jeudi 29 octobre 2020

Insécurité : Le calvaire des personnes déplacées internes de Kaya, Foubé et Barsalogho

rfugg uneLa tribune ci-dessous est un coup de gueule d'un citoyen parvenu à notre rédaction. L'intéressé y plaide la cause des déplacés internes et dénonce sans fioriture l'affairisme qui entoure la gestion des vivres et des tentes destinés à ceux de la région du Centre-Nord. Il invite par ailleurs les autorités compétentes à sévir contre les individus sans scrupules qui s'adonnent à cette pratique.

Depuis l’avènement de l’insécurité au Burkina Faso en général et en particulier dans la région du Centre-Nord, des villages entiers se sont vidés de leurs habitants après les massacres commis par des individus parfois armés jusqu’aux dents. Fuyant les zones de terreur, certaines populations, devenues par la force des choses des déplacés internes, ont trouvé refuge dans des localités relativement plus sûres. Mais à la lumière de certaines situations déplorables que vivent ces déplacés à Barsalogho, Foubé et Kaya, on peut se permettre d'affirmer qu'ils ne sont pas sortis de l'auberge.

En effet, l'accès aux vivres et aux tentes destinés à ces Personnes déplacées internes est problématique, car selon la plupart des bénéficiaires il y a de l'affairisme dans l’établissement des listes, dans le stockage desdits vivres ou encore sur les sites de distribution.

Tenez : cette famille de réfugiés compte 19 personnes qui dorment dans une maisonnette de 6 tôles ; à côté d’elle, vit une autre famille de 23 personnes dans une maisonnette de 12 tôles ; tous sont dans une cour dépourvue d'eau courante, de toilettes... Ces infortunés vivent dans cette cour depuis plus de 9 mois mais ils disent n'avoir jamais reçu de vivres ni autre chose bien qu'ils aient été enregistrés sur la liste des bénéficiaires. rfugg 2Au regard de cette regrettable situation, le chef de ménage, Ahmadou, supplie qu'on plaide leur cause car lui et les siens n'ont rien à manger et manquent de beaucoup de choses. Sans compter qu'en raison de leur appartenance ethnique, ils sont stigmatisés.

Outre le cas touchant de cette famille de déplacés, il y a celui non moins interpellateur de Catherine, une infirme venue de Kongoussi qui s'est retrouvée à Kaya avec ses quatre enfants en raison de la situation sécuritaire. Orpailleur, son mari est parti à la recherche du métal jaune sur elle ne sait sur quel site. Arrivée à Kaya depuis plus d’un an, elle dit être obligée de mendier pour pouvoir nourrir ses enfants. La handicapée moteur implore donc les autorités concernées de l’aider afin qu’elle puisse subsister avec ses rejetons.

rfugg 3Selon une source proche des autorités locales, les 150 tonnes de vivres offerts par le président de l'Assemblée nationales au profit des PDI de la région du Centre-Nord ont été répartis et la commune de Kaya recevra 50 tonnes pour plus de 300 000 PDI, ce qui, il faut bien l'admettre, est largement insuffisant. Quant à Foubé, en raison de son inaccessibilité, les personnes déplacées internes qui s'y trouvent n'ont plus rien à manger. Et comme c'est la saison pluvieuse, le problème d'abri se pose avec acuité pour ces pauvres hères.

Nous voudrions donc interpeller vivement les autorités concernées et attirer leur attention sur le fait qu'en dépit de leurs efforts, la situation des PDI est désespérée dans la région du Centre-Nord. Nous les exhortons à quitter un tant soit peu leurs bureaux feutrés et à se rendre sur le terrain pour s'imprégner de la situation de détresse  de ces personnes qui ont déjà tout perdu et aussi à procéder à des investigations afin de mettre hors d'état de nuire les individus peu scrupuleux qui "dealent" dans la distribution des vivres et des tentes destinés à ces infortunés.

Un citoyen mécontent

   

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