Mobile money au Burkina : Une activité qui comporte des risques, certes, mais profite à l’économie
Les services de mobile money facilitent les envois d’argent, évitent la détention de fortes sommes par-devers soi, etc. Même si au Burkina ce secteur d’activité n'est que moyennement développé, force est de reconnaître qu’il a amélioré la qualité du « traitement » de l’argent. Cependant, les boutiques de transfert qui proposent ces services font aussi face à de multiples risques : cambriolages, transferts sur un compte autre que celui visé, etc. Quelques commerciaux nous ont confié leur quotidien.
Souleymane Télécom a débuté ses activités en 2017 par la vente de crédits de communication et le transfert d’argent. Une époque où le retrait d’argent, de 1 F à 10 000 F CFA par exemple, était facturé à 250 F CFA. Les frais de retrait se sont accrus par la suite avant de retomber à 1% du montant total de retrait à la faveur de l’introduction, sur le marché, d’opérateurs comme Sank Burkina et Waves. Ainsi, pour un retrait de 5 000 F, par exemple, le client débourse 50 F (c’est-à-dire 1% de 5 000 F). En 2017, le marché était encore moins pratiqué par les Burkinabè. A l’époque, Souleymane Télécom faisait en moyenne 100 000 F CFA de transactions par jour. Aujourd’hui, les choses ont changé et tout le monde semble porté sur le digital en matière de transactions financières. Souleymane Télécom a aussi grandi pour devenir une boutique de vente d’articles divers sur le numérique. Le propriétaire de cette boutique nous confie qu’avant, les montants des transactions effectuées étaient moins élevés que de nos jours. Aujourd’hui, sa boutique transfère plus d'un million par jour. « Il y a des jours où je peux faire plus de 3 millions de F CFA de transferts », affirme notre interlocuteur. Cependant, le montant des commissions perçues a, lui aussi, diminué, d'après les gérants de boutiques que nous avons rencontrés.
Selon Guy Marc Bationo, un autre propriétaire de boutique de transfert d’argent, en 2017, pour un retrait de 5 000 F, c’est 35 F que l’opérateur de téléphonie donnait comme commission. Aujourd’hui, pour le même montant, c’est 20 F que l’opérateur propose comme commission avec une taxe de 3 F. « Beaucoup de choses ont changé. Mais nous ne sommes ni gagnants ni perdants », explique Martine, gérante de boutique à Ouaga 2000. A l'en croire, les montants des transactions journalières ont beaucoup augmenté avec la réduction des frais de transfert. Et pour certains comme elle qui se retrouvent dans des zones où il y a de l’affluence, les gains peuvent augmenter considérablement. En effet, confie-t-elle, c’est 3 à 5 millions de francs de transferts qu’elle peut faire en une journée. Mais, ajoute-t-elle, ce sont les propriétaires de boutiques et les opérateurs de téléphonie qui sont gagnants. Les employés, eux, tirent le diable par la queue.
Les risques dans le métier sont monnaie courante
Les opérations de transfert d’argent ne sont pas sans risque. En effet, selon Benjamin, gérant d’une boutique à Dagnoën, les risques dans le domaine sont multiples. « J’ai, une fois, transféré de l’argent à hauteur de 12 000 F à un client, mais ce n’est pas vite passé. Ledit client est revenu me dire qu’il n’avait pas reçu l'argent transféré. Nous avons ensemble vérifié et la notification de confirmation du transfert n’était effectivement pas venue chez moi non plus. Comme je ne connaissais pas mon solde précédent, j’ai effectué une deuxième fois le transfert, en demandant au client de me revenir si toutefois il recevait 2 fois le montant transféré. Après son passage, j’ai reçu les deux messages de transfert, mais ce client n’est plus jamais revenu », raconte Benjamin. « C’est un exemple parmi tant d’autres », ajoute le propriétaire de Diallo transfert d’argent, qui a été victime d’une arnaque de près de 100 000 F CFA en 2019. Il nous explique que l'arnaqueur avait bien préparé son coup. Il a d’abord réussi à entrer en contact avec Orange Burkina pour connaître son solde. Ensuite il a, par un subterfuge, généré un message de retrait de 100 000 F à l’image de celui que le réseau envoie. Quand il est arrivé, il a envoyé le message sur le numéro de transfert. Sans prêter attention, la gérante a remis les 100 000 F à l’arnaqueur. Ce n’est que le soir, en faisant ses comptes, elle s’est rendu compte qu’elle avait été dupée, mais il était déjà tard.
Les cas d’arnaque dans le domaine du mobile money sont légion, sans compter les attaques à main armée dont certaines boutiques sont victimes.
Etienne Lankoandé
Le Syndicat national des professeurs d’école (SYNAPEC) était face aux hommes de médias ce 25 août 2022 à Ouagadougou. L’objectif était « d’interpeller le gouvernement sur les inégalités que contient le nouveau statut particulier de l’enseignant et d’exiger la réparation de ces inégalités » à travers le reversement automatique et sans condition de tous les anciens Instituteurs adjoints certifiés (IAC) en catégorie B1 et de tous les Instituteurs certifiés (IC) en catégorie A3.
De plus, les enseignants recrutés sur la base du baccalauréat pour deux ans de formation seront classés en catégorie B1 et seront les supérieurs hiérarchiques d’enseignants plus anciens et expérimentés qu’eux à la fin de leur formation.
À ce propos, le coordonnateur du SYNAPEC, région du Sud-Ouest, Salifou Josias Dondassé, a même déclaré : « Cette année, nous sommes déterminés à fermer les classes, même si c’est pour faire une année blanche, si toutefois l’injustice n’est pas réparée. »
L’activiste Anaïs Drabo a trouvé la mort dans un accident de la circulation sur la nationale n°1, le mercredi 6 juillet 2022. Son association Hope Isis, née quelques mois avant, se retrouve ainsi orpheline. Pour savoir ce que devient cette association, nous sommes allés à la rencontre de son président par intérim, Youssoufou Sombié, par ailleurs trésorier de l’association. Il assure que leur structure est certes éprouvée, mais continue ses activités la tête haute.
L’Association de défense des intérêts des consommateurs du Faso qualifie « d’insoutenables et d’intenables » les prix des hydrocarbures pour le consommateur. Elle a donc annoncé une campagne contre l’augmentation des prix des hydrocarbures ce 25 août 2022.
L’Association de défense des intérêts des consommateurs appelle la population à la mobilisation générale et annonce un sit-in pour le lundi 29 août à la devanture du ministère burkinabè du Commerce. Pour elle, cette décision d’augmentation a été prise de façon unilatérale par le gouvernement sans l’avis des différents acteurs de la chaîne de production, de commercialisation et de consommation. « Comment peut-il après contrôler l’évolution des prix ? » questionne Ousséni Ouédraogo. Cette structure dit même suspecter le gouvernement de transition « de ramer contre le bonheur de la population ».
L’augmentation du prix du carburant touche directement les transporteurs routiers, plus précisément les petits transporteurs qui font déjà face à la concurrence. Interrogés sur une éventuelle augmentation du prix du transport suite à l’augmentation des prix du carburant, les transporteurs des petits cars communément appelés « Dina » reconnaissent avoir augmenté le prix du transport parce qu’ils ne pouvaient plus supporter les dépenses liées au carburant avec les mêmes tarifs.
Cette augmentation du prix du ticket a réduit le nombre de clients de certains chauffeurs de mini cars, comme nous le confirme Sisco Toyeri : « On revient juste du péage ; on n’a pas eu de clients. Ça fait deux semaines qu’on n’a plus de clients. Notre véhicule n’a aucun souci technique, seulement les voyageurs préfèrent prendre les cars. »
Amaoulay Kinda, usager en partance pour Nagréogo, a constaté une augmentation de 500 francs sur le transport. Il dit comprendre la situation au vu des réalités. « Avant, on faisait l’aller-retour à 2000 francs, actuellement, c’est 2500 francs. Mais on comprend puisque qu’on voit que les prix du carburant ont augmenté », a-t-il dit.
Le Togo est également en proie aux attaques de groupes armés terroristes. Les populations de la partie nord de ce pays, qui fait frontière avec le Burkina, sont victimes d'attentats depuis novembre 2021. Radars Info Burkina a joint des journalistes togolais pour mieux comprendre la situation. D'un ton unanime, ils ont décrié le manque de soutien conséquent aux pays attaqués et de solidarité vis-à-vis de ces derniers, toute chose qui fait évoluer la menace vers les pays longtemps épargnés.
Puis s'ensuivent une troisième attaque et même une quatrième dans la nuit du 14 au 15 juillet 2022, qui va s'avérer la plus meurtrière de toutes celles qu'a connues le Togo, jusqu'alors. « Cette fois-ci, ce fut une attaque dirigée contre des villages de Bombengou dans les cantons de Borgou, Blamonga, Lalabiga, Souktangou, Tchimouri, Lidoli, où les terroristes passaient d'une concession à une autre pour égorger les hommes », s'est indigné Galley Anani, rédacteur en chef du mensuel De Cive (Le Citoyen) et collaborateur de l'hebdomadaire L'Echiquier. Le président de « Publier ce que vous Payez-Togo », Pius Kossi Kougblenou, lie cette attaque à l’arrestation de personnes dont les animaux avaient été saisis et vendus, une situation à laquelle le gouvernement togolais avait tardé à réagir. Pour lui, cette situation a attisé la colère de certains individus. Sur cette affaire d’arrestation, le 27 juillet 2022, le gouvernement burkinabè soulignait que dix éleveurs burkinabè ont été interpellés avec leur bétail en territoire togolais par les autorités locales pour « des raisons d’enquête en lien avec les mesures sécuritaires » en vigueur au Togo. Deux d’entre eux ont été relâchés par la suite, ajoutait-il. Plus tard, la fédération des éleveurs du Burkina, par la voix de son secrétaire général, appelait le gouvernement burkinabè à agir pour leur libération. Cependant, sur le nombre de personnes arrêtées, cette dernière est en désaccord avec le gouvernement. Selon elle, c’est plutôt une quarantaine qui serait en détention. La fédération a alors plaidé pour que la rigueur de la loi s’applique si les faits qui leur sont reprochés sont avérés. « Mais si ce n’est pas le cas, qu’on les libère ».
Cette attitude a détourné les attentions sur les réels dangers qui pouvaient guetter le pays. Une analyse partagée par Pius Kossi Kougblenou, qui estime que c’est une sorte de vengeance que les terroristes exercent contre le Togo, pour le fait que ses autorités veulent aider le Mali à les combattre. « Mais, se ravise-t-il, ce sont des analyses de premier degré. Il faut aller au-delà car le problème du terrorisme est une contagion régionale ».
Deux sociétés immobilières partenaires d’affaires, que nous avons nommées société A pour la partie civile et société B pour les prévenus coupables, étaient face au Tribunal de grande instance Ouaga I ce mardi 23 août 2022. Le directeur général de la société B, KM, et son adjoint, SD, sont accusés par la société A, représentée par KD, du détournement de 111 millions FCFA, d’infraction de faux et usage de faux, d'intention d’escroquerie, de blanchiment de capitaux et d’établissement de fausses attestations provisoires d'attribution dans le cadre d’une convention de vente de parcelles.
L’Association des consommateurs du Burkina (ACB) a participé à une rencontre avec les responsables des sociétés de téléphonie mobile initiée par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). La faîtière des consommateurs a profité de l’occasion pour égrener les difficultés que rencontrent les consommateurs et les attentes de ceux-ci. Selon la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), qui fait partie de l’ACB, il faut commencer par « revoir les textes qui régulent les téléphones mobiles » car ce sont des textes qui existent depuis bien longtemps et qui n’avaient pas prévu une utilisation massive et quotidienne du téléphone.
Le Syndicat national des contrôleurs aériens et assimilés du Burkina (SYNCAB) observera une grève de 48h décrétée par l’Union des syndicats des contrôleurs aériens de l’ASECNA (USYCAA), à compter du 25 août 2022, si rien n'est fait pour satisfaire sa plateforme revendicative. Selon ladite structure syndicale, son préavis de grève n’a pas pour objet la démission du directeur général de l’ASECNA mais vise plutôt à exiger de meilleures conditions de travail pour plus de sécurité des vols. L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse tenue ce lundi 22 août 2022 à Ouagadougou.
Selon les conférenciers du jour, une plateforme revendicative a été déposée par leur syndicat auprès des autorités actuelles de l’ASECNA mais celle-ci n’a pas été prise en compte. Estimant que les acquis des aiguilleurs du ciel sont remis en cause, l’USYCAA a donc déposé un préavis de grève auprès de la direction générale de l’ASECNA depuis le 25 juillet dans le but d’avoir des séances de négociations mais jusque-là, à en croire les mécontents du jour, il n’y a pas eu de rencontre.
Toutefois, il précise que compte tenu du contexte difficile du Burkina Faso, les contrôleurs de la circulation aérienne du Burkina Faso, à l’instar de ceux des autres pays membres de l’ASECNA, fourniront les services de contrôle, d’information et d’alerte uniquement dans le cadre du service minimum. Ce service minimum concernera les vols VIP, militaires, humanitaires, de recherches et sauvetage, ainsi que des aéronefs en détresse.
La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) réaffirme son opposition à l’augmentation des prix du carburant décidée en Conseil des ministres le 17 août dernier à hauteur de 35 francs pour le litre de super 91 et de 30 francs pour celui du gasoil. Elle envisage des actions de plaidoyer auprès des acteurs pour que les prix soient revus à la baisse, mais prévient d’ores et déjà que si cette démarche ne produit pas les résultats escomptés, elle passera à la vitesse supérieure en organisant des sit-in pour se faire entendre par qui de droit. 










