jeudi 5 février 2026

cirage uneLa situation socio-économique du Burkina pousse beaucoup de jeunes burkinabè à l'aventure, à la recherche de la pitance quotidienne. Si dans certaines communes c'est le travail d'orpailleur ou de maçon qui est beaucoup pratiqué, dans la ville de Ouagadougou, ce sont plutôt des métiers comme celui de cireur qui ont le vent en poupe.

Le métier de cireur n'est plus réservé aux jeunes étudiants en quête de revenus quotidiens pendant les congés ou les vacances. Plusieurs jeunes ruraux « venus se chercher en ville », comme on dit couramment, ont aussi décidé d’opter pour cette activité. C'est le cas de Mohamed Zampou, jeune élève de 14 ans qui s’est retrouvé à Ouagadougou depuis 2021 après l’obtention de son Certificat d’études primaires (CEP), et d’Abdoul Salam Kora ainsi que de Sambo Nana, deux adultes. Le premier cité, que nous avons rencontré le mercredi 8 juin 2022 à Ouagadougou, portait en bandoulière un sac à dos contenant son matériel de travail, notamment des boîtes de cirage de marques Kiwi et Lude, des brosses, un chiffon, un bidon contenant du savon liquide et un petit tabouret. Il était habillé d'un tee-shirt noir fleuri, d'un pantalon noir et de baskets kaki. L’air serein, l’adolescent nous raconte qu’il a dû quitter son village pour venir chercher un emploi à Ouagadougou, sur ordre de son père. C’est ainsi, nous confie-t-il, qu’il s’est lancé dans le cirage de chaussures grâce au soutien financier de sa mère qui a financé l’achat du matériel (à hauteur de 3 000 FCFA) pour qu’il puisse commencer.

cirage 2Le coût du cirage d’une paire de chaussures est de 100 FCFA et Mohamed nous a avoué faire une recette journalière moyenne de 2 000 FCFA, soit un gain mensuel de l’ordre de 60 000 FCFA. Vivant avec sa sœur, il arrive à mettre un peu d’argent de côté afin de pouvoir honorer plus tard ses frais de scolarité car, nous a-t-il dit, c’est par manque de moyens financiers qu’il a dû arrêter ses études.

Quant à Abdoul Salam Kora et Sambo Nana, les deux autres cireurs avec lesquels nous avons échangé, ils nous ont affirmé qu’en ce qui les concerne, le marché est morose et la vie chère ne leur facilite pas les choses. Par exemple, le pinceau pour le cirage qu’ils achetaient auparavant à 100 FCFA est passé à 200 et celui qui coûtait 200 F leur est vendu à présent à 300 FCFA. cirage 3La boîte à cirer de marque Kiwi qui était à 400 F est passée à 500 FCFA. Et les deux hommes d’ajouter que les clients ne se bousculent plus pour faire cirer leurs pompes. « Avant je pouvais avoir 30 paires de chaussures à cirer par jour mais aujourd'hui, je suis à 15 », nous dit Nana. Kora, lui, déclare être passé de 20 chaussures à 10, voire 5 par jour.

Comme c’est le cas dans toute activité, ces personnes rencontrent des difficultés dans l'exercice de leur métier. A ce propos, le jeune Mohamed cite comme problème l'appréciation des clients. « Souvent, il y a des clients qui estiment que le travail n'a pas été bien fait parce que, selon eux, la chaussure doit bien briller après cirage. Or, cela est lié parfois à la qualité de ladite chaussure et non à ma manière de cirer », explique-t-il. Mais ces difficultés ne sauraient constituer un frein au travail du jeune Mohamed car il s’est fixé un objectif : faire des économies afin de pouvoir reprendre le chemin de l’école. Pour ce qui est des deux adultes, la rareté des clients et la cherté du matériel de travail constituent leurs difficultés majeures. Mais ils caressent l'espoir de meilleurs lendemains.

Flora Sanou

oxfaamLe rapport d’Oxfam révèle que les femmes sont directement touchées par les catastrophes climatiques.  Ainsi, ce sont 80%  des femmes qui se sont déplacées de leurs zones d’habitation en raison du changement climatique. A côté, il y a ceux qui sont responsables de ce changement climatique qui refusent de prendre leurs responsabilités. Il s’agit des pays riches qui émettaient 92 % de l’hydroxyde de carbone (CO2) et sont à 37% de nos jours. «Cela fait des années que les pays industrialisés bloquent les négociations relatives au financement des pertes et des dommages. Lors de la COP26 à Glasgow, ils ont rejeté la demande des pays en développement de mettre en place un dispositif de financement pour faire face aux pertes et dommages et l’ont remplacée par un Dialogue de Glasgow sur trois ans pour discuter des modalités de financement», affirme la directrice d’Oxfam, Gabriela Bucher.

Le rapport indique que le continent africain n’est responsable que de 4 % des émissions mondiales.    L’organisation prévoit donc de mettre sur la table de discussion ses recommandations des négociations de Bonn sur les « pertes et dommages ».  Entre autres, il s’agit pour les pays riches de s’engager à mettre en place un financement bilatéral des pertes et des dommages qui s’ajoutera aux financements climatiques actuels et aux engagements d’Aide publique au développement (APD). Tous les gouvernements doivent créer et financer un dispositif de financement pour les pertes et les dommages lors de la COP26, sur la base de contributions annuelles fondées sur leur responsabilité historique et leur capacité économique.

www.radarsburkina.net

aacep uneC’est ce mardi 7 juin 2022 qu’ont débuté sur le territoire burkinabè les épreuves du  Certificat d’études primaires (CEP). Ce sont des milliers d’élèves du Cours moyen deuxième année (CM2) qui vont à la conquête du premier diplôme de l’enseignement primaire. Dans la capitale Ouagadougou, le centre de Wayalghin « A » est l’un de ceux composant le jury 5, avec un effectif de 388 candidats. Pour ce premier jour de composition, certains enfants étaient accompagnés de leurs parents. On remarquait aussi la présence de certains fondateurs d’écoles, venus soutenir leurs élèves.

Plus tôt, avant l’accès aux salles de classe, la plupart des élèves affichaient leur sérénité. Ils nous ont confié que les dernières révisions ont été faites et qu’ils sont prêts à « affronter » les épreuves. « Avec les parents, nous avons fait beaucoup d’exercices ; je pense que je suis prête pour les épreuves et je n’ai pas peur », nous assure Leila Sawadogo, une jeune candidate. Certains parents ayant accompagné leur enfant se disent confiants quant à sa réussite.

aacep 2Arnaud Sawadogo est venu accompagné de sa mère, Awa Sawadogo. Elle affirme avoir suivi le jeune écolier tout au long de l’année et affiche son optimisme. « Pendant l’année scolaire, je l’assistais dans ses exercices et ses devoirs. Je connais son niveau et je peux dire que pour le CEP, c’est une simple formalité. L’enjeu, c’est surtout l’entrée en 6e», affirme Dame Sawadogo.

Vincent Samanté, un autre parent d’élève, affiche la même assurance : « Je suivais ses moyennes au cours de l’année et il n’a pas eu de difficultés aux différents examens de sa classe. Il a toujours fait partie des 10 premiers. Je pense qu’il est prêt pour l’examen et je suis confiant. »

aacep 3Jean Georges Sanogoh, fondateur de l’école primaire Annie Simone Sanogoh, est présent aux côtés de ses élèves pour superviser et s’assurer que tous sont présents. « Nous avons suivi de façon rigoureuse les élèves et j’avoue que nous sommes plus anxieux qu’eux. Ces 15 derniers jours nous avons fait du bachotage pour combler les dernières lacunes », a-t-il confié.

Dès 6h30, les différents candidats sont soumis à l’appel, suivi de la vérification dans les différentes salles. Une fois dans les salles, des instructions et des conseils sont donnés par les enseignants surveillants. « Évitez de regarder chez le voisin, évitez les ratures et soyez patients et attentifs à chaque épreuve », conseillent-ils aux jeunes candidats.

C’est la présidente du jury 5 du centre de Wayalghin « A », Salamata Weda, qui a procédé à l’ouverture de l’enveloppe contenant la première épreuve, à savoir la rédaction. Le moins qu’on puisse dire, c’est que chaque candidat était concentré sur sa feuille pour cette « entrée en matière ». Selon la présidente dudit jury, le centre de Wayalghin « A » n’a pas enregistré d’absence ce premier jour.

Pour cette session, ce sont au total 431 761 candidats qui vont à la conquête du premier diplôme de l’enseignement primaire.

Marthe Vébama

Chers clients, l’ONEA prépare une vaste opération de recouvrement et vous invite à prendre les dispositions utiles pour éviter tout désagrément.
L’ONEA vous informe qu’il renforce son dispositif de traitement des réclamations dans ses agences du 16 mai au 15 juin 2022 pour permettre à tous ceux qui ont besoin d’une prise en charge spécifique de toujours poser leurs préoccupations.
Peaaaawaterndant cette période, des facilités de paiement pourront être accordées aux clients ayant plusieurs factures impayées à travers des règlements échelonnés.
En cas de réclamation sur les factures, le client devra apporter une facture et un relevé de l’index du compteur effectué le même jour.
L’ONEA sait compter sur son aimable clientèle pour régler les factures échues afin de lui permettre d’assurer la continuité du service public de l’eau potable.
Notre centre d’appels reste accessible au 80 00 11 11 pour de plus amples informations.
L’ONEA à votre service !
Département Communication
220, Avenue de l’ONEA, secteur 12 (Pissy)
Centre d’appels ONEA VENEGRE (80 00 11 11)

fkr uneAprès son retour triomphal au bercail le lundi 30 mai 2022, Diébédo Francis Kéré, lauréat du Prix Pritzker 2022 ou Prix Nobel de l’architecture, est allé présenter sa médaille au chef du gouvernement, Albert Ouédraogo, ce mardi 31 mai 2022 à la Primature.  Francis Kéré dit d’être allé remercier le PM d’avoir envoyé une équipe à ses côtés lors de la remise dudit prix le 27 mai dernier à Londres. L’occasion s’y prêtant, il a sollicité du gouvernement qu’il accompagne la jeunesse burkinabè, car elle est très talentueuse mais manque d’opportunités.

Le 15 mars 2022, Diébédo Francis Kéré est devenu le premier Africain lauréat du Prix Pritzker, l’équivalent du Prix Nobel de l’architecture. Ce mardi 31 mai, il est allé présenter sa médaille, en or pur, au chef de la Primature. L’architecte burkinabè dit être fier de cette distinction internationale qu’il a reçue et remercie le Premier ministre, qui malgré un contexte national difficile, marqué par l’insécurité, a envoyé une équipe gouvernementale le soutenir à Londres à l’occasion de la remise officielle dudit prix. Lors de l’audience du jour, Albert Ouédraogo et Francis Kéré ont parlé également de l’avenir de la jeunesse burkinabè, en proie au chômage.

fkr 2« Ensuite, on a échangé sur l’avenir, sur ce qui peut être fait pour la jeunesse de cette Nation qui regorge de talents, lesquels manquent malheureusement d’opportunités. Nous avons essayé de voir comment dans mon domaine, qui est l’architecture, on peut créer des débouchés ou comment le gouvernement pourra s’occuper des jeunes talents pour leur créer des opportunités. Parce qu’il y a des milliers de jeunes Burkinabè qui ont du talent et qui oeuvrent dans un domaine mais ils ne sont pas suivis », a déclaré l’architecte.

fkr 3A l’en croire, lorsqu’il y a à peine une vingtaine d’années il a décidé d’utiliser de la simple terre pour construire une école, il ne savait pas où cela le mènerait. Mais grâce aux encouragements de certaines personnes qui l’ont convaincu que ce qu’il faisait n’était pas inutile, le fruit de sa détermination est visible aujourd’hui. Et c’est ce genre d’encouragements qu’il souhaite que le gouvernement fasse à la jeunesse. A la question de savoir si la construction du futur siège de l’Assemblée nationale burkinabè, dont il est le concepteur, a été abordée, Francis Kéré a répondu que cette question n’était pas à l’ordre du jour.

« On a des projets mais qui ne constituent pas actuellement une priorité. Effectivement l’Assemblée nationale fait la fierté du monde entier. Vous ne le savez pas, mais de grandes chaînes américaines veulent venir faire un documentaire sur l’Assemblée nationale. J’ai dit : écoutez, l’Etat actuellement au Burkina a une priorité : c’est de ramener la paix. Et l’Assemblée nationale, il est bien vrai que je l’ai dessinée, je l’admire et tout le monde l’admire, mais pour le moment ce n’est pas la priorité, donc on n’en a pas parlé », a affirmé le prix Nobel.

 Ayant officiellement reçu son Prix le 27 mai dernier, le natif de Gando, dans le Boulgou, a foulé le sol burkinabè le lundi 30 mai et a été accueilli dans une ambiance festive par des centaines de ses compatriotes, dont des membres du gouvernement de transition.

Barthélémy Paul Tindano

acisc uneLe Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) est une organisation de la société civile qui intervient dans le domaine des droits humains. Il a tenu une conférence de presse ce vendredi 27 mai 2022 à Ouagadougou pour interpeller le pouvoir en place sur des cas d’exécutions sommaires et extrajudiciaires ainsi que des enlèvements dont seraient victimes certaines populations de part de Forces de défense et sécurité (FDS) et de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Selon le secrétaire du CISC, le Dr Daouda Diallo, entre janvier et mai 2022, son organisation a recencé plus de 500 morts et plus de 100 cas d’enlèvements et de disparitions forcées de civils et de militaires. Alors que dans son premier discours, dit-il, le président de la Transition avait affirmé que les droits humains seraient respectés, la situation est très préoccupante de nos jours. Selon les conférenciers, il y a des enlèvements et des exécutions sommaires et extrajudiciaires des populations qui souvent ont fui leurs villages à cause des exactions des groupes terroristes. Et les enlèvements se font dans les marchés, à domicile, sur les axes routiers et même sur des sites de distribution de vivres aux personnes déplacées internes.

acisc 2« A Ouagadougou, rien qu’au cours du mois de mai 2022, deux Burkinabè interpellés ont trouvé la mort dans des locaux de la gendarmerie dans des conditions très suspectes, sans aucune explication de la part des autorités à ce jour. Il s’agit du jeune Hamadoun Dicko dit Bouda, mort le 14 mai 2022, et du prince de l’émirat de Barani, Hampathé Sidibé, enlevé par des éléments du GARSI depuis le 6 mai 2022 et qui a trouvé la mort dans la nuit du 15 au 16 mai 2022 à la brigade de gendarmerie de Kosyam mais sa famille n’en a été informée que le 20 mai », déclare Daouda Diallo.

acisc 3Pour Abdoulaye Hoefi Dicko, président du MBDHP-Dori, il faut que les Burkinabè apprennent à reconnaître leurs erreurs. Et dans ce contexte de lutte contre le terrorisme, il ne faut pas dissimuler les fautes de certains. « Une guerre sans bavures c’est très difficile certes mais il faut avoir le courage de reconnaître ces bavures. (…)  S’il y a une bavure, c’est entre nous Burkinabè. C’est quelqu’un  est en faute dans son travail, on le fait amener à la justice et on va le juger », a-t-il affirmé. Pour le collectif, il doit y avoir de la cohérence entre le discours officiel et les actes. Cette cohérence doit s’observer aussi bien au niveau central qu’au niveau communautaire.

C’est pourquoi le CISC exhorte le régime en place à faire la lumière sur les dossiers de crimes de masse comme ceux de Yirgou, Banh-kanin, Tanwalbougou, Barga et Yagha ; à faire arrêter les exactions multiformes commises sur certaines communautés par des FDS, des VDP, des Dozo et des Koglwéogo. Les membres du collectif demandent également justice pour toutes les victimes du terrorisme et de la lutte contre le terrorisme ; de faire cesser le discours haineux et la stigmatisation des communautés et de recenser les intérêts économiques et commerciaux accumulés de certains FDS et VDP en vérifiant leurs modes d’acquisition. Pour eux, la cohésion sociale et la réconciliation nationale ne peuvent s’obtenir sans vérité au préalable.

Barthélémy Paul Tindano

jrs uneLe Centre pour la gouvernance démocratique  (CGD), en collaboration avec les ONG Diakonia, NDI et PAX, a organisé un dialogue démocratique ce mardi 24 mai 2022 à Ouagadougou.  L'objectif de cet échange, c’est de faire une évaluation des 100 premiers jours du président de la Transition, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, sur les plans politique, sécuritaire et économique. On retiendra de ces différents panélistes que le Burkina Faso connaît un recul dans ces domaines.

Selon Élie Kaboré, journaliste à L'Economiste du Faso, les recettes de l'État ont été bien recouvrées à la date du 31 mars 2022. Mais cette  performance est sapée par la poursuite des attaques terroristes, l'augmentation du nombre de déplacés internes et des besoins pour la prise en charge de la crise humanitaire, le renchérissement des différents produits, le désengagement des partenaires suite au coup d'Etat, mais également la méfiance de certains investisseurs après le coup d'Etat et, surtout, la crise du secteur minier. Si après son installation la Transition s'est dotée d'une feuille de route et d’un plan d'action basé sur les valeurs prônées, force est de reconnaître que ce n'est pas le cas dans la pratique, selon ce panéliste.

jrs 2Le coup d'Etat est venu mettre un coup d'arrêt à un certain nombre de choses, et la Transition était obligée de redéfinir les priorités pour pouvoir continuer. Il y a eu l'élaboration de certaines valeurs qui devaient conduire la Transition,  mais dans la pratique on s'est rendu compte qu'il y avait un écart entre ce qui est prévu dans l'agenda, dans le plan de travail, les valeurs et ce qui se mène sur le terrain. Nous avons relevé deux points essentiellement. Il avait été dit de recruter des DG par appel à candidatures, ça n'a jamais été fait ; les DG qui sont nommés on ne sait pas sur quel critère cela est fait. Il avait été aussi dit qu’en termes d'exemplarité, les dirigeants devaient donner l'exemple afin de pouvoir fédérer les énergies pour que les uns et les autres puissent participer à l'effort de guerre. Et avec ces débats sur les questions de remunération des membres des organes de la Transition, cela remet en cause ces principes", a déclaré Élie Kaboré.

jrs 3Pour  ce journaliste spécialiste de l'économie, il est grand temps pour la Transition de repartir sur l'activation psychique de ce qu’elle-même a défini comme priorités. Car les attentes étaient plus nombreuses que ce qui a été mis en oeuvre sur le terrain. "On peut considérer qu'à partir de la Transition, on a eu un recul sur le plan économique", a déclaré le panéliste.

Augustin Loada, ministre de la Fonction publique pendant la Transition de 2014, et le capitaine de police à la retraite Alissi Ouédraogo étaient  les deux autres panélistes du jour. Selon ceux-ci également, notre pays connaît un recul, tant sur le plan politique que sur celui de la sécurité.

Selon Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD, le but de ce panel,  c'est d'engager un dialogue démocratique sur les acquis et les insuffisances de la gouvernance du nouveau régime depuis les 100 premiers jours afin de tirer des leçons qui pourraient servir aux gouvernants. 

Barthélémy Paul Tindano

issk ymg 2Pour des raisons d'insécurité, la Société minière de Taparko (SOMITA-SA), dans la commune de Yalgo, a fermé ses portes, mettant au chômage des centaines d'employés. Radars Info Burkina s’est entretenu avec Issaka Yaméogo, président du réseau des communes minières du Burkina Faso, par ailleurs  ancien maire de ladite commune, sur l'impact de la fermeture de cette mine.

Radars Info Burkina : Est-il normal qu'on ferme des mines industrielles comme c'est le cas de la SOMITA  ?

 Issaka Yaméogo: La raison même de la fermeture de ces mines dont on fait cas aujourd'hui, c’est l'insécurité dans nos zones. Et la fermeture de cette mine est vraiment un coup très dur pour la collectivité et pour toute sa population environnante, y compris des employés qui étaient des locaux et même des nationaux. Il faut savoir qu'aujourd'hui on dénombre plus de 800 personnes qui sont en train de partir au chômage : ceux qui avaient des emplois directs et indirects et même des emplois contractuels journaliers et bien d'autres prestataires qui étaient aussi en sous-traitance avec la mine. Aujourd'hui, la fermeture de cette mine aura nécessairement un impact sur l'économie locale. Car vous savez, quoi qu'on, dise l'existence d'une mine dans une zone a un impact économique, bien qu'il y ait aussi un impact négatif. Négatif dans le domaine de l'environnement mais ça contribue quand même à un certain niveau à l'économie locale. Hormis cela, la collectivité elle-même recevait des taxes à travers l'exploitation de cette mine. Aujourd'hui, Yalgo est l'une des communes, parmi tant d'autres, qui recevait la patente minière, le fonds minier pour le développement local,  les taxes superficiaires. Et nous pouvons dire que ces contributions constituaient plus de  90% du budget réel de la collectivité. En effet, nous sommes dans une zone à forte insécurité si bien que depuis 2017 nous n’avons même pas pu faire un  recouvrement en ce qui concerne les taxes locales. C'est donc vous dire qu'aujourd'hui cette fermeture vient ramène la commune à un niveau incroyable.

issk ymgRadars Info Burkina: Est-ce que la raison invoquée par les responsables est valable?

Issaka Yaméogo : Oui, nous trouvons qu'elle est valable parce nous vivons la réalité. Aujourd’hui si vous prenez la RN3 qui mène jusqu'à la mine dans notre commune,  vous verrez que l'accessibilité est devenue très problématique. En outre, la mine a fait des extensions, donc il y a une distance importante entre celle-ci et les zones de travaux, là où les employés travaillent. C'est dire qu’en réalité, avec la situation actuelle dans nos zones, le risque est grand qu'il y ait des actes de meurtre si vraiment la mine doit continuer à travailler. C'est vrai que nous voyons tout ce que nous perdons, mais il y va de la sécurité de nos frères employés dans la mine.

 Radars Info Burkina : Est-ce que ce serait acceptable si le gouvernement décide de la fermeture des mines artisanales ?

 Issaka Yaméogo : Aujourd'hui, c'est le gouvernement qui est le premier responsible en ce qui concerne la vie même de la Nation. Dans cette lutte contre le terrorisme, si le gouvernement dans sa prise de mesures trouve qu'il est nécessaire que les sites d'orpaillage soient fermés, on n'a pas à protester. Néanmoins,  il faut savoir qu'aujourd'hui il y a un nombre important de jeunes Burkinabè qui travaillent sur les sites d'orpaillage. Aujourd'hui, c'est vrai que les ressources d'exploitation industrielle génèrent des ressources directement à l'État au niveau des collectivités, mais il faut savoir aussi que l'exploitation artisanale aujourd'hui génère aussi des ressources directes, même s'il n'y a pas de retour des taxes auprès des collectivités, auprès de l'Etat, au niveau de la communauté ; ça contribue à la vie de ces jeunes. Aujourd’hui par exemple ma commune abrite un nombre important de jeunes qui sont sur les sites d'orpaillage. Nous pouvons dire que 75 à 80% des jeunes de ma commune sont des orpailleurs. Certes c'est à l'État de prendre des mesures pour aller à la fermeture si c'est nécessaire,mais il faut un certain niveau de grande  réflexion et de prise de dispositions. Aujourd'hui, la question qu’on se pose est suivante : est-ce que nous avons les moyens de fermer ces sites? Où iront ces orpailleurs qui travaillent sur ces sites ? Aujourd'hui, beaucoup de PDI sont sur les sites d'orpaillage. Notre province compte aujourd'hui  plus de 161 000 PDI réparties dans nos communes respectives. Et on a traversé une saison qui a été très lamentable. Aujourd'hui le sac de mil de 100 kg, dans ma commune, coûte plus de 40 000 F. Si on ferme ces sites d'orpaillage, où veut-on que ces jeunes  et ces PDI aillent ? Quelles sont les dispositions qui seront prises ? Moi, je pense que c'est un mal nécessaire que nous devons soigner avec beaucoup beaucoup de précautions.

Barthélémy Paul Tindano

skkr uneL'audience a repris ce mardi 10 mai à la Chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou dans le cadre du procès sur l'assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons. Elle a été consacrée à la délibération sur les intérêts civils. Si le tribunal a accédé à la demande de la famille du défunt capitaine relative au paiement d'un franc symbolique au titre des dommages et intérêts, il a par contre rejeté la demande de cette dernière que lui soient restitués les biens matériels de l'illustre disparu.

Outre le franc symbolique demandé par la famille Sankara au titre des dommages et intérêts, cette dernière souhaitait la restitution d'un certain nombre d'objets ayant appartenu au défunt président parmi lesquels sa bague de mariage, le carnet lui servant d’aide-mémoire, un poste téléviseur, un magnétoscope ainsi qu'un certificat de décès conforme, la mention « mort naturelle » figurant sur celui établi en 87. Mais le président de la Chambre criminelle du tribunal militaire, Urbain Méda, a rejeté la dernière requête. Une décision que Me Bénéwendé Stanislas Sankara, avocat de la famille du défunt père de la révolution d'août 83, trouve déplorable. « Nous déplorons la décision de la Chambre de ne pas accéder à cette requête. Mais avec la famille nous allons certainement aviser. Sinon c'est un préjudice qui était objectif, mais la Chambre en a décidé autrement ; on en prend acte », a déclaré l’avocat.

skkr 2A en croire Me Sankara, les avocats vont se concerter avec la famille de Thom Sank pour voir s'il y a lieu de faire appel. Pour l'instant, la Chambre n'a pas donné les motifs de son rejet.

En ce qui concerne les autres familles des victimes, la Chambre a condamné les accusés à payer solidairement des sommes pour réparation de préjudices. S'agissant des avocats de la partie civile inscrits aux barreaux étrangers, ils recevront ensemble une somme forfaitaire de 42,5 millions F CFA. Quant à  ceux inscrits au barreau burkinabè, ils recevront un franc symbolique.

skkr 3Dans ce procès, l'État avait demandé à se constituer partie civile et victime. La Chambre a accepté qu’il se constitue partie civile mais, dans le fond, a rejeté sa demande de se considérer comme victime, car l'État est civilement responsable et appelé en garantie en cas de non-exécution. « Ça veut dire qu'il faut que les accusés ne soient pas en mesure de payer les sommes mises à leur charge avant que l'État éventuellement ne puisse d'être appelé à exécuter ou à payer ces sommes-là. Or si l'État avait été tenu civilement responsable et condamné solidairement, ça voudrait dire qu'on pourrait venir prendre ça sur le patrimoine directement de l'État sans tenir compte des personnes condamnées. Quitte à ce que l'État essaie de récupérer quelques sommes d'argent avec les personnes condamnées », a expliqué Kalifa Gnoumou, agent judiciaire de l’État (AJE).

Débuté le 11 octobre 2021, le procès Thomas Sankara et 12 autres a pris fin ce mardi 10 mai 2022 pour cette partie après le verdict pénal intervenu le 6 avril dernier, étant donné que certains condamnés ont fait appel. 

Barthélémy Paul Tindano

mna mna uneC'est parti pour l’«Opération Mana Mana», initiée par le gouvernement burkinabè. Portée par le ministère de la Jeunesse, cette initiative d'envergure nationale a pour objectif de renforcer l'engagement citoyen des jeunes par des actions de salubrité. C'est le Premier ministre Albert Ouédraogo qui a donné le top de départ de ladite opération ce 30 avril 2022 au quartier Patte-d'oie de Ouagadougou. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement, de responsables d'institutions et d’associations de jeunes et de femmes.

Selon le Premier ministre Albert Ouédraogo, l'urgence de mener l'opération s'impose car aujourd'hui plus qu'hier, la croissance démographique s'est accompagnée d'une production importante de déchets. Cette situation donne l’impression, par endroits, de dépotoirs qui côtoient les habitants. C'est pourquoi le chef du gouvernement exhorte les Burkinabè des villes et des campagnes à une mobilisation générale pour remporter la bataille contre l'insalubrité.

mna mna 2«’’L’Opération Mana Mana’’, que certains d'entre vous ont connue à une époque de l'histoire de notre pays,  avait suscité beaucoup d'engouement en raison de l'adhésion massive de la population à cette initiative, consciente de la nécessité d'assainir son cadre de vie. En la rééditant sous le leadership du président du Faso, nous voulons que les Burkinabè renouent avec cette bonne pratique pour débarrasser notre environnement de ses nombreux déchets », a expliqué le chef de la primature.

mna mna 3Débutée ce samedi 30 avril, cette activité s'inscrira dans la durée et sera réalisée chaque dernier samedi du mois, de 8h à 10h, sur toute l'étendue du territoire national. Pour le ministre de la Jeunesse, Abdoul Wabou Drabo,  cette opération est une fierté, une réhabilitation d'une de nos valeurs, à savoir la solidarité née du patriotisme et de l'engagement citoyen. « Cette opération vise à promouvoir les travaux d'intérêt commun, la solidarité entre les habitants qui vivent dans un même environnement et à anticiper sur  la saison pluvieuse qui commencera bientôt, car si on ne le fait pas, l'eau de pluie pourrait drainer ces saletés en surface dans les caniveaux et ainsi causer des maladies liées à l'insalubrité », a précisé le chef du département de la Jeunesse.

L’opération va connaître une amélioration au fur et à mesure de son déroulement, à en croire le ministre Drabo. Et de souligner qu’il y aura des évaluations pour en corriger les insuffisances.

En rappel, le lancement de l’«Opération Mana Mana» a connu la présence de membres du gouvernement, de personnalités des forces de défense et de sécurité, de responsables d'institutions ainsi que  d’associations de jeunes et de femmes.

Barthélémy Paul Tindano

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