dimanche 1 novembre 2020

60 ans d’indépendance du Burkina Faso : Le Pays des hommes intègres dans l’urgence de relever le défi sécuritaire

indp une5 août 1960 - 5 août 2020 : le Burkina Faso célèbre aujourd'hui le 60e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Le «Pays des hommes intègres », à l’instar de ses voisins du Sahel, traverse une crise sécuritaire sans précédent doublée d’une crise humanitaire. Le Burkina Faso compte 921 471 déplacées internes à la date du 7 juin 2020. La sécurité est donc l’un des grands défis qu'il urge pour lui de relever.

«Cette année, nous célébrons cette date historique dans un contexte marqué par la persistance des attaques terroristes et la pandémie de coronavirus. Face à ces fléaux, nous avons su nous battre et nous adapter. C’est pourquoi je voudrais exprimer ma profonde reconnaissance aux forces de défense et de sécurité et aux personnels de santé pour les sacrifices consentis », a indiqué le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.  

Le Dr Seydou Ra-Sablga Ouédraogo, économiste-chercheur, directeur exécutif de l'institut Free Afrik, s’exprimant ce matin du 5 août sur les ondes de Radio France internationale (RFI), a d’abord regretté « le visage communautaire que tend à prendre aujourd’hui l’insécurité ».

indp 2Il a ajouté : «Ce terrorisme a plusieurs causes et il remonte à la dislocation de la Libye avec la circulation des armes et des combattants jusque dans le Sahel. C’est une contagion régionale, sahélienne. Mais il y a également des causes internes. Ce sont des inégalités territoriales très importantes qui ont été construites au cours des 30 dernières années à travers des politiques d’infrastructures largement centrées sur la capitale et quelques villes. Mais l’intérieur du pays a beaucoup été délaissé, si bien qu’il y a des populations jeunes de l’intérieur du pays qui vivent aujourd’hui dans un sentiment d’injustice qui les met en difficulté vis-à-vis du recrutement terroriste. Donc le terrorisme a aujourd’hui un pied endogène qui nous inquiète.»

En matière économique, l’économiste-chercheur a souligné que le secteur des mines est l’un de ceux ayant un énorme potentiel qui peut profiter au pays.

«L’essor minier au Burkina a commencé depuis 2008 à la faveur des cours très élevés de l’or qui se maintiennent à des moyennes très bonnes. Les prospectives nous indiquent que le cours de l’or va être toujours élevé dans les années à venir, en raison également de la pandémie de coronavirus. Par conséquent, c’est un secteur qui engendre beaucoup de profits », a-t-il relevé.

Pour lui, ce secteur a une grande capacité à générer des recettes ; par contre, sa capacité à redistribuer est faible. « C’est pour cela que les politiques de redistribution doivent être bâties à partir des ressources tirées de ce secteur.      En plus, les 15 mines industrielles dans le pays sont toutes étrangères. Même la fourniture locale intègre peu les secteurs privés burkinabè », a indiqué le Dr Ouédraogo.

Il a salué la mise en place du Fonds minier de développement local.  « Il est un puissant outil de redistribution et il faut lutter pour que, d’une part, il soit approvisionné et que, d'autre part, la gestion dudit fonds, en particulier par les autorités locales, soit faite en faveur des priorités d’investissement », a-t-il suggéré.  

Aly Tinto

Comments (0)

There are no comments posted here yet

Leave your comments

  1. Posting comment as a guest.
Attachments (0 / 3)
Share Your Location
  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
>