jeudi 2 décembre 2021

Fronde sociale : Le SYNACSAB entame 96h de grève pour exiger un traitement diligent de ses préoccupations

admn uneLe Syndicat national des administrateurs civils, des secrétaires et adjoints administratifs du Burkina (SYNACSAB), composé d’environ 2 900 membres, observe depuis ce 24 septembre, sur l’ensemble du territoire national, un arrêt de travail. La raison ? Il estime que les premiers responsables du ministère de l’Administration territoriale n’accordent aucune importance à leurs préoccupations ni à la résolution des difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs fonctions. Radars info Burkina est allé à la rencontre des membres du syndicat réunis depuis ce matin à la Bourse du travail. Adama Bidiga,  secrétaire général du SYNACSAB, revient dans cette interview sur la composition de leur plateforme revendicative ainsi que sur leurs attentes.

RB : pouvez-vous nous éclairer sur les raisons qui ont poussé le syndicat à procéder à cet arrêt de travail de 96h ?

AB : nous avons appelé de nouveau nos éléments à observer un mot d’ordre de 96h, parce que le gouvernement « joue » avec nos préoccupations. Nous avions été rencontrés par le premier responsable du département de l’administration du territoire le 26 juillet. Au cours de la rencontre, il a demandé que nous mettions en place un comité pour réfléchir sur nos préoccupations. Le comité a été mis en place, a fait des propositions et a transmis le rapport deux semaines plus tard, précisément le 14 août. Mais constatant que le premier responsable joue au dilatoire, parce que quand il a reçu le rapport, il n’a pas réagi, le syndicat est reparti vers lui pour comprendre. À notre grande surprise, c’est une semaine plus tard qu’il nous adresse une correspondance pour remettre en cause ce que le comité a eu à faire comme travail. Il est aussi revenu sur ses propos concernant certaines préoccupations qui devaient déjà trouver solution. Nous avons donc trouvé que l’attitude du premier responsable était à la limite insultante et avons à la suite de cela appelé nos camarades à observer 96 heures de grève qui commence aujourd’hui mardi 24 septembre et prendra fin le vendredi 27.

RB : quels sont essentiellement les points que compte votre plateforme revendicative ?

admn 2AB : c’est une plateforme minimale qui porte sur six points. Le premier traite d’une indemnité spécifique d’administration du territoire, le second est un plan de promotion, le troisième point porte sur l’adoption d’une loi portant institution du corps préfectoral. Quatrièmement nous avons demandé que l’on adopte un décret portant modalités d’exercice de la fonction de secrétaire général de collectivité. Nous avons aussi demandé que l’on nous permette de gérer l’état civil dans les représentations diplomatiques du Burkina. Et enfin le dernier point porte sur l’extension de l’indice de chef de circonscription administrative au niveau déconcentré.

RB : quelles sont vos attentes vis-à-vis des premiers responsables du ministère de l’Administration territoriale ?

AB : c’est inviter le gouvernement à se pencher sérieusement sur les préoccupations des administrateurs, afin de leur permettre de mieux exercer leurs attributions.

RB : si les premiers responsables prennent contact avec vous, serez-vous disposés à surseoir au mot d’ordre ?

AB : si nous sommes contactés et qu’il y a des propositions concrètes, il n’y a pas de raison que nous poursuivions le mot d’ordre de grève.

RB : au regard de la situation sécuritaire délétère, pensez-vous qu’un mouvement d’humeur soit le bienvenu ? Ne faut-il pas privilégier la quête de la sécurité et de la stabilité du pays ?

Ab : ce que nous demandons à travers la plateforme, c’est dans l’optique de permettre à l’Etat de faire face à l’hydre terroriste. Quand on demande qu’on adopte des textes dans l’optique de restaurer au plus vite l’autorité de l’Etat, c’est pour pouvoir faire face à certaines situations. Quand on demande que l’on nous donne les moyens de traiter avec diligence certains conflits communautaires, c’est pour faire face au contexte sécuritaire du moment qui n’est pas du tout reluisant. Donc ce que les administrateurs civils demandent entre dans le cadre du renforcement des moyens d’action de l’Etat, afin de pouvoir faire face au terrorisme. Donc notre mouvement n’est pas dans l’optique d’affaiblir l’Etat, bien au contraire si nous sommes satisfaits, vous verrez aussi qu’au niveau des administrations quelque chose sera fait pour aider l’Etat à venir à bout des forces du mal.   

RB : qu’est-ce qui est envisagé par le syndicat à l’issue de ces 4 jours d’arrêt de travail ?

AB : si rien n’est fait à la fin du mouvement, nous allons repartir vers la base qui va décider de la suite. Généralement à la fin de chaque mouvement, nous faisons le bilan sur l’ensemble du territoire à travers une rencontre des responsables provinciaux, régionaux ainsi que le bureau national. Et nous déciderons de la suite à donner au mouvement.

Propos recueillis par Armelle Ouédraogo

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