jeudi 5 février 2026

atll uneDans le but d'accroître la contribution de la filière avicole au développement socio-économique du Burkina, le ministère de l'Agriculture, des Ressources animales et halieutiques a ouvert ce vendredi 29 avril à Ouagadougou un atelier de validation de la stratégie nationale de développement durable de ladite filière. Cette séance de travail  va permettre aux techniciens du département des Ressources animales de poser les bases d'un développement durable des productions avicoles dans notre pays. La cérémonie a été présidée par Karim Konseimbo, directeur de cabinet du ministre des Ressources animales, qui représentait ce dernier.  

L'aviculture au Burkina Faso est confrontée à de multiples contraintes qui limitent sa contribution au développement socio-économique du pays. Il s'agit, entre autres, de la faiblesse de la productivité des systèmes d’élevage, de la structuration et de la professionnalisation des acteurs. À cela s'ajoutent le  difficile accès à certains intrants, aux financements, mais également la difficulté de la transformation et de la mise sur le marché des produits.

atll 2C'est pourquoi le gouvernement veut, par le truchement de la stratégie en cours d'élaboration, qui couvrira la période 2023-2032, donner des orientations, définir les actions prioritaires à moyen et long terme et jeter de meilleures bases pour cette filière. L'objectif visé par cette stratégie, selon le représentant du ministre des Ressources animales, c’est qu'à l'horizon 2032 la filière avicole soit productive, compétitive et portée par des organisations professionnelles dynamiques. Elle doit également être en mesure de garantir durablement la couverture des besoins nationaux en produits avicoles et améliorer les revenus des acteurs.

atll 3« Les principaux axes d'intervention sont définis : il s'agit, entre autres, de l'amélioration de la production, de la productivité et de la compétitivité, ainsi que de la gouvernance. L'élaboration des prochains projets devrait pouvoir s'appuyer sur ce document», a déclaré le Dr Seydou Ouattara, directeur du centre de promotion de l'aviculture villageoise.

L’aviculture occupe une place de choix dans le sous-secteur de l’élevage, avec plus de 46 millions de têtes de volaille dénombrées en 2021. Les produits avicoles représentent 6% du PIB agricole. C’est pourquoi le « poulet bicyclette », qui est typiquement burkinabè, sera labellisé, car à travers ce poulet, les produits avicoles sont devenus un symbole national. « Le processus de labellisation sera bouclé dans les prochains jours », a assuré Karim Konseimbo.

Barthélémy Paul

tribb uneAu tribunal de grande instance Ouaga I ce mardi 26 avril 2022, Radars Info Burkina a assisté au jugement d’une affaire de vol d’argent. En effet, une dame ayant perdu 625 000 F CFA dans sa voiture a attrait en justice Moussa, un garagiste (nom d'emprunt), qu’elle accuse d’être l’auteur dudit vol. Mais le tribunal a relaxé le prévenu pour infraction non constituée.

Les faits remontent au début de l’année 2022 lorsqu’une dame, que nous nommerons ici Sita, est allée remettre sa voiture à un garagiste pour réparation suite à un accident. Le lendemain, elle revient audit garage et fait remarquer qu’elle avait laissé 625 000 francs dans sa voiture. Disant n'avoir pas retrouvé son argent, elle accuse le garagiste d’être responsable du vol de ses numéraires.

Selon la version des faits de  Moussa, Sita a effectivement  amené sa voiture dans son garage pour qu'il refasse la tôlerie en raison d'un accident de  la circulation dont elle avait été victime. Il précise qu’elle était accompagnée ce jour-là de son fils et que la mère et son rejeton se sont même disputés, cette dernière lui reprochant d’avoir fait un accident avec son automobile, chose qu'il niait. tribb 2Moussa ajoute qu’avant de remettre la voiture à l’un de ses employés pour qu’il refasse effectivement la tôlerie, il a demandé à la dame s’il n’y avait rien dans son véhicule qu’elle devait prendre. Celle-ci lui aurait répondu par la négative. Lorsque la tôlerie fut terminée, Moussa remit le véhicule à une autre personne pour faire la peinture. C’est alors que Sita débarqua en trombe au garage et affirma qu’elle avait oublié quelque chose dans le véhicule, sans dire quoi. Moussa lui fait comprendre que la voiture est chez le peintre et qu’il a d’ailleurs appelé ce dernier qui lui a fait savoir que le travail était terminé et qu’il était en train de ramener ladite voiture. Mais Sita ne veut rien savoir et répond qu’elle préfère aller elle-même vérifier. Alors, Moussa lui indique chez le peintre et lui donne également son numéro.

tribb 3Lors de sa déposition à la gendarmerie, Sita a déclaré qu’elle a appelé le peintre mais ça ne passait pas et que quand elle s’est rendue chez lui, il n’y était pas. C’est chez le garagiste qu’elle l’a retrouvé. Et comme ses 625 000 F s'étaient volatilisés, elle a décidé de porté plainte contre Moussa et son employé tôlier.

A la question du juge de savoir si Moussa avait lui-même vérifié s’il n’y avait rien dans le véhicule, il répond qu’il n’a pas vérifié ; il a juste demandé si Sita n’avait rien laissé dedans mais elle avait répondu non. Sur cette question, le tôlier est également formel : il n’y avait pas d'argent dans le véhicule. Après avoir posé maintes questions à Moussa, le procureur a déclaré qu’il n’y avait pas de preuves contre lui et son employé. D’ailleurs Sita a soutenu à la gendarmerie qu’elle a mis l’argent dans le véhicule le 1er décembre et ce n’est que le 4 janvier qu’elle a constaté qu’il avait disparu.  Le tribunal est allé dans le même sens que le parquet et a décidé de relaxer les deux prévenus, à savoir Moussa et le tôlier, pour absence de preuves. « Le moins que je puisse dire, c’est que je vais tirer des leçons de cette mésaventure », a affirmé Moussa.

P. B. T.

pprc uneSuspendue le 13 avril, l’audience du procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons a repris ce lundi 25 avril 2022 à la Chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou. Elle a été consacrée aux plaidoiries sur les intérêts civils. Si la famille de feu Thomas Sankara n’a demandé qu’un franc symbolique au titre du préjudice moral, les autres familles ont demandé réparation. Le verdict sur les intérêts civils sera connu le 10 mai prochain.

Selon Me Bénéwendé Stanislas Sankara, avocat des ayants droit de feu Thomas Sankara, l’objectif du combat mené par la famille Sankara pour que ce procès se tienne, c’était de connaître la vérité. C’est pourquoi la famille du défunt capitaine a décidé de ne pas réclamer une somme pour dommages et intérêts, mais seulement 1 franc symbolique au titre du préjudice moral, ainsi que la restitution de certains objets de Thomas Sankara tels que sa bague de mariage, son carnet qui lui servait d’aide-mémoire, un poste téléviseur, un magnétophone, un certificat de décès conforme, etc. Cependant, ce n’est pas le cas des familles des autres victimes qui, elles, demandent des indemnisations.

pprc 2« Il y a plusieurs situations selon les familles.  Les ayants droit du président Sankara ont sollicité que l’Etat et les accusés soient condamnés juste à 1 franc symbolique. Ils n’entendaient pas réclamer de l’argent. Et puis les avocats nationaux, dans cette même logique, ont estimé qu’il n’était pas bon de réclamer une quelconque somme d’argent au titre de l’indemnisation pour leurs actions. Nous n’avons demandé que des honoraires (50 millions de FCFA, ndlr) pour nos confrères qui sont à l’étranger, qui ont dû engager des frais pour pouvoir assister à ce procès. Mais il y a aussi le cas d’autres familles qui, elles, réclament des indemnisations au regard des préjudices qu’elles ont subis, parce que toutes les familles ne sont pas dans les mêmes conditions », a déclaré Me Prosper Farama.

pprc 3Cependant une question se pose : qui va payer ces indemnisations ? C’est ce débat qui a occupé plus de la moitié de l’audience du jour. Pendant que l’Etat se constitue lui-même en victime, les autres parties n’entendent pas accepter cela. En effet, l’AJE réclame plus de 1 milliard 145 millions de FCFA aux condamnés. Pour les avocats de la défense, cette somme est trop élevée, d’autant plus que certaines dépenses effectuées comme l’achat des boissons, de la nourriture, les vêtements des gardes du corps du juge d’instruction, etc., selon eux, n’ont pas de rapport avec le dossier. Pour Me Farama, c’est l’Etat et les accusés qui doivent payer les indemnisations comme le dispose la loi, c’est-à-dire que les accusés soient condamnés mais que l’Etat réponde en termes de garanties aux condamnations qui viendraient à être prononcées contre les accusés.

Un autre point a fait l’objet d’un long débat. En fait, certaines familles de victimes avaient bénéficié du fonds d’indemnisation des personnes victimes des violences de la politique de 1960 à 2000.  Pour la défense, ces familles ne doivent plus chercher d’indemnisations car elles avaient pris l’engagement de ne plus rien demander après.  Mais la partie civile ne partage pas ce point de vue.

 « Pour les familles qui avaient obtenu des payements dans le cadre de la Journée de pardon, à notre avis, il se pose un problème de droit, car l’Etat considère que ces indemnisations les empêchent d’aller devant les juridictions. L’argent du pardon, c’est l’argent du pardon.  L’argent de l’indemnisation, c’est l’argent de l’indemnisation. En droit si vous dites que vous indemnisez, c’est parce qu’on vous a condamné pour une faute donnée. Alors que le pardon   tel qu’on l’a conçu, on vous l’a dit, on a donné de l’argent à des familles pour apaiser une tension sociale. Est-ce que l’argent du pardon a été payé par les accusés ? Est-ce que quand on payait cet argent on avait dit aux gens que c’était parce que Diendéré avait assassiné leurs parents ? Non, ça n’aucun rapport d’un point de vue juridique », a répond l’avocat.

Suspendue, l’audience reprendra le 10 mai prochain pour la délibération.

Barthélémy Paul Tindano

intrd uneLes membres de certaines organisations de la société civile ont bravé l’interdiction des autorités provinciales pour tenir leur manifestation ce samedi 23 avril 2022 à Ouagadougou. Exiger une large coopération avec la Russie, c’est l’objectif de cette marche dont les organisateurs ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène.

Dans une note en date du 22 avril 2022, le haut-commissaire de la province du Kadiogo, chargé de l’expédition des affaires de la commune de Ouagadougou, avait marqué son désaccord pour cette manifestation. « Au regard du contexte sécuritaire, je ne puis marquer mon accord pour la tenue de votre manifestation. Par conséquent, je vous invite à surseoir à cette marche-meeting envisagée », a-t-il écrit en réponse aux organisateurs de la marche.  

Cependant, les croquants n’ont pas tenu compte de cette interdiction. Mais les forces de l’ordre les attendaient comme d’habitude. Ainsi, la place de la Nation, qui était le point de convergence des manifestants, a été bouclée par les éléments de la gendarmerie nationale, pendant que les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) faisaient des patrouilles dans les artères environnantes.

intrd 2Contrairement aux autres manifestations, cette fois-ci les forces de l’ordre ont carrément empêché les journalistes de faire leur travail. Les gendarmes postés à de la place nous ont laissé passer après un contrôle. Le temps de prendre des images à la place de la Nation et nous sommes sommés par les pandores de partir. Les quelques manifestants se rassemblent sur l’espace vide en face de la cathédrale. Le temps que nous échangions avec quelques manifestants et que nous capturions des images, ce sont des tirs de gaz lacrymogènes de la gendarmerie qui dispersent les attroupements.

 « Vous êtes de quelle structure ? Qui vous a permis de filmer ? » nous demandent des gendarmes. Après que nous leur avons présenté nos documents, ils nous somment de quitter les lieux et nous remettent notre matériel de travail. « Rentrez chez vous, on ne veut plus vous voir ici, c’est le dernier avertissement », ont-ils lancé à l’auteur de ces lignes.

Les manifestants du jour exigent la fin de la coopération entre le Burkina Faso et la France afin d’envisager une coopération avec la Russie.  « Nous sommes sortis aujourd’hui pour demander une collaboration des autorités avec la Russie.  La France doit partir. Nous avons su que ce régime est pro-Français (…). S’il décide de ne pas collaborer avec la Russie, qu’il sache qu’un second coup d’État va venir », a déclaré un manifestant. Lorsque nous quittons les lieux, les courses-poursuites entre manifestants et forces de l’ordre continuaient.

Barthélémy Paul Tindano

plnte uneDans sa mission de satisfaire les besoins de la population en matière de fourniture d’eau potable, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) rencontre souvent des difficultés avec ses clients du fait des innovations des systèmes, surtout avec la nouvelle facturation.  Dans l’optique de communiquer davantage sur ces questions, cette société d’Etat a organisé le 21 avril à Ouagadougou un atelier sur le thème « Informations et échanges sur l’ONEA et la gestion de la période chaude 2022 ». Y ont pris part des hommes des médias.

L’ONEA compte, de nos jours, environ 510 000 abonnés dont 449 239 sont des particuliers qui sont relevés selon une périodicité bimensuelle et facturés mensuellement. Cependant, ce changement de mode de relevé occasionne également des questionnements et des réclamations des clients. En effet, certains abonnés pensent que le relevé bimestriel (RBM) est une manière d’arnaquer les clients, alors l’objectif global de cette innovation est d’accroître les performances techniques de l’entreprise ainsi que le niveau de satisfaction de sa clientèle.

En fait, le scénario consiste à relever les index une fois tous les 2 mois et à diviser la consommation en 2 pour facturer les mois concernés.  Le calcul de la moyenne pour facturer le mois non relevé est ainsi abandonné. Les tranches et leurs tarifs sont conservés ; 2 factures sont enoutre remises et le client a 2 mois pour les régler. En plus du problème de RBM, il y a la question des « portes fermées », qui représentent 10% des clients.

plnte 2Il s’agit là des abonnés qui sont absents lors des passages des agents de l’ONEA pour relever les index. « La principale cause de réclamations que nous avons est liée essentiellement aux abonnés que nous n’arrivons pas à relever. Ça c’est un vrai problème. Quand on n’arrive pas à relever ce mois-ci, la prochaine relève c’est la consommation de pratiquement 4 mois que nous facturons en 2 mois et ça devient élevé, donc c’est une source de réclamation. Nous sommes en train de travailler avec tout le monde pour pouvoir trouver la meilleure approche pour réduire ce nombre-là », déclare Moussa Siemdé, directeur clientèle de l’ONEA.

plnte 3Les fuites après compteur, les fuites cachées au niveau des installations internes sont également des sources de plaintes. Le Burkina Faso compte énormément de quartiers non structurés appelés non-lotis. Cette installation anarchique de la population complique le travail de l’ONEA à approvisionner en eau potable les habitants qui y sont. Et certaines personnes en profitent pour escroquer la population en se faisant passer pour des agents de l’ONEA. « Il ne faut jamais donner d’argent à un agent pour des frais de branchement. Il faut aller dans une agence », conseille Moussa Kiemdé.

Les responsables de l’ONEA appellent également la population à se départir de l’incivisme, notamment ceux qui font des branchements frauduleux à partir des tuyaux.  C’est au regard de tous ces problèmes que la nationale de l’eau rencontre qu’elle demande le soutien des hommes de médias car c’est à travers ces canaux que les clients font des plaintes souvent sans au préalable aller dans une agence. En plus, il se trouve que la plupart du temps, les plaintes ne sont pas fondées. Les journalistes ainsi outillés pourront donc donner l'information juste aux auditeurs, lecteurs et téléspectateurs. Tous se sont réjouis de cette initiative de l’ONEA qui est une première.

Barthélémy Paul Tindano

 

appou uneLes premiers responsables de l'Office  national de l'eau et de l'assainissement (ONEA), notamment les directeurs régionaux,  ont organisé une conférence de presse ce jeudi 21 avril 2022 à Ouagadougou. Cette rencontre avec les hommes de médias avait pour objectifs  de faire le point sur la situation globale de la desserte, les contraintes d'approvisionnement de la population en eau, les mesures d'atténuation et d’envisager les perspectives.

La nationale de  l'eau a pour missions principales d'assurer la production et la distribution de l'eau potable, mais également de créer et gérer des installations d'assainissement en milieu urbain et semi-urbain. Dans ce sens, elle couvre à l’échelle nationale 58 localités appelées centres ONEA. Cependant, nombre de ces centres connaissent des déficits dans l'approvisionnement en eau potable. Selon les conférenciers, l'ONEA a une capacité de production moyenne  journalière de 349 742m3, avec un déficit journalier d'environ 51 568 m3, ce qui  correspond au cumul des besoins des centres déficitaires.

appou 2À en croire les premiers responsables de l'ONEA, ce déficit résulte de plusieurs facteurs qui sont, entre autres, le contexte hydrogéologique défavorable ;  l'instabilité de la fourniture d'énergie électrique ; la démographie et l'urbanisation galopantes ; la situation sécuritaire dans certains centres comme Arbinda, Djibo, Titao, Tougan, Dori, Sebba, Diapaga, Pama, Gayéri, Gorom Gorom ; l'afflux des déplacés internes dans certains centres comme Kaya, Kongoussi, Fada, Djibo, Ouahigouya, Tougan et Toma ; les difficultés avec les propriétaires terriens pour la réalisation des investissements ; l'occupation des berges des barrages exploités et la pollution liée aux activités anthropiques.

"Aujourd'hui, nous ne pouvons pas dire que tout de suite nous allons satisfaire tous les besoins, c'est un peu difficile. Mais nous faisons de notre mieux pour que tout le monde ait de l'eau", a déclaré Francis D. Kéré, directeur régional de l'ONEA du Centre.

appou 3À court terme, l'ONEA compte renforcer sa production et la distribution, étendre les réseaux d'adduction et de distribution et réaliser des branchements ainsi que des bornes-fontaines. Il sera également question d'augmenter les capacités de pompage des stations de Ouagadougou, Koudougou, Dori, Kaya et bien d'autres villes et de procéder au raccordement de 43 forages dans plus de 20 centres.

À long terme, la nationale de l'eau va réaliser d'autres projets à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, mais également créer 5  centres de production d'eau à partir des barrages et lacs. Selon les conférenciers, d'autres projets d'alimentation en eau potable sont également prévus à Fada, Banfora, Niangoloko, Bérégadougou, Ouahigouya et Séguénéga. Au regard de tous les défis liés à l'accès à l'eau potable, les responsables de l'ONEA appellent chaque citoyen à agir de façon à assurer la pérennité de l’or bleu en facilitant l'accès au foncier, la protection de la ressource et à avoir un comportement éco-citoyen.

Barthélémy Paul Tindano

rité uneLe Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire sans précédent. En effet, de nombreuses régions sont touchées par des attaques terroristes à répétition. Celle de l’Est est l’une dont les groupes armés contrôlent la majeure partie du territoire. Face à cette inquiétante situation, les populations de cette partie du pays ne cessent de lancer des cris du cœur aux autorités afin qu'elles volent à leur secours.

Kompienga, Gayéri, Nadiagou, Pama, Tankoalou, voilà autant de communes de la région de l’Est qui sont   devenues, de nos jours, tristement célèbres en raison de la récurrence des attaques terroristes qui y sont perpétrées. La Gnagna, qui était la seule province qui connaissait un calme relatif,  est aujourd’hui sous la menace des groupes armés. Cette situation est évidemment préoccupante pour la population de cette partie du Burkina Faso, qui élève la voix pour demander des actions concrètes aux nouvelles autorités afin d’y remédier.

riye 2« Aujourd’hui, les fils et filles de la région de l’Est ont le sentiment qu’ils sont délaissés au regard de tout ce que vous voyez. Plusieurs localités sont coupées du reste du pays, car il n’y a ni voie d’accès, ni eau potable, encore moins de quoi s’alimenter, ce qui pose problème (…). Ces populations, bien qu’elles  vivent dans le pays, ne s’y reconnaissent plus car elles sont carrément déconnectées », soutient Daaga Nassouri, député à l’Assemblée législative de Transition (ALT).

riye 3Pour Emmanuel Ouoba, coordonnateur du mouvement UGulmu Fi, le gouvernement doit réagir rapidement, car la population a perdu espoir dans certaines localités. « La situation sécuritaire est similaire à la situation des routes. C’est une dégradation continue.  En effet, le nombre de déplacés ne fait que croître dans la région et aujourd’hui, le nombre de localités touchées par la crise sécuritaire ne fait que croître également (…). Aujourd’hui les populations sont dans la détresse. Le cas le plus éloquent, c’est celui de la Kompienga où, pendant longtemps c’était le département de Madjoari qui était sous embargo. Aujourd’hui, c’est quasiment toute la province de la Kompienga qui est sous embargo », a-t-il précisé.

Lors de sa rencontre avec les directeurs de publication et les rédacteurs en chef des médias le 13 avril dernier, le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, avait assuré que l’armée était en train de monter en force et que les résultats seraient bientôt visibles. Il a affirmé par ailleurs que l’amée a eu du succès le 12 avril 2022 dans la région, sans donner plus de détails.  En tout cas, le président du Faso connaît bien cette région pour en avoir été le chef d’état-major tactique numéro 2 basé à Fada avant son accession au pouvoir.

Barthélémy Paul Tindano

aardr uneLors de sa présentation de la feuille de route de la Transition le 4 avril 2022 à l'Assemblée législative de Transition (ALT), le Premier ministre, Albert Ouédraogo, avait annoncé la suspension des recrutements sur mesures nouvelles. Une décision que le ministre de la Fonction publique, Bossolma Bazié, n'a pas tardé à appliquer.  Radars Info Burkina a interrogé quelques étudiants de l'université Joseph Ki-Zerbo sur cette mesure qui les concerne. Dans l'ensemble, ceux-ci saluent cette décision gouvernementale tout en demandant aux autorités de revoir à la hausse le nombre de postes à pourvoir dans les concours directs.

Selon la note du ministre Bassolma Bazié adressée aux autres ministres et présidents d'institutions, cette suspension a pour objectif d'améliorer la gouvernance de l'État, particulièrement la gestion des ressources humaines.  “Cette modalité de planification et de recrutement favorise la rupture du principe d'égalité des citoyens devant la loi. Ainsi, le recrutement sur mesures nouvelles ordinaires a été totalement dévoyé par l'absence de concours au sens strict et le recrutement sur mesures nouvelles spéciales sur la base des diplômes des écoles professionnelles n'est accessible qu'à une certaine catégorie sociale", a écrit le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale.

aardr 2De l’avis des étudiants que nous avons interrogés, cette décision est la bienvenue, car elle va permettre de corriger l'injustice dans la recherche de l'emploi dans la fonction publique.

"Les concours sur nouvelles mesures, c'est vrai, permettent à certains d’avoir des emplois, mais nous constatons que bon nombre d'étudiants qui prennent part à ces concours ne sont pas admis.(...) Nous constatons également qu'il y a des gens qui agissent dans l'ombre  pour intégrer des proches qui n'auraient pas dû être là-bas", déclare Julien Demé. À l'en croire, certaines personnes qui réussissent à ces concours sur mesures sont au-delà de la limite d’âge. "Si les autorités actuelles ont suspendu ce type de recrutement, cela veut dire qu'elles ont quelque chose de meilleur à nous proposer. Et nous attendons la suite pour vérifier si c’est le cas ou pas", a dit pour sa part Talato Issia Boa.

aardr 3"Si je prends un domaine particulier comme l'enseignement, nous savons tous que le développement d'un pays repose sur la qualité de l'éducation qu'on donne aux enfants. Maintenant si on doit prendre quelqu'un qui va aller faire deux mois de formation, je ne sais pas quelle sera la qualité de l'éducation que cet enseignant va donner à un élève pour que demain on puisse compter sur cet individu. Donc je me dis qu'il serait mieux qu'on recrute les gens normalement et qu'on les forme normalement pour qu'ils aient les compétences nécessaires pour dispenser les cours avec qualité", estime quant à lui  Lami Tié Dah.

Pour la majorité de nos interlocuteurs dans ce temple du savoir,  il ne suffit pas de supprimer cette forme de recrutement ; il faut aussi et surtout revoir à la hausse le nombre de concours lancés chaque année ainsi que le nombre de postes à pourvoir si les autorités veulent véritablement réduire le chômage des jeunes.

Barthélémy Paul Tindano

aaaaaprc uneLe verdict du procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons est connu depuis le 6 avril 2022 mais l’audience se poursuit avec les plaidoiries sur les intérêts civils. Reprise ce mercredi 13 avril, elle a été renvoyée au 25 avril prochain à la demande des différentes parties afin de mieux prendre connaissance des écrits fournis tardivement par l’agent judiciaire de l’État (AJE). 

Trois semaines plus deux semaines, plus une semaine, le tout divisé par trois moins deux est égal à douze. C’est le nombre de jours que le président de la Chambre Urbain Méda a accordés aux différentes parties pour s’imprégner du document volumineux que l’AJE a produit et que tout le monde n’a pas encore. En effet, la défense a demandé un renvoi de trois semaines, le parquet une semaine et la partie civile deux semaines. Dans sa réponse, la Chambre a fait la somme des semaines demandées et l’a divisée par trois selon le nombre des parties. « La Chambre a fait moins deux ; je pense que vous tous serez satisfaits », déclare Urbain Méda.

aaaaaprc 2La défense, par la voix de Me Mathieu Somé, a plaidé également pour la mise en état des bulletins de paie des demandeurs et des critères des réparations indemnitaires en ce qui concerne les réclamations économiques et morales.  Mais déjà, le président de la Chambre a précisé que Denis Bicaba a demandé la restitution de sa villa dont il a été injustement exproprié après les évènements du 15-Octobre. La Chambre a également noté que Me Ollo Larousse Hien, conseil de Ninda Tondé, dit Pascal, a demandé la mise en liberté provisoire de son client. Et selon la Chambre, la réponse sera connue le 25 avril 2022, jour de reprise du procès.

Barthélémy Paul Tindano

dlg uneLe Premier ministre, Albert Ouédraogo, a eu une série d’échanges avec les partenaires sociaux ce mardi 12 avril 2022 à Ouagadougou. Il s’agit de l’Unité d’action syndicale (UAS), du Conseil national du patronat et des organisations syndicales autonomes non affiliées à l’UAS. Le chef du gouvernement dit avoir organisé ces rencontres afin d’exprimer solennellement la disponibilité constante de son gouvernement   à œuvrer avec ses partenaires pour répondre aux attentes du moment. Les différentes parties ont pris l’engagement de maintenir le dialogue afin d’éviter d’éventuelles crises sociales et de travailler à relever les défis auxquels sont confrontés les Burkinabè.

Lors de cette série de rencontres de prise de contact, le chef du gouvernement a été on ne peut plus clair : il faut garder un dialogue social permanent empreint de sincérité et de respect mutuel durant cette période de transition, dans la perspective d'instaurer un climat social propice au développement économique et social du pays. « Mon gouvernement voudrait s’inscrire dans la dynamique d’un dialogue permanent et continu comme seul moyen de prévenir les conflits et d’anticiper sur les crises sociales », a-t-il affirmé.

dlg 2Albert Ouédraogo a en outre annoncé que son gouvernement est disposé à accompagner les partenaires sociaux dans l’amélioration du climat des affaires et dans la recherche de nouvelles bases de coopération entre les acteurs du développement, à travers les cadres de dialogue existants. « Je sors de ces séances très satisfait et nous avons constaté une disponibilité des acteurs à engager un dialogue franc, continu et empreint de respect mutuel», a affirmé le chef de la primature.

Pour leur part, les partenaires rencontrés ont salué cette prise de contact et se sont engagés à accompagner le gouvernement. « Nous saluons cette initiative, qui est une première en matière de rencontres entre les organisations syndicales et le chef du gouvernement. Nous avons promis aussi de nous concerter, étant donné que nous n’avons pas eu l’occasion de le faire avant cette rencontre, pour faire ressortir les préoccupations essentielles à chaque secteur d’activité et les porter à la connaissance du gouvernement », a déclaré Sidiki Dramé, porte-parole des organisations des syndicats autonomes non affiliés à l’UAS. 

dlg 3« Nous sommes toujours prêts à accompagner le gouvernement, mais toujours dans la dynamique de respect, de liberté syndicale et de respect des droits des travailleurs. Dans ce cadre-là, nous sommes prêts à accompagner le gouvernement et à permettre que nous puissions sortir de cette transition dans de bonnes conditions. Nous pensons qu’avec le nouveau gouvernement et avec cette volonté, nous allons pouvoir reprendre de plus belle les rencontres avec les syndicats », a affirmé pour sa part Marcel Zanté, président du mois de l’UAS. Même son de cloche chez les opérateurs économiques, dont l’insécurité impacte négativement les activités. « Nous attendons de notre gouvernement la pacification de notre pays d’abord, parce qu’il n’y a pas de business s’il n’y a pas stabilité. Vous ne pouvez pas non plus faire d’opérations si vos infrastructures ne sont pas sécurisées (…). On se réjouit aujourd’hui qu’il y ait une bonne perception par le gouvernement de transition de ces questions majeures. Ensemble, on va se donner la main pour avancer et pousser hors de notre pays ce fléau qui handicape énormément notre économie », a soutenu Seydou Diakité, vice-président du CNPB.

Le Premier ministre dit avoir instruit les ministres de prendre les dispositions, chacun à son niveau, pour faire le point des engagements que les gouvernements antérieurs ont pris, à travers les différents protocoles d’accord signés avec les partenaires sociaux et qui ne sont pas encore mis en œuvre intégralement afin d’en comprendre les raisons et de remédier à la situation.

Barthélémy Paul Tindano

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