lundi 26 septembre 2022

Revue de l’actualité économique : Le Mali de nouveau bénéficiaire de ses avoirs à la BCEAO

etlankAu 61e sommet de la CEDEAO, les chefs d’Etat de l’Union ont décidé de la suspension des sanctions économiques qu’ils avaient prises contre le Mali. Le pays peut enfin bénéficier de ses droits économiques et financiers. Au sein de l’UEMOA, le rapport du Département des politiques économiques et de la fiscalité intérieure indique que le taux d’endettement de l’Union ne devrait pas se réduire significativement sur la période 2022-2026, par rapport à son niveau atteint en 2020 et 2021. Ce taux se situerait à 54,6% en 2022, après 54,3% en 2021. Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays de l’UEMOA, la vie économique est restée marquée par le maintien d’une inflation élevée. Retour sur l’actualité économique de ces derniers jours.

Le Burkina Faso connaît une crise alimentaire à cause de la mauvaise campagne agricole et de la crise humanitaire liée à l’insécurité. Cela a eu pour conséquence de faire grimper les prix des produits et denrées de première nécessité, une situation qui s’est exacerbée avec la crise de la COVID-19 et la guerre en Ukraine. L’économie burkinabè se retrouve alors très éprouvée. Pour amoindrir cette flambée des prix, le gouvernement burkinabè a décidé de subventionner les droits de douane de certains produits d’importation comme le riz, le sucre et l’huile à hauteur de 14,3 milliards de F CFA, à l’effet d’induire une baisse significative des prix de ces produits prisés. Trois semaines plus tard, le prix du kilogramme de riz et celui du litre d’huile demeure à son niveau d’avant subvention, soit environ 500 F le kilogramme de riz long grain et 1400 F le litre d’huile.

Dans cette même lancée, le gouvernement s’est engagé dans des pourparlers avec le patronat burkinabè pour qu’il accepte un rehaussement du niveau du SMIG qui était à 30 684 FCFA. Cette demande du gouvernement vise à amener les propriétaires d’entreprise à tenir compte de l’inflation qui a un impact significatif sur le niveau de vie (pouvoir d’achat) des populations. Il faut alors trouver le juste équilibre pour que cette hausse du SMIG n’entraîne pas « des effets pervers » comme l’a indiqué le ministre du Travail et de la Protection sociale.

Sur le plan sous-régional, on note la levée des sanctions économiques qui avaient été prises par la CEDEAO à l'encontre du Mali. Ces sanctions, qui couraient depuis le 9 janvier 2022, concernaient le gel des avoirs maliens dans les banques centrales et commerciales de la CEDEAO dont la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre le Mali et les autres États membres de l’Union, la suspension des transactions commerciales avec Bamako à l’exception des produits médicaux et de première nécessité et du retrait des ambassadeurs de tous les pays membres au Mali. Par ailleurs, le Mali avait été suspendu de toute aide financière des institutions financières de la CEDEAO, notamment auprès de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Cette décision avait mis les banques commerciales, dans leur majorité, en défaut de paiement, au même titre que l’Etat lui-même sur le marché financier.

Au sein de l’UEMOA, la deuxième session ordinaire de 2022 du Conseil des ministres prévoit un taux de croissance économique de 6,0% en 2022, sous l’hypothèse de la poursuite de la reprise économique mondiale et d’une meilleure maîtrise de la pandémie de COVID-19 et des mesures d’atténuation de l’impact négatif de la crise ukrainienne sur les économies. Par ailleurs, le rapport du département de la politique économique et de la fiscalité de l’UEMOA annonce que le taux d’endettement des pays membres ressortirait à 54,1% en 2023 et, respectivement, à 53,2% et 52,5% puis 53,5% en 2024, 2025 et 2026. Cette évolution s’expliquerait, selon le document, par un besoin de financement des déficits induits par la conduite des grands projets structurants. Dans la même dynamique, les dépenses publiques de l’Union devraient s’établir à 22,3% du PIB en 2022 et en moyenne à 21,1% sur la période 2023-2026. Le déficit budgétaire global, quant à lui, ressortirait à 4,9% du PIB en 2022, puis à 3,9% en 2023 et à 3,0% en 2024 comme en 2025, et enfin à 2,8% en 2026.

Etienne Lankoandé

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