissipation ne pouvait être requis contre S.I. et demandé aux juges de le relâcher pour infraction non constituée.

Pour l’avocat de l’accusé S.I., il est vrai que ce dernier n’a pas agi en professionnel et cela ne fait pas de lui un délinquant. Il était un intermédiaire de commerce. De ce fait, d’après lui l’infraction d’abus de confiance n'est pas constituée.

S.I., lui, a demandé pardon et  invité le tribunal à se saisir de l’affaire, précisant que S.D. est aussi recherché par Interpol pour avoir détourné plus de 85 millions de francs F CFA. « Il y a plus de 6 véhicules qu’il n’a pas livrés et je suis en train de rembourser pour deux véhicules », a indiqué S.I.

Le délibéré a été renvoyé à une date ultérieure par le tribunal.

Nafisiatou Vébama