mercredi 6 juillet 2022

Développement de l’Afrique : Des artistes africains entre musique et activisme pour dénoncer la mal gouvernance dans leur pays

awad uneLes politiques et institutions ne sont pas les seuls à se soucier du développement  du continent africain. En dehors des sommets, des forums des chefs d’État et des gouvernements africains, plusieurs artistes sont également préoccupés par la misère des populations africaines. Des préoccupations qui sont perceptibles dans la production artistique de plusieurs d’entre eux. Ils sont nombreux à avoir effectué le déplacement à Ouagadougou, du 07 au 13 décembre dernier, lors des éditions du festival Ciné droit libre.

Sur scène comme dans leurs textes artistiques, nombreux sont  ces artistes africains à travers le continent qui chantent et dénoncent la mal gouvernance, la corruption et la dictature dans leur pays.  Certains n’hésitent pas à le payer par l’exil, la prison et sont parfois victimes d’agressions physiques ou de violence policière.

L’artiste activiste camerounais Valsero fait partie de ces figures du showbiz qui se présentent comme la voix des peuples désabusés par le système politique qu’elles jugent opposé aux aspirations des masses populaires. Dans un Cameroun où peu de gens se hasardent à critiquer le vieux et long règne de Paul Biya, Valsero n’hésite pas, dans ses textes comme sur scène, à lancer des piques contre ce système.

Une prise de position qui lui vaut d’être dans le collimateur du pouvoir et d’être régulièrement interpellé et incarcéré dans son pays. La dernière en date remonte au 26 janvier dernier. Selon lui, l’Afrique dispose de toutes les ressources   pour son développement. Son humiliation à travers les grands maux qui la minent tels que l’immigration, les misères ne sont que les conséquences directes de la mauvaise gestion du pouvoir politique ainsi que des ressources du berceau de l’humanité.

awad 2Sous le hall de l’amphi A 600 de l’université de Ouagadougou, Valsero est revenu sur les difficiles conditions de sa détention, des risques qui valent la peine d’être pris selon lui, au regard de la gestion de son pays qu’il juge inacceptable. Valsero a appelé les jeunes à s’inspirer de l’exemple de Thomas Sankara et à se battre contre tout système qui confisque leur avenir.

Ce sentiment est partagé par l’artiste rappeur sénégalais Didier Awadi, qui ne cesse de pleurer et de regretter Thomas Sankara toutes les fois où il est de passage dans la capitale burkinabè. Son studio porte d’ailleurs l’une des citations de Thomas Sankara comme nom « Il faut oser inventer l’avenir ». Didier Awadi s’en prend également à la corruption et à la patrimonialisation du pouvoir par les hommes politiques de son pays.

Les comédiens ivoiriens Zongo et Tao, quant à eux , ont plutôt usé des scènes de théâtre pour dénoncer les insuffisances de la démocratie et la manipulation de l’organisation des élections par la classe politique ainsi que l’immaturité et l’inculture politique des peuples africains.

Venus d’horizons divers, ces artistes ont le même sentiment d’indignation vis-à-vis de leurs autorités politiques dans la gestion de leurs pays ainsi que des institutions du continent qui sont essentiellement financées par la communauté internationale. Pour ces figures du showbiz africain, cette mauvaise gestion des ressources du pays contribue énormément à ternir l’image de l’Afrique dans le concert des nations.

Péma Néya

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