jeudi 5 février 2026

rprz uneAprès les trois semaines accordées aux avocats de la défense pour préparer leurs plaidoiries, l’audience du procès Thomas Sankara et 12 autres a repris ce jeudi 3 mars 2022 à la chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou. Mais sitôt reprise, l’audience a été suspendue à la demande des avocats de la défense qui ont soulevé un cas d’exception d’inconstitutionnalité. Selon eux, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a accédé au pouvoir par un coup d’Etat, ce qui est un attentat à la sûreté de l’Etat, et le président Damiba a prêté serment devant le Conseil constitutionnel, alors que certains accusés comme Jean Pierre Palm sont poursuivis pour attentat à la sûreté de l’Etat.

C’est l’une des conséquences du coup d’Etat perpétré par le MPSR le 24 janvier 2022. Un coup d’Etat qui perturbe le procès procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons, assassinés le 15 octobre 1987. rprz 2En effet, les avocats des personnes mises en cause par la défense ont déposé une requête auprès du Conseil constitutionnel demandant qu’il soit sursis audit procès. Selon les avocats de la défense, si le président Damiba a prêté serment devant le Conseil constitutionnel, cela veut dire que les coups d’Etat sont admis par la loi.  Selon Maître Olivier Somé, la loi est générale et impersonnelle. Et si l’attentat à la sûreté de l’Etat est devenu légal, leurs clients ne doivent plus être poursuivis. « L’histoire du pays nous montre qu’il y a une forme de légalisation, de légalité de ces actes d’attentat à la sûreté de l’Etat. Si aujourd’hui il y a un cas d’espèce qui est posé et qui est patent, il faut que le Conseil constitutionnel se prononce. Parce que nous avons suivi les derniers développements de l’histoire du pays à la matière. Ceux-là sont poursuivis pour attentat à la sûreté de l’État, mais on verra bien si l’attentat à la sûreté de l’Etat, du point de vue du droit, est toujours interdit ou admis par la loi. Voilà pourquoi cette requête a été soumise au Conseil constitutionnel », a-t-il déclaré.

rprz 3Cette démarche de la défense n’a pas surpris la partie civile. Pour Maître Prosper Farama, la requête de la défense est légitime, même si dans la forme la partie civile la trouve irrecevable. « L’actualité nationale politique nous rattrape dans ce procès. La question posée sur le plan national depuis un certain temps, c’est la décision prise par le Conseil constitutionnel relativement à la prestation de serment du président du MPSR et son investiture. C’est de savoir si en droit cela veut dire que désormais au Burkina Faso le coup d’Etat constitue un mode constitutionnel d’accession au pouvoir », a-t-il affirmé.  

Cependant selon Maître Farama, les conséquences seront désastreuses pour l’Etat de droit si le Conseil constitutionnel valide la requête de la défense. « Ce qui voudrait dire que tous ceux qui sont poursuivis pour attentat à la sûreté de l’Etat dans l’assassinat du président Thomas Sankara ne pourraient pas être condamnés. Parce qu’ils auraient alors agi de façon légale parce qu’ils auraient organisé un putsch pour accéder au pouvoir. Cela enlèverait aux actes qui ont été posés le 15 octobre 1987 leur caractère infractionnel», a-t-il poursuivi.  Ainsi, l’audience a été suspendue en attendant que le Conseil constitutionnel se prononce sur cette question dans un délai maximum d’un mois.

Barthélémy Paul Tindano

dconvlbNous vivons dans un monde trépidant où la quantité de données générées au quotidien s’accroît de manière exponentielle. Ces Data représentent le nouveau pétrole aussi bien pour les grandes entreprises que pour les administrations publiques. Cependant, vu leur énorme quantité il est devenu presque impossible de les traiter avec les méthodes traditionnelles pour en extraire de l’intelligence. Dans le but d'accompagner la jeunesse burkinabè à profiter de cette aubaine, le génie informaticien Dr Wendkuuni Moïse Convolbo est allé ce  vendredi 25 février 2022 briefer les étudiants de l‘Institut du génie informatique et des télécommunications (IGIT) de l'Ecole polytechnique de Ouagadougou sur la collecte et le stockage des données de masse, la manière  d'assurer la sécurité de ces données et leur  traitement avec les nouvelles technologies. Une conférence publique saluée à sa juste valeur par ces futurs ingénieurs.

La transformation digitale impacte nécessairement les êtres humains, leurs rapports au travail et la manière d’utiliser la technologie  pour le développement. L'Afrique peut et doit saisir cette opportunité pour booster son développement tout en réduisant non seulement la facture numérique mais aussi la fracture numérique. Et cela passe par la maîtrise du Cloud, Big Data et Intelligence. "C'est un trio aujourd'hui qui fait tourner le monde. Ces technologies sont utilisées un peu partout  dans le monde des entreprises à l'extérieur. Avec l'avalanche de données que nous connaissons et la tendance à l'accélération de la technologie, nous devons, en tant que jeunes Africains, nous préparer à saisir ces opportunités", a déclaré Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, celui-là même qui dirige des équipes d’ingénieurs pour concevoir et mettre en œuvre des projets de Big Data réussis, conciliant exigences commerciales et objectifs technologiques pour permettre une prise de décision rapide et efficace, basée sur l’exploitation efficiente des données à l'aide du Cloud et de l’Intelligence artificielle.

boomnum 2Pour l'expert informaticien, l'Afrique doit rattraper son retard dans la révolution de la technologie. Une chose qui passe par une formation à la fois de qualité et adaptée à ce domaine. Selon l'inventeur-chercheur et manager technologique,  le boom numérique et celui démographique que connaît l'Afrique est une opportunité à ne pas rater. Ces deux éléments doivent être des vecteurs de développement pour l'Afrique. La Chine et l'Inde sont toutes passées par la coïncidence de ces deux booms. "L'Afrique en ce moment a les atouts pour relever le défi d'autant plus que hors de ce continent, on a une population vieillissante et le taux de natalité qui est en deçà du temps de remplacement qui doit être de deux moins un par couple. Donc ça représente une opportunité si les jeunes Africains sont bien formés pour compétir avec le reste du monde et si aussi ils ont cette ouverture d'esprit là qu'on leur donne en leur montrant ce qui se passe vraiment de l'autre côté pour qu'on sache que nous sommes vraiment en retard et qu'on doit redoubler d'efforts pour diminuer ou effacer la fracture numérique et la facture numérique ", a-t-il conclu.

Les futurs ingénieurs ont suivi l'exposé du consultant en transformation digitale avec beaucoup d'intérêt. "De cette conférence on retient beaucoup de choses. On a vu ce qu'est le Big Data et on a appris ce qu'est le Cloud qui est comme un super ordinateur qui peut être alloué à des gens pour utiliser. On a appris également qu'on peut faire des prédictions avec le Big Data, étudier les comportements humains afin de pouvoir faire des prédictions. Dans l'avenir je me vois bien dans le Big Data pour faire la collette des données, les analyser et les traiter", a dit pour sa part Jeanne Zanré, étudiante en 1re année de génie informatique. Abdoul Aziz Bonkoungou, en 2e année de génie informatique, ne dit pas le contraire. “Moi-même, je prévoyais d’aller dans cette branche de l'intelligence artificielle et analyse des données. Ce que j'attendais de cette conférence, c'était vraiment que le Dr nous éclaire un peu sur les perspectives du domaine ; je pense que nous avons été bien servis", a-t-il déclaré.

En rappel, le Dr Wendkuuni Moïse Convolbo est un Manager senior chez Treasure Data, une entreprise basée dans la Silicon Valley à San Francisco en Californie. Il est le responsable du département des infrastructures Cloud et des Données. Il a, entre autres, développé la mission, la vision et la stratégie corporative des données de l’entreprise. Il est également consultant en Transformation digitale et accompagne l’administration publique du Burkina Faso depuis 2019 dans la transformation digitale du recrutement du personnel de l’Etat avec la plateforme du E-Concours et bien d’autres. Il réside actuellement au Japon.

Barthélémy Paul Tindano

dpart uneLe vendredi 18 février 2022, le gouvernement malien a invité les autorités françaises à retirer sans délai les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes.  Bamako a soutenu  que cette décision fait suite aux annonces unilatérales de l’Hexagone le 17 février 2022, le 3 juin 2021 et le 10 juin 2021 de retirer les forces Barkhane et Takuba, de suspendre les opérations conjointes avec les forces armées maliennes et de mettre fin à l’opération Barkhane, sans préavis ni consultation préalable de la partie malienne. Des décisions unilatérales qui constituent des violations flagrantes du cadre juridique liant la France et le Mali. Radars Info Burkina s’est entretenu avec le Dr Boulikindi Coulidiati, enseignant chercheur, spécialiste en diplomatie et relations internationales, qui affirme que le Mali a encaissé trop de coups de la France, laquelle était pourtant venue en sauveur de ce pays.

Pour le Dr Boulikindi Coulidiati, il est bon de faire une clarification sémantique afin que certaines notions soient bien comprises. Car, fait-il remarquer,  la vérité est que la « France impériale » est chassée du Mali manu militari, même si Emmanuel Macron tente de sauver les apparences en parlant de ''retrait responsable ''. « Mais à dire vrai, il s'agit d'une véritable chasse à la France qui se donne à voir au Mali d’Assimi Goïta. Il est bon que cette vérité s'inscrive dans les annales de l'histoire et s'installe définitivement dans la conscience collective africaine. Dans la marche de l'histoire, c'est bon pour le moral des peuples africains », a-t-il déclaré.

dpart 2Selon l’enseignant chercheur, par ailleurs journaliste, les autorités actuelles du Mali, à travers des sorties médiatiques,  ont  dévoilé  les « scandales criminels » d'une coopération française basée sur l'incohérence, la tricherie, le mensonge, le faux et surtout le mépris. « Il faut retenir que sous les régimes démocratiques aux ordres, le Mali a encaissé trop de coups de la France qui était pourtant venue en sauveur de ce pays. Je ne vois pas quel plaisir le Mali tirerait à chasser un partenaire qui produit des résultats sur le terrain de la lutte contre le terrorisme. Tout cela a abouti à ce que la France soit chassée du Mali, qui n'a que faire d'une coopération et d'une diplomatie gagnant-perdant. Pour l'heure, la France cherche un asile pour déposer ses valises dont on ignore encore le contenu. Elle jouera toutes les cartes pour légitimer sa présence militaire sur le sol africain », a-t-il affirmé. dpart 3De l’avis de notre interlocuteur, la France usera de tous les moyens pour faire échouer le Mali, car ce pays est sur la voie de son affranchissement. « Le Mali offre ici l'occasion de changer de paradigme depuis la traite négrière et de fermer la parenthèse d'une coopération mafieuse. L'avenir de la Françafrique dépend du succès ou de l'échec du Mali(…). La France a horreur de ses esclaves qui veulent assumer leur révolte. Et ça, depuis les bateaux des négriers dans les océans. Gageons qu'elle échoue dans le cas du Mali. Restons soudés autour du Mali. La France n'a pas peur des dirigeants de son pré carré. Elle a plutôt peur des peuples éclairés », soutient-il.

En rappel, la  France et ses partenaires impliqués dans la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel ont annoncé le 17 février 2022, dans une déclaration commune, leur décision de retirer leurs forces militaires du Mali, jugeant désormais impossible de coopérer avec les autorités maliennes.

Barthélémy Paul Tindano

ttrrb uneAu Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 22 février, quatre frères étaient à la barre pour une affaire de sorcellerie. C'est l'aîné, sa femme, son fils et sa fille qui ont attrait en justice trois autres membres de la fratrie. Ces derniers, qui ont comparu pour accusation de sorcellerie, coups et blessures et menaces de mort, ont finalement été relaxés par le tribunal au bénéfice du doute. Radars Info Burkina a assisté à l’audience.

Tout a commencé après le décès de la mère des quatre frères qui habitent au quartier Kolgh-naba, à Ouagadougou. Les trois auraient accusé la femme de leur grand frère de sorcellerie et d'être à l’origine de la mort de leur mère. L'un des trois aurait également menacé leur aîné et sa femme avec un pistolet.

Un jour, pendant que l'aîné de la fratrie était malade et couché, les trois autres frères ont menacé de brûler son épouse, accusée de sorcellerie. Une des filles de la dame a donc appelé son grand frère qui était sorti à l'aide. Rentré précipitamment à la maison, ce dernier a reçu une gifle. C'est ainsi qu'il a pris une convocation pour  les trois frères. Mais à la barre, ces derniers ont tout nié en bloc.

ttrrb 2Selon eux,  c'est leur nièce, c'est-à-dire la fille de leur frère aîné, qui a dit que c'est sa mère qui est à l'origine de la mort de sa grand-mère. Mais elle également a tout nié.  Situation tendue au tribunal avec d'un côté les trois frères et de l'autre leur frère aîné, son épouse, son fils et sa fille. Le président du tribunal était obligé de rappeler les différents protagonistes à l'ordre. Prenant la parole, le procureur a fait observer qu'en réalité, l'origine de la discorde entre  ses différentes personnes, c’est la cour familiale, donc il s’agit d’un problème d'héritage. Selon lui, c'est une honte que des frères de même père et de même mère se livrent à des bagarres en y entraînant également leurs enfants à cause  d'un problème qui ne  devrait pas arriver jusqu’au tribunal. Pour le procureur, il est certain que le trio a accusé la femme du grand frère de sorcellerie, il y a bel et bien eu aussi menace avec une arme à feu, et l'un du trio a porté la main sur le fils de leur frère aîné. Cependant étant donné que les trois ont tous rejeté les accusations, il y a un doute, puisque c'est la parole de X contre celle d'Y. C'est pourquoi le procureur a demandé que les prévenus soient relaxés au bénéfice du doute, tout en exhortant les quatre frères à veiller à trouver un terrain d'entente pour ne plus avoir à revenir au tribunal pour le même problème. L'affaire se poursuivra dans une autre juridiction, étant donné qu'il est question d'héritage. 

Une autre affaire au rôle du TGI Ouaga I ce 22 février était celle dans laquelle a comparu un agent de la fonction publique accusé d'avoir mortellement fauché un homme et sa fille à Ouagadougou. Les chefs d’accusation qui pèsent sur lui sont les suivants : homicide involontaire, dégradation de bien d'autrui, etc. Le procureur a ainsi requis contre l'accusé 4 mois de prison ferme et une amende de 250 000 F CFA, entre autres. Le verdict de cette affaire sera connu le 29 mars prochain.

T. B. P.

foner unDes étudiants ont manifesté ce lundi 21 février 2022 à Ouagadougou contre le rejet de leurs dossiers par le Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER). Selon les mécontents, plus de 5 000 dossiers ont été rejetés. La raison  invoquée par l’administration pour justifier ce rejet est le manque de fonds. Regroupés au siège du FONER, à Paspanga, les étudiants n'ont pas trouvé d’interlocuteur sur les lieux. Ils se sont alors rendus à la direction générale du FONER ; là non plus, il n’ont guère  eu satisfaction. Selon la première responsable de cette structure, il n’y a pas d’argent disponible pour que tous les demandeurs du FONER puissent en bénéficier.

5 563, c’est le nombre de dossiers de postulants au FONER rejetés par la direction dudit Fonds, un nombre trop élevé, de l’avis des étudiants, qui ont décidé de se faire entendre en organisant une manifestation devant le siège de la structure à Paspanga. Pour les manifestants, il n’est pas question d’accepter ce rejet. « Si nous sommes ici ce matin, c’est par rapport au rejet des dossiers de nos camarades. Les dossiers ont été rejetés pour des motifs que nous jugeons farfelus. Puisqu’il y a eu une première session là où les dossiers de certains ont été rejetés. Ils ont postulé à la deuxième session, les dossiers ont été encore rejetés. A la troisième session, ç’a été rejeté. Actuellement nous sommes à la quatrième session les dossiers ont été encore rejetés », déplore Aziz Badini, étudiant en SVT.

foner 2Selon lui, les autorités universitaires font tout pour supprimer le FONER, si l’on en juge par les réformes engagées par l’administration. « Lorsque vous regardez les nouvelles réformes qui ont été entreprises par le FONER, on dit que pour bénéficier du FONER lorsque tu viens d’arriver à l’université, l’âge passe de 26 ans à 23 ans. Cela veut dire si tu as plus de 23 ans, automatiquement tu tombes dans le prêt. Et pour le prêt on passe de 3% à 7% pour le remboursement », a-t-il poursuivi.

Selon les manifestants, les étudiants ont du mal à joindre les deux bouts. C’est pourquoi, d’après eux, les autorités doivent revoir leur copie afin que tous ceux qui ont postulé pour le FONER puissent en bénéficier. « Il y a certains de nos camarades dont  les parents sont des déplacés internes et ils n’ont pas de soutien (…).  A l’allure où vont les choses-là, il y a plein d’étudiants qui vont abandonner l’université. On dirait que les responsables sont contre l’avancement des étudiants. Il  y a 7 463 dossiers qui été déposés, 1 900 ont été acceptés et 5 563 ont été rejetés, soit 74,5% des dossiers déposés, alors que nous savons que tous les étudiants comptent  sur le FONER », déclare  Kaba Baco, un manifestant. Pour les étudiants, les autorités devraient prévoir le budget dédié au FONER en tenant compte de l’augmentation du nombre d’étudiants par année.

foner 3Cependant, selon la directrice générale du FONER, Dr Marie-Thérèse Arcens/Somé, le problème est bien plus complexe qu’il n’y paraît. « En 2020, le nombre d’étudiants est passé de 50 000 à 110 000. Or, le montant de la subvention n’a pas bougé. On reçoit toujours 7 milliards de F CFA. Les 7 milliards nous permettent de payer les allocations de 40 000 étudiants. En 2021, on a reçu 110 000 demandes d’étudiants postulant au FONER. Sur les 7 milliards, on a fait la première session et la deuxième ; à la troisième session on a eu des difficultés. On attendait de notre ministère de tutelle, qui est le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, qu’il nous octroie de l’argent. Il nous a octroyé 5 milliards de F CFA que le FONER doit rembourser. Pour la quatrième session, en octobre, au moment où on devait ouvrir la liste, ils nous ont dit d’attendre, qu’il n’y a pas de financement. En octobre, nous n’avons pas ouvert de liste, tout comme en novembre et en décembre. En janvier, on a reçu l’autorisation d’ouvrir une liste à hauteur de 4 milliards de F CFA alors qu’on avait besoin de 6 milliards», a-t-elle expliqué. Malgré ces précisions de la DG du FONER, les étudiants ne décolèrent pas. Ils ont regagné le campus en déclarant qu’ils se feraient de nouveau entendre s’ils n’obtenaient pas satisfaction.

Barthélémy Paul Tindano

bblaic uneDepuis le 24 janvier 2022, un nouveau régime est au pouvoir au Burkina Faso : il s’agit du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), dirigé par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba.  Une période de transition s’ouvre donc au Pays des hommes intègres et ce, jusqu’aux prochaines élections. Soucieux de la réussite de cette transition, le Balai citoyen, mouvement de la société civile, a donné une conférence publique ce samedi 19 février à Ouagadougou pour interpeller les OSC sur le rôle qui devra être le leur dans cette Transition.  « Burkina Faso, quelles sont les bonnes pratiques pour une Transition réussie ? Comment les acteurs des Organisations de la société civile (OSC) s’organisent pour contribuer à une Transition réussie ?» C’est le thème de cette conférence  animée conjointement par le Dr Thomas Ouédraogo du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) et Ollo Mathias Kambou, membre du Balai citoyen.

bblaic 2Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD, est revenu sur les raisons du coup d’Etat et de l’adhésion populaire  au MPSR. Elles ont pour noms crise sécuritaire et mal gouvernance. Pour lui, après le coup d’Etat, il va falloir maintenant travailler ensemble  afin de trouver les voies et moyens pour accompagner le processus.  « Le Burkina vient de loin mais aussi de près parce qu’on a connu une transition il y a seulement six ans  et nous savons comment elle s’est achevée. Donc la première chose à faire, c’est de  construire ensemble une équipe de transition. C’est une posture sacrificielle qui demande que les acteurs n’occupent pas des positions de rentes,  mais qu’ils travaillent pour l’intérêt général et de manière convenable », a-t-il martelé.

D'après lui,  cela exige qu’il y ait un temps convenable  pour arriver à la fin afin de poser des bases  sérieuses de la refondation de la  République à travers des textes corrects qui engageraient ceux qui viendraient par la suite. En outre, la  transition doit travailler dans le consensus, à la fois avec les acteurs à l’interne du MPSR et avec la classe politique, des organisations  la société civile, cela dans un élan très patriotique pour s’attaquer  aux problèmes de l’heure. Selon l’analyste politique, le temps compte également quand on parle de transition. Ainsi, une transition raisonnable ne devrait pas dépasser 24 mois, sous peine d'exposer ses acteurs.

bblaic 3S'agissant du rôle des OSC dans la transition, Ollo Mathias Kambou du Balai citoyen soutient que la société civile a essentiellement pour mission d'être un contrepouvoir.  Toutefois, souligne-t-il, les OSC peuvent aussi  faire des propositions concrètes  qui pourront contribuer au succès  de la transition, chose que le Balai citoyen a déjà faite.  « L’une des propositions que le Balai citoyen a faite, c’est de répondre à l’appel à contributions  que la commission mise en place pour proposer un projet de charte avait lancée », a-t-il précisé.

Tout bien considéré,  la société civile doit  rester à la fois une force de veille et de pression, de sorte que les autorités  actuelles et même celles à venir soient obligées, dans toutes leurs actions politiques, de prendre en compte les aspirations profondes du peuple.

Barthélémy Paul Tindano

rdat une15 mois de prison  avec sursis et une amende de 60 millions de FCFA dont 30 millions ferme : c’est le verdict prononcé par le  Tribunal de   grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 15 février 2022 dans le procès du sieur Ouédraogo, inspecteur des impôts. Il est reproché à l’accusé d’avoir pris 30 millions FCFA avec un contribuable lors du contrôle fiscal d’une entreprise de la place.

Les faits remontent à juin 2021. Balima et Ouédraogo se voient confier une mission par la Direction générale des impôts (DGI) dans l’entreprise de Nikiéma. L’équipe de la DGI avait pour chef de mission Balima. Il s’agissait pour ladite équipe de faire des vérifications des taxes dans l’entreprise en question. Au cours de ces vérifications, il ressort que l’entreprise doit à l’État entre 180 et 200 millions FCFA. Une somme très importante que Nikiéma aurait des difficultés à payer.

C’est ainsi que Ouédraogo aurait proposé à Nikiéma de lui verser des pots-de-vin pour qu’il le mette à l’abri d’éventuels contrôles de la DGI. Mais selon Ouédraogo, c’est plutôt Nikiema qui lui aurait proposé de l’argent : partis de 50 millions, ils se seraient finalement accordés sur 30 millions. rdat 2Si Ouédraogo reconnaît avoir pris de l’argent,  ce n’est pas le cas du chef de mission, qui ne serait concerné par cette affaire ni de près ni de loin. Ce dernier affirme d’ailleurs qu’il n’a pas vu l’argent. Et le procureur de lui répliquer ironiquement : « Vous avez manqué la chance d’être millionnaire ».

Selon le procureur du Faso, percevoir de l’argent de la part d’un contribuable à titre personnel est interdit par la loi, donc  condamnable. Et Ouédraogo l’a justement fait. D’ailleurs, le prévenu n’a pas tout de suite reconnu les faits lorsqu’on les lui a reprochés. rdat 3Quant au nommé Balima, le parquet note qu’il est possible qu’il soit impliqué dans l’affaire. Cependant, il n’y a pas de preuve qui l’incrimine. Même les échanges sur l’argent se passaient entre Nikiéma et Ouédraogo. C’est pourquoi le parquet a demandé qu’il soit relaxé au bénéfice du doute.

« Ouédraogo pourrait être un bon agent de l’Etat après cette épreuve et donner des conseils aux autres », a déclaré le procureur. C’est pourquoi il a demandé la clémence du tribunal en sa faveur. Néanmoins, il a requis contre lui 15 mois de prison et une amende de 30 millions de francs CFA, le tout assorti de sursis. L’avocat des prévenus a dit être surpris par les réquisitions du parquet. Selon lui, l’intention criminelle n’est pas suffisamment établie pour qu’on condamne Ouédraogo, car d’après lui, son client n’a pas dissimilé l’argent.

Après délibération, le tribunal a prononcé la relaxe de Balima. A l’inverse, il a condamné Ouédraogo à 15 mois de prison avec sursis et à une amende de 60 millions de FCFA, dont 30 avec sursis.

T.B.P.

mrchss uneNommé par décret le 2 février dernier, le lieutenant-colonel Evrard Somda a été officiellement installé dans ses fonctions de Chef d’état-major de la gendarmerie nationale (CEMGN) ce vendredi 11 février 2022 à Ouagadougou par le nouveau Chef d’état-major général des armées (CEMGA), le colonel major David Kabré. Restauration de la sécurité au sein de la population et refondation de l’Etat sur des bases solides, telles sont les missions que le nouveau patron de la gendarmerie nationale aura la lourde tâche d’accomplir.

« Officiers et sous-officiers, de par le président du Faso, vous reconnaîtrez désormais pour chef le lieutenant-colonel Somda François de Salle ici présent et vous lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera pour le bien du service, l’exécution des règlements militaires, l’observation des lois pour le succès des armées du Burkina Faso. » C’est par cette formule consacrée que le nouveau chef d’état-major général des armées, le colonel major David Kabré, a officiellement installé le lieutenant-colonel Somda dans ses fonctions de Chef d’état-major de la gendarmerie nationale (CEMGN). L’officier supérieur de gendarmerie remplace à ce poste le colonel major Herman Omer Bambara, lequel a passé quelque 5 mois à la tête de la maréchaussée.

mrchss 2D’ores et déjà, le CEMGN entrant sait quels défis il devra s’atteler à relever au plus vite. « Nos priorités, c’est premièrement la lutte contre le terrorisme. Deuxièmement, en tant que gendarmerie nous nous attaquerons aux  différents fléaux, aux différents trafiques qui contribuent à alimenter ce phénomène. En ce qui concerne la refondation de l’Etat, notre priorité sera la lutte contre la corruption et la fraude afin d’assainir le paysage institutionnel du Burkina Faso », a-t-il déclaré. Pour y arriver, une réorganisation profonde de la gendarmerie s’impose, foi du chef des pandores. «Après une soixantaine d’années d’existence, il est impérieux que la gendarmerie nationale du Burkina Faso soit réorganisée, à l’image des gendarmeries sœurs de la sous-région, afin d’être pleinement opérationnelle pour répondre présente aux rendez-vous importants qui nous sont fixés. L’ancrage actuel de l’institution est préjudiciable à la sécurité et à la défense nationale. Les dysfonctionnements constatés lors de la dernière attaque survenue à Inata viennent rappeler l’urgence de procéder à une réorganisation profonde de notre institution afin de lui donner l’autonomie nécessaire à son efficacité, sans porter préjudice à la modernisation des autres armées et aux liens fonctionnels qui devraient exister », a-t-il poursuivi.

mrchss 3Le lieutenant-colonel Evrard Somda s’engage, en plus des misions actuelles de la gendarmerie, à    œuvrer au renforcement du service social en vue d’une meilleure assistance psychologique des hommes engagés sur les théâtres d’opérations, à la dynamisation des unités de police judiciaire et technique, au renforcement des missions traditionnelles de la gendarmerie ainsi qu’au renforcement de la modernisation des emprises et des infrastructures de formation et d’entraînement. Selon le lieutenant colonel Evrard Somda, la gendarmerie devra, en outre, lutter contre des pratiques corruptives en son sein afin de légitimer son action régalienne.

Le nouveau chef d’état-major de la gendarmerie nationale a également  exhorté les différents chefs et gradés à travailler avec amour pour leurs hommes. « Je vous confie un secret que j’ai expérimenté à la tête de l’unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale : aimez vos hommes comme vos enfants ou comme vos frères et sœurs, et vous serez épatés par ce qu’ils sont capables de faire pour vous honorer », a-t-il conseillé.

Né à Dissin dans le Sud-Ouest, le lieutenant-colonel Evrard Somda, quadragénaire, était depuis novembre 2021 le commandant de la légion spéciale de la gendarmerie nationale.

Barthélémy Paul Tindano

traitm uneLes habitants de certains quartiers de Ouagadougou ont fait le constat d'une baisse de pression  ou de coupures d'eau ce jeudi 10 février 2022. En effet, une casse s'est produite sur la  conduite principale d'amenée  d'eau à Ouagadougou dans la station de  Ziga. Les agents du service technique de l'ONEA sont à pied d'oeuvre pour ramener l'eau dans les meilleurs délais. La presse a été invitée pour faire le constat sur les lieux.

« Dans la nuit du 9 au 10 février 2022, on a enregistré une casse sur la conduite d'amenée d'eau à Ouagadougou à partir de la station de Ziga. Ce sont des casses qui peuvent arriver naturellement. Mais ici, il s’agit  d'une casse technique indépendante de notre  volonté. Ce qu'il faut surtout souligner, c'est que depuis la mise en service de la station, c'est la première fois que cela nous arrive » : ce sont là les explications du directeur régional du Centre  de l'Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), Francis D. Kéré. traitm 2Selon lui, cette intervention va prendre un peu de temps. Mais tout compte fait,   d'ici demain vendredi 11 février dans l'après-midi, il y aura un retour de la situation à la normale.

Cette situation est unique au Burkina Faso, car aucune raison ne peut expliquer cette casse de la conduite. « L'impact est que nous avons un déficit  de près de 50% sur la ville de Ouagadougou. Ça n'a rien à voir avec la maintenance, c'est une conduite qui est posée et qui n'a même pas besoin d'une quelconque maintenance. Ce sont des conduites qui peuvent faire 50 à 100 ans sans avoir à être réparées», a précisé le DR du Centre.  traitm 3Mais en attendant de pouvoir changer la pièce fissurée et de rendre de nouveau possible la fourniture d'eau, des initiatives sont prises pour alléger la peine des populations qui sont dans les quartiers de Ouagadougou les plus impactés par cette regrettable situation, notamment   Bassinko, Karpala, Yagma et Bonheur ville . « Sur instruction de notre DG, nous avons pris des mesures pour convoyer des citernes d’eau dans les zones que nous avons estimées être très déficitaires », a fait souligné Francis Keré.

Lorsque nous quittions les lieux, d'importants travaux étaient en train d'y être réalisés. Selon le premier responsable, il faudra une grue et des machines pour changer la conduite endommagée, des travaux qui pourraient nécessiter la démolition d'une partie du mur bétonné de la station.

Barthélémy Paul Tindano

dfss uneLes audiences ont été suspendues le mardi 8 févier 2022 au tribunal militaire de Ouagadougou dans le cadre du procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons, tués le 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente à Ouagadougou. Elles sont supposées reprendre le 1er mars prochain par les plaidoiries des avocats de la défense. Trois semaines, c’est donc le temps accordé aux avocats de la défense par le président du tribunal militaire, Urbain Somé, pour innocenter leurs clients ou atténuer les peines requises par le parquet militaire contre certains accusés.

Après les réquisitions du parquet militaire, le président du tribunal a demandé aux avocats de la défense le temps qu’ils veulent pour préparer leurs plaidoiries tout en leur rappelant qu’il avait accordé une semaine à la partie civile. Après concertations, la défense a demandé quatre semaines, une requête à laquelle le tribunal n’a pas accédé, lui accordant en définitive trois semaines. La défense avait également demandé les notes dont les avocats des victimes s’étaient servies pour leurs plaidoiries. Naturellement, ceux-ci les leur ont catégoriquement refusé.

dfss 2S’il y a un point sur lequel la défense va certainement attaquer, c’est bien certaines charges qui pèsent sur les accusés, notamment l’infraction d’attentat à la sûreté de l’Etat pour ce qui concerne Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando et  celles de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat pesant sur  Yamba Elisé Ilboudo, Bossobè Traoré et Nabonswendé Ouédraogo.

En effet, l’infraction d’attentat à la sûreté de l’Etat sous-entend que l’on soit dans un Etat où le pouvoir est légal. Or, le président Thomas Sankara a accédé au pouvoir suite à un coup d’Etat. Cependant, le parquet militaire a anticipé pour battre en brèche les arguments de la défense. Selon les parquetiers, le recours au coup d’Etat était un acte nécessaire à l’époque. En plus, ont-ils souligné, le Conseil national de la révolution (CNR)  répondait aux aspirations du peuple.

«Il (le CNR) était dirigé efficacement et équitablement par des responsables intègres et bénéficiait d’une légitimité nationale et internationale », soutient le procureur. Selon le parquet, le pouvoir du président Thomas Sankara était reconnu par des institutions sous-régionales et internationales. En témoignent la visite du Secrétaire général des Nations unies le 31 janvier 1984 au Burkina, le discours de Thomas Sankara au siège de l’ONU en 1984 et en 1987 au siège l’OUA à Addis-Abeba,  la visite du président français François Mitterrand au Faso  en 1986, etc.

Il faut noter également que des problèmes techniques ont perturbé l’exposé de la procureure au cours de cette réquisition lorsque celle-ci prononçait les infractions de certains accusés. En effet, des bruits soudains  ont fortement résonné à deux reprises dans les enceintes acoustiques de la salle, changeant l’humeur de la procureure. Elle n’était d’ailleurs plus présente à la reprise lorsque le président du tribunal  donnait  la date de la prochaine audience.

Barthélémy Paul Tindano

                             

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