dimanche 17 janvier 2021

Littérature : Trois Burkinabè de la diaspora présentent  « Penser et agir pour l’Afrique » 

littera unePierre Tégawendé Sawadogo, Bernard Zongo et Mahamadi Kaboré ont corédigé « Penser et agir pour l’Afrique », un ouvrage paru à Téminyis Editions. La cérémonie de dédicace de cette œuvre littéraire de 146 pages qui aborde, entre autres thèmes, la place de l’intellectuel dans la société africaine, l’homosexualité, l’introduction des langues nationales dans l’enseignement et la démographie en Afrique, a eu lieu le 27 novembre à Ouagadougou en présence de nombreux invités.

Deux des trois coauteurs de « Penser et agir pour l’Afrique », en l’occurrence Pierre Tégawendé Sawadogo et Bernard Zongo, étaient présents à la présentation dudit ouvrage. Quant au 3e, Mahamadi Kaboré, qui réside et travaille au Canada, il n'a pu effectuer le déplacement. Parmi les invités présents à la cérémonie dédicatoire, il y avait le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo de l’Energie, le Dr Dramane Konaté, qui représentait le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, l’artiste musicien Smarty, pour ne citer que ces derniers.

Lors de la présentation de l'ouvrage, c’est Lionel Bilgo, directeur Afrique de Téminyis Média, structure qui porte la maison d’édition qui a édité « Penser et agir pour l’Afrique », qui assurait la modération.

Selon Bernard Zongo, l’un des auteurs, la réalisation de ce projet est l’aboutissement  d'un processus commencé depuis  2009 par la création d’un think tank dénommé Burkina think. « Pendant près de 10 ans, nous avons produit de multiples articles. Nous avons estimé maintenant qu’il était grand temps de rendre public le fruit de nos travaux. C’est ainsi que nous avons approché les Editions Téminyis pour faire éditer  ce livre», a-t-il précisé.

literra 2Une des parties du livre est intitulée « Tout dans la colonisation a-t-il été mauvais ? » Selon Pierre Sawadogo, cette question mérite d’être posée, car il y a eu de multiples discours de dirigeants français sur la colonisation dans lesquels ceux-ci reconnaissaient le tort causé à l’Afrique mais émettaient l’idée que la colonisation a également eu des effets positifs pour ce continent. « L’objet de cette réflexion, c’est de dire que la colonisation a été une rencontre entre l’Afrique et l’Europe dans des circonstances non agréables. Même si la colonisation a eu des incidences positives sur notre continent, ces incidences auraient très bien pu se produire sans la violence qui s’en est suivie. Le colonialisme n’avait pas vraiment pour objectif de faire le bien de l’Afrique », finit par conclure M. Sawadogo.

En ce qui concerne le système de la démocratie, Bernard Zongo a fait savoir qu’en Afrique, on a un problème de mise en œuvre de cette démocratie parce qu’on a importé des valeurs démocratiques pour venir les greffer à une société qui avait sa propre démocratie. « La démocratie, c’est l’équilibre des pouvoirs.  Dans le processus de prise des décisions au niveau du modèle occidental, en l’occurrence européen, on procède par le vote. Donc c’est la dictature de la majorité. En Afrique, on prend les décisions par consensus », a-t-il soutenu.

littera 3Selon lui, chaque système a un avantage et un inconvénient. Dans le système occidental, l’avantage est que les décisions sont vite prises. L’inconvénient est que cela crée une scission entre des communautés par l’opposition de la classe politique. L’avantage du modèle africain est que c’est la parole qui bat la parole.  On trouve une décision consensuelle mais cela prend du temps.

« Il faudrait que les juristes réfléchissent à l’ingénierie et à l’architecture juridique que nous allons atteler à cette démocratie. Autrement, si on veut faire   du copier -coller, ce sera compliqué », prévient Bernard Zongo.

S’agissant de la démographie, M. Sawadogo a indiqué qu’objectivement, l’Afrique n’est pas surpeuplée mais il existe une croissance démographique sur ce continent ; une croissance qui implique des défis comme la réalisation d’infrastructures éducatives, sanitaires, etc.

« Au niveau international, il y a une tendance à imposer à l’Afrique une réduction de la natalité sous prétexte que le taux élevé de natalité dans cette partie du monde est un obstacle au développement économique. L’Afrique peut ralentir la croissance de sa population, même la stabiliser, sans forcément décoller économiquement », a-t-il ajouté.  

Quant à la question de l’homosexualité, Bernard Zongo a soutenu que l’Occident a tendance à considérer que ce qu’il fait est universel. Dans l’ouvrage, leur objectif est de poser le débat de manière froide. « Il faut que nous puisions nous mettre dans une posture de discussions franches sur cette question car demain se prépare aujourd’hui », a-t-il dit.

Qui sont ces trois auteurs ? Pierre Tégawendé Sawadogo est ingénieur, polytechnicien, spécialiste  en génie  mécanique civil et industriel. Bernard Zongo est urbaniste. Diplomate de formation, il est spécialiste en négociation, engagement communautaire et développement durable. Il est également ancien artiste musicien engagé.  Mahamadi Kaboré est ingénieur entrepreneur, sympathisant et militant de la renaissance africaine. Il travaille au Canda dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la voiture autonome.  

« C’est très important de voir des jeunes de notre génération sortir un tel bouquin. Je pense que les réflexions contenues dans ce livre vont apporter quelque chose au développement du Burkina Faso », s’est réjoui, l’artiste Smarty.

Une séance dé dédicace en présence des auteurs a mis fin à la cérémonie.

« Penser et agir pour l’Afrique » est le second livre lancé par Téminyis Editions cette année. L'ouvrage coûte 5 000 francs CFA.

Aly Tinto

 

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