jeudi 4 mars 2021

Cinéma : Mort programmée des vidéoclubs avec la vulgarisation des TIC

vdeoc uneA un moment donné, les vidéoclubs ont poussé comme des champignons dans les quartiers de Ouagadougou, eu égard à l’engouement qu'ils suscitaient. Et le moins  qu’on puisse dire est que la clientèle était au rendez-vous. Mais quelle est la situation de ces espaces de loisirs aujourd’hui avec la vulgarisation des Technologies de l'information et de la communication (TIC) ? Radars Info Burkina a fait le tour de quelques vidéoclubs de Ouaga. Lisez son constat.

M. Domba tient un vidéoclub dans le quartier Kalgondin. Des films sont au programme cette soirée. Des jeunes garçons préparent du thé à la devanture dudit lieu pendant que quelques clients suivent un film à l’intérieur. Il gère ce vidéoclub  depuis plus de 10 ans et nous confie qu’il y a quelques années, il tirait beaucoup de bénéfices de cette activité. Mais, s’empresse-t-il d'ajouter, actuellement la situation est compliquée. « Le marché est devenu très morose. Avec les Smartphones et l’amélioration de la connexion Internet, beaucoup ont accès facilement aux films. Je peux passer toute une journée sans encaisser plus de  1000 francs CFA », nous a-t-il avoué. 

vdeoc 2Néanmoins, il continue d’exercer cette activité tout en cherchant des débouchés. Son vidéoclub est devenu un lieu de retrouvailles et de distraction pour les jeunes du quartier, ce qui lui permet d’avoir parfois des clients.M. Domba nous informe qu'il y a 2 mois, il a ajouté un service Canal + de diffusion en direct des matchs, surtout européens, à son offre de services.

Ailleurs, la situation est pire. M. Gouem et un de ses amis, assis devant un petit écran, s’adonnent à un jeu au bord de la voie. Un rapide coup d’œil nous permet de constater que son vidéoclub est vide. Pas d’affiche, pas de programme. Le poste téléviseur est recouvert d’une nappe poussiéreuse. 

vdeoc 3« J’ai fait sortir ce petit écran pour le jeu. On paye 100F pour jouer », a indiqué M. Gouem.

Pour lui, la situation a commencé à être difficile il y a trois ans.  « D’abord il y a le fait que les lecteurs DVD sont à la portée de tous. Ensuite avec les TIC, les gens préfèrent télécharger les films sur leur téléphone ou ordinateur pour les suivre », nous a-t-il dit à propos des raisons du déclin de l’activité des vidéoclubs.

Pour suivre un film dans un vidéoclub, le client est invité à débourser 50 F CFA. « L’activité était rentable et nourrissait son homme. On arrivait à subvenir aux  charges fonctionnelles et à payer le Bureau burkinabè du droit d'auteur (BBDA) pour la projection des films », a-t-il avancé. 

Il faut souligner que beaucoup de vidéoclubs fonctionnent sans autorisation d’exploitation. En plus, tous les films sont accessibles à toutes les tranches d’âge au mépris du respect de la signalétique. S’ils sont mal situés ou mal construits, ces vidéoclubs constituent de véritables problèmes pour  le voisinage avec les nuisances sonores qu'ils occasionnent.

Aly Tinto

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