dimanche 16 mai 2021

Trois ans d’existence de la Force du G5 Sahel : « Elle n’est pas au rendez-vous de ce qu’on attendait d’elle », dixit Mahamoudou Sawadogo, expert en sécurité

trois uneEn vue de mutualiser leurs efforts  dans la lutte contre la menace terroriste au Sahel, les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Tchad, Niger, Mauritanie) ont créé en juillet 2017 la Force conjointe transfrontalière du G5 Sahel. Après trois ans d’existence, elle n’est pas au rendez-vous de ce qu’on attendait d’elle, selon Mahamoudou Sawadogo, spécialiste de l’extrémisme violent dans le Sahel.

La première opération de la Force G5 Sahel a eu lieu en novembre 2017 avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Elle est composée de 7  bataillons de 5 000 hommes actuellement répartis sur trois fuseaux (Ouest, Centre et Est) de 200 km de large de part et d'autre des frontières communes.

Le Poste de commandement (PC) du fuseau Ouest est situé à Néma en Mauritanie, celui du Centre à Niamey et le PC du fuseau Est à N’Djamena au Tchad. Ces PC sont coordonnés par le QG de la Force, situé à Bamako.

Pour l’ancien gendarme et spécialiste de l’extrémisme violent dans le Sahel, la Force du G5 Sahel a des résultats mitigés, trois années après sa création. 

« Les résultats sont vraiment insignifiants au regard de la menace assez probante », a indiqué M. Sawadogo. 

Cette force ne tient que de la promesse de ses bailleurs. « Ils (premiers responsables de la Force, Ndlr) se plaignent qu’il n’y a pas d’équipements, de soutiens financiers. Ce qui fait que cette force est un peu réduite, donc un peu handicapée », a-t-il avancé.

trois 2Ainsi donc, il a affirmé que la Force du G5 Sahel n’est pas au rendez-vous de ce qu’on attendait d’elle. Les défis majeurs se trouvent d’abord dans les difficultés qu’ont le G5 Sahel et la Force conjointe de s’articuler.

« L’un des premiers défis concerne la mise en branle de ces sept bataillons. En plus, il faut mettre en place un commandement unifié. On se rend compte que non seulement il est difficile de trouver  les 5 000 hommes mais qu’en plus on n’a toujours pas un commandement unifié. trois 3Ça veut dire que chaque bataillon relève de son commandement initial. Ce qui fait qu’il est difficile aujourd’hui pour la Force conjointe du G5 Sahel de pouvoir mener des opérations au-delà même des limites du territoire de tout un chacun », a expliqué l’expert en sécurité.

Ensuite, les groupes armés terroristes ont réussi à s’adapter à la situation actuelle et changent de stratégie en permanence alors que la Force conjointe n’arrive pas à s’adapter à ces différents changements opérés par les groupes armés terroristes.

Cette Force conjointe nécessite également une indépendance puisque  les bailleurs extérieurs ont leur rythme et leurs exigences que les politiciens n’arrivent pas à respecter. A ce niveau, le spécialiste a reconnu que cette indépendance va venir difficilement car   chaque pays a son propre agenda.

« Aussi, ce qui fait la difficulté de cette force est qu’il y a trois fuseaux et il n’y a que le fuseau central qui est vraiment pris à partie par les groupes terroristes. Les autres fuseaux sont assez relaxes par rapport au fuseau Central », a fait savoir Mahamoudou Sawadogo.

Par conséquent, il ne serait pas évident que les cinq pays puissent s’entendre pour sacrifier d’énormes budgets au financement de la Force du G5 Sahel puisque chaque pays a ses propres problèmes.

Aly Tinto

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