mardi 1 décembre 2020

Putsch de septembre 2015 : Le caporal DIESSONGO, le « mortier 80 » qui aurait bastonné l’assistant de Police MANLI

public audienceCe vendredi 31 août 2018 dans la matinée, le caporal Soumaïla DIESSONGO était à la barre dans le cadre du procès du putsch de septembre 2015. Il est accusé notamment de complicité de dégradation volontaire aggravée de biens et de coups et blessures volontaires. A l’instar de certains de ses frères d’armes passés vider leur sac devant le juge Seydou OUEDRAOGO, le caporal DIESSONGO ne reconnait aucun des chefs d’accusation qui lui sont reprochés. Bien au contraire, il dit être surpris de sa présence dans ce dossier.

Dès l’entame de l’interrogatoire du caporal Soumaïla DIESSONGO, son avocat, Me Martine TOLOGO a dénoncé une violation des droits de son client, notamment, le droit de défense, car la citation qui lui a été notifié porte sur un seul chef d’accusation, notamment les coups et blessures volontaires, alors que l’arrêt de renvoi met sur son dos deux chefs d’accusation. C’est pourquoi, pour Me TOLOGO, le tribunal doit constater cette irrégularité et abandonner la complicité de dégradation volontaire aggravée de biens, car son client n’ayant pour seul document la citation, ne s’est pas préparé pour se défendre contre deux chefs de poursuite.

Une thèse battue du revers de la main par le tribunal qui estime que seul l’arrêt de renvoi dicte les poursuites devant la juridiction compétente.

C’est dans cette contradiction qu’a débuté l’interrogatoire au fond du caporal DIESSONGO. Contrairement à certains accusés dont la preuve matérielle de leur forfaiture était difficile à démontrer, un témoin a reconnu le caporal qu’il accuse de l’avoir sévèrement violenté. En effet, l’assistant de police Yacouba MANLI dans sa déposition et lors des confrontations est formel : Le caporal DIESSONGO dont il avait surnommé « mortier 80 », à cause de la petitesse de sa taille est celui qui l’a le plus violenté au domicile du feu Salifou DIALLO, alors qu’il y assurait la sécurité. Selon le procès verbal, l’assistant de police explique qu’il s’est fait retirer son arme de service par le caporal et un de ses collègues, puis ils l’ont copieusement molesté avec ses collègues avant de l’amener au camp Naba KOOM II où il a été immédiatement admis en soins au regard de la gravité de ses blessures. Pour lui, de ses bourreaux, le caporal a été le plus violent.

Ces témoignages, s’ils enfoncent le clou pour le caporal, l’accusé lui nie avoir porté la main sur le policier, d’autant plus que c’est un homme de tenue comme lui. Il raconte que le 16 septembre 2018, il est monté de garde au piquet et le 17 matin, son chef de piquet à savoir le sergent Issouf ZOUGNOMA l’a choisi avec trois éléments dont Adama KABORE et un conducteur pour amener des vivres. Selon son récit, c’est au niveau du rond point des martyrs que des civils ont arrêté leur véhicule et après avoir parlé avec le sergent ZOUGNOMA, ils se sont retrouvés dans une cour dont il ignore l’identité du propriétaire. Arrivés, ils ont entendu des coups de feu et le sergent a demandé l’auteur de ces tirs. C’est là qu’un homme en tenue civil a déclaré en être l’auteur sans pour autant se présenter. Le sergent leur (lui et Adama KABORE) a ordonné de rentrer récupérer l’arme. Chose qu’ils ont faite. Selon le caporal, l’auteur des tirs leur a confié avoir été victime de coups de la part d’éléments du RSP qui étaient présents sur les lieux avant l’arrivée du véhicule dirigé par le sergent ZOUGNOMA. Il raconte que par la suite le sergent a demandé d’embarquer le tireur avec eux pour le camp. Arrivés à destination, le sergent est resté avec lui au PC et lui, a rejoint son poste au piquet.p

Des déclarations qui sont en déphasage selon le parquet avec les témoignages du tireur qui n’est d’autre que l’assistant MANLI, assurant la sécurité du domicile du feu Salifou DIALLO. Ces déclarations selon Alioun ZANRE et ses paires, trahissent le contenu du procès verbal signé par l’accusé, car il y est noté que son équipe est sortie pour une patrouille et c’est en compagnie de civiles dont l’accusé Faïsçal NANEMA qu’ils sont allés dans le domicile de l’ancien président de l’Assemblée nationale où ils ont violenté l’assistant de police et d’autres agents chargés de la sécurité du domicile.

Acculé donc, le caporal estime que si MANLI ne connait pas ceux qui l’ont frappé, il ne faut qu’il l’accuse. En plus, pour lui, l’élément sur lequel MANLI se fonde pour l’accuser est infondé, car il n’était pas la personne qui a la plus petite taille au RSP.

Toute chose qui fait dire à son conseil qu’aucun élément irréfutable ne montre que son client a porté des coups. Pour elle, toutes les accusations qui lui sont faites reposent sur des présomptions.

Quoi qu’il en soit, le caporal estime que si le tribunal devait le condamner sur les accusations de l’assistant de police, celui-ci ne doit pas aussi sortir indemne de cette affaire, car il a fait usage de son arme pour dégager des éléments du RSP au niveau du domicile de feu Salifou DIALLO. Lesquels tirs peuvent selon lui être des conséquences prévisibles du putsch à l’image de ce qui est reproché à certains de ses frères d’armes inculpés.

Candys Solange PILABRE/ YARO

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