mardi 1 décembre 2020

Opérations post-récoltes : Les bonnes pratiques pour éviter les pertes de production

agggr uneLa campagne agricole humide tire vers sa fin. Dans les champs, les paysans ont commencé à récolter le niébé. Radars Info Burkina s’est rendu au siège de la Chambre nationale d’agriculture (CNA) pour savoir les bonnes pratiques à adopter par les paysans pour éviter les pertes post-récoltes, surtout en matière de stockage et de conservation des produits agricoles.  

Selon Jonas Kaboré, ingénieur agronome à la CNA, les pertes post-récoltes sont l’un des soucis majeurs des producteurs.  Elles sont liées à des techniques inadaptées utilisées par ces derniers. Ces pertes sont de plusieurs ordres et dépendent du type de spéculation.

Généralement, en ce qui concerne les céréales comme le sorgho, le mil et le maïs, ces pertes sont surtout constatées lors des récoltes dans les champs. « En matière de technique de récolte, dans le milieu paysan ce sont les hommes qui fauchent les tiges de mil. Quand les tiges tombent par terre, les femmes suivent pour récolter. Cette technique n’est pas appropriée parce que déjà, il y a des pertes au niveau du champ. En plus quand l’épi touche le sol, il prend des germes et au niveau de la conservation cela peut créer un autre souci », a expliqué M. Kaboré.

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Pour les céréales, il a conseillé de récolter les épis pendant que les plants sont toujours sur pied. En outre au niveau du champ, parfois le taux d’humidité est élevé. « C’est nécessaire que le producteur, après la récolte, fasse un séchage des épis de céréales à la maison avant de les conserver  pour éviter les pertes. Si le taux d’humidité est élevé, lors de la conservation il y aura des moisissures qui vont détruire certainement  une partie des céréales », a précisé l’ingénieur agronome. Pour ce qui est du stockage en milieu paysan, ce sont les greniers qui sont utilisés et ils sont « adaptés ».

A son avis, le véritable problème, ce sont les légumineuses, surtout le niébé qui est très périssable si les conditions de stockage ne sont pas bonnes. Des producteurs utilisent des bidons, des barriques pour conserver le niébé.

« Cependant la technique qui est appropriée et qui est vulgarisée actuellement par les services techniques de l’Agriculture, c’est l’utilisation du sac triple fond qu’on appelle ‘’sac pics’’ développé par des chercheurs. C’est un sac ayant deux sachets à l’intérieur. Il est adapté à la conservation du niébé. La technique d’ensachage consiste d’abord à mettre le niébé dans le sac, ensuite à fermer hermétiquement le sachet contenu dans ledit sac sans qu’il y ait d’air à l’intérieur avant de refermer le sac lui-même», a conseillé Jonas Kaboré.

agggr 3Les sacs sont disponibles. Celui de 50 kg coûte entre 1 000 et 1250 F CFA.  « C’est un sac approprié ; pendant 6 mois de conservation, le niébé reste intact sans produit chimique », a-t-il dit.

Il n’a pas manqué de déplorer que des paysans utilisent un produit chimique très dangereux appelé phostoxin pour la conservation du niébé et même du sésame. Ce produit n’est conseillé que pour la conservation des semences. Cette pratiquement entraîne des intoxications alimentaires.

Toujours concernant le niébé, pour éviter les pertes  post-récoltes les dispositions doivent commencer au champ. « Le niébé est une spéculation attaquée par beaucoup d’insectes ravageurs dès les champs. Nous conseillons donc aux producteurs de prendre des dispositions au niveau des champs. Pendant la floraison, il faut impérativement traiter le niébé avec un insecticide homologué et pendant la formation des gousses, il faut également le traiter. En effet, ce sont les périodes où les insectes déposent leurs œufs sur les graines de niébé. Après  les récoltes si les conditions de stockage ne sont pas respectées, ces œufs vont éclore et les insectes vont proliférer et attaquer la production », a fait savoir le spécialiste.

S’agissant de la production de sésame,  beaucoup de pertes sont enregistrées après les récoltes. « Si le producteur ne récolte pas au bon moment et que  les capsules commencent à s’ouvrir dès le champ, c’est la porte ouverte à la prolifération des champignons, surtout avec les dernières pluies.  En plus si les capsules s’ouvrent au champ pendant les récoltes, le producteur perdra beaucoup. Il est donc conseillé de récolter avant que les capsules ne commencent à s’ouvrir et à sécher au champ », a-t-il conclu.

Aly Tinto

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