jeudi 5 février 2026

immgg uneLe procès Thomas et 12 autres, débuté le 11 octobre dernier, tire inexorablement à sa fin.  En effet, les réquisitions du parquet militaire ont pris fin ce mardi 8 février 2022 à la chambre criminelle  du tribunal militaire de Ouagadougou. 30 ans de prison, c’est la peine requise contre Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, absents du procès. 20 ans contre le général Gilbert Dienderé, Nabonswendé Ouédraogo, Bossobè Traoré et Idrissa Sawadogo, 11 ans contre  Yamba Elisé Ilboudo. Il a été requis 11 ans avec sursis contre Jean-Pierre Palm  et 3 ans de prison plus  900 000 F CFA d’amende contre Ninda Pascal Tondé. En revanche, le parquet militaire plaide pour l’acquittement de Tibo Ouédraogo, Zakalia Démé et Albert Pascal Belemgniliga  pour infractions non constituées et celle des médecins Hamado Kafando et Alidou Jean Christophe Guébré pour prescription de l’action publique.

 S’il y a des accusés dont les peines requises ne satisfont guère la partie civile à ce procès, c’est bien Jean-Pierre Palm ainsi que  Tibo Ouédraogo. En effet, Jean-Pierre Palm est considéré comme l’un des acteurs-clés des événements du 15 octobre 1987 par un grand nombre de témoins. immgg 211 ans de prison avec sursis, c’est ce qu’a requis contre cet officier supérieur de gendarmerie à la retraite le parquet militaire. Mais de l’avis des avocats des victimes, le prévenu mérite plus que cela comme peine. Par contre, la partie civile trouve que le parquet devrait atténuer la peine d’un accusé comme Yamba Elisé Ilboudo, car c’est  l’accusé qui a accepté d’avouer  sa participation aux événements, chose qui a permis de comprendre comment les choses se sont passées il y a 35 ans.

« On est en partie d’accord avec les peines requises par le parquet, notamment en ce qui concerne certains accusés comme Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré… Ce qui nous pose problème, c’est le quantum des peines, même si on est de la partie civile (…). Nous estimons qu’au regard de l’implication de Jean-Pierre Palm dans l’affaire, requérir contre lui 11 ans assortis de sursis alors qu’on a requis par exemple 11 ans ferme contre un accusé comme Yamba Elisé Ilboudo qui a permis vraiment à la juridiction de savoir tout ce qui s’était passé à la date de 15 octobre pose problème. L’autre élément concerne le cas Tibo Ouédraogo. Le parquet a estimé qu’il n’y avait pas d’élément  de nature à mettre en accusation aujourd’hui l’intéressé. Or, nous savons bien que Tibo Ouédraogo est la personne qui a été désignée comme étant celle-là même qui devait exécuter le président le 2 octobre », déclare Julien Lalgo de le partie civile.

immgg 3Même son de cloche chez Mariam Sankara, épouse du défunt président Thomas Sankara. « Ce que je déplore, c’est la peine requise contre Jean-Pierre Palm (NDLR : 11 ans  avec sursis requis). Je ne sais pas pourquoi le sursis, mais  on verra bien. J’espère que le tribunal va corriger cela parce qu’il y a beaucoup d’éléments quand même qui montrent sa culpabilité. En outre, il y a Tibo Ouédraogo qui a été acquitté (…).  On attend la délibération pour voir quel sera le verdict », a déclaré la veuve Sankara.

 La défense, quant à elle, reste confiante car ce ne sont, tout compte fait, que des réquisitions. « Même les parties civiles n’ont pas demandé une quelconque vengeance, elles ont demandé que justice soit faite et je pense que dans la balance de la justice, on doit mettre tous les éléments pour prendre ce genre de décision. Bon ! Ce ne sont que des réquisitions, elles sont soumises à la juridiction et jusqu’à présent nous faisons confiance à cette juridiction. Nous faisons confiance à la justice pour nos clients. Nous espérons que les peines, au final, seront un peu plus clémentes que celles demandées par le parquet », soutient pour sa part Me Aouga Compaoré.

Suspendue, l’audience reprendra le 1er mars par les plaidoiries de la défense, après lesquelles interviendra le verdict final.

Barthélémy Paul Tindano

ttrial uneLe procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons se poursuit à la chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou, délocalisée à la salle des banquets de Ouaga 2000. L'audience de ce  lundi 7 février 2022 était consacrée aux plaidoiries de la partie civile et de l'agent judiciaire de l'État. Il s'est agi pour la première citée d'apporter les éléments constitutifs qui culpabilisent notamment l'accusé Gilbert Diendéré qui, jusque-là, nie les  charges qui pèsent contre lui.

Dès sa prise de parole, Maître Farama s'est adressé au général Gilbert Diendéré, à qui il a présenté ses excuses au cas où il aurait tenu des propos blessants à son endroit. Selon cet avocat de la partie civile, l’un de ses enfants lui a tenu ces propos surprenants : « Papa, tu as quel problème? » «Je n'ai aucun problème», lui répond Maître Farama. « On m'a dit que tu t'en prends à des gens et que cela va te coûter cher», reprend l'enfant. Ces propos de son enfant, selon l'avocat, l'ont amené à réfléchir profondément.

ttrial 2Poursuivant son intervention, Me Prosper Farama a affirmé que la justice est le socle de la cohésion sociale, mais qu’on ne peut pas parler de justice si les gens refusent de dire la vérité. Ces militaires étaient intouchables, mais aujourd'hui ils sont comme les autres. Pour l'avocat, il faut que les accusés aient le courage d'assumer leurs responsabilités en disant la vérité. « On pardonne à quelqu'un qui demande pardon. Même Dieu nous dit d'avouer nos fautes avant d'être pardonné. Aucun accusé ici n'a rien avoué et on demande aux victimes de pardonner », déclare Maître Farama. Selon lui, le général Gilbert Diendéré est un homme calme, très intelligent, même s'il a perpétré un coup d’Etat qualifié de «plus bête du monde». ttrial 3Cependant, il a un défaut, ajoute l’homme en robe noire : c'est  un homme qui n'assume jamais ses responsabilités. À titre d'exemples, l'avocat a rappelé que la première fois où il a rencontré Diendéré dans un procès, c’était il y a plus de 20 ans, à l’occasion du procès David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré. Diendéré a été appelé comme témoin en sa qualité de commandant du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), impliqué dans le meurtre de David Ouédraogo. Diendéré avait tout nié. Ensuite, il y a eu l'affaire Dabo Boukari, un étudiant torturé au Conseil de l’entente et dont le corps a été retrouvé vers  Pô. Là encore, le général avait refusé d'assumer ses responsabilités.

Même scénario lors du procès sur le putsch manqué de 2015. Et c'est le cas également à ce procès. De l’avis de l'avocat de la partie civile, il est clair que le général Gilbert Diendéré est coupable de complicité d'assassinat et d'attentat à la sûreté de l’Etat, même si l’officier général veut faire croire qu'il ne sait rien de l'assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, perpétré le 15 octobre 1987.

L’audience se poursuit le mardi 8 février 2022.

Barthélémy Paul Tindano

rrcons uneLe lundi 1er février 2022, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration  (MPSR), président du Faso, a reçu la classe politique dans le cadre des concertations pour l’édification d’un Burkina nouveau. Un tête-à-tête que le nouveau chef de l'Etat a voulu avec les forces vives du pays afin de solliciter l’accompagnement de ces dernières dans la lutte pour la paix et la sécurité dans le pays. L'arrivée au pouvoir du MPSR coïncide également avec le processus de réconciliation entamé par le régime sortant. Pour le journaliste Drissa Traoré de la télévision Canal 3, l'adhésion de la classe politique au MPSR pourrait donc faciliter ce processus.

Depuis le 24 janvier 2022, le pays des hommes intègres est dirigé par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la réconciliation (MPSR) avec à sa tête le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Quatre jours avant le coup de force de l’armée, précisément le 20 janvier, l'ex-président Roch Marc Christian Kaboré avait procédé à l'installation officielle  des membres  du Conseil national d’orientation et de suivi (CNOS) de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale. Mais l'avènement du MPSR est venue interrompre ce processus.

rrcons 2De l’avis du journaliste Drissa Traoré, la réconciliation est possible si les différentes couches sociales adhèrent à la vision du MPSR. « Les crises que nous connaissons sont politiques depuis 1966, même les événements de 1987 qui ont abouti à la mort de Thomas Sankara dont le procès est en cours. Quand on prend les événements de 2014 qui ont abouti à la démission de Blaise Compaoré et à son exil en Côte d'Ivoire, on voit que son parti et ses partisans demandent son retour. Quand on prend également les événements de 2015, notamment le coup d’Etat qui n'a pas prospéré, l'emprisonnement de Gilbert Diendéré,  ainsi que l'avènement du MPSR et la démission de Roch Marc Christian Kaboré, on voit qu’il s'agit de crises politiques. L'adhésion de la classe politique au processus de réconciliation peut donc aider à une réconciliation vraie », a t-il soutenu. Mais tout n'est pas que crise politique, a-t-il tenu à préciser.

rrcons 3Selon Drissa Traoré, il y a aussi des questions foncières,  des conflits inter-communautaires, sans oublier la question sécuritaire qui est venue mettre en lambeaux le tissu social. Néanmoins si la classe politique se réconcilie, que les exilés politiques rentrent et que le procès Thomas Sankara aboutit, on peut espérer une réconciliation réussie, souligne Traoré.

En rappel, lors de la rencontre entre le MPSR et les responsables des partis politiques, le président Paul-Henri Sandaogo Damiba a demandé l'accompagnement de la classe politique pour un retour de la paix et de la sécurité. Et les différents partis, à l’exception de l'ex-majorité qui n'a pas souhaité s'exprimer, ont affirmé leur soutien au MPSR.

Barthélémy Paul Tindano

ppprc uneLe procès Thomas Sankara et 12 autres tombés le 15 octobre 1987 se poursuit au tribunal militaire de Ouagadougou. C’est la phase des plaidoiries et ce jeudi 3 février 2022, la partie civile a poursuivi sa démonstration sur la culpabilité des accusés. Lors de leur passage à la barre, ces derniers, dans leur ensemble, n’ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés. C’est donc le moment pour les avocats des victimes d’apporter des preuves de la culpabilité des personnes mises en cause dans ce jugement.

C’est à tour de rôle que les avocats de la partie civile ont fait leurs exposés pour démontrer, éléments concrets à l’appui, en quoi les accusés sont coupables des faits d’assassinat, d’attentat à la sûreté de l’État, de recel de cadavre ou de subornation de témoin. A écouter les plaidoiries, les dossiers les plus emblématiques de ce procès sont ceux du général Gilbert Diendéré, de Jean-Pierre Palm ou encore de Tibo Ouédraogo.

ppprc 2Pour Me Anta Guissé, avocate de la partie civile, Jean-Pierre Palm a été un acteur clé de ce coup d’Etat, bien que l’officier supérieur de gendarmerie à la retraite s’obstine à ne pas reconnaître les faits. « Tout au long de ce procès, on a vu une attitude nonchalante de sa part, comme si les faits étaient éloignés de lui et qu’il n’avait rien à se reprocher. En fait tout au long du dossier, il y a un certain nombre d’éléments qui, mis bout à bout, montrent qu’effectivement il faisait partie du complot et qu’il a soutenu et aidé Blaise Compaoré, Diendéré et Kafando, ses auteurs, à mettre en place cet attentat et à faire en sorte qu’il soit perpétré. Aujourd’hui, c’était la démonstration de ce qu’il y avait dans le dossier qu’il fallait faire, sans compter les aveux qu’il a faits à une période donnée à des amis qui sont venus témoigner qu’il y avait un complot et qu’il fallait inventer cette histoire de complot de 20h pour justifier l’assassinat et que le but était effectivement de permettre à Blaise Compaoré d’accéder au pouvoir », a soutenu l’avocate. ppprc 3La vérité, c’est ce que les familles des victimes attendent depuis plus de 34 ans. Mais certaines personnes impliquées dans le dossier ont travaillé à brouiller les pistes, une attitude qui constitue d’ailleurs une infraction, selon Me Prosper Farama de la partie civile. C’est le cas, par exemple,  du général Diendéré. « Suborner un témoin, c’est essayer par un moyen quelconque (corruption, pression, promesse…) de lui faire dire devant un tribunal autre chose que la vérité pour que cela profite à une personne au cœur de cette affaire. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit de l’un des hommes de main du général Gilbert  Diendéré, en l’occurrence Tondé Nida dit Pascal, lequel était son chauffeur quand il était en fonction au Conseil de l’entente (il continue de travailler pour le général Diendéré), qui à un moment donné au cours du procès est allé voir un des témoins clés à charge contre Diendéré, précisément le sous-officier Zetiyenga Abdramane, celui-là même qui dit que Diendéré aurait convoqué une réunion à laquelle il a participé et déclaré clairement à un petit groupe d’officiers qu’il était question d’arrêter le président Sankara parce qu’il projetait d’assassiner Blaise et les autres dans la soirée de 20h », raconte Maître Farama. La mission de cet ancien chauffeur de Diendéré c’était donc, à en croire l’homme en robe noire, de convaincre Zetiyenga de dire qu’il n’était pas au Conseil le 15 octobre 1987. Cependant, ce denier a pris le soin d’enregistrer la conversation et est ensuite allé la faire écouter au juge.

Les audiences se poursuivent la semaine prochaine, toujours avec les plaidoiries de la partie civile.

Barthélémy Paul Tindano

frg uneNelly (nom d’emprunt) est père de trois enfants. De nationalité étrangère, il est installé à Ouagadougou depuis quelques années. Jugé au  tribunal de grande instance Ouaga I ce 1er février 2022, le prévenu a écopé d’une peine de prison de 5 ans pour avoir mis en place une unité de production illégale de carburant dans la ville de Ouagadougou, exposant de ce fait la vie de paisibles citoyens.

Le prévenu dit être ingénieur en mécanique industrielle. Il lui est reproché par le TGI d’avoir mis sur pied une unité de production de carburant sans une autorisation préalable des autorités compétentes du pays et d’avoir mis en danger la vie d’autrui. En effet, lorsque Nelly est arrivé à Ouagadougou, il a entrepris l’implantation de son unité sans avoir obtenu de permis d’implantation du ministère burkinabè de l’Environnement. Et ladite unité, qui a pris feu une première fois, n’a heureusement pas fait de victime. Ce sinistre passé, Nelly a poursuivi ses activités, toujours sans autorisation, jusqu’à ce  qu’un incendie s’y déclare de nouveau. Cette fois-ci, il y a malheureusement eu perte en vie humaine.

frg 2A la barre ce mardi, le prévenu, pour sa défense, a dit avoir pris des mesures pour éviter les cas d’incendie en protégeant le réacteur et ajoute que l’incendie résulte d'un  sabotage. Lorsque le procureur lui demande s’il a des preuves de ce qu'il avance, Nelly répond par la négative. A la question de savoir s’il était conscient que ses travaux étaient dangereux pour la vie des gens, l’ingénieur en mécanique répond que ce n’est pas le cas. « Si ce que vous faites n’est pas dangereux, je vous dis que c’est vous-même qui êtes dangereux », martèle le procureur. Et le parquet de faire remarquer que  non seulement Nelly travaille sans autorisation, mais aussi il met la vie des autres en danger.

 Selon l’avocat du prévenu, la procédure pour obtenir une autorisation est très longue et compliquée. D’ailleurs pour avoir l’autorisation, il faut d’abord  faire un essai en produisant afin de présenter le produit aux autorités. Et c’est à cette étape, d’après lui, que son client était ; malheureusement l’incendie est survenu. Selon lui, le caractère délibéré n’est pas établi. C’est pourquoi il a demandé la clémence du tribunal. En définitive, Nelly a écopé de 5 ans de prison et d’une amende de 500 000 F CFA.

P.B.T.

jjjust uneSuspendu le 12 janvier dernier pour permettre aux différentes parties de se préparer pour les plaidoiries, le procès Thomas Sankara et 12 autres a repris ce lundi 31 janvier 2022 à la chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou, délocalisée à la salle des Banquets de Ouaga 2000. Mais l’audience a été suspendue jusqu’à nouvel ordre à la demande des avocats de la partie civile.

C’est l’une des conséquences directes du coup d’Etat du 24 janvier 2022, puisque la Constitution est suspendue. Mais avant,  le parquet militaire avait notifié que la suspension de la Constitution n’entraverait pas le procès, d’où la nécessité de poursuivre les audiences. Car au stade  où est ledit procès, il n’est pas raisonnable de le suspendre. Même une des tendances des avocats de la défense a soutenu ce point de vue du parquet. jjjust 2« Au niveau de la défense il y avait deux tendances : la première disait que c’était au tribunal de prendre une décision sage ; une autre tendance, et c’était la mienne, a demandé au tribunal de poursuivre l’audience parce que nous avons estimé que la suspension de la Constitution ne mettait pas fin à tous les autres droits de la République. Notre présence dans cette salle est régie par des textes, par des lois. Si nous avons pu tenir cette audience jusqu’à cette étape où il ne reste plus que les plaidoiries, nous estimons que ce n’est pas parce qu’il y a des militaires qui sont arrivés au pouvoir que le tribunal cesse d’être indépendant, que le tribunal cesse d’appliquer les règles parce que la justice est rendue au nom du peuple », a déclaré Me Hien Ollo, avocat de la défense.

jjjust 3Selon lui, la suspension de la Constitution est compréhensible  dans cette situation. Mais la suspension du jugement n’est pas raisonnable, car le MPSR n’a pas changé le tribunal, ni changé la composition du tribunal, encore moins changé le serment des magistrats, et  il n’a pas non plus délocalisé l’audience.

Mais pour la partie civile, qui a demandé cette suspension, l’état dans lequel se trouve le pays ne permet pas de faire un procès équitable. « Nous pensons que dans cette situation, c’est une mesure de précaution nécessaire. Parce que sans prendre position publiquement, il est évident que tous les Burkinabè, en tout cas les juristes, se posent légitimement la question de savoir quelle est la situation juridique actuelle (…). Pour nous la partie civile, l’objectif, c’est que la Constitution soit rétablie le plus tôt possible. Mais ce n’est pas une question de temps qui compromettra la crédibilité et la régularité du procès que nous attendons depuis 34 ans», soutient Me Prosper Farama de la partie civile.

Le président du tribunal a demandé aux différentes parties de rester à l’écoute de la date de reprise des audiences lorsque la Constitution sera rétablie. Mais dans une déclaration lue ce lundi 31 janvier 2022, les nouvelles autorités  ont annoncé que l’Acte fondamental du MPSR lève la suspension de la Constitution du 2 juin 1991 qui s’applique à l’exception de ses dispositions incompatibles avec le présent Acte.

Barthélémy Paul Tindano

cconff uneUne nouvelle coordination d’OSC vient de voir le jour au Burkina Faso. Dénommée Initiative populaire des organisations de la société civile au Burkina Faso pour l’unité nationale (IP-OSC-BF), elle est composée de plusieurs associations et vise à accompagner le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), la junte au pouvoir, dirigée par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. C’est en tout cas ce que les responsables de ce regroupement ont fait savoir ce vendredi 28 janvier à Ouagadougou lors d’une conférence de presse.

Selon les responsables de l’IP-OSC-BF, ils sont disposés à accompagner par tous les moyens le MPSR et son président afin que le Burkina renoue avec la paix, la sécurité et l’unité nationale. C’est pourquoi ils appellent le peuple à manifester le 12 février 2022 non seulement pour rejeter d’éventuelles sanctions de la CEDEAO, mais aussi pour témoigner la solidarité des Burkinabè au MPSR. cconff 2« Il nous revient que la CEDEAO vient de suspendre le Burkina Faso de ses instances. Au regard de cela, nous la mettons en garde contre d’éventuelles sanctions qu’elle pourrait prendre contre le MPSR ou contre le peuple burkinabè », a prévenu Hervé Ouattara, membre de ladite initiative. D’après les conférenciers du jour, il est urgent que les Burkinabè s’unissent pour relever les défis qui se présentent à eux et pour, éventuellement, faire face à la CEDEAO pour ne pas avoir à vivre un scénario similaire à celui malien en termes de sanctions.  « Même dans nos pires cauchemars, nous ne nous imaginons pas en train de vivre le même scénario que celui du Mali. Quand le nombre de nos déplacés internes ne faisait qu'augmenter, où était cette CEDEAO ? Quand on avait des orphelins, où était la CEDEAO ? Quand nos écoles se fermaient, qu'a fait la CEDEAO ? » s’interroge Abdoul Karim Baguian, dit Lota.  cconff 3Selon les tenants du crachoir, nombre de chefs d’Etat sont mal placés pour donner des leçons de démocratie au Burkina Faso. Par ailleurs, d’après eux, l’institution sous-régionale devrait accompagner les peuples, pas les sanctionner. « Si dans la délégation de la CEDEAO qui viendra à Ouagadougou il  y a le président Alassane Ouattara de Côte d'Ivoire, l’avion n’atterrira pas ici », a prévenu Marcel Tankoano.

A en croire ces activistes, pour le moment les questions de postes dans l’équipe du lieutenant-colonel Damiba ne sont pas à l'ordre du jour. Selon eux, il faut que les Burkinabè, pour commencer, fassent collectivement face à la CEDEAO.

En rappel, l’Initiative populaire des organisations de la société civile au Burkina Faso pour l’unité nationale (IP-OSC-BF) est composée de plusieurs structures dont certaines avaient manifesté et réclamé la démission de Roch Marc Christian Kaboré avant que ce dernier soit débarqué par la junte en début de semaine.

Barthélémy Paul Tindano

mmteo uneCes derniers jours sont des temps de fraîcheur avec des températures basses. Une fraîcheur qui pourrait être suivie par des vents poussiéreux  dans les jours qui viennent, selon l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) du Burkina. Pour éviter à la population d’être surprise par les désagréments que pourraient causer ces changements de temps, l’ANAM l’invite à suivre régulièrement les prévisions  météo. Radars Info Burkina s’est entretenu avec Léon Ouédraogo, prévisionniste à l’ANAM, pour en savoir davantage.

Selon les agents de l’ANAM, la fraîcheur que les Burkinabè constatent présentement est normale. C’est plutôt le contraire qui aurait été anormal. « Nous sommes à une période où l’hémisphère Sud est plus réchauffé que l’hémiptère Nord (où se trouve le Burkina Faso, ndlr). Cela  veut dire qu’on a moins de rayonnement dans l’hémisphère Nord, ce qui entraîne plus de refroidissement dans cette partie. En outre, avec l’accélération du vent dans les zones plus froides, il arrive que cette fraîcheur s’accentue sur notre territoire », a expliqué Léon Ouédraogo. Selon lui, il est possible qu’à partir de la semaine du 31 janvier il fasse plus frais par rapport à cette semaine, le mois de février étant souvent marqué par des vents poussiéreux avec la réduction de la visibilité.  

mmteo 2Le prévisionniste assure que l’ANAM suit  actuellement cette situation de près pour informer la population le cas échéant. Mais déjà, des vagues de vents poussiéreux sont remarquées vers le nord-est du Niger. Et ces vents pourraient arriver ici au Burkina Faso, notamment à l’Est et au Centre-Nord, dans les heures qui viennent. « Nous sommes à une telle période et l’accélération des vents d’harmattan au Sahara peut entraîner un soulèvement important de la poussière. Cette poussière peut être transportée jusqu’au Burkina Faso et  cela pourrait réduire la visibilité », a soutenu le météorologue.

mmteo 3Selon le prévisionniste, il est difficile de prévoir avec exactitude chaque fois  un phénomène sur le territoire national car  le vent peut par exemple se soulever au Sahara mais se limiter au Niger ou au Mali. « Nous suivons le temps au jour le  jour. Il y a certains changements qui peuvent s’opérer. A travers ces changements, nous essayons de voir les phénomènes qui peuvent  survenir au Burkina Faso », a-t-il précisé. 

L’ANAM dispose de dix stations météo à travers le pays qui collectent régulièrement les données des localités dans lesquelles elles sont implantées et les envoient au niveau central à Ouagadougou. De Ouaga,  ces données sont transmises à l’agence sous-régionale basée à Niamey au Niger et par la suite envoyées à l’agence internationale basée à Toulouse pour être exploitées par ceux qui en veulent. Mais outre ces stations,  il y a également la collecte de données par satellite dans chaque ville.

Barthélémy Paul Tindano

                                                    

ccommL’ONEA informe ses abonnés de la ville de Ouagadougou que suite à une panne sur le poste de transformation électrique du château d'eau de Rimkieta, plusieurs quartiers  connaissent des baisses de pression, voire une coupure de la fourniture  d’eau, depuis la nuit du mercredi au jeudi 27 janvier 2022. Ce sont particulièrement les quartiers Rimkieta, Bassinko, Zagtouli, Bissinghin.

 

Les équipes techniques de la SONABEL et de l'ONEA sont à pied d’œuvre pour le rétablissement de la situation.

Chers clients, tout en regrettant les désagréments occasionnés, l’ONEA sait compter sur votre compréhension et votre accompagnement citoyen.

 

L’ONEA à votre service !

mting uneAu lendemain du coup d'Etat qui a porté au pouvoir le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, des centaines de jeunes sont sortis marquer leur soutien à la junte au pouvoir, à l’appel de certaines organisations de la société civile. C’était une foule en liesse ce mardi 25 janvier 2022 à la place de la Nation  de Ouagadougou.  Pour ces manifestants, ce putsch est salutaire ; d’où leur soutien au nouveau pouvoir.

La place de la Nation, interdite aux manifestants il y a quelques jours, était ce mardi matin le point de convergence d’une foule immense. Un concert de klaxons de motos et des sons de vuvuzela pouvaient être notés sur  la place historique de la capitale. Le souhait des manifestants, c'est de voir le terrorisme prendre fin au Burkina Faso. « Nous sommes très contents d’avoir appris hier que l’armée a pris ses responsabilités. C’est pourquoi nous sommes sortis pour manifester notre joie et dire à l’armée que le peuple est derrière elle. Roch a géré le pouvoir pendant sept ans mais il a échoué. Nous avons demandé qu’il démissionne ; il a refusé de le faire et voilà que l’armée a mis fin à son mandat. Et nous sommes d’accord avec ce qu’elle a fait. Ce que nous demandons aux forces armées, c’est de travailler à réunir les filles et les fils du Burkina Faso. Que les militaires travaillent à ce qu’il y ait la paix et la sécurité dans notre pays. Ceux du MPP savent que leur patron a échoué, sauf qu’ils n’ont pas le courage de le reconnaître. Qui était fier de ce qui se passait au Burkina ?» a déclaré Adama Tiendrébéogo, dit colonel.

mting 2Et certains manifestants mettent déjà la CEDEAO en garde. «Nous n’allons pas laisser  la CEDEAO nous dicter sa loi.  Nous allons soutenir les militaires,  mais pas aveuglément. Nous allons travailler à les aider pour qu’ils réussissent leur mission. Nous attendons qu’ils assainissent le climat sécuritaire. Aujourd’hui on a besoin de tous les Burkinabè », a déclaré le coordonnateur du mouvement Sauvons le Faso. mting 3D’autres manifestants, quant à eux,  demandent que le nouveau pouvoir se rallie au Mali pour collaborer avec la Russie et rompre les relations avec la France. A la place de la Nation, on peut voir les drapeaux des trois pays qui ont à leur tête des militaires. Il s'agit du Mali, de la Guinée Conakry et, bien sûr, du Burkina Faso. Le drapeau de la Russie est également brandi par des manifestants. mting 4« Nous voulons que le pouvoir en place noue des relations avec la Russie, qu’il collaborent avec le Mali et la Guinée et que nous soyons les trois premières nations à sortir de cet impérialisme-là », peut-on entendre.

En rappel, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPRS), dirigé par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a mis fin au régime de Roch Marc Christian Kaboré le 24 janvier 2022. Un coup d’Etat condamné par la communauté internationale.

 Barthélémy Paul Tindano

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