Trois individus résidant à Bobo-Dioulasso sont accusés de braquage et de vol à main armée au sein d’une société financière en Côte d’Ivoire. Interpellés par Interpol, ces présumés coupables ont été remis à la justice burkinabè pour répondre de leurs faits.
En mars 2022, quatre individus font irruption dans une société financière à Grand-Bassam, une ville de Côte d’Ivoire, maîtrisent le personnel avec leur arme et vident la caisse de la banque. Après leur forfait, ils vont dans une forêt où, selon leurs dires, ils se partagent cette somme et chacun repart avec 25 millions de francs FCFA.
Devant le tribunal, les trois présumés coupables reconnaissent les faits. Mais, ils ne reconnaissent qu’avoir pris la somme de 108 millions puisqu’ils étaient quatre et ont reçu chacun 25 millions et le reste, qui était de 8 millions, ils se le sont aussi partagé. La société financière indique, quant à elle, que le jour du forfait, c’étaient 158 millions 500 mille qui étaient dans le coffre-fort.
Les présumés coupables disent n’avoir pas compté l’argent quand ils ont fini de commettre leur vol. « L’argent a été réparti à chaud et à la fin, on a vu que chacun avait 25 millions et il restait 8 millions », indique un des prévenus.
Les trois personnes coupables de vol à main armée et de braquage ont indiqué qu’elles ont investi cet argent dans leurs affaires.
Cependant, ils reconnaissent la gravité de leur acte et le regrettent. « Je ne nie pas les faits et je sais que c’est trop grave. Quand on a fini de partager l’argent, j’ai dit à l’autre de ne plus m’entraîner dans des affaires de ce genre », a déclaré l’un d’eux.
Ils ont demandé la clémence du juge afin de pouvoir travailler et rembourser ladite somme à la société financière.
La partie civile ayant pris la parole affirme qu’il est bon de reconnaître les faits, mais il leur faudra une sanction qui leur fera comprendre qu’on s’enrichit au prix du travail et des efforts fournis.
Le dossier est renvoyé au 2 août 2022 pour délibération.
La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) définissent le financement du terrorisme comme «l’aide financière de toute forme au terrorisme ou à ceux qui encouragent, envisagent ou s’engagent dans ce cadre». De nos jours, l’exploitation minière artisanale au Burkina semble avoir une corrélation avec ce phénomène. Le chargé de l’analyse à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Joachim Kientéga, s’est prononcé sur la question.
Le secteur minier peut être une source de financement des terroristes, un refuge pour ces derniers. Selon le chargé de l’analyse à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Joachim Kientéga. Il y a un risque de financement terroriste au Burkina Faso par le biais de l’exploitation minière artisanale. Ainsi, une étude réalisée par l’observatoire économique et social au Burkina révèle que de 2016 à 2020, les terroristes ont récolté 140 millions de dollars, soit environ 70 milliards de FCFA dans les attaques contre les mines d’exploitation minière artisanale, a-t-il soutenu.
Le financement du terrorisme associé à l’or
Le secteur des mines, notamment les mines semi-mécanisées, artisanales et sauvages, est l’un des secteurs les plus vulnérables qui peut être utilisé à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, selon M. Kientéga.
L’or est considéré comme un véhicule de blanchiment d’argent. En effet, le métal jaune présente deux grandes caractéristiques qui le rendent attrayant pour les groupes criminels. Il s’agit, dans un premier temps, de la nature et de la taille du marché lui-même qui dépend fortement des liquidités en tant que mode d’échange. Les modes d’échange se font en espèces. Dans un second temps, il concerne l’anonymat généré par les propriétés de l’or, ce qui rend difficile le suivi de ses origines. Ces facteurs le rendent très attrayant pour les criminels qui souhaitent dissimuler, déplacer ou investir leurs produits illicites.
L’or passé en contrebande
Dans le secteur de l’exploitation minière, il y a aussi une marge considérable qui revient aux groupes terroristes et aux groupes criminels organisés, a souligné Joachim Kientéga. L’or extrait illégalement est introduit en contrebande dans une autre juridiction. A cet effet, des passeurs sophistiqués transportent illégalement le minerai extrait au-delà des frontières pour recourir au commerce transfrontalier afin de blanchir les produits de la contrebande d’or. À l’en croire, l’or est facilement passé en contrebande car la majorité des opérations de blanchiment d’argent et des infractions relatives au marché de l’or sont associés au commerce international et national.
Au regard de ce qui précède, M. Kientéga a donné des perspectives en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux/ financement du terrorisme dans le secteur des mines. Il s’agit de la mise en place d’un dispositif efficace de supervision et de contrôle des assujettis du secteur non financier. Il a préconisé également une évaluation sectorielle des risques de financement du terrorisme dans le domaine de l’orpaillage.
Par ailleurs, il a proposé la diffusion des guides de contrôle et de supervision à l’autorité de contrôle du secteur des Mines, notamment la Direction générale des Mines.
Il n’est pas rare de voir des enfants en groupe tard la nuit qui se promènent. On se demande où ils vont et ce qu’ils ont bien pu raconter à leurs parents pour qu’ils les autorisent à traîner dehors à pareille heure. De plus, en période de fête ou à d’autres occasions, des mineurs se retrouvent dans des maquis, où ils fument, s’enivrent sous le regard coupable des gérants de maquis qui se plient à leur volonté. Tous ces mômes hors du contrôle parental sont exposés à la consommation de la drogue, au banditisme et même à la prostitution.
Les enfants de la rue ne sont pas seulement ceux qui mendient et dorment dans la rue. Un autre phénomène est là et semble prendre de l’ampleur. Il s’agit des enfants mineurs qui restent pendant des heures loin du cadre familial et s’adonnent à des actes déviants. Qu’est-ce que des enfants qui ont un âge compris entre 6 et 17 ans peuvent bien avoir à faire dans les rues tard la nuit ? Pourtant, on les voit souvent agglutinés, têtes baissées sur l’écran d’un Smartphone, se passant à tour de rôle une bouteille contenant sûrement de l’alcool et, pire, élaborant des plans de vol ou de braquage.
A qui incombe la responsabilité de ces enfants ? Le gouvernement a déjà commencé à jouer sa partition à travers le ministère de la Femme qui, en 2018, avait initié une opération de retrait des enfants de la rue. Beaucoup d’entre eux avaient, à cette occasion, été placés dans des centres d’accueil et d’insertion sociale. Les yeux sont à présent rivés sur les parents. Ou bien ces derniers seraient-ils aussi devenus impuissants face aux agissements de leur progéniture ?
L’avenir de ces mineurs risque d’être hypothéqué s’ils continuent à se livrer à ces pratiques malsaines et, par ricochet, celui du pays.
Il faut que des moyens soient trouvés pour recadrer ces enfants car si rien n’est fait et qu’ils continuent sur cette lancée, ils risquent de se retrouver sans repères et sans avenir.
Le vendredi 15 juillet 2022 à Ouagadougou, au deuxième jour de la Journée de l’artisan minier (JAM), une communication a été donnée sur les technologies innovantes d’exploitation et de traitement de minerais au Burkina Faso. Ce thème, traité sous forme de panel, a été conjointement développé par le directeur de l’Encadrement technique de l’ANEEMAS (Agence nationale d'encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées), Abdou Gafar Romba, le coordinateur national de l’ONG ARM (Alliance pour une mine responsable), Désiré Nikiéma, Mamoudou Koama de l’association des Artisans miniers, l’économiste Salofou Trahoré et Seydou Kabré de l’ONG canadienne Artisanal gold consulting (AGC).
Au Burkina Faso, les artisans miniers se servent des produits chimiques dans l’extraction du minerai malgré l’interdiction des textes réglementaires. Or ces produits chimiques, notamment le mercure, le cyanure, les explosifs et autres, dans le traitement de l’or sont hautement nocifs pour l’homme et l’environnement.
C’est pourquoi, selon les panélistes, de nouvelles technologies de traitement de l’or ont été développées pour réduire, voire mettre un terme à l’utilisation de ces substances. Il s’agit des chaînes de traitement de l’or qui permettent de concentrer le minerai et de passer directement à la fusion sans obligatoirement utiliser le mercure. De ce fait, plusieurs machines interviennent dans le processus. Il s’agit, entre autres, du Goldkacha, de la table vibrante, du broyeur, du concasseur et du Gold drop.
Le traitement mécanique améliore la rentabilité. En effet, l’utilisation de ces technologies innovantes dans le secteur minier artisanal permet d’améliorer le taux de récupération de l’or en le faisant passer de 70 à 80%, de réduire la pénibilité du travail et de protéger l’homme et l’environnement contre l’utilisation des substances dangereuses.
Ces nouvelles technologies d’exploitation et de traitement du métal jaune présentent d’énormes avantages, a en croire le représentant des artisans miniers, Mamoudou Koama. Cependant, l’État doit permettre d’abord aux artisans miniers d’acquérir des permis d’exploitation car les nouvelles technologies ne peuvent pas être utilisées sur des sites non reconnus, a-t-il souhaité. De plus, ces technologies ne sont pas accessibles aux artisans du point de vue des coûts, toujours selon lui. De ce fait, il a plaidé, au nom des artisans miniers, pour des mesures d’accompagnement afin de leur permettre d’acquérir ces machines.
A en croire le directeur de l’Encadrement technique de l’ANEEMAS, Abdou Gafar Romba, des réformes ont déjà été engagées par l’Etat pour permettre aux artisans d’entrer en possession desdites technologies.
Par ailleurs, il a exhorté les artisans miniers à s’organiser en coopératives. Ainsi, ils pourront mobilier assez de fonds pour acquérir ces outils. Il existe, en outre, des mécanismes d’accompagnement à travers des structures financières comme les banques pour l’acquisition de ces technologies, a expliqué M. Romba.
Cependant, la mécanisation à outrance pourrait porter préjudice à la main-d’œuvre. C’est pourquoi il faut y aller prudemment, a conseillé Abdou Gafar Romba pour conclure.
Chaque peuple a un repère traditionnel de mesure du temps. Le repère scientifique africain de mesure du temps est ancien à celui européen. Dans une interview réalisée le mercredi 13 juillet 2022, Bayala Linhoué Imhotep, doctorant en étude culturelle africaine et membre fondateur de l’école 2 heures pour Kamita, explique que ce calendrier, dans lequel l’année commence à chaque 19 juillet, est à l’an 6258. Il montre la célébration qu’ils organisent à l’orée de l’an 6259 et appelle à prendre conscience que la science moderne issue de l’Occident trouve ses origines en Afrique.
Comment on peut appeler la pratique culturelle africaine dont vous faites la promotion ?
Je dirai que c’est le culte des ancêtres. Nous on utilise rarement l’expression religion parce que la religion est un phénomène historique qui a des buts idéologiques et politiques. Par contre, la spiritualité est le fait que tout être existe ou doté d’esprit.
Est-ce différent de ce qu’on appelle animisme ?
Ce n’est pas différent. Animisme signifie que tout est animé. On considère que la nature, les herbes, les roches, la terre, l’air, le feu, tout ceci est animé. Et quelqu’un qui tente de démontrer le contraire se rend compte du contraire. Parce que l’arbre qui est là, pour lui enlever la dignité d’être animé il faut le couper ou l’écorcer. Et tout de suite, il en sortira de la sève. Cette sève sur le poisson sera du sang ou autre liquide. Donc nous sommes en tradition africaine et si on quitte l’hypocrisie occidentale, on se rend compte que tout est vie. C’est pourquoi dans la démarche du croyant africain, à partir du moment où tout a été créé par Dieu, on considère qu’il a eu à ensemencer dans chacune de ses créatures, une parcelle de lui-même. Donc c’est une spiritualité mathématique et je dirai scientifique.
Certains parle de Kemitisme et on appelle les membres les Kamite. Expliquez-nous leur signification.
C'est un courant idéologique qui part du fait que les africains ont nommé la terre qu'ils habitent Kamita. C'est comme quand Sankara a pris le pouvoir, il décide de donner une forme vivante au pays. La forme vivante c'est les valeurs que le nom revêt. Et ils vont dire que leur terre c'est Kamita qui veut dire en langue égyptienne copte, la terre des hommes aux visages cramés. Donc l'origine c'est l'Égypte antique mais on retrouve sa traçabilité dans toutes les entités de la linguistique africaine. Théophile Obenga a même écrit un prestigieux livre sur ça, “l'unité linguistique“. Donc l’expression de base, c'est kamina qui désigne la terre des hommes ou la terre de ce qui est cramé. Donc ils ont désigné et nommé leur terre en fonction de leur être, en fonction de leur propre perception d'eux-mêmes. S'il y a des blancs au Maghreb aujourd'hui, il faut repartir au 4ème siècle pour découvrir qu'ils sont venus du Yémen et ils sont entrés par le Carthage. Donc kamite qui désigne le territoire, kemite les citoyens.
Cheikh Anta Diop dans son ouvrage "Civilisation ou Barbarie" dit : "L'Africain qui nous a compris est celui- là qui, après la lecture de nos ouvrages, aura senti naître en lui un autre homme, animé d'une conscience historique, un vrai créateur, un prométhéen porteur d'une nouvelle civilisation et parfaitement conscient de ce que la terre entière doit à son génie ancestral dans tous les domaines de la science, de la culture et de la religion ". Est-ce cela la définition du Kamite ?
J'ai du respect pour cet homme dont l’intelligence n’a pas d’égale. En 1954 lorsque Cheick Anta Diop sort Nations nègres et culture, il n'était pas donné à tout le monde d'avoir une telle puissance d'esprit. Mais il a défié l'époque et il a poussé très loin. Et la définition qu'il a donnée répond trait pour trait à l'adjectif qui qualifie un citoyen Kamite, qui est ce noir doter d’une conscience historique.
Que voulait dire exactement Cheick Anta Diop et de qui parle-t-il dans cette citation ?
Il parle du Noir précisément parce que c'est lui qui a un complexe d'existence et de reconnaissance. Le noir souffre de complexe chez lui, il souffre de complexe quand il est hors de chez lui. C'est lui son identité humaine qui souffre. Des philosophes comme Gobineau ont théorisé sur l'inégalité des races. Ça veut dire qu'on a rendu scientifique, le caractère inhumain du Noir. Des barbares intellectuels comme Voltaire ou Molière iront jusqu'à ranger le Noir parmi les animaux. Il (Voltaire) dira que ''quand on prend les êtres les plus intelligents il y a d'abord les Blancs, après il y a les indiens et derrière les indiens il y'a les arabes. Mais les noirs qui ont des caractères proches des humains...'' Ah là, ça c'est la catastrophe. Quand il dit ''qui ont des caractéristiques proches des humains'', ça veut dire qu'il considère que le noir n'a pas une valeur humaine. Il revient pour dire qu'on peut tout de même le classer. Et dans cette classification, le singe vient en premier, ensuite vient l'éléphant et enfin les Noirs. Donc on considère que même dans le quotient intellectuel, le Noir arrive après deux animaux. C'est ce qu’on appelle l'occidentalo-centrisme. C'est pourquoi nous, on a conceptualisé l'afro-centrisme. Et Cheick Anta Diop l’a compris en rétablissant la vérité dans ses recherches. C’est pourquoi il dit que le noir qui nous aura lus, doit être animé de conscience historique, pour y tirer la puissance d’un géant qui est son ancêtre. Et un africain qui n’a pas encore lu Cheick Anta Diop, je considère qu’il est le plus grand des malheureux. Il perd des choses, que ni la Bible, ni le Coran ne peuvent compenser.
Pourquoi soutenez-vous cela ?
La falsification de l’histoire à consister à dire que l’homme noir n’a contribué à aucun élément de dignité et de sagesse en ce qui concerne les sciences, que ce soit les mathématiques, l’architecture, la physique et tout le reste. Cheick Anta Diop fait un sarclage scientifique et historique et démontre dans « Antériorité des civilisations nègres » ou il revient en détails sur le fait que les intellectuels pilleurs de bibliothèques nègres de l’Egypte antique se sont rendus propriétaires de ce savoir. Je parle de tous ces intellectuels comme Socrate, Aristote, etc. qui ont tous été les fruits du génie et de la qualité des enseignants qu’on avait au plan africain. Quand on prend dans la médecine, dans le livre II de Hérodote, il dit que 200 ans avant la venue d’Hippocrate, qui s’attribue un savoir que son cerveau ne permet pas d’établir, en Afrique on est passé de la médecine générale à la médecine spécialisée, particularisée. Nous avons des images où on fait de la chirurgie dentaire. Et ces éléments sont conservés dans les musées européens, ceux qui nous nient le génie noir pourtant tout leur patrimoine muséal est bourré de science noire. Et Cheick Anta Diop le précise dans son ouvrage. Il dit que c'est au moment où l'oligarchie occidentale se rend compte que tout ce qu'elle revendique, c'est-à-dire quand la Grèce qui a été vantée, et projetée au sommet de l'univers comme étant le berceau de toutes les civilisations et de toutes les grandeurs ; elle s'est rendu compte que tout ce qui faisait la gloire et la grandeur de cette Grèce venait des Africains qu'on taxait de sauvages. Donc l’Africain qui a lu Cheick Anta Diop, découvre qu'il a eu une histoire avant la colonisation. Dans son ouvrage, ''L'Afrique précoloniale'' Cheick Anta Diop montre qu'il y a eu une Afrique politique et économique avant la colonisation, une Afrique organisée sociologiquement, culturellement et spirituellement. Donc la notion de Dieu n'est pas devenue le quotidien de l'africain parce que des arabes sont venus lui dire est-ce que tu connais Allah. Non il le connaissait parce qu'aujourd'hui on est le seul peuple qui est incapable de dire Dieu au pluriel. Dans toutes les langues, l’appellation de Dieu c’est au singulier. Dieu est une entité unique qui se manifeste diversement.
On remarque qu’il y a de moins en moins de personnes qui s'intéressent aux religions africaines. Les RGPH successifs au Burkina en témoignent. Est-ce le constat que vous faites également ?
Moi je constate plutôt l'inverse en miniature. Dans les années 80 on est subjugué par la colonisation et par ses avantages entre griffes ; l'école, la langue française, on est mystifié. Mais à partir des années 2000 il y a un désenchantement par rapport aux promesses coloniales au plan politique et religieux. La colonisation a promis aux sociétés africaines que sur le plan politique par exemple, la démocratie allait faire des miracles. Aujourd'hui il y a une fatigue démocratique qui se constate par les instabilités. Donc même si les femmes et les hommes qui sont dans les religions coloniales demeurent nombreux, rien ne garantit qu'en 2025 on aura les mêmes statistiques et mieux, je vous le garanti en 2030, les statistiques vont être inversées. Les 9% d'animistes, ça c'est pour rester dans le conformisme de l'hypocrisie morale et religieuse. Beaucoup de leaders religieux utilisent de façon malencontreuse certaines recettes à titre de miracle. C'est une usurpation du pouvoirs mystiques traditionnels parce que chez eux rien ne peut pas faire un miracle. C'est dans les traditions qu'il y a le miracle. Il n'y a pas de miracle à l'église ni à la mosquée.
Justement il y a des personnes dans les religions coloniales qui ont recours aux pratiques ancestrales. D’autres même veulent y retourner mais ne savent pas comment faire. Est-ce qu'il n'y a pas de défaillance d'organisation au sein de la religion traditionnelle qui font que les gens n'arrivent pas à se réorienter vers celle-ci et restent dans les religions coloniales ?
Je suis d'accord avec vous c'est l'un des péchés. Mais cela n'est pas lié à la responsabilité historique de nos ancêtres. D'abord il y a eu un travail de déconstruction de la religion africaine. Que ce soit l'organisation économique, l'organisation sociale, tous les modèles d'organisations de la société africaine, jusqu'à la nomination des citoyens, ont été agressés. Donc le chrétien préfère s'appeler Barthélémy, ce qui veut dire margouillat en lieu place de Ratamalgré comme mon ami. Donc les institutions traditionnelles de prière africaines ont connu la même déstabilisation, la même déstructuration. Ce qui fait qu'aujourd'hui l'un des défis que nous devons surmonter c'est celui de réorganiser la croyance ancestrale pour faciliter l'adhésion et pour même faciliter la canalisation de ceux qui veulent faire le retour aux sources. Nous, nous en recevons des centaines qui nous disent qu'ils veulent retourner aux sources mais ils ne savent pas comment faire. Donc ça montre qu'il y a la pertinence d'un défi à relever en ce qui concerne l'organisation des institutions traditionnelles. L'un des éléments indicateurs, vous avez des chefs coutumiers chrétiens. Est-ce que vous savez que c'est un sacrilège spirituel. Vous avez par exemple à l'église protestante les chefs coutumiers protestants, à l'église catholique les chefs coutumiers catholiques, pour les musulmans vous avez les chefs coutumiers musulmans. Est-ce que vous pensez qu'on peut dans l'islam faire les pasteurs musulmans, ou les prêtres musulmans ? C'est donc une mal digestion spirituelle. Ces chefs souffrent d'un complexe en lieu et place de consolider les institutions spirituelles africaines pour faciliter l'adhésion et le retour aux sources de leurs fils et de leurs petits-fils. Ils ont préféré s'éparpiller dans des croyances coloniales, souvent pour des prébendes. Ce n'est pas parce qu'ils y croient. Parce que ce qu'ils font pour demeurer victorieux vis-à-vis des adversaires, ce n’est pas une foi qui est reposée sur la Bible ou sur le Coran.
Vous dites recevoir des centaines qui veulent retourner aux sources. Comment vous procédez ?
Nous avons déjà procédé depuis 9 ans par la mise en place d'une structure, d'un incubateur d'idées. Qui aide ceux mêmes qui veulent s'affranchir des religions coloniales sinon du modèle de civilisation occidentale à venir partager leurs idées. Et pour nous c'est un espace d'éducation au retour à la culture africaine, à la grandeur de la civilisation africaine. Une fois qu'il se dégage en eux l'assurance que l'Afrique est un continent que nous devons apprendre à connaître parce qu'il a des éléments précieux nous l'envoyons vers d'autres dimensions. Nous lui demandons s’il peut citer trois générations après son père ou son grand-père. Le retour aux sources ce n'est pas allé égorgé une pintade ou un poulet à midi sur un carrefour. Ça c'est du spectacle rituel. Il y a des gens qui arrivent avec des notions prébendiers. Je veux réussir au BAC, ma copine qui veut me quitter, moi je veux avoir de l'argent, etc. Non ça ne marche pas ainsi ce n'est pas ça la culture africaine. Qui veux réussir tu dois poser les conditions de sa réussite avant de demander soutien. Sinon si des ancêtres valident ça, c'est qu'on quitte le principe sacro-saint de la culture africaine qui est la Made. La made c'est la loi de l'équilibre, la loi de la justice.
Mais on remarque que c'est uniquement dans le milieu intellectuel précisément le monde universitaire. Est-ce que ça se déploie dans les localités hors Ouagadougou ?
Bien sûr ça se déploie. Mais ce qu'il fallait, c'était d'abord de voir des gens qui assument la particularité de la spiritualité africaine, sans complexe aucun. Qui l'assument pourquoi parce que tout le monde a passé son temps à vomir la spiritualité africaine, on la prenait pour diabolique. Et tout le monde avait peur de revendiquer qu'il fait partie de ce diabolisme, y compris les praticiens ; chacun se cachait. Nous sommes l'une des organisations précurseurs qui avons assumé sur l'espace public notre différence spirituelle et nous considérons qu'elle est d'ailleurs supérieure aux religions. Parce que les religions comme je l'ai dit sont des institutions politiques, des institutions de domination à but expansionniste. Mais nous, nous avons un avantage et cet avantage c'est Cheick Anta Diop qui nous l'a donné. Avec la faculté de lire et d'écrire et surtout avec la faculté universitaire, nous sommes dans nos recherches obligés de nous référer à une certaine bibliographie pour consolider nos positions. Pourquoi les gens ne vont pas faire du tourisme savant en Europe ? Pourquoi tous les musées occidentaux sont bourrés de patrimoine culturel africain et non de patrimoine culturel européen. Leur patrimoine culturel n'a rien, sauf la barbarie de Napoléon et l'imprudence de Jeanne-d'Arc qui ne peuvent pas être rechassé comme des actes de grandeur. Et nous qui avons eu accès à ce savoir, avons stimulé chez ces gens qui ne comprennent pas français. Et aujourd'hui nous avons compris qu'il faut délocaliser cette conscience que nous avons apprise pour la démocratiser, la populariser. On est seulement 2,3% qui parlons français, si cette conscience reste dans le français, par le chiffre même ça va être une barrière.
Est-ce que vous en aurez les moyens ?
Nous allons à notre rythme et c'est ainsi que nous fonctionnons. Ce sont nos membres qui financent. Nous leur avons dit il n'y aura pas de promoteur. Les imams ne vont pas venir promouvoir le retour aux sources, le Vatican non plus. Donc si notre spiritualité est importante, devenons les bailleurs de fond de notre spiritualité. Nous avons un jardin et un restaurant et nous mangeons dans des ustensiles africains. Nous avons créé une économie de souveraineté et c'est avec ça nous finançons à notre rythme. Aujourd'hui c'est à Koudougou on peut aller, mais avant d'aller à Koudougou on a fait six éditions à Ouagadougou parce que nos moyens ne nous permettaient pas d'aller dans les treize régions. Le jour où on sera capable d'aller au-delà de 100Km on ira à 300 Km à Bobo, au Ghana et pourquoi pas rejoindre nos cousins en Amérique Latine, etc. Nous partons à notre rythme mais notre ambition est indescriptible par sa monstruosité et sa grandeur.
Est-ce que c'est une idée qui peut survivre à Bayala ?
Bien sûr. Parce que Bayala n'est pas le seul à croire à l'urgence et à la cohérence morale de croire à nos ancêtres. Si on avait pas créé le cadre 2 heures pour nous, 2 heures pour kamita ; si ce cadre n'avait pas formé des gens dans toutes les sphères de notre société, au Burkina ou hors du Burkina, alors nous étions menacés. Mais nous sommes l'une des plateformes qui influencent les dernières décisions de notre jeunesse. On n'a pas pu compter le nombre de conférences que nous donnons par an. Et partout où nous partons, nous n'avons pas fini sans avoir quelqu'un qui vient se confesser. Et je vous avoue que si aujourd'hui je meurs, je pars soulagé parce que j'ai semé ma part.
L’évènement que vous organisez à Koudougou à partir du 14 juillet, de quoi s’agit-il ?
Il s'agit de la valorisation du calendrier africain qui a été conçu 4236 ans avant Jésus-Christ. C'est-à-dire que 4236 ans avant Jésus-Christ nos ancêtres savaient calculer le temps. Les grandes notions comme la semaine étaient un peu plus faciles. La semaine faisait 10 jours correspondaient à quelque chose de précis dans toutes les sociétés africaines que sont les cycles des marchés. Le mois faisait 30 jours, la journée faisait 24 heures et l'année 360 jours et non 365. Il y a cinq jours additionnels qui étaient réservés aux divinités. On se rend compte que 4236 ans avant Jésus-Christ nos ancêtres avaient créé un repère de temps dans l'espace, alors comment on peut se convaincre de la supercherie des papes Grégoire, Julien, etc. qui ont donné leurs noms au mois dans les calendriers. Ils n'arrivaient pas à les nommer parce que le voleur n'a pas pu prendre toutes les informations. Donc cet événement c'est pour célébrer le génie de nos pères, la fierté africaine, le sentiment de confiance que le noir doit reconvoquer dans son existence quotidienne. Aujourd'hui le noir est vidé de tout assurance, de toute confiance en lui parce qu'on lui dit que de tout ce qui articule la modernité rien ne vient de son génie. Et effectivement quand on regarde aujourd’hui, dans la maison d'un africain moderne, ce que Joseph Ki-Zerbo a appelé le “Chaos conjoncturel“, vous voyez un frigo France au-revoir, un matelas France au-revoir, des cheveux France au-revoir, etc. Mais c'est tout vous dire sur le complexe et le sentiment de non fierté que les africains ressentent du fait qu'on a bourré dans leurs têtes qu'ils n'ont rien de valeureux. Donc en présentant ce calendrier c'est pour booster la fierté, le Black Power, le Black spirit.
Dans le calendrier grégorien nous sommes en 2022, dans celui africain on est en quelle année ?
On est à l'an 6258. A partir du 19 juillet, on passe à l'an 6259. Donc le 19 juillet c'est notre nouvel an. Est-ce que vous savez qu'il y a le nouvel an indien, le nouvel an vietnamien ou le nouvel an chinois ? Mais comment se fait-il que les africains soient seuls à se convaincre qu'il n'y a qu'un seul calendrier ? Pourquoi il n'y a pas d'années africaines ? Quand nous avons posé cela, beaucoup d'Africains nous sont tombés dessus. Vous savez qui sont nos soutiens ? Ce sont les arabes, les chinois et même certains occidentaux français qui disent mais oui c'est juste. Et encore que vous avez la plus grande civilisation.
Pour le calendrier grégorien la référence c'est la naissance de Jésus-Christ, pour les musulmans je crois que c'est Mahomet. Et pour celui africain, quelle est la source ?
Il n'y a pas de source mais la conception finalisée de la mesure du temps c'est en 4236 ans avant Jésus-Christ. C'est le début de la mesure formelle du temps. Le processus de formalisation a pris 4000 ans parce que la loi scientifique on l'obtient par l'observation et par la régularité. Nos ancêtres ont pris 1460 ans d'observation parce qu’à chaque 1460 an, il se produit un phénomène. Donc il y avait des institutions pour transmettre le savoir. Nos ancêtres sachant qu’ils étaient mortels ont créé un système d'immortalité par l'éducation structurée (initiation dans certaines communautés et même des écoles pour certains empires). Quand l'Angleterre tardive rencontre le système scolaire au 17ème siècle disent qu’ils ont inventé l'école et l'Université cela fait rigoler. Mais en 1236 déjà il y avait les universités Sankoré, Djené, il y avait l'université de Tombouctou qui formaient au moyen âge plus de 2500 universitaires pluridisciplinaires qui venaient jusque de l'Afrique du Sud. Y compris les premiers savant arabes. Les Ibn Batuta, les Ibn Kadul. Il faut lire, eux-mêmes ont écrit. Les mathématiques, l'histoire, la géométrie, la philosophie, l'économie, etc.
Donc 1460 ans d’observation, ça montre à quel point nos ancêtres étaient patients. Ils ne sont pas dans le bouillonnement pressé de nos jeunes d'aujourd'hui. Donc ça nous enseigne la sagesse de la patience, de la persévérance. Ça nous montre que quand on fait quelque chose on ne doit pas le faire pour jeter de la lumière sur soi, on doit le faire pour que ça jette de la lumière sur l'univers. Vous voyez les rois d'Europe chacun revendique un phénomène dans l'histoire. Non en Afrique ce n’est pas ainsi. La conscience, la connaissance, la morale sont au-dessus de la mortalité humaine. On considère que l'être humain, c'est un abri de la vie, qui laisse le corps mourir pour rejoindre la vie et pour revenir à la vie.
Qu'est-ce qui est prévu comme événements pendant ces cinq jours de la célébration du calendrier africain ?
Il s'agira précisément d'un programme de conférences d'université Sankoré qui part du 14 au 18. Nous aurons une thématique globale sur la construction de l'Etat-nation. La première conférence c'est Rôle du système éducatif dans la construction de l'Etat-nation, animé par l’écrivain professionnel Adama Siguiré. Le deuxième jour c'est Recette pour la création d'un État multinational moderne et prospère : cas du Burkina Faso, qui sera animé par l'éminent journaliste d'investigation Boukary Ouoba du journal Le Reporter. Le 16 nous aurons La résolution des crises et la coexistence pacifique dans la société traditionnelle qui sera animé par moi-même et un confrère qui viendra de la Côte-d'Ivoire. Le quatrième jour on aura la problématique de la crise des valeurs dans le fonctionnement des États africains qui sera animé par l'éminent professeur et ex-ministre de la culture Abdoul Karim Sango et le dernier jour on aura les armées nationales face aux nouveaux défis sécuritaires : quelles perspectives pour une meilleure adaptation de sortie de crise, avec l'éminent analyste politique, Abdoulaye Barry, journaliste et politologue, doctorant en science politique. Et le 19 nous aurons la célébration de l'an africain. Toutes ces activités vont se dérouler à Koudougou et nous invitons la population du cavalier rouge et des villages environnant à se mobiliser, tous ceux qui sont à Ouagadougou et partout dans le monde qui nous entendent et qui peuvent nous rejoindre. Nous allons présenter le 19, de façon officielle, le calendrier africain 6259 ans. Nous l'avons en trois version, la première version c'est celle qu'on colle sur les murs ou dans les bureaux, la deuxième version c'est la version table, très élégante et la troisième version c'est la version poche.
A l’occasion de la tenue de la 1re édition de la Journée de l’artisan minier (JNA), la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) a abordé la question de l’impact de la fraude sur la commercialisation du métal jaune au Burkina Faso. La BNAF révèle que 99,97% de la production aurifère artisanale du Burkina Faso fait l’objet de fraude chaque année et qu’une grande partie de cet or quitte la région à travers le Togo, chose qui illustre l’ampleur du phénomène au Burkina Faso.
Selon Alain Farma, directeur général de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF), « la fraude est un problème majeur au Burkina alors que l’or est la première marchandise d’exportation de notre pays et que frauder, dans ce domaine, engendre un vrai manque à gagner».
Les actes constitutifs d’infraction sont, entre autres, la vente ou la tentation de vente par les producteurs artisanaux d’or à des personnes autres que les détenteurs d’autorisation d’exploitation artisanale, l’importation de l’or sans déclaration et l’utilisation de matériel non conforme par les services de la qualité ou autres structures administratives habilitées.
En cas de fraude, le règlement prévoit deux modes de résolution du contentieux : soit le principe du règlement transactionnel, soit celui du règlement judiciaire.
Pour lutter contre la fraude dans la commercialisation de l’or, la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) propose qu’on renforce les contrôles aux frontières, qu’on accroisse la sensibilisation des acteurs du domaine et qu’on suscite leur adhésion à la mise en œuvre des politiques minières.
La Brigade propose également la création d’une « raffinerie nationale pour réduire la contrebande d’or et le renforcement des synergies entre les différents acteurs du domaine afin qu’ils puissent se parler et lever les goulots d’étranglement ».
Il faut aussi « travailler à accélérer les réformes du secteur pour clarifier les choses et alléger la réglementation pour rendre ledit secteur plus compétitif, comparativement aux autres pays de la sous-région et même à l’international », affirme Alain Farma, DG de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF).
La Journée de l’artisan minier (JAM) est une initiative du ministère burkinabè des Mines et des Carrières. Placée sous le thème «Exploitation artisanale de l’or dans un contexte sécuritaire difficile : défis et perspectives», elle se tient les 14 et 15 juillet 2022 à Ouagadougou sous le patronage du Premier ministre, représenté par le ministre de la Fonction publique, Bassolma Bazié, et la présidence du ministre des Mines, Jean Alphonse Somé. Le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC), une organisation de la société civile, est l’un des partenaires de l’événement.
« L’exploitation minière artisanale a connu un essor ces dernières années avec une explosion du nombre de sites (environ 800 dont 600 actifs, selon l’étude de l’ANEEMAS réalisée en 2018 sur la cartographie des sites d’orpaillage) », a précisé le ministre des Mines et des Carrières du Burkina, Jean Alphonse Somé. En outre, si l’on en croit le ministre, le nombre de personnes directement touchées par l’orpaillage au Burkina Faso était estimé déjà en 2011 à 1,3 million, soit 7% de la population, selon les chiffres du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et l’exploitation minière artisanale contribue à l’économie du Burkina à hauteur d’environ 235 milliards de FCFA, d’après l’enquête de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) réalisée en 2017.
Cependant, «depuis 2016, le sous-secteur de l’artisanat minier est en proie à d’énormes difficultés dues à la dégradation sécuritaire avec les attaques terroristes, à la mauvaise organisation de ce domaine qui entraîne une déperdition des richesses nationales, ainsi qu’aux conflits récurrents entre exploitants miniers industriels et artisanaux», a expliqué le ministre Somé. Et ce dernier de préciser : «La Journée de l’artisan minier s’est inscrite dans l’optique de trouver des solutions appropriées à ces multiples problèmes à travers des échanges avec les acteurs dudit secteur en vue de réorganiser l’activité d’orpaillage et de contribuer au développement de l’économie nationale.»
Selon le directeur général de l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières et semi-mécanisées (ANEEMAS), Jacob Ouédraogo, il s’agissait de voir comment travailler à dédier des espaces pour que l’artisan minier puisse travailler dans la sécurité et surtout dans la protection de ses droits et de voir aussi avec les acteurs comment implémenter les différentes approches technologiques que l’État et les partenaires promeuvent sur le terrain pour, selon ses propres termes, « retravailler le visage sombre du secteur de l’orpaillage». Autrement dit, il s’agissait d’échanger avec les acteurs de ce secteur d’activité pour revoir, sur le plan de l’encadrement technique, les meilleures pratiques à promouvoir en vue de mieux encadrer le secteur et d’augmenter les recettes pour le budget de l’État.
« L’exploitation artisanale est confrontée à des préoccupations liées à la cohabitation des populations riveraines, à la faible organisation du secteur avec la prédominance de l’informel et à l’insécurité sur les sites », a déclaré le représentant des artisans miniers, Mahamadou K. Koama. C’est pourquoi il sollicite l’accompagnement de l’État pour un encadrement de proximité et le renforcement des capacités opérationnelles en vue d’une meilleure organisation du secteur.
Le vice-président du CBMGC, Batibié Philippe Yao, représentant le président de cette organisation, a au nom de celui-ci salué cette initiative des hautes autorités burkinabè, particulièrement du ministère des Mines et des Carrières. Pour lui, le thème de cette première édition est d’actualité, car il y a des défis relatifs à l’exploitation artisanale de l’or dans un contexte sécuritaire difficile et il faut qu’il y ait des perspectives.
Il existe déjà un salon international qui fait la promotion des compagnies minières de l’Afrique de l’Ouest, particulièrement du Burkina Faso. Cependant, il n'existait jusque-là pas de cadre formel de promotion de l’exploitation minière artisanale, donc de l’artisan minier, a-t-il indiqué. De ce fait, c’est là une initiative innovante qui est à saluer.
Pour ce qui est du thème proprement dit, le CBMGC l'a apprécié à deux niveaux. Il s’agit, dans le premier niveau, de la cohabitation entre les compagnies minières et les exploitations artisanales. Cette cohabitation est assez difficile, selon le vice-président du CBMGC.
Pour étayer ses propos, il a cité des exemples comme Bissa Gold et Houndé Gold qui, dans un passé récent, ont été saccagées, ce qui a engendré des pertes énormes en termes de millions de dollars.
La cohabitation entre les compagnies minières et les exploitations artisanales étant une question cruciale et primordiale, il faut que des voies et moyens soient trouvés afin de créer une cohabitation pacifique dans le cadre des activités des compagnies minières, a-t-il signifié. Il a justifié cela par le fait que les investissements doivent se faire dans un cadre de paix et de quiétude alors que les deux évènements ci-dessus mentionnés ne sont pas de nature à rassurer les investisseurs.
Le second niveau concerne la situation sécuritaire. Pour M. Yao, les sites artisanaux doivent être encadrés et il faut trouver des mécanismes qui vont régenter ces sites artisanaux pour éviter qu’ils soient des sources de financement, des lieux de recrutement et dans une certaine mesure des lieux de refuge des terroristes. Cela serait une catastrophe, une situation difficile pour le Burkina, a-t-il renchéri. Pour conclure, il a dit que le CBMGC se réjouissait de la tenue de cette première édition de la JAM.
FloraSanou
Encadré : Qu’est-ce que le CBMGC ?
Créé en 2021, le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC), une organisation de la société civile, est un cadre de réflexion et d’action qui regroupe plusieurs acteurs évoluant dans le secteur minier, à savoir des juristes, des économistes, des journalistes, des géologues, des environnementalistes, des fiscalistes, des diplomates, etc., qui ont la même vision du secteur des mines, de la géologie et des carrières au Burkina Faso.
Ses principales missions sont la promotion du droit minier, l’amélioration et la compétitivité du secteur minier burkinabè, l’amélioration et la contribution du secteur minier au développement du Burkina Faso et la conciliation des intérêts des investisseurs, des communautés locales et de l’Etat.
L’exploitation minière artisanale est une activité qui occupe une grande partie de la population burkinabè. La technique d’extraction étant restée traditionnelle, la saison pluvieuse ne favorise pas la continuité des activités. Les exploitants sont le plus souvent confrontés à des risques d’éboulements dus aux pluies. Ces derniers temps, le secteur, qui occupe 20% de la population, connaît des difficultés liées à l’insécurité.
L’ANEEMAS a relevé l’insuffisance de la sécurisation des sites artisanaux et la récurrence des conflits sur ces lieux. Entre autres, on note le faible niveau d'organisation des sites, l’insécurité des zones de non-droit dans certaines parties, la mauvaise cohabitation entre artisanaux et industriels, d'une part, et les populations riveraines, d'autre part.
Plus de 800 sites artisanaux sont répertoriés et 600 sont fonctionnels. Ces sites sont le plus souvent découverts de façon fortuite et ils ont une durée de vie incertaine.
L’ANEEMAS indique que le nord du pays, qui fait partie des principales zones minières du Burkina Faso, est devenu difficile d'accès à cause de l’insécurité. Les sites miniers y sont régulièrement la cible de divers acteurs armés, y compris des terroristes.
Autant de difficultés qui émaillent ce secteur. Il faut donc plus d’actions pour le recadrer et encourager les acteurs concernés à moderniser leurs techniques de travail.
Les kystes sont des enveloppes qui contiennent un liquide et forment des tissus. Ces tissus peuvent se loger dans les ovaires ou les seins. Ils sont appelés kystes mammaires lorsqu’ils se situent dans les seins. Quels sont les symptômes des kystes mammaires ? Comment se manifestent-ils ? Eléments de réponse avec le Dr Eliane Kaboré, gynécologue obstétricienne.
Radars Info : Quelle définition peut-on donner des kystes mammaires ?
Docteur Eliane Kaboré : On peut définir un kyste comme une poche contenant du liquide. Quand le kyste est logé dans le sein, on le qualifie de mammaire. Les kystes mammaires sont généralement plusieurs et parfois on les retrouve dans les 2 seins. Ils sont différents du cancer du sein. C’est une maladie bénigne.
Radars Info : Quelles sont les causes des kystes mammaires ?
Dr EK : Ces causes ne sont pas déterminées en tant que telles. On a constaté que ce type de kystes apparaissent généralement entre 18 et 45 ans, c’est-à-dire pendant la période d’activité génitale. C’est très rare de trouver des kystes mammaires chez une femme ménopausée. Ils sont plus sensibles et plus douloureux à l’approche des règles. Ils semblent donc liés aux hormones sexuelles féminines.
Radars Info : Quels sont les symptômes de ces kystes et comment sont-ils diagnostiqués ?
Dr EK : Le kyste mammaire se présente comme une boule lisse et molle du sein. Elle bouge quand on la touche et semble glisser dans le sein. Quand les kystes mammaires sont trop petits, on ne peut pas les sentir. A l’approche des règles, les kystes peuvent être tendus ou douloureux.
Quand le kyste est très gros ou quand il est tendu, on peut sentir comme un poids sur le sein ou des étirements.
Le diagnostic se fait à l’échographie mammaire ou à la mammographie, qui va révéler la nature de la ou des boules qui sont dans le sein.
Radars Info :Quelles sont les statistiques en la matière au Burkina ?
Dr EK : A ma connaissance, il n’existe pas d’études relatives aux kystes mammaires au Burkina.
Mais les consultations des femmes en âge de procréer pour une/des boules dans le sein sont relativement fréquentes.
Radars Info :Comment traite-t-on les kystes mammaires ?
Dr EK : Les kystes mammaires qui ne sont pas douloureux ni trop gros ne sont pas traités.
Il y a plusieurs traitements :
- ne rien faire parce que les kystes mammaires ne sont pas dangereux ;
- les crèmes à appliquer sur les seins : exemple la crème de progestérone ou l’huile d’onagre ;
- les comprimés à base de progestérone ;
- la ponction du contenu du kyste : avec une aiguille, on aspire le contenu du kyste pour diminuer sa taille et permettre de soulager la femme. La ponction aussi peut servir à analyser le contenu du kyste ;
- l’intervention chirurgicale pour enlever le kyste.
Ce mardi 12 juillet, deux jeunes gens ont comparu au tribunal de grande instance de Ouagadougou pour destruction et vol de biens.Reconnus coupables, les accusés ont écopé chacun de 36 mois d'emprisonnement et d’une amende d'un million, le tout ferme. Ils ont, en outre, été condamnés à payer au total 23 325 169 FCFA pour dédommager leurs victimes.
Les faits remontent au mois de mai 2022 où Ouédraogo Karim et Dakissaga Ousséni (NDLR : Ce sont des noms d’emprunt) ont été pris en flagrant délit à petit Paris, un quartier de Ouagadougou. Il leur est reproché, d’une part, la destruction d’installations électriques, notamment de compteurs SONABEL, de prises électriques, de climatiseurs ainsi que de têtes de robinet et de lavabos. D’autre part, ils ont été interpellés pour faits de vol dans les mêmes lieux. Leur mode opératoire était le suivant : escalader le mur pour accéder aux logis, briser ensuite les vitres ou passer par le plafond pour s’y introduire. Cinq domiciles ont été visités par les présumés cambrioleurs.
A la barre, Karim Ouédraogo et Ousséni Dakissaga, ainsi que nous avons choisi de les appeler, ont seulement reconnu avoir volé du fer, pour le premier, et un filtre à eau, concernant le second, dans un seul domicile sur les cinq signalés. Tous les deux ont nié les faits de destruction ci-dessus mentionnés. Mais sur l’insistance du procureur à travers des questions et des parties civiles, qui ont brandi des preuves, ceux-ci ont finalement reconnu les faits. Ils ont justifié leurs actes répréhensibles par la recherche de leur pitance quotidienne, tout en implorant la clémence des juges.
Le total des dégâts causés par les deux indélicats a été estimé par chacune des victimes présentes à l’audience, que nous allons désigner par des lettres de l’alphabet, à 23 325 169 FCFA. Il s'agit de 8 548 300 FCFA pour A, 7 millions de FCFA pour B, 3 millions FCFA pour C et 4 776 869 FCFA pour D. La cinquième victime était absente lors de l’audience.
Pour le procureur, les 2 jeunes sont coupables de s’en être pris à des biens dans des domiciles, ils ont détruit des climatiseurs, des prises électriques et dérobé des pièces pour les revendre. Jugeant les faits graves, il a donc requis contre chacun d’eux 24 mois de prison et une amende d’un million de FCFA, le tout ferme.
Après délibération, le tribunal a finalement condamné chacun des prévenus à 36 mois de prison et à une amende d’un million de F CFA, le tout ferme. Il les a, en outre, condamnés à payer tous les dommages causés aux victimes, lesquels s’élèvent à 23 325 169 FCFA. Il a, enfin, été notifié aux 2 condamnés qu’ils ont 15 jours pour interjeter appel du verdict.