jeudi 5 février 2026

ccoup uneLes habitants de Ouagadougou ont passé une longue journée d’attente ce lundi 24 janvier 2022.  En effet, après une journée de dimanche marquée par une mutinerie dans certaines casernes du pays, des informations relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias faisaient cas d’une déclaration des mutins à la télévision nationale. Des jeunes sont donc sortis apporter leur soutien aux militaires. Mais ce n’est qu’à 17h que le coup d’Etat est officialisé avec la déclaration du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), lue ce lundi 24 janvier 2022 à la RTB par le capitaine Sidsoré Kader Ouédraogo.

Suspension de la Constitution, dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale, fermeture des frontières aériennes et terrestres, couvre-feu de 21h à 5h, ce sont en substance les décisions prises par les nouveaux maîtres du Pays des hommes intègres. Selon les putschistes, leur objectif à travers la prise du pouvoir, c’est « de permettre au pays de se remettre sur le bon chemin et de rassembler toutes ses forces afin de lutter pour son intégrité territoriale, son redressement et sa souveraineté ». À en croire  le capitaine Sidsoré Kader Ouédraogo, les opérations se sont déroulées sans effusion de sang et sans violence physique sur les personnes arrêtées, qui sont en lieu sûr dans le respect de leur dignité. Dans leur déclaration, les militaires assurent que le Burkina Faso respectera ses engagements internationaux, notamment en matière de droits de l’homme.

ccoup 2Dans la matinée, plusieurs jeunes s’étaient rassemblées à la place de la Nation à Ouagadougou pour soutenir les militaires. « Moi je n’ai pas de problème avec le Président Kaboré, mais quand je vois que le Burkina Faso est gouverné dans le mensonge et sans les valeurs du pays, cela m’amène à rejoindre les autres pour qu’on puisse reconquérir ce qu’on a perdu, c’est-à-dire la liberté »,  a déclaré Philadelphie Balma. Pour Lassané sawadogo, coordonnateur du mouvement « la France doit partir », il faut que les militaires changent de mode de gouvernance. « Ce que nous leur demandons, c’est d’être dignes. Ce que la jeunesse demande aujourd’hui, c’est la liberté comme Assimi Goïta a fait au Mali. Nous ne voulons plus cette mauvaise démocratie que la France nous a imposée ici. Nous leur demandons même de rompre les liens avec la France », affirme-t-il.

ccoup 3Silas Taboudou, quant à lui, dit que  ce coup d’Etat ne surprend personne. Car depuis la prise du pouvoir par Roch Kaboré, ça n’allait plus dans le pays. Insécurité, famine ; le pouvoir n’a pas pu régler les problèmes des Burkinabè. 

En rappel, avant le putsch du 24 janvier, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba  était commandant de la troisième région militaire. Un poste qu’il occupe depuis décembre 2021. Sur le plan académique,  le nouvel homme fort du pays est détenteur d’un diplôme de l’école militaire de Paris. Il est aussi titulaire d’un master 2 en sciences criminelles du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris et d’une certification d’expert de la Défense en management, commandement et stratégie.

Barthélémy Paul Tindano

aartt uneComme prévu, les jeunes de Ouagadougou sont sortis ce samedi 22 janvier 2022 malgré l’interdiction de la mairie centrale. Et comme il fallait s’y attendre, ces manifestants ont été dispersés au centre-ville à coups de gaz lacrymogène par les éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS). On déplore malheureusement  un blessé parmi les hommes de médias.

Si au départ les organisateurs ont déclaré que la marche de ce jour visait à soutenir le peuple malien qui est sous le coup des sanctions de la CEDEAO, certains jeunes sont sortis ce samedi  pour manifester contre l’inaction des autorités face à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. « Le marché est devenu morose ; ceux qui sont dans les villages n’arrivent plus à venir payer nos marchandises ; on est découragé. On veut un autre président, un président comme celui du Mali », a déclaré  Gaspi le Célèbre, un des manifestants.

aartt 2Jacques Ouédraogo est un autre manifestant. Il ne décolère pas. «Ce qui se passe dans le pays, c’est trop. Trop, c’est trop et le gouvernement ne veut pas qu’on parle. C’est une dictature. On ne sait plus quoi dire. Chaque fois on nous gaze (…). On a décidé de marcher pour soutenir  les Maliens et nos FDS et VDP. A l’heure actuelle, on a tout changé : les chefs de corps, les ministres ; c’est de président qu’on n’a pas encore changé. Une révolution même nous arrangerait », a-t-il clamé.

Contrairement aux fois précédentes, cette fois-ci les manifestants n’ont pas eu le temps de rassembler grand monde. Qu’à cela ne tienne, ceux qui étaient là pour manisfester  étaient  très déterminés face aux forces de l’ordre. Les éléments de la gendarmerie étaientt positionnés pour empêcher tout accès à la place de la Nation et ceux de la CRS faisaient la ronde pour empêcher tout rassemblement. aartt 3Quant aux éléments de la police municipale, ils débarrassaient les barrières et les obstacles érigés par les mécontents du jour par endroits. C’était des courses-poursuites autour du grand marché Rood-Woko, qui n’affichait pas son grand monde habituel. Les éléments de la gendarmerie postés du côté de la Chambre de commerce et d’industrie ont essuyé des jets de pierres et des tirs aux lance-pierres. Ils ont même dû appeler des renforts.

Des incendies se sont déclarés à  quelques endroits, provoqués par les tirs des bombes lacrymogènes. C'est le cas d'un bâtiment commercial en face du siège de la LONAB, où un incendie a été maîtrisé par les sapeurs-pompiers. Un autre s'est déclaré dans un autre bâtiment en face de la Chambre de commerce, derrière le siège de Moov Africa. Heureusement avec la vigilance des jeunes, les flammes ont pu être maîtrisées. A noter qu’un de nos confrères de la télévision privée LCA a été blessé par un projectile et conduit au CHU Yalgado-Ouédraogo après avoir été pris en charge par la Croix-Rouge burkinabè.

Barthélémy Paul Tindano

bblai uneRestrictions de l'accès à Facebook, interdiction de la marche du samedi 22 janvier sont, entre autres, les sujets abordés par le mouvement Balai citoyen ce vendredi 21 janvier 2022 à Ouagadougou lors d’un point de presse. Selon Serge Bambara, alias Smokey, et ses camarades, le Burkina Faso connaît un recul en matière de liberté d’expression et de libertés individuelle et collective. Après avoir exigé le rétablissement de l’accès à Internet et à Facebook, ils ont annoncé un meeting de protestation pour le 19 février.

"Notre peuple a payé un lourd tribut à la démocratie et pour recouvrer sa liberté.  Des citoyens burkinabè sont morts pour arracher la liberté d'expression qui est le ciment de tout pays qui aspire au progrès et à la sécurité(...). Après les luttes ayant abouti à l'insurrection populaire d'octobre 2014, le peuple intègre du Burkina Faso n'acceptera, sous aucun prétexte, un quelconque recul en matière d’acquis démocratiques, en particulier en matière de liberté de manifester", a martelé Smokey,  porte-parole du Balai citoyen. Selon les responsables de cette organisationt de la société civile,  le Burkina Faso, pays épris de paix et de justice sociale, est marqué par une remise en cause systématique de ses acquis démocratiques, notamment les libertés individuelles et collectives, pourtant  garanties par la Constitution.

bblai 2C'est pourquoi le Balai citoyen exige le rétablissement immédiat de l'accès intégral à Internet et aux plateformes d'interaction comme Facebook ; lance un appel aux forces patriotiques que sont les OSC, syndicats et partis politiques  à la mobilisation pour mettre fin "aux mesures liberticides en cours au Burkina Faso" ; appelle à la mobilisation populaire pour le renforcement des idéaux de l'insurrection populaire ;  annonce un meeting de protestation pour le samedi 19 février 2022 dans les villes et villages du pays contre "les mesures de confiscation des libertés ". Ladite OSC affirme par ailleurs son soutien au peuple malien qui fait face aux sanctions de la CEDEAO.

Selon les conférenciers du jour, le Balai Citoyen a introduit une demande d'autorisation à manifester devant l'ambassade du Mali. Mais l'autorité municipale a interdit ladite marche, invoquant des raisons sécuritaires. Cependant, le Balai citoyen dit qu’il ne compte pas s'arrêter là. "Se lancer dans un bras de fer est inutile tant qu'on n'a pas épuisé toutes les voies de recours. C'est pourquoi, comme c'est une question de justice, nous allons attaquer les autorités en justice comme le peuple nigérien l'a fait", a informé Smokey. Et de préciser que le Balai citoyen ne participera pas à la marche du samedi 22 janvier 2022, qui a été interdite. Concernant la supposée tentative de coup d'Etat déjouée au Burkina Faso,  les responsables du Balai citoyen disent rester prudents, rappelant que des annonces du genre  avaient déjà été faites par le passé, notamment concernant Auguste Denise Barry, mais après il n'y a pas eu de suite.

Barthélémy Paul Tindano

bitt uneLong  de 7 km, le nouveau bitume de l’avenue des Tensoba, tronçon échangeur de l’Est - CFAO (à la ZAD), est presque terminé. C’est l’une des meilleures voies de la ville de Ouagadougou. En attendant son inauguration officielle, Radars Info Burkina est allé à la rencontre des riverains de cette voie pour recueillir leurs appréciations sur cette infrastructure routière. Si  la qualité de la voie est hautement appréciée, ce n’est pas le  cas de la manière dont elle est construite.

Les usagers de l’avenue des Tensoba, tronçon échangeur de l’Est - CFAO, font le constat d’une voie moderne presque terminée. Le bitumage de cette voie a  occasionné le déplacement de plusieurs commerces et le blocage de certaines voies des quartiers appelées « six mètres ». Au moment où l’infrastructure est presque terminée et doit être livrée aux autorités, les riverains, eux, dans leur majorité, trouvent que la voie est mal construite, car non seulement il n’y a pas de passage  pour descendre, mais en plus la route est trop proche des boutiques et des maisons riveraines ; donc difficile d’y avoir accès.

Sayouba Yoda est propriétaire d’une alimentation au quartier Dassasgho. Selon lui,  la manière dont cette voie est construite n’arrange pas les commerçants. bitt 2« Je n’ai rien à dire car même si je parle, rien ne va changer. La voie est déjà faite ! C’est vrai que la voie est bonne mais elle ne profite pas à nous, les commerçants riverains. Tu vois, non seulement elle est trop haute, mais en plus il n’y a même pas de passage pour descendre. Pire, il n’y a pas d’espace pour se garer. Même ce ‘’six mètres’’ que tu vois là, ils l’avaient bloqué.  C’est parce que les gens ont manifesté qu’ils l’ont rouvert, sinon avant, depuis le feu de la station Total jusqu’à l’échangeur de l’Est,  il n’y avait pas de passage pour descendre. Avant, j’avais un hangar ; maintenant je ne peux plus mettre ça. La dernière fois il y a un client qui est venu avec son véhicule et il a percuté la moto de quelqu’un d’autre puisqu’il n’y avait pas de passage. Il a dû dédommager le propriétaire de la moto. Tu crois que ce client-là va revenir ici ? » Se plaint-il. Selon lui, si les caniveaux étaient bien construits, on  n’aurait pas besoin d’élever la voie de la sorte. « Je ne suis pas ingénieur mais je pense que la qualité d’une voie, c’est aussi les caniveaux. Mais ceux qu'ils ont faits sont petits », a-t-il déclaré.

bitt 3Plus loin, Boureima Ouédraogo   partage l’avis de Sayouba, mais reconnaît la qualité de cette artère. « On a tous suivi comment ils ont fait la voie là, c’est une voie qui va beaucoup durer, mais la manière dont ils ont fait ça là, ce n’est pas bien. Comment on peut faire descendre un ‘’six mètre’’ directement devant le portail de quelqu’un à 3 ou 4 mètres ? Un véhicule ne peut même pas passer ici », fulmine-t-il.  Selon lui, la hauteur de la voie ne pose pas problème car d’après lui, le boulevard Charles de Gaulle était également très haut au départ mais ça ne se voit plus de nos jours. A son avis, le problème est que l'avenue des Tensoba est trop proche des maisons et qu’il n’y a pas de passage pour en descendre.

 Salif Tondé fait du commerce du côté de la mairie de Bogodogo. Lui non plus ne dit pas le contraire. Selon lui, la nouvelle voie est de bonne qualité, mais n’arrange pas les riverains, surtout les commerçants. Les riverains pointent du doigt également le modèle des passages pour cyclistes handicapés au niveau des virages des pistes cyclables. En effet, nombre d’usagers de la route sont déjà tombés dans ces cavités.

Barthélémy Paul Tindano

                                                                                                                     

rdrat uneAu Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 18 janvier 2022, Radars Info Burkina a assisté à un procès qui, sauf erreur de notre part, est sans précédent au Burkina Faso. Il s’agit  du jugement d’un homme de 46 ans, père de 4 enfants et maçon de profession, que nous nommerons ici Madou,  qui, courant novembre 2021, a pratiqué le sexe oral sur un bébé de 14 mois au quartier Rimkièta de  Ouagadougou. Selon le procureur du Faso, qui s’est dit indigné et horrifié, c’est un  acte antisexuel et un attentat à la pudeur. Reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, le prévenu a écopé de 7 ans de prison et d’une amende d’1 million de francs CFA, le tout ferme.

Lorsque Madou a été appelé à la barre, il a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés alors qu’il les avait auparavant reconnus, précisément au moment de l’instruction. Mais  la mère de l’enfant est formelle : Madou a bel et bien introduit son sexe dans la bouche de son gosse. Selon elle, il y a un puits dans le chantier où travaille Madou. Et les habitants des lieux alentours sont autorisés à y puiser de l’eau. Ayant un kiosque non loin dudit puits, c’est là-bas que la bonne dame va puiser l’eau chaque fois.

rdat 2D’après sa narration des faits, ce jour-là elle s’est rendue au point d’eau précité pour remplir deux bidons. Et lorsqu’elle y est allée pour la première fois, son enfant pleurait. C’est alors que Madou lui a proposé de prendre son môme pour lui permettre d’aller puiser l’eau.  A son retour du puits, la bonne dame surprend Madou, qui avait introduit son sexe dans la bouche du pauvre enfant. « Tu veux tuer mon enfant ? Dieu va te punir pour ce que tu as fait », a-t-elle fulminé, s’adressant à l’indélicat. Elle arracha son enfant des mains du pédophile et se rendit  au CSPS. C’est là-bas que les infirmières lui conseillèrent de porter l’affaire à la gendarmerie ou à la police.

Mais le prévenu, obstiné, a continué à nier les faits. C’est seulement lorsque le président du tribunal a lu son procès-verbal qu’il a fini par les reconnaître en disant qu’il avait peur et honte. « Je ne sais pas ce qui m’a poussé à faire cela », a-t-il déclaré. Indignation et murmures dans la salle d’audience.

Prenant la parole, le procureur s’est dit à la fois indigné et horrifié par ce qu’il a entendu. « Dans ma carrière, je n’avais jamais vu ce genre de cas. Les faits sont d’une extrême gravité et peuvent conduire à une peine de 11 à 30 ans de prison », a-t-il asséné. Selon lui, les faits vont au-delà d’un viol, parce si l’enfant victime de cette horreur avait 13 ou 14 ans, on pourrait parler de viol ; mais un môme de 14 mois violé par un barbu de 46 ans, c’est abominable et inconcevable. C’est pourquoi le magistrat a demandé que le prévenu soit condamné à 10 ans de prison ferme, assortis de 10 ans de sûreté, et à une amende d’un million de francs CFA, car ce genre de sinistre individu est un véritable danger pour la société.  Après délibération, le tribunal a condamné l’abuseur d’enfant à 7 ans de prison et à une amende d’un million de francs CFA, le tout ferme.

BPT

avrs uneLors du  Conseil des ministres du jeudi 13 janvier 2022, le gouvernement a annoncé l’apparition de la grippe aviaire au Burkina Faso. Le lendemain vendredi, le ministre des Ressources animales, Moussa Kaboré,  et son collègue de la Santé, Charlemagne Ouédraogo, ont tenu une conference de presse au cours de laquelle ils ont donné plus de précisions sur cette épizootie. Les régions touchées, pour le moment, sont  le Centre, le Centre-Ouest et le Centre-Sud. Radars Info Burkina a fait le tour de quelques marchés de la ville de Ouagadougou pour un constat. 

Au marché de Zogona, l’ambiance dans les lieux de vente de poulets n’est pas celle des grands jours. Les cages qui, auparavant, étaient pleines sont vides aux 2/3. Une morosité due à la grippe aviaire qui s’est signalée au Burkina Faso à la fin de l’année 2021. Comme le ministre des Ressources animales l’a indiqué, « son incidence est essentiellement économique et nutritionnelle, respectivement pour les éleveurs de volaille et pour la population ». Des propos confirmés par les vendeurs des poulets. avrs 2« Comme vous pouvez le constater ici, nos poulets ne sont pas malades, mais les clients se font rares maintenant. Même si nos poulets ne meurent pas, les clients ne viennent plus comme avant. D’ailleurs ce sont les poulets de chair là qui meurent beaucoup or nous, ce sont les poulets bicyclettes que nous vendons », a déclaré Adama Ouédraogo, vendeur de gallinacés au marché de Zogona.

Malgré cette épizootie, les habitués du poulet bicyclette ne comptent pas changer de sitôt leurs habitudes alimentaires.

avrs 3Autre lieu, même constat. Au marché de Dassasgho, les employés d’Adama Kaboré chôment. En temps normal, ils n’ont pas de repos à pareille heure. Mais, agrippe aviaire oblige, ils se tournent les pouces. «  Il n’y a plus de marché, sinon nos poulets ne meurent pas », a affirmé Adama Kaboré.

En rappel, selon le ministre des Ressources animales, la grippe aviaire a occasionné actuellement au Burkina Faso des mortalités d’environ 500 000 volailles et une perte de 1 380 222 plaquettes d’œufs de consommation estimées à environ 4 780 000 000 de francs CFA, toutes espèces de volailles confondues. Il ajoute que le virus de la grippe aviaire menace l’ensemble du cheptel aviaire national. C’est pourquoi le gouvernement conseille à toute personne ayant constaté un cas suspect de grippe aviaire d’en aviser l’agent vétérinaire ou l’agent de santé le plus proche. Pour empêcher l’introduction de la maladie dans les sites d’élevage et sa propagation, il est recommandé aux producteurs d’éviter les contacts de la volaille entre différents élevages et avec d’autres animaux.

Barthélémy Paul Tindano

epizootie uneDeux membres du gouvernement ont animé deux  conférences de presse ce vendredi 14 janvier 2022 sur la situation sanitaire au Burkina Faso. Il s’agit du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et du Bien-être, le Pr Charlemagne Ouédraogo, et de son homologue de l’Agriculture, des Aménagements hydrauliques, de la Mécanisation et des Ressources animales et halieutiques, Moussa Kaboré. La recrudescence de la maladie à coronavirus et l’apparition de la grippe aviaire aux pays des hommes intègres ont été au menu des échanges entre ces membres du gouvernement et les hommes de médias.

La première conférence a été animée par le ministre de la Santé. Selon le professeur Charlemagne Ouédraogo, il y a une recrudescence des cas de COVID-19 dans notre pays, laquelle correspond à une 3e vague débutée le 13 septembre 2021. « A la date du 12 janvier 2022, notre pays enregistrait 20 047 cas cumulés et confirmés de COVID-19, dont 339 décès. Le nombre de patients guéris à la même période se chiffre à 18 355.  Au cours de la période du 1er au 12 janvier 2022, le Burkina a comptabilisé 1 626 nouveaux cas confirmés, soit un nombre moyen de 135 nouveaux cas par jour. Et nous déplorons 6 décès », a-t-il déclaré. Selon le gynécologue, cette recrudescence est mondiale et peut être liée à des aspects climatiques et géographiques. C’est pourquoi, en vue d’améliorer le processus de réponse en lien avec cette nouvelle vague, plusieurs actions ont été entreprises. Il s’agit du plaidoyer auprès des détenteurs d’enjeux, notamment les responsables coutumiers, religieux et les leaders communautaires  pour le respect des mesures barrières et l’adhésion à la vaccination ; du renforcement de la communication sur les bienfaits de la vaccination ; de l’augmentation de l’offre de vaccination par des campagnes  et l’externalisation des sites de vaccination, ainsi que du renforcement des capacités de prise en charge des cas graves dans les hôpitaux. A la date du 12  janvier 2022, ce sont 1 207 099 personnes qui ont reçu l’un des 4 types de vaccins administrés au Burkina (Astra Zeneca, Johnson and Johnson, Sinopharm et Pfizer), soit 5,61% de la population cible en général et  11,70 % de la cible de  18 ans et plus.epizootie 2

Le ministre des Ressources animales, par la suite, s’est joint à son collègue de la Santé pour faire le point de la situation sur la grippe aviaire. Selon Moussa Kaboré, les services techniques de l’élevage ont constaté, fin décembre 2021, une forte mortalité de volailles sur des sites d’élevage de notre pays. Les analyses effectuées par le laboratoire national d’élevage ont établi la présence du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène, encore appelé virus de la grippe aviaire. « Cette maladie infectieuse est caractérisée par un rythme accéléré de contagion, une chute de ponte, des troubles respiratoires, digestifs et nerveux et une forte mortalité pouvant atteindre 100% de l’effectif de la volaille et des oiseaux touchés. Son incidence est essentiellement économique et nutritionnelle, respectivement pour les éleveurs de volaille et sur la population », a-t-il précisé.

Le virus de la grippe aviaire peut se transmettre exceptionnellement à l’homme, lors de contacts fréquents et intensifs  avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés quand on n’utilise pas de mesures de protection. Pour l’instant, il n’y a pas de vaccin contre cette maladie. C’est pourquoi le gouvernement invite les acteurs concernés à l’adoption des bonnes pratiques, notamment : le lavage des mains, le port de masques ; ne pas manipuler la viande de volaille morte, éviter d’en consommer ; manger de la volaille  bien cuite. D’après le ministre Moussa Kaboré, le gouvernement burkinabè va mobiliser 5 milliards de FCFA pour la réponse à cette maladie, dont 3 milliards FCFA pour indemniser les éleveurs qui auront perdu leur volaille à cause de l’épizootie.

Barthélémy Paul Tindano

cdreurDans le cadre du renforcement de son équipe, l’Agence de Communication Audiovisuelle GCOM, recherche des candidats (es) pour le recrutement d’un (e) monteur-cadreur.

Compétences et/ou expériences requises :

avoir des connaissances en informatique ;

avoir suivi une formation de monteur-cadreur ;

avoir les compétences requises pour l’usage d’une caméra ;

avoir une maîtrise du logiciel de montage Adobe Première Pro ;

avoir une expérience confirmée dans le montage audiovisuel ;

être capable de travailler en équipe et sous pression ;

être immédiatement disponible.

Veuillez faire parvenir un curriculum vitae à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ou par WathsApp au 78876127 au plus tard le 30 janvier 2022 à 12h00.

NB : Ne seront contactés que les candidats (es) présélectionnés.

convenn uneL'année 2021 a été très difficile pour le Pays des hommes intègres, surtout sur le plan sécuritaire. Selon des chiffres officiels, le Burkina Faso compte environ un million quatre cent mille déplacés internes du fait des attaques terroristes. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris des engagements pour lutter contre ce phénomène que connaît le pays depuis plus de 6 ans et des mesures ont été prises dans ce sens.  Cependant, les attaques terroristes persistent. Radars Info Burkina s'est entretenu avec Boukari Ouoba, analyste politique  et rédacteur en chef du bimensuel «Mutations». Pour lui, pour avoir la victoire il faut faire la guerre.

Le Burkina Faso a décrété plusieurs deuils nationaux en 2021 du fait des attaques terroristes. Pour Boukari Ouoba, le pays a connu trois faits marquants l'année dernière sur le plan sécuritaire. Il s'agit respectivement des attaques de Solhan, d'Inata et de Titao, le VDP Soumaïla Ganamé alias Ladji Yoro et une quarantaine de civils ayant péri au cours d’une embuscade terroriste  dans la dernière attaque citée. D’après le journaliste d'investigation, si l'on veut inverser la tendance de 2021,  il faut changer de méthode. «Je veux dire simplement que ça fait six ans que nous ne faisons pas la guerre. Nous ne faisons que nous défendre ; en vérité, nous ne faisons que subir. Si on continue avec cette drôle de guerre, chaque nouvelle année sera plus meurtrière que la précédente malheureusement parce que les terroristes y prennent goût et à la limite ça les  amuse», a-t-il déclaré.

convenn 2Selon lui, la seule  chose à faire, c'est de faire la guerre franchement et ouvertement, c'est-à-dire attaquer,  aller traquer les terroristes où ils sont. «Nous savons tous où ils sont parce que nous ne sommes plus en 2016-2018 où ils se cachaient. Depuis un moment, ceux qui nous attaquent ne sont pas cachés. Et ce n'est pas un terrorisme invincible parce que ces terroristes sont particulièrement peureux et même très peureux face à la mort. Le vrai terrorisme, c'est celui des kamikazes, ceux-là qui n'ont pas peur de mourir. Un terroriste qui a peur de mourir ne doit pas nous faire peur», a-t-il soutenu. Certes des changements sont intervenus au sein du commandement militaire, mais cela ne suffit pas, et  ce n'est pas que les hommes qu'il faut changer, tout ou presque doit changer, a-t-il ajouté.

convenn 3«Le Président du Faso a fait fort en annonçant carrément un changement de paradigme. Malheureusement plusieurs semaines après cette annonce, on ne voit pas les signes d'un tel changement. Il faut aller au-delà du changement d'hommes. On chante chaque fois que nous sommes dans une guerre asymétrique, une guerre non conventionnelle. Si on est vraiment conscient de la nature de la guerre, nous devons nous-mêmes sortir de nos stratégies et tactiques symétriques, en finir avec le ‘’conventionnalisme’’. Si tu luttes contre un fou et que tu veux gagner, il te faut devenir un peu fou aussi. Si tu restes attaché à la raison, tu risques de ne pas t'en sortir. Donc ce qu'il nous faut, ce n'est pas tant le changement d’hommes ; c'est plutôt de nous adapter à la guerre telle qu'elle nous est imposée», foi de Boukari Ouoba.

Barthélémy Paul Tindano

eeaa uneL'audience a repris ce mercredi 12 janvier à la chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou. Le tribunal a donné la parole aux experts qui ont fait  l'exhumation et l'analyse balistique  des restes de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons tombés le 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente. Si les restes découverts dans certaines tombes ont permis d'en identifier les occupants, ce n'est pas le cas dans d'autres sépulcres où la dégradation était trop avancée. Au cours de cette audience, la parole a également été donnée aux ayants droit des victimes.

Selon le médecin légiste professeur Robert Soudré, la profondeur des tombes des morts du 15-Octobre variait entre 22 et  58 cm. Celle du président Thomas Sankara était profonde de 47 cm. Cette faible profondeur des sépulcres a eu pour conséquence l’importante dégradation des restes trouvés dans les 13 tombes. Par exemple, dans aucune tombe il n'a été découvert un os long en entier. Les vêtements, notamment ceux en cotonnade, étaient très  dégradés. Par contre ceux de Thomas Sankara n'ont pas connu une dégradation et on pouvait voir les différents trous faits par les balles tirées sur le président. Selon les experts, Thomas Sankara a reçu plusieurs balles au thorax et à  l'abdomen. Dans l'examen des restes et des vêtements, il a été constaté des orifices d'entrée et de sortie. L’explication, c’est que les balles qui l’ont atteint ont perforé son corps et sont ressorties.

eeaa 2Selon le commissaire divisionnaire Missa Millogo, spécialiste en criminologie et des scènes de crimes, les projectiles trouvés peuvent provenir de trois catégories d'armes, à savoir des fusils d'assaut HK, G3 et des pistolets mitrailleurs. L'un des objectifs de ces analyses balistiques  était de permettre d’identifier les corps qui se trouvent dans ces tombes, mais  la dégradation de certains  restes n'a pas permis de faire de tests d'ADN. Par conséquent, les experts se réservent de se prononcer sur la nature de la mort, contrairement aux corps qui ont pu être analysés et  pour lesquels ils ont noté une mort violente. Il faut souligner également que dans certaines tombes, des cartes d'identité et des cartes militaires ont été trouvées, ce qui a facilité l’identification de ces victimes-là. De même, pendant l'exhumation, les familles des 13 victimes  étaient présentes et certaines ont pu identifier les leurs.

eeaa 3Après l'exposé des experts, le président de la chambre criminelle du tribunal militaire a donné la parole aux ayants droit. Parmi les familles des 13 victimes, 3 ont pris la parole. Selon les représentants de ces familles, la mort est certes inévitable, mais c'est la manière dont leurs proches sont morts et ont été enterrés qui leur fait mal. Cependant, tous espèrent que la vérité sera dite lors de ce procès. "Je ne pouvais pas rater cette occasion de m'exprimer sur la douleur, la  peine que moi, sa mère, ses frères et soeurs avons connue à l'époque. Je ne vois pas pourquoi je ne vais pas expliquer à la face du monde ou du pays comment j'ai appris la mort de mon petit frère. J'aurais voulu être là pour l'enterrer. Mais je suis allé trouver qu'on l'a enterré à moins de 30 cm sous terre, et quand les gens ont commencé à piétiner la terre, les habits ont commencé à apparaître. Je pense que ceux qui aiment leurs chiens, leurs chats ne les enterrent même pas comme ça", a déclaré Issa Basseka Sawadogo, grand frère de feu Hamodo Sawadogo, assassiné le 15 octobre 1987 en même temps que Thomas Sankara.

Les familles des victimes disent se réjouir de la tenue de ce procès et remercient tous ceux qui sont intervenus pour qu’il ait finalement lieu. Suspendue, l’audience reprendra le lundi 24 janvier avec les plaidoyers des différentes parties, notamment dans un premier temps la partie civile, dans un second le parquet militaire et, pour finir, la défense.

Barthélémy Paul Tindano

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