lundi 26 septembre 2022

Paix au Burkina : Rendre légale l’existence de la chefferie coutumière pour lui permettre de s’impliquer pleinement

mngaLe Burkina Faso vit des moments difficiles consécutifs à l’insécurité. L’implication de toutes les communautés s’impose, surtout celle traditionnelle parce qu’elle exerce encore une grande influence sur les populations. Mais pour maître Frédéric Titinga Pacéré, cette chefferie ne peut contribuer à ramener la paix que si elle est reconnue légalement. En effet, en 1983 le gouvernement de l’époque a mis fin à l’existence légale de la chefferie coutumière. Il faut donc, selon l’avocat à la retraite, rétablir cette légitimité en lui donnant une fonction qui « n’empiète pas sur la fonction de l’administration de l’Etat moderne ».

« La chefferie coutumière peut être d’un apport très important à la paix au Burkina Faso, à condition qu’on sache exploiter ses potentialités et qu’on la reconnaisse légalement », a affirmé d’entrée de jeu Me Frédéric Titinga Pacéré.

Pour lui, l’histoire montre que la chefferie coutumière était très bien organisée de sorte qu’aucun ennemi ne pouvait toucher aux royaumes. Il y a des principes de la coutume qu’on aurait dû préserver, comme son organisation militaire. Il est donc possible aujourd’hui de s’inspirer de ces techniques pour traquer l’ennemi, précise-t-il.

« J’ai appris la rencontre des responsables coutumiers du Burkina Faso qui ont lancé un appel à la paix et au vivre-ensemble, ce qui est important et s’imposait. Seulement, la chefferie coutumière a peur de son institution parce qu’elle n’existe pas. En 1983, une loi qui supprime la chefferie coutumière a été prise », a-t-il expliqué.

Cette loi qui prouve l’existence légale de la chefferie coutumière étant inexistante, les chefs coutumiers hésitent à prendre des décisions quand une situation se pose. « On a créé un ministère des Affaires religieuses et coutumières, mais vis-à-vis de la chefferie c’est une coquille vide », fait-il remarquer.

Maître Pacéré ajoute que si les chefs coutumiers doivent participer activement, « il faut légaliser l’existence de la chefferie coutumière en lui donnant une fonction qui n’empiète pas sur la fonction de l’administration de l’Etat moderne ».

Il a précisé que la chefferie coutumière a un pouvoir moral mais manque de pouvoir de coercition. Pour cela, il faut régler le problème de cette chefferie sous l’angle de son existence en soumettant des textes à l’Assemblée législative de transition pour adoption et ne lui donner que le pouvoir de contribution à la paix.

« Il lui faut une existence minimale et légale ; cela est possible et rapidement. Dans ce cas, les chefs coutumiers deviennent un appui à la société moderne. Ainsi, ils auront le plein pouvoir d’installer un chef des étrangers dans chaque quartier ou village », poursuit l’avocat à la retraite.

Maître Frédéric Titinga Pacéré a appelé les chefs coutumiers à travailler à soigner leur image. Il est inconcevable, a-t-il dit, que des chefs coutumiers prennent part à des meetings politiques. « S’ils y tiennent, qu’ils y participent sans leur bonnet, qui représente toute une communauté », a-t-il conclu.

Nafisiatou Vébama

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