lundi 26 septembre 2022

Exploitation minière artisanale au Burkina : Le lien entre ce sous-secteur et le financement du terrorisme/blanchiment de capitaux

financLa Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) définissent le financement du terrorisme comme «l’aide financière de toute forme au terrorisme ou à ceux qui encouragent, envisagent ou s’engagent dans ce cadre». De nos jours, l’exploitation minière artisanale au Burkina semble avoir une corrélation avec ce phénomène. Le chargé de l’analyse à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Joachim Kientéga, s’est prononcé sur la question.

Le secteur minier peut être une source de financement des terroristes, un refuge pour ces derniers. Selon le chargé de l’analyse à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Joachim Kientéga.  Il y a un risque de financement terroriste au Burkina Faso par le biais de l’exploitation  minière artisanale.  Ainsi, une étude réalisée par l’observatoire économique et social au Burkina  révèle que de 2016 à 2020, les terroristes ont récolté 140 millions de dollars, soit environ 70 milliards de FCFA dans les attaques contre les mines d’exploitation minière artisanale, a-t-il soutenu.

Le financement du terrorisme associé à l’or

Le secteur des mines, notamment les mines semi-mécanisées, artisanales et sauvages, est l’un des secteurs les plus vulnérables qui peut être utilisé à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, selon M. Kientéga.

L’or est considéré comme un véhicule de blanchiment d’argent. En effet, le métal jaune présente deux grandes caractéristiques qui le rendent attrayant pour les groupes criminels. Il s’agit, dans un premier temps, de la nature et de la taille du marché lui-même qui dépend fortement des liquidités en tant que mode d’échange. Les modes d’échange se font en espèces. Dans un second temps, il concerne l’anonymat généré par les propriétés de l’or, ce qui rend difficile le suivi de ses origines. Ces facteurs le rendent  très attrayant pour les criminels qui souhaitent dissimuler, déplacer ou investir leurs produits illicites.

L’or passé en contrebande

Dans le secteur de l’exploitation minière, il y a aussi une marge considérable qui revient aux groupes terroristes et aux groupes criminels organisés, a souligné Joachim Kientéga. L’or extrait illégalement est introduit en contrebande dans une autre juridiction. A cet effet,  des passeurs sophistiqués transportent illégalement le minerai extrait au-delà des frontières pour recourir au commerce transfrontalier afin de blanchir les produits de la contrebande d’or. À l’en croire, l’or est facilement passé en contrebande car la majorité des opérations de blanchiment d’argent et des infractions relatives au marché de l’or sont associés au commerce international et national.

Au regard de ce qui précède, M. Kientéga a donné des perspectives en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux/ financement du terrorisme dans le secteur des mines. Il s’agit de la mise en place d’un dispositif efficace de supervision et de contrôle des assujettis du secteur non financier. Il a préconisé également une évaluation sectorielle des risques de financement du terrorisme dans le domaine de l’orpaillage.

Par ailleurs, il a proposé la diffusion des guides de contrôle et de supervision à l’autorité de contrôle du secteur des Mines, notamment la Direction générale des Mines.

Flora Sanou

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