mercredi 6 juillet 2022

6 ans de pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré :  Quel bilan sur le plan de la gouvernance démocratique ? 

rchb uneDeuxième président civil démocratiquement élu de son pays,  Roch Marc Christian Kaboré a été renversé suite à un putsch perpétré par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR),  dirigé par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Après 7 ans de gestion du Faso par le président déchu, quel bilan peut-on faire en matière de gouvernance démocratique ?  Radars Info Burkina s'est entretenu avec Asseghna Anselme Somda, chef des programmes du Centre pour la gouvernance démocratique  (CGD), qui soutient que le regime Kaboré n'a pas été à la hauteur des attentes du peuple burkinabè.

Pour Asseghna Anselme Somda, il est vrai que le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès  (MPP) n'a pas été à la hauteur des attentes,  mais dire qu’il n’a rien fait n’est pas non plus exact. Pour lui, les points relativement positifs du régime Kaboré sont, entre autres, la réalisation d’infrastructures routières. Car en 6 années de pouvoir, le régime Kaboré a augmenté les capacités du Burkina Faso en termes d’infrastructures routières ; que ce soit en termes de nouvelles routes ou de routes qui étaient dégradées qu’il fallait rependre. Même si  beaucoup de ces routes en réalité ont fait l’objet d’accords négociés et signés depuis Blaise Compaoré, ratifiés sous la Transition 2014-2015 et réalisées au cours du mandat de Roch.

rchb 2"Je prends l’exemple de  la route Toma-Tougan-Didyr. Lors du  lancement des travaux, le Premier ministre d'alors, juste après être revenu de Paris pour la collecte des fonds pour le PNDES, avait affirmé que c’est le PNDES (ndlr : Plan national pour le développement économique et social) qui est en marche. Or, il s’agissait d’un projet  dont l’accord de prêt avait été signé sous Blaise Compaoré, ratifié sous la Transition post-insurrection et dont les financements étaient déjà dans les circuits. Il faut dire qu’il y avait une communication politique qui a attribué exclusivement à Roch Kaboré la réalisation de certaines infrastructures routières alors que ses prédécesseurs ont aussi fait des réalisations dans ce domaine. Cependant, de façon globale, il faut reconnaître qu’il y a eu une évolution majeure en matière d’infrastructures routières sous l’ère Kaboré", a-t-il déclaré.

rchb 3Un autre acquis, selon M. Somda, c'est  qu’il y avait  une sorte de réceptivité du régime déchu en matière de débats publics.  Les autorités étaient disposées à mener les débats publics avec des citoyens. "En tant qu’acteur de la gouvernance, nous avons pu implémenter un programme dénommé le ‘’Présimètre'', où Roch Kaboré a autorisé son gouvernement à se prêter à l’exercice. Si vous faites le tour de la sous-région, vous ne verrez aucun plateau de télévision qui faisait l’exercice dans le cadre du “Présimètre” où sur des politiques publiques sectorielles un ministre du secteur concerné était interpellé à la télévision nationale par des organisations de la société civile, par des citoyens au cours d’émissions et ces derniers adressaient clairement des questions audit ministre sur la gestion de son secteur ministériel", a-t-il ajouté.

En outre pour le chef des programmes du CGD, la politique de soins gratuits au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, quoi qu'on en dise, a été également un acquis du régime Kaboré. Car cette politique a soulagé de nombreuses  femmes enceintes et beaucoup de foyers. "Dans nos enquêtes relatives aux sondages Présimètre, c’est l’une des satisfactions qui ressortait au niveau de la population, même si cette politique comportait quelques insuffisances. Parce qu’il y a un certain nombre de produits qu’on disait gratuits mais qui en réalité étaient inaccessibles", a-t-il poursuivi.

Cependant, de  l'avis d’Anselme Somda, le régime de Roch Kaboré n'a pas rompu avec les pratiques malsaines décriées sous l'ère Compaoré. Pour lui, l'ancien président Roch Kaboré ne s'est pas entouré des personnes qu'il fallait, ce qui a été un obstacle à la bonne gouvernance.

À en croire Anselme Somda, il y avait également  une sorte de racket à la présidence du Faso. Pour certains qui voulaient voir le président, il fallait payer. Outre cela, la gouvernance du secteur de la sécurité a été très ‘’métissée''. ‘’C'est pourquoi le coup d'Etat du 24 janvier n’a pas véritablement surpris les Burkinabè”, a conclu notre interlocuteur.

Barthélémy Paul Tindano

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