jeudi 5 février 2026

cafepolitique uneLe vendredi 25 novembre 2022, l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique-Burkina Faso (ARGA-BF) et l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite ont tenu la 2e édition du Café politique à Ouagadougou. Trois personnalités, en l’occurrence Kalifara Séré, Aboubacar Sango et Me Guy Hervé Kam, ont communiqué au cours de ce débat politique sur le thème  « Quelles priorités et quelles contributions pour un retour serein à l’ordre constitutionnel ?» Il s’est agi pour ces panélistes d’identifier les priorités actuelles du Burkina en relevant les enjeux et les défis de la transition actuelle et de proposer des solutions pour un retour à l’ordre constitutionnel normal.

Kalifara Séré, consultant, expert en stratégie du territoire et développement, administrateur civil à la retraite, a passé en revue des scénarii qui permettent de sortir de la situation actuelle et de faire des propositions pour un retour à l’ordre constitutionnel normal. Au nombre de ceux-ci, il y a d’abord le scénario pessimiste, stade auquel le Burkina se trouve actuellement, selon l’administrateur civil retraité. Il est suivi du scénario moyen qu’il a appelé scénario de contrôle et de l’autocontrôle par les parties prenantes qui peuvent amener la mitigation des éléments constitutifs du scénario pessimiste. Le 3e scénario est celui de la reprise des démembrements structurels, institutionnels.

Aboubacar Sango, juriste et enseignant-chercheur, lui, a abordé les réformes qui peuvent être faites pour améliorer le système électoral burkinabè. Pour lui, un bon président est celui qui a un bon programme et est capable de le mettre en œuvre. A l'instar des pays occidentaux qui ont œuvré à établir des politiques porteuses de fruits, chose que le Burkina envisage d'ailleurs aujourd’hui, les Burkinabè peuvent aussi s’inscrire dans cette dynamique puisque ce sont des humains comme eux qui l’ont fait, a soutenu le juriste. A son avis, pour y parvenir, réduire l'ampleur de l'argent dans les élections est un devoir afin d'éviter de corrompre les institutions concernées.

cafepolitique 2Il faut également faire des réformes pour que les gouvernants soient davantage responsables. « Je pense que la démocratie ne peut pas s'accommoder de présidents qui ont les pleins pouvoirs et sont malheureusement irresponsables », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, il faut renforcer la citoyenneté car selon lui, « ce que nous vivons est une crise de la citoyenneté ». Et de conclure que la démocratie sans des citoyens responsables est une ruine de l'État.

Boureima Ouédraogo, pour sa part, estime que ce n’est pas la démocratie le problème mais les personnes qui l’animent. « Le café politique est une initiative du débat politique que nous avons organisé. Initialement prévu en octobre passé, c'est finalement aujourd'hui que nous avons pu le tenir à cause de la situation nationale du pays. L'objectif est de mener des échanges avec les acteurs  publics sur les questions traitant des situations dites dangers nationales. Nous anticipons par conséquent les réflexions sur le mécanisme de manière à libérer notre pays. Nous  pensons que la crise sécuritaire est le résultat d'une crise institutionnelle. La population n'a pas souhaité voir un coup d'État en huit mois. Nous avons vu les limites du pouvoir démocratique et celles du pouvoir militaire. C'est là que nous avons compris que le problème n'était pas la démocratie mais les acteurs qui gouvernent le pays. Nous allons résolument disponibiliser les résultats issus de cet échange au profit des personnes qui sont intéressées », a-t-il indiqué.

Me Guy Hervé Kam, lui, pense  qu'il faut inverser la tendance et que chacun doit accomplir sa mission. A son avis, le président du Faso doit veiller au retour de la sécurité, le gouvernement doit travailler à la stabilité de l'État et les forces, pour lui, peuvent travailler pour la contribution à la citoyenneté et à l'unité nationale. Il explique qu’en 21 ans mois il est très difficile de parler de projet de développement. Il pense donc que le gouvernement doit aller à l'essentiel afin de permettre la mise en place d'un régime constitutionnellement légitime. L’avocat a terminé en déclarant que le problème du pays est politique, donc la solution doit aussi être politique.

« Le défi pour nous, c'est d'élaborer des éléments de mesure d'itinéraire afin de mieux nous orienter. Les manquements de cette transition, c’est qu'il n'y a pas de contrôle sur les démarches du président et du MPSR 2. A cela s'ajoutent  les dérives au niveau des questions diplomatiques dénoncées par certaines personnes. Il faut qu'ils écrivent leurs opinions afin qu'elles soient mieux élucidées. Je pense que le président peut régler ces aspects avant de mieux mener son combat. Avec cela, nous pouvons aller avec tout le monde et tout le monde peut partir avec nous si tout est bien clair sur des supports. Il faut aussi une union sacrée de notre armée », propose Kalifara Séré.

Selon Boureima Ouédraogo, président de l’ARGA, il ne faut pas arriver au terme de la transition avant d’engager la réflexion sur comment revenir à une vie constitutionnelle normale, d’où le choix de ce thème.

Retenons que le café politique est une initiative de débat public engagé qui consiste à organiser des rencontres avec un certain nombre d’acteurs sur l’animation de la politique nationale, des échanges sur des problématiques considérées comme des dangers nationaux. Un rapport général sera rédigé à la fin des cafés politiques, assorti de propositions qui émanent des débats et de l’intervention des experts. Ce rapport sera proposé aux acteurs politiques, aux gouvernants afin que ceux-ci puissent en tirer profit et mettre en œuvre ce qui est pratique pour le développement du Burkina. Le prochain café est prévu pour le 10 décembre 2022.

Flora Sanou

ccoalitionbrLe 18 novembre dernier, les artères de la ville de Ouagadougou étaient inondées par des manifestants réclamant le départ des forces armées françaises et de l’ambassadeur de France, Luc Hallade, du sol burkinabè. Suite à cette manifestation, le 19 novembre 2022 le gouvernement burkinabè a, dans un communiqué, invité la population au calme et à la retenue tout en l’exhortant à rester confiante. La délégation de l’Union européenne, quant à elle, a déploré l'absence de réaction appropriée des services de sécurité burkinabè. Une équipe de Radars Info Burkina a échangé ce vendredi 25 novembre avec le président de la Coalition Burkina-Russie, Ramadan Haïdara. Dans les lignes qui suivent, il se prononce  sur cette actualité.

Selon le président de la Coalition Burkina-Russie (CBR), Ramadan Haïdara, les membres du collectif des leaders africains resteront déterminés jusqu’à ce que les soldats français partent du territoire burkinabè.

« Nous ne voulons plus de la France, c’est tout ! Nous n’arrêterons pas de marcher tant que la France sera au Burkina ! Même en rêve, nous ne voulons pas que la France reste au Burkina », a pesté Ramadan Haïdara.

Selon lui, le communiqué de la délégation de l’Union européenne déplorant l'absence de réaction appropriée des services de sécurité burkinabè n’est qu’une manière d’intimider la jeunesse pour qu’elle arrête de soutenir le capitaine Ibrahim Traoré. Ladite délégation, dans le même communiqué, invite les autorités burkinabè à une bien plus grande réactivité « au cas où des événements similaires arriveraient à se reproduire, et que les auteurs de ces violences soient condamnés ».

Voici la réaction du président de la Coalition Burkina-Russie à ce propos : « Ils veulent nous empêcher de marcher afin de pouvoir détourner le regard de la jeunesse et déstabiliser le pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. »

  1. M. Haïdara s’est également prononcé sur la présente transition. Pour lui, on n’a pas besoin d’organiser des élections tant que le capitaine Ibrahim Traoré répondra aux aspirations du peuple. « Tant que le peuple sera sa boussole, que la CEDEAO n’y pense même pas», a-t-il soutenu.

Flora Sanou

agriburkL’année 2021-2022 a été particulièrement douloureuse pour les populations burkinabè qui ont dû faire face, en plus de l'hydre terroriste, à une pénurie alimentaire associée à une flambée exacerbée des prix. Malgré la bonne pluviométrie, de nombreuses personnes feront encore face à une insécurité alimentaire en 2022. Ce qui a amené l'Etat burkinabè à s'engager aux côtés des populations avec le ministère de l'Agriculture au premier plan. La direction des Etudes et de la Statistique de ce ministère s'est ouverte à Radars Info Burkina.

« Les études sur la campagne agricole sont un travail de plusieurs équipes et plusieurs sources d'information. C'est l'analyse de ces sources d'information qui a permis d'obtenir des résultats actualisés et permettra à l'autorité d’orienter son action sur le terrain », a expliqué Yves Gérard Bazié, directeur général des Etudes et de la Statistique sectorielle du ministère de l'Agriculture, des Ressources animales et halieutiques. Selon lui, c'est un ensemble de résultats qui intègre les données nutritionnelles produites par le ministère de la Santé, les données sur les PDI produites par le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), mais aussi les données de production agricole produites par le ministère de l'Agriculture et autres sources de données telles que les prix.

Ainsi on note, en termes de défis, 1 761 915 déplacés internes à la date du 31 octobre 2022. Les inondations survenues au cours de la campagne agricole 2022 ont affecté plus de 10 000 ha, dont 80% dans la région de la Boucle du Mouhoun. Par ailleurs, la 2e session du comité de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle du ministère de l'Agriculture souligne que les régions du Sahel, de l’Est, du Centre-Nord, du Nord et de la Boucle du Mouhoun concentrent 70% des populations en insécurité alimentaire au Burkina. Et si rien n'est fait, le nombre de personnes en situation de crise à pire passera de 2 618 638 à 3 533 220, soit de 12%  à 16% de la population totale pendant la période de soudure (d'octobre à décembre 2022). La situation nutritionnelle, quant à elle, est caractérisée par une prévalence de la malnutrition aiguë globale de 7%.

La bonne campagne pluvieuse 2022 cache des disparités entre régions

Par rapport à la campagne 2021, on note des hausses annuelles de 5,46% ; 8,34% et 28,05%, respectivement pour les productions céréalières, de rente et les autres cultures vivrières, selon Gérard Yves Bazié. Le bilan alimentaire révèle une disponibilité énergétique apparente de 2 728 Kcal par personne et par jour. Yves Gérard Bazié précise que ces résultats cachent des disparités entre régions dues aux chocs variables. En effet, 19 provinces sont déclarées déficitaires et 59% des ménages agricoles ne pourront pas couvrir leurs besoins céréaliers sur la base de leur propre production. Le bilan céréalier, non compris les importations et les exportations, montre un déficit brut de 297 812 tonnes contre 539 364 tonnes l’an dernier.

C'est pourquoi le gouvernement burkinabè s'est vu obligé d'intervenir à travers des mesures fortes afin de contrer l'insécurité alimentaire. Le directeur général des Etudes et de la Statistique sectorielle, Yves Gérard Bazié, cite l'adoption d'un rapport en Conseil des ministres de plus de 11 milliards de F CFA pour anticiper sur la campagne sèche. Il ajoute que la pluviométrie a été très bonne et que l'eau mobilisée à travers les barrages et autres réseaux permet d'assurer une production pour la campagne sèche pour appuyer la production de la campagne pluviale. « En dehors de cela, en termes d'interventions au niveau du ministère, il y aura la mise à disposition d'engrais et de semences améliorées pour permettre aux producteurs d'avoir des rendements beaucoup plus élevés », a-t-il souligné.

Etienne Lankoandé

bbsécuL’évènement s’est déroulé à Liptougou, une commune de la province de la Gnagna, où une accoucheuse auxiliaire a reçu la visite d’hommes armés non identifiés, dans la soirée du 20 novembre 2022. Après l’avoir extorquée, l’un des visiteurs a agressé sexuellement la bonne dame. Joint au téléphone par Radars Info Burkina, le major du CSPS est revenu sur l’incident et l’expérience que lui et ses hommes vivent dans cette localité. Il a aussi exprimé son mécontentement du traitement que leur a réservé l’autorité, quand lui et ses collègues ont décidé de quitter les lieux.

Le major du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Liptougou a confié à Radars Info Burkina que les HANI ont d’abord débarqué dans la journée avec des armes au siège du CSPS. Ils l’ont trouvé sur place avec l’Agent itinérant de santé (AIS) qui allait être leur victime la nuit tombée, mais cette fois-ci à son domicile. Il y avait un véhicule que la sage-femme avait amené et ces hommes étaient venus voir si ce n’était pas une ambulance pour le récupérer le cas échéant. « C’est ce même jour dans la soirée que l’AIS a reçu la visite des bandits armés », raconte le major. « Quand elle a été agressée, elle m'a appelé en pleurs. Donc immédiatement je suis allé sur les lieux avec une équipe pour la ramener puisqu'elle ne dort pas au CSPS par manque de logement. Quand on est arrivé, c'était désagréable à voir. Ils avaient tout retourné, avaient pris son argent et saccagé sa maison», a-t-il raconté. Et de renchérir : « Elle a dit qu'elle a subi une agression sexuelle de la part d'un des visiteurs ». Profitant de l’occasion, le major a démenti les informations relayées sur les réseaux sociaux et selon lesquelles ce sont tous les assaillants qui l'ont agressée sexuellement. « Il s’agissait d’un seul », a tenu à préciser notre interlocuteur.

Cette agression a obligé les agents dudit CSPS à abandonner les lieux pour trouver refuge à Bogandé, le chef-lieu de la province, situé à 70 km environ de Liptougou. « Actuellement, mes collègues et moi sommes à Bogandé. On nous a appelés à la gendarmerie, la victime et moi, pour nous auditionner. On est allé donner notre version des faits et on attend », a confié le major à Radars Info Burkina.

L’autorité a manqué d’attention et de tact face à des agents traumatisés

Le major dit avoir contacté le premier responsable la nuit, même de l’incident, qui a voulu lui faire croire que c'était de simples bandits et non des terroristes. « Je lui ai fait savoir que ce n’était pas ce qui m’intéressait, l'incident s'est produit et donc il fallait gérer la nouvelle situation », a-t-il expliqué. L’idée que ce ne sont pas des terroristes mais de simples bandits ne passe pas pour le major et ses agents, parce que pour eux, c’est la même équipe qui était venue au CSPS au sujet du véhicule de la sage-femme, qui est revenue agresser l’AIS. « La nuit quand l’incident est arrivé, nous on s’est dit que c’était eux, puisque pendant l’agression ils ont encore évoqué le cas du véhicule », raconte le major. Selon ses propos, ils ont dit à la dame « qu'ils savent que la sage-femme avait menti en disant que c'est sa maman qui a payé le véhicule alors c'est plutôt un gendarme ». C’est pourquoi pour le major, il faut en avoir le cœur net à propos des agresseurs avant de voir la conduite à tenir. A l’en croire, quand les terroristes, maîtres des lieux, ne sont pas responsables d’une pareille situation, ils trouvent toujours l’intéressé ou du moins font un retour. « Jusqu'à présent on n'a pas de retour, on ne sait pas c'est qui. Si c'était de simples bandits, les terroristes allaient se rendre au CSPS pour dire que ce n'est pas eux. Mais jusque-là rien n’est fait », s’explique-t-il. Pour lui, il faut d’abord être situé avant d’envisager retourner sur les lieux.

Il salue le fait que la victime ait pu bénéficier pour l’instant d’une prise en charge médicale et aussi qu’elle ait été jointe par le Secrétaire général du ministère de la Santé, qui a évoqué son affectation et sa prise en charge. Mais pour le reste de l’équipe, il regrette que l'autorité donne l’impression de s’intéresser uniquement à la réouverture du CSPS, sans se soucier de leur sécurité, encore moins de leur état psychologique. Selon lui, l'autorité évoque l'idée que l'incident ne s'est pas produit au CSPS, ce qui ne nécessite pas une fermeture. « Pourtant, s'insurge-t-il, c'est parce qu'il n'y a pas beaucoup de logements qu'elle a été obligée d'aller en communauté prendre une maison ». Il souhaite donc que l'autorité fasse preuve de compréhension. « Nous n'avons jamais refusé de travailler. Depuis longtemps nous sommes là-bas malgré le danger, donc si un cas survient et bouleverse la situation, il faut être compréhensif », a-t-il requis. Il souhaite aussi qu’en pareilles circonstances, certaines personnes puissent bénéficier d’un accompagnement psychologique, particulièrement les femmes, pour qui c'est plus difficile. Il informe que la sage-femme, qui n'a pas été une victime directe, est dépassée par la situation, ce qui, pour lui, nécessitait tout au moins un soutien moral.

Il n’y a pas de zone plus dangereuse que celle de Liptougou

D’après le major du CSPS de Liptougou, actuellement il n'y a pas de zone plus dangereuse que celle de la commune de Liptougou. Les terroristes sont partout et contrôlent tout dans la zone. Pourtant il n’y a aucun service de sécurité, ni même une autre administration dans un rayon de 60 km. Ce sont les services de santé seuls qui officient dans la localité avec tout les risquent que cela comporte. « Moi, je reçois des visites de ces gens à n'importe quel moment. Même sur la voie, ils veulent souvent prendre ma moto. Mais on arrive à discuter et quand tu expliques que tu es un agent de santé on te laisse passer ». Donc pour lui, dans une zone où il y a des armes, où les hommes craignent pour leur sécurité, ce n'est jamais simple de résider et il faut toujours prendre en compte ce paramètre. Il souhaite que la commune bénéficie d’une prise en charge sécuritaire.

Etienne Lankoandé

aaprimoLe Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle (CHU-CG), dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein, a lancé une campagne de sensibilisation et de dépistage s’étendant du 14 au 25 novembre 2022. L’opération se déroule dans ses locaux, au service imagerie. Une équipe de Radars Info Burkina s’est rendue sur les lieux ce mercredi 23 novembre pour rencontrer les responsables de cette initiative et constater la mobilisation des femmes autour de cette campagne.

Selon la directrice de la pédiatrie Charles de Gaulle, Cyrille Priscille Kaboret/Ouédraogo, cette campagne a été organisée dans le cadre du mois d’Octobre rose pour encourager les femmes à venir se faire dépister à temps, de manière précoce, pour éviter la maladie ou pour commencer les soins rapidement s’il le faut. La pédiatrie a subventionné cette campagne dans le but d’accompagner les femmes. Et toute femme dépistée positive est prise en charge de manière holistique, à en croire la DG. Elle s’est réjouie de la tenue de cette 2e campagne et de la mobilisation des femmes.

Selon la cheffe du service d’imagerie médicale du CHU-CG, médecin radiologue, le professeur Madina Napon, cette campagne a été initiée d’autant plus que le cancer est une maladie grave. Précocement dépisté, il se guérit mieux et les conséquences sont moindres, tant socialement que financièrement, pour les patientes, a-t-elle notifié.

aasecundoLe dépistage comporte deux volets et concerne les femmes de 45 ans et plus, selon le professeur Madina Napon.

Il s’agit de la radiographie (qui est ici une mammographie) et du volet échographique. L’échographie est réalisée au cas par cas, donc deux examens sont réalisés éventuellement pour chaque patiente. Ces deux examens sont faits à 7 500 FCFA au cours de la campagne, soit la moitié du prix normal, a précisé la cheffe de service.

Il y a un fort engouement des femmes. Donc, tout le personnel d’imagerie médicale travaille, faisant même des heures supplémentaires, pour offrir le service qui sied, a rassuré la responsable du service d’imagerie, Madina Napon.

aatertioAu dire de cette dernière, un accompagnement est prévu sur tous les plans pour les femmes qui viendraient à être dépistées porteuses de lésions cancéreuses. « D’abord on est en rapport avec les médecins qui prennent en charge les atteintes morales du cancer. Donc il s’agira de mettre les patientes en contact avec ces médecins pour qu’ils les préparent psychologiquement. En plus de ce service psychologique, il y a le service social qui va les  accompagner pour les soins éventuels si les examens confirment la présence du cancer. Nous allons intervenir après cela dans le suivi en matière d’imagerie de ces patientes », a-t-elle expliqué.

aaquadroSi le dépistage révèle des lésions, la prise en charge sera précoce puisqu’elle sera faite avant la manifestation clinique du cancer, a fait remarquer le professeur Madina Napon

« Il ne faut pas avoir peur. Il faut venir se faire dépister, savoir qu’on n’a pas de pathologie et être tranquille pendant deux ans », a conclu le Pr Napon en invitant les femmes à davantage se faire dépister, surtout celles qui ne l’ont jamais fait.

Selon Adjara Paga, patiente venue de Fada N’gourma, cette campagne est une opportunité au regard de la réduction du coût des examens. Donc, elle est venue dans le but de voir si éventuellement elle a des lésions qui pourraient faire suspecter un cancer.

Une autre patiente du nom de Fatoumata Eudoxie Bara, qui est à son deuxième dépistage, a apprécié l’initiative car pour elle, cette opération permet aux femmes de connaître leur statut sémiologique. Mais pour cette dernière, l’État doit s’impliquer pour que ces examens médicaux soient gratuits pour les femmes car toutes n’ont pas les moyens pour supporter les frais d’examens.

Environ 500 patientes sont attendues pour cette campagne dont la fin est prévue pour le 25 novembre. A la date d’aujourd’hui, ce sont près de 300 femmes qui ont déjà été dépistées, soit une moyenne de 30 femmes par jour.

Flora Sanou

rdars22Ce mardi 22  novembre 2022, a comparu à la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I, D.S., un homme âgé de 64 ans, père de 15 enfants, cultivateur en saison pluvieuse et marabout en saison sèche. Il lui est reproché des faits d’escroquerie et d’artifices avec des manœuvres frauduleuses.

D.S. est accusé d’avoir escroqué O.S., technicien en bâtiment, en usant de manœuvres frauduleuses pour lui soutirer 3 millions 800 mille francs CFA. En effet, l’accusé dit avoir croisé un marabout sénégalais depuis 1994 qui lui a donné un verset du Coran qui permet de multiplier de l’argent,  mais ce n’est qu’en avril 2022 qu’il a essayé pour la première fois sa mise en application.

Selon ses explications, c’est l’un de ses disciples dans le domaine du maraboutage qui l’a amené O.S. (la victime), qui souhaitait s’enrichir rapidement. Il dit avoir signifié à son client que c’était un domaine risqué mais que s’il est sincère, il fera ce qu’il peut. Le contrat est que si le « travail » réussissait, il empocherait 20% de l’argent multiplié mais dans le cas contraire, il allait rembourser l’argent de son client. Son rôle était de prier avec ledit verset coranique et d’user d’un pouvoir mystique pour multiplier quelques billets de banque en vue de remplir une cantine au bout de 43 jours.

C’est ainsi qu’il parvint à avoir la confiance de O.S. et à lui prendre trois millions huit cent mille (3 800 000) francs CFA.

Malheureusement, ce pouvoir de multiplication d’argent n’a pas marché malgré les prières et les sacrifices car O.S., en lieu et place d’une cantine remplie d’argent, se retrouvera avec une cantine remplie de maïs.

« Mais pourquoi avoir donné toute cette somme à un prétendu multiplicateur d’argent qui n’est pas une structure financière ?» demande le juge à O.S., la victime ?

Au dire de ce dernier, D.S. l’a mis en confiance parce qu’il le recevait toujours dans une villa bien équipée de haut standing chaque fois qu’il s’y rendait. Il lui a même fait voir une cantine déjà remplie d’argent qu’il disait appartenir à un autre client.

Par la suite, explique O.S., pour éviter tout doute, « il a demandé un cadre chez moi pour travailler pendant deux semaines avant de repartir. Je devais attendre 43 jours avant d’ouvrir la cantine et à l’approche du délai il m’a rappelé que je devais donner une somme de 250 000 FCFA pour acheter un bœuf noir car il fallait  des sacrifices avant l’ouverture de la cantine ».

C’est après tout ce « protocole » que la victime trouvera du maïs en lieu et place de l’argent.

Le procureur a estimé qu’au regard de tout cela, l’acte d’escroquerie est constitué car même si l’activité de maraboutage n’est pas interdite, elle est condamnable quand on la fait dans l’optique d’extorquer de l’argent à quelqu’un. Ainsi, il a déclaré D.S. coupable et a requis contre lui une peine d’emprisonnement de 62 mois ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA, le tout ferme.

Le conseil de l’accusé, lui, a soutenu que son client fait son « travail » avec conviction et qu’il n’a pas forcé la victime à venir à lui. «Il est convaincu que sa prière permet de multiplier l’argent et c’est la conviction de la victime aussi qui l’a conduite à mon client. Celle-ci a pris l’initiative et est allée de son plein gré voir mon client», a renchérit la défense.

Pour l’avocat de l’accusé, les faits sont d’une telle particularité qu’il faut les voir autrement car chacun a sa conviction, et son client n’a fait que l’exercice de son activité. Ainsi, il a plaidé l’indulgence du tribunal à l’égard de son client et demandé qu’il soit condamné seulement avec sursis. L’homme en robe noire n’a pas manqué non plus de lancer des piques à la victime de son client, déclarant illicite et immoral l’attitude de celle-ci qui a eu l’intention d’obtenir des billets de banque qui ne proviennent pas de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) alors qu’on sait bien que pour avoir de l’argent, il faut travailler et la BCEAO est la seule structure qui injecte l’argent dans le circuit économique au Burkina.

La victime ayant réclamé la restitution de 3 millions sur les 3 millions 800 mille F CFA, le conseil de l’accusé a demandé le rejet de la constitution de la partie civile, parce qu’elle n’est pas fondée.

Le tribunal a finalement condamné D.S. à 24 mois de prison ferme et à une amende d’un million de francs CFA assortie de sursis. Il a par ailleurs rejeté la requête de la partie civile.

Flora Sanou

lesmines uneLe Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières ainsi que le journal en ligne MinesActu.net ont tenu une conférence publique ce vendredi 18 novembre 2022 à Ouagadougou. Réunissant plusieurs acteurs du secteur des mines, les deux structures se sont, à cette occasion, penchées sur ce qui pourrait être des solutions aux problèmes qui assaillent le secteur des mines au Burkina Faso en raison du terrorisme.

C’est sur le thème « Le secteur minier face au défi sécuritaire : État des lieux et perspectives » que le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC) ainsi que MinesActu.net ont tenu leur conférence publique ce 18 novembre à Ouagadougou. Subdivisée en deux sous-thèmes, la conférence a été conjointement animée par Harouna Bambara, commissaire général de police, et Elie Kaboré, spécialiste des questions minières. Sur le sous-thème « Etat des lieux de la crise sécuritaire sur le secteur minier », Elie Kaboré a souligné que 2018 a été une année particulièrement difficile pour les mines industrielles au Burkina car environ 6 projets miniers ont été stoppés du fait de l’insécurité et beaucoup de projets de recherche interrompus. Cette situation, a-t-il précisé, a occasionné la perte d’environ 2 400 emplois directs et entraîné un manque à gagner de plus de 25 milliards de F CFA pour le budget national. « Et c’est sans compter le manque à gagner pour les budgets des collectivités territoriales, le manque à gagner pour les sous-traitants », a précisé ce panéliste. Selon lui, c’est aussi un secteur qui a aujourd’hui des difficultés dans l’approvisionnement (convoi de matériel et de personnel) parce que certaines zones sont inaccessibles, ce qui amène les mines à engager d’énormes investissements dans la sécurisation et surtout dans le transport aérien du personnel. A en croire Elie Kaboré, ce sont des charges qui ont un impact significatif sur les impôts que ces mines versent à l’Etat burkinabè.

Les conflits miniers classés 4e au Burkina et beaucoup dommageables

Cette conférence qui s’est voulue interactive a été l’occasion pour le professeur Stanislas Ouaro de soutenir que la question de l’orpaillage est assez délicate et que la mal gouvernance y a un impact terrible. lesmines2Les guerres fratricides entre hommes politiques dans des collectivités, qui ont reçu une part énorme des ressources alors que les projets de développement n’ont pas été à la hauteur, sont des situations qui impactent le secteur. Car pour le Pr Ouaro, les conflits miniers, classés 4e au Burkina Faso et particulièrement dommageables d’après le panéliste Harouna Bambara, sont en partie liés au fait que les populations ne ressentent pas les effets de la contrepartie de l’exploitation minière sur leur développement. Le professeur trouve qu’il faut également prendre en compte les emplois indirects, qui sont 10 fois plus élevés que les emplois directs, d’après lui. « La perte d’un emploi dans le secteur minier a un impact 4 à 5 fois plus élevé que la perte d’un emploi dans le public en raison de l’importance de la différence salariale », a-t-il soutenu. Ce point de vue a été soutenu par Elie Kaboré, qui estime que le drame survenu à Inata en novembre 2021 est en partie lié à la fermeture de la mine de cette localité en 2016. Cette fermeture, selon lui, a mis au chômage plusieurs acteurs qui y intervenaient comme les sous-traitants et les employés, chose qui les expose au recrutement des terroristes. Le commissaire général de police Harouna Gildas Bambara, co-panéliste, a quant à lui indiqué que les sites miniers, source de financement pour les terroristes, sont considérés comme des points de retranchement pour ces derniers.

La solution se trouve au niveau du gouvernement

Le 2e sous-thème de la conférence a concerné « Les pistes de solutions » aux problèmes du secteur minier au Burkina. Pour Elie Kaboré, la solution se trouve au niveau du gouvernement. « C’est pourquoi nous avons formulé cette forte recommandation, à savoir qu’il y ait des assises ou des états généraux sur le secteur minier », a-t-il soutenu. Il faut aussi, selon lui, dans le plan stratégique de sécurisation du pays, prévoir  de s’appuyer sur les mines pour pouvoir sécuriser ces zones qui sont difficilement accessibles. Le commissaire Bambara a plaidé pour l’opérationnalisation de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) en lui assignant aussi la mission de lutte contre la circulation des produits dangereux. Le professeur de droit constitutionnel et ex-ministre de la Fonction publique Séni Ouédraogo, lui, trouve qu’il y a lieu de s’interroger sur les motifs réels de fermeture des mines industrielles afin de prendre en compte toute la délicatesse de la question minière. Il s’est dit également préoccupé par les questions de sécurité sanitaire qui pourraient devenir des problèmes de santé publique, selon lui.

« A l’issue de la rencontre, les recommandations seront reversées au gouvernement, notamment au ministère des Mines, le ministère de tutelle », a assuré Elie Kaboré. Le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC) est une structure de la société civile apolitique et à but non lucratif créée le 26 octobre 2021. La conférence du jour a été marquée par la présence d’éminentes personnalités du secteur minier et du monde politique au Burkina Faso. Les propositions de pistes de solutions faites, à coup sûr, seront utiles au gouvernement burkinabè.

Etienne Lankoandé

aaconvlb uneLe mardi 15 novembre 2022, le ministre de la Fonction publique, Bassolma Bazié, et ses collaborateurs ont tenu une conférence de presse à Ouagadougou pour donner les raisons du retard observé dans la publication des résultats des examens et concours de la Fonction publique, session de 2022. Il en était ressorti, d’une part, que la faute incombait au prestataire qui assure la gestion de la plateforme e-concours et, d’autre part, que des difficultés de scannage de certaines copies dont le ministère a la charge expliquaient cette situation.

Le 16 novembre 2022, le prestataire a, dans une déclaration, donné sa version des faits. Il y explique la chronologie des faits et met plutôt à l’index les techniciens du ministère de la Fonction publique.

D’après cette déclaration signée par le Dr Wenkouni Moïse Convolbo, le contrat du cabinet en charge de la plateforme e-concours a été validé par l’ex-Premier ministre Marie Joseph Dabiré en mars 2020. Pour les concours de 2020 et 2021, il n’y a pas eu de problème. Le système de gestion des concours de la Fonction publique a bien fonctionné aussi bien en 2020 qu’en 2021 et devait se poursuivre en 2022, a-t-il déclaré.

Pour ce qui est de la session 2022, la responsabilité du retard des résultats incombe aux techniciens du ministère de la Fonction publique.

Mais avant d’en venir à la responsabilité des techniciens, Dr Convolbo fait des révélations sur la surenchère dont a fait cas le ministre Bassolma Bazié et les négociations qui ont pris deux mois avant la signature du contrat, lors de la conférence le 15 novembre dernier.

En effet, selon le ministre Bassolma Bazié, le ministère a été confronté à une augmentation extrême des prix proposés par le prestataire. « Le montant initial proposé était de 1 500 000 000, hors taxes, alors qu’en 2019 il était de 595 000 000 FCFA et de 377 000 000 FCFA en 2021. Il a fallu des négociations âpres pour arrêter la somme de 390 000 000 FCFA, hors taxes. Cette négociation et la conclusion nous ont aussi pris au moins deux mois », avait-il expliqué.

Mais le prestataire, dans sa déclaration, affirme que son cabinet n’a reçu aucun centime de cette somme et que malgré cela, les inscriptions, les compositions et le début de la correction électronique ont été une réalité et le travail se poursuit malgré les difficultés que « le ministre et certains de ses collaborateurs ont créées ».

De plus, à la demande de concevoir une autre plateforme (deuxième plateforme) de correction qui tient compte des irrégularités dues au retrait des questions mal formulées, le travail a été fait sur fonds propres du prestataire sans chercher à faire un avenant comme il est de coutume dans pareil contrat, a souligné le prestataire, qui ajoute que la somme de un milliard cinq cents millions (1 500 000 000) de FCFA ne représente rien d’autre que les frais d’hébergement de la plateforme dont le ministère est chargé de la paie.

« Actuellement, le ministère paie l'hébergement de la plateforme et demande un accompagnement des concepteurs. C’est d’ailleurs à ce titre que nous vous avions demandé de changer la formule en licence pour disposer de la plateforme pour le ministère. D'où la première facture qui correspondait à 1000 FCFA par licence ou candidat pour la plateforme avec une capacité de 1 500 000 licences ou candidats. Ce qui fait, par un petit calcul mathématique, un milliard cinq cents millions (1 500 000 000) de FCFA », a-t-il expliqué. Et d’insister qu’il n’y a eu aucune discussion sur le budget de cette année 2022 et cela, sur la base de la parole donnée et de la confiance que le ministre leur (le cabinet) a accordée.

Qu’en est-il du retard dans la publication des résultats ?

Dans la récupération des résultats, personne ne peut bloquer les résultats car c’est le ministère de la Fonction publique qui télécharge les copies et reçoit les résultats, selon l’ingénieur Convolbo. Les résultats viennent en deux (2) groupes : les copies bien corrigées et les copies avec erreur (cas de copies mal scannées ou de candidats ayant mal grisé les cases, etc.). Il appartient au ministère de la Fonction publique de scanner de nouveau, de réintroduire et de relancer la correction, explique-t-il. Cependant, le retard vient des questions mal formulées et retirées et des problèmes de scannage.

Pour le premier, M. Convolbo fait remarquer que c’est pendant la correction que le cabinet s’est rendu compte qu’il y avait des questions qui n’avaient aucune bonne réponse. « Après des discussions avec l’administration, nous apprenons que des questions ont été mal formulées et retirées du sujet et comme c’est le ministère de la Fonction publique qui importe les sujets dans la base de données, ils ont juste changé de sujet en mettant la forme qui les arrangeait. Aucune notification de cette situation n’a été faite au cabinet pour une prise en compte dans le système de correction automatique », a-t-il relevé.

Aussi, le problème lié à la correction des copies pour la session de 2022 réside dans la qualité du scannage (Ref: Error_Scannage).

« Nous avons remarqué que des copies ont été mal photocopiées et mal scannées. Pour des raisons que nous ignorons, les copies du concours des Sages-Femmes ou Maïeuticiens (Examen professionnel), composé sur table, ont été noircies par vos agents, de la question 21 à la question 60 (Ref : Copie Sage-Femme). Malheureusement, malgré nos multiples efforts pour corriger ces copies, la machine ne reconnaît pas toute cette partie grisée venant de votre ministère », a-t-il notifié.

Par ailleurs, l’ingénieur déplore que ce soit à travers les réseaux sociaux que le cabinet ait été informé de cette situation.

« Nous n’avons, en effet, jamais été saisi officiellement par vous pour nous demander de rendre compte des difficultés liées à la gestion du e-concours 2022, alors qu’une simple correspondance de demande d’explications aurait permis d'éclairer l’opinion et certainement de vous éclairer davantage », a souligné M. Convolbo tout en précisant qu’il n’a pas la prétention d’apprendre quoi que ce soit à l'administration publique burkinabè, qui devrait être le centre d’excellence des procédures administratives.

Flora Sanou

cvolboWenkuuni Moïse Convolbo, dont le cabinet a la charge de gérer la plateforme e-concours, dans une déclaration datant du 16 novembre 2022, donne sa version des faits, sur le retard constaté dans la publication des résultats des examens et concours de la Fonction publique, session de 2022. Cela fait suite à la sortie médiatique du ministre de la Fonction publique, Bassolma Bazié, et ses collaborateurs le 15 novembre 2022, mettant en cause le cabinet qui s’occupe de la plateforme. Selon l’ingénieur, l’entière responsabilité de ce retard incombe aux techniciens du ministère. Lisez plutôt !

« Monsieur le ministre d’Etat, cher Bassolma Bazié,

Il y a quelques jours, nous apprenions par le biais des réseaux sociaux que la Direction en charge de la Presse ministérielle de votre département ministériel s’indignait du retard accusé dans la mise à disposition des résultats des concours directs, session 2022, et que le ministre de la Fonction publique lui-même s'offusquait de la situation et incriminait les acteurs y compris le cabinet en charge de la plateforme.

Une conférence de presse, tenue le 15 novembre 2022, citait le nom du cabinet ainsi que notre propre nom (Dr Wendkuuni Moïse Convolbo) comme partie n’ayant pas respecté les clauses du contrat.

Face aux multiples incriminations relevées dans vos propos tenus lors de la Conférence de presse sus référencée, il nous plaît de restituer les faits et de passer, malgré nous, par le même canal, c’est-à-dire celui des médias et réseaux sociaux, pour informer l’opinion publique sur ce qui s’est réellement passé relativement à cette affaire d’organisation des concours.

A- Mise au point :

C’est à la faveur du projet de modernisation de l’administration porté par le gouvernement burkinabè que nous avons proposé la solution du e-Concours dans sa forme actuelle.

Nous avons eu la chance de présenter le contenu de cette plateforme à l’ensemble du gouvernement, lors d’un séminaire gouvernemental tenu le 5 mars 2020 et présidé à l’époque par le Premier ministre d’alors, Son Excellence Monsieur Christophe Joseph Marie Dabiré.

Nous étions deux (2) de la diaspora aux côtés de SEM le Premier ministre de l’époque et des membres de son gouvernement à animer ce séminaire gouvernemental : Carlos Ziba et nous-même.

B- Aspect du contrat 2022 :

Le contrat signé était basé sur le modèle connu par le ministère de la Fonction publique en matière de composantes des plateformes sur le e-Concours, c'est-à-dire que les parties inscription, composition en ligne, l’espace administratif, la sécurité de la base de données et les API étaient du ressort de Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, et la partie correction électronique des concours directs par l’expert Carlos Ziba. D’ailleurs, les financiers ont échangé avec chacun des deux experts avant de regrouper le contrat au nom d’un seul cabinet pour une question de simplification des procédures. N’étant pas au fait des procédures propres au Burkina Faso, nous n’y avons pas opposé d’objection.

Néanmoins, les travaux ont commencé de chaque côté et le ministère avait accès à tous les acteurs. Le système gestion des concours de la Fonction publique a donc démarré et a bien fonctionné aussi bien en 2020 qu’en 2021 et devait se poursuivre en 2022.

C- Cas des corrections des concours directs, session 2022 :

La plateforme de correction électronique a été ouverte pour des tests le 9 septembre 2022. Par contre, les tests n’ont vraiment commencé qu'à partir du 27 septembre, mené par le ministère de la Fonction publique.

La correction électronique a toujours fonctionné comme suit :

1- L’ouverture de la plateforme aux Administrateurs du ministère ;

2- L’importation des copies scannées par le ministère ;

3- La correction (lancement de la fonctionnalité pour chaque concours) ;

4- Récupération des résultats.

Dans ce scénario, personne ne peut bloquer les résultats car c’est celui qui télécharge les copies qui reçoit les résultats (en l’occurrence le ministère de la Fonction publique). Les résultats viennent en deux (2) groupes : les copies bien corrigées et les copies avec erreur (cas de copies mal scannées ou de candidats ayant mal grisé les cases, etc.). Il appartient au ministère de la Fonction publique de scanner de nouveau, de réintroduire et de relancer la correction. Cette procédure est bien connue du ministère de la Fonction publique.

5- Comment attribue-t-on les points :

C’est l’Agence générale de recrutement de l’Etat (AGRE) qui donne le mode d’attribution des points pour la correction des copies. Et voici les règles :

a- Une question a au moins une bonne réponse ;

b- Une bonne réponse donne droit à un point ;

c- Une mauvaise réponse donne droit à zéro point ;

d- A la fin, on totalise les bonnes réponses.

6- D’où vient le problème :

Le premier type de problème vient des questions mal formulées et retirées. Malheureusement, pour la session de 2022, c’est pendant la correction que nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des questions qui n’avaient aucune bonne réponse. Après des discussions avec l’administration, nous apprenons que des questions ont été mal formulées et retirées du sujet et comme c’est le ministère de la Fonction publique qui importe les sujets dans la base de données, ils ont juste changé de sujet en mettant la forme qui les arrangeait. Aucune notification de cette situation n’a été faite à l'équipe de M. Carlos Ziba pour une prise en compte dans le système de correction automatique. Exemple : le concours des Inspecteurs des Eaux et Forêts/Femmes, dont la question numéro 4 n’a aucune bonne réponse (Voir annexe).

Le deuxième volet des problèmes liés à la correction des copies pour la session de 2022 réside dans la qualité du scannage (Ref: Error_Scannage). Nous avons remarqué que des copies ont été mal photocopiées et mal scannées. Cela cause d'énormes difficultés à la machine pour reconnaître même les cercles et les zones grisées. Néanmoins, les experts ont continué de modifier les différents algorithmes pour prendre en compte ces difficultés ainsi que d’autres situations qui apparaissaient. Malheureusement, la qualité du scannage des copies est une donne incontournable dans la correction optique des copies. De ce fait, le ministère a été saisi de nouveau.

C’est à l'issue de la correction de 15 concours sur la plateforme que le ministère de la Fonction publique a signalé ce qu’ils appellent les « irrégularités dans la correction ». Le concepteur a demandé de ne pas retirer de question sinon la plateforme ne pourra pas prendre cette nouvelle donne en compte. Il s’en est suivi de longues discussions entre les concepteurs et l’administration.

Nous constatons malheureusement qu’il semblait plus avantageux pour vous, pendant votre conférence de presse, de vous dédouaner en passant sous silence le fait que des questions mal formulées aient été retirées. Aussi peut-on se poser la question de savoir qui est responsable de cette situation de retrait des questions mal formulées.

Monsieur le ministre d’Etat, voyant que les échanges entre nous, experts et votre ministère, prenaient du temps et semblaient être un problème insoluble, il nous a été demandé le 25 octobre 2022 de travailler à proposer une deuxième solution pour sauver la situation (Ref : Email en pièce jointe CORRECTION ELECTRONIQUE DES COPIES DES CONCOURS SESSION 2022). Nous n’avons pas eu le temps de répondre à ce mail (comme indiqué en annexe), car nous avions le souci effectivement de nous investir en injectant nos propres ressources pour proposer une solution en vue de sauver effectivement les meubles comme souhaité. C’est ainsi qu’à la date du 2 novembre 2022, nous avons proposé une solution, ce qui a permis aux techniciens de votre ministère de commencer les tests.

Monsieur le ministre d’Etat, pendant que les experts s’investissent à travers des échanges avec vos techniciens pour trouver des solutions à une situation qu’ils n’ont pas créée, nous apprenons avec regret à travers les réseaux sociaux que vous vous offusquez des retards accusés dans la mise à disposition des résultats des concours de la Fonction publique.

Néanmoins, gardant notre esprit professionnel, nous avons décidé de poursuivre la recherche de solutions en évitant tout clash dans les réseaux sociaux.

Monsieur le ministre d’Etat, les tests sur la solution que nous avons proposée le 2 novembre 2022 ont été concluants et ont permis de régler le problème des questions mal formulées. Cette solution a permis de corriger un grand nombre de copies à la fois et de permettre ainsi que des résultats commencent à être disponibles. Cette solution que nous avons proposée a permis donc de régler le problème des questions mal formulées, mais celle liée au mauvais scannage de la copie et/ou à une mauvaise photocopie des copies de composition (puisque pour une meilleure qualité de la copie, elle doit être imprimée et non photocopiée) demeure. C’est ainsi que le 8 novembre 2022, à travers un échange avec votre secrétaire général, nous avons soulevé les problèmes que la première plateforme avait relevés, c’est-à-dire que les copies doivent être rescannées car les copies mal scannées, mal photocopiées ou mal grisées ne passaient pas dans le système. Les années précédentes, des communications à travers les médias étaient faites pour montrer aux candidats comment griser les réponses, ce qui n’a pas été fait dans le cadre des concours 2022 et donc beaucoup de candidats manquaient d’informations sur comment griser les copies. Par conséquent, en grisant ou en noircissant, beaucoup de candidats ont débordé des cases, rendant difficile la reconnaissance électronique par les algorithmes.

Monsieur le ministre d’Etat, vous avez apparemment, et peut-être délibérément, refusé de reconnaître que ce qui permet depuis le week-end dernier de rendre disponibles progressivement les résultats est la solution que nous avons proposée le 2 novembre 2022 pour prendre en charge les questions mal formulées et le re-scannage des copies. En plus de cela, nous avons ajouté des éléments de preuves sur la copie pour faciliter les vérifications, aider à la délibération et en cas de contestation, que chaque candidat puisse avoir les éléments de preuves (Ref : Deuxième Plateforme). Vous avez plutôt opté de nous incriminer dans ce qui arrive en ce moment dans le ministère que vous dirigez depuis mars 2022 et cela manque d’honnêteté intellectuelle à notre avis. Néanmoins, notre petite consolation est que votre secrétaire général, dans son intervention, a reconnu qu’après re-scannage, ils ont pu avoir les résultats de certains concours et les publient progressivement. Aussi, si les re-scannages avaient été faits plus tôt, on n’en serait pas là. Si les re-scannages avaient été faits depuis le 10 octobre 2022, une grande partie du problème aurait été résolue depuis longtemps.

Monsieur le ministre d’Etat, pour des raisons que nous ignorons, les copies du concours des Sage-Femmes ou Maïeuticiens (Examen professionnel), composé sur table, ont été noircies par vos agents, de la question 21 à la question 60 (Ref : Copie Sage-Femme). Malheureusement, avec nos multiples efforts pour corriger ces copies, la machine ne reconnaît pas toute cette partie grisée venant de votre ministère. Depuis la correction d’octobre 2022 sur la première plateforme, nous avons demandé à vos collaborateurs de simplement laisser les copies telles que les candidats les ont grisées et de trouver des solutions en interne.

Nous voudrions vous rappeler, monsieur le ministre d’Etat, que le contrat qui nous lie stipule que les copies soient conformes et grisées par les candidats. Vos collaborateurs ou techniciens n’ont pas le droit de toucher à des copies des candidats. S’il y a des erreurs sur les questions formulées, que les acteurs de ces erreurs les assument. Il est facile d'incriminer les acteurs qui sont au bout de la chaîne pour des négligences commises par d’autres personnes au début de la chaîne et qui sont autour de vous.

Monsieur le ministre d’Etat, vous avez déclaré lors de votre conférence de presse que vous avez exécuté votre part d’obligations en signant le contrat et qu’il y a eu des discussions qui ont pris deux mois avant la signature du contrat dont le montant serait à trois cent quatre-vingt-dix-millions (390 000 000) de FCFA et que les propositions de départ se chiffraient à un milliard cinq cents millions (1 500 000 000) de FCFA. Vous avez oublié de dire aux Burkinabè que pour le moment, nous n’avons reçu aucun centime de cette somme mais que malgré tout, nous avons travaillé pour que les inscriptions en ligne soient faites, pour que les compositions en ligne et le début de la correction électronique soient une réalité et nous poursuivons le travail malgré les difficultés que vous et certains de vos collaborateurs avez créées. Vous remarquerez également qu'à la demande de concevoir une autre plateforme (deuxième plateforme) de correction qui tient compte des irrégularités dues au retrait des questions mal formulées, le travail a été fait sur fonds propres du prestataire sans chercher à faire un avenant comme il est de coutume dans pareil contrat.

Nous aimerions aussi vous rappeler, Monsieur le ministre d’Etat, qu’un contrat d'hébergement suppose une application à héberger chez un prestataire. Le e-concours a été un projet de

Burkinabè ayant proposé une solution à l’Etat burkinabè. Actuellement, le ministère paie l'hébergement de la plateforme et demande un accompagnement des concepteurs. C’est d’ailleurs à ce titre que nous vous avions demandé de changer la formule en licence pour disposer de la plateforme pour le ministère. D'où la première facture qui correspondait à 1000 FCFA par licence ou candidat pour la plateforme avec une capacité de 1 500 000 licences ou candidats. Ce qui fait, par un petit calcul mathématique, un milliard cinq cents millions (1 500 000 000) de FCFA.

D'où vient la surenchère, Monsieur le ministre d’Etat ? Dans ce pays, combien de plateformes ont englouti des milliards sans connaître de succès ? Demandez à des personnes avisées de vous faire une évaluation des coûts d’une plateforme de cette envergure et elles vous diront que cette offre est loin d’être de la surenchère.

Monsieur le ministre d’Etat, vous savez très bien qu’il n’y a pas eu de négociations, contrairement à vos dires (des discussions ont pris deux mois) car vous nous avez dit que vous étiez un homme de parole, que votre souci était la contrainte budgétaire actuelle liée au contexte sécuritaire de notre pays et que vous alliez demander à votre équipe technique de travailler avec nous en attendant d’acquérir la plateforme en 2023, comme proposé par nous. Confiants en votre parole, nous n’avons pas discuté le budget proposé par vos financiers. Dites-nous d’où vient cette histoire de surenchère et de négociation que vous avez menées pour ramener le coût du contrat de un milliard cinq cent millions (1 500 000 000) de FCFA à trois cent quatre-vingt-dix millions (390 000 000) de FCFA ? Nous insistons sur le fait qu’il n’y a eu aucune discussion sur le budget de cette année 2022 et cela, sur la base de votre parole donnée et de la confiance que nous vous avons accordée.

Depuis 2020, vous n’avez jamais entendu, Monsieur le ministre d’Etat, que les données des Burkinabè sur le e-concours ont été perdues ou se sont retrouvées sur le net. Cela relève de notre contribution, en tant que spécialiste du traitement des données, au développement de notre pays.

Enfin, cher ministre d’Etat, nous déplorons profondément qu’au moment où le gouvernement appelle à une utilisation responsable des réseaux sociaux, eu égard à la situation que traverse notre pays, des acteurs importants de cette même administration utilisent les réseaux sociaux pour régler des comptes sur des questions administratives. Nous n’avons pas la prétention d’apprendre quoi que ce soit à l'administration publique burkinabè, qui devrait être le centre d’excellence des procédures administratives. Mais pour une affaire nationale comme le recrutement des agents de la Fonction publique, c’est dommage que ce soit à travers les réseaux sociaux que les experts en soient informés : nous n’avons, en effet, jamais été saisi officiellement par vous pour nous demander de rendre compte des difficultés liées à la gestion du e-concours 2022, alors qu’une simple correspondance de demande d’explications aurait permis d'éclairer l’opinion et certainement de vous éclairer davantage.

Monsieur le ministre d’Etat Bassolma Bazié, s’il y a du retard dans la mise à disposition des résultats des concours directs, l’entière responsabilité se trouve du côté du ministère de la Fonction publique et la situation aurait été pire si ceux que vous incriminez n’avaient pas accepté d’exécuter des travaux imprévus dans le contrat et de supporter de lourdes dépenses pour le bien des jeunes Burkinabè et particulièrement pour celui des candidats de cette année qui languissent après les résultats des concours qu’ils ont préparés avec beaucoup d’angoisses pour leur survie et celle de leurs familles.

- Ampliation : SEM PM ATI

Références :

  • • E-mail en pièce jointe CORRECTION ELECTRONIQUE DES COPIES DES CONCOURS, SESSION 2022
  • • Deuxième Plate-Forme
  • • Copie Sage-Femme

Dr Wendkuuni Moïse Convolbo »

Radarsburkina.net

insecalim uneLe Burkina Faso célèbre la 42e édition de la Journée mondiale de l’alimentation, le 17 novembre 2022, sous le thème « Ne laisser personne de côté. Amélioration de la production ; Amélioration de la nutrition ; amélioration de l’environnement ; amélioration des conditions de vie ». Selon le représentant du Premier ministre à l’ouverture, le gouvernement entend montrer, à travers cette célébration, l’importance accordée à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Au Burkina, selon l’analyse du cadre harmonisé de mars 2022, l’insécurité alimentaire a touché durant la période de soudure environ 3,5 millions de personnes, soit 16% de la population, avec un indice de faim de 25,8% en 2021 et une prévalence de la sous-alimentation de 19,2%“, a souligné d’entrée de jeu le ministre d’Etat en charge de la Protection sociale, Bassolma Bazié, représentant le Premier ministre. Le représentant de la FAO, Dauda Sau, a abondé dans le même sens en indiquant qu’au niveau national en 2021, 83,5% des femmes en âge de procréer n’avaient pas accès à une alimentation adéquate ; 77,1% des enfants de 6 à 24 mois n’avaient pas accès à une alimentation acceptable ; 21,6%, soit plus d’un million d’enfants de moins de 5 ans, sont atteints de retard de croissance et, enfin, 9,7% souffraient d’émaciation. Dans le domaine scolaire, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) note que seulement 5 827 écoles primaires sur 14 675, soit 39,7%, sont dotées de cantines. Un sketch réalisé par des élèves de l’école Salouka Est a d’ailleurs plaidé pour l’approvisionnement des cantines des différentes écoles, car pour eux, c’est la base pour une éducation de qualité. Ces chiffres traduisent à souhait l’acuité de l’insécurité alimentaire au Burkina Faso.

Eradiquer la faim n’est pas uniquement une question de production, selon le ministre Bazié

Pour le ministre d’Etat, Bassolma Bazié, le Burkina Faso et l’espace CEDEAO regorgent de potentialités agro-sylvo-pastorales. insecalim2Il s’agit, selon lui, de 233 500 ha de terres irrigables, de 500 000 ha de terres facilement aménageables, d’un cheptel diversifié de plus de 60 millions de têtes, constitué à 39% de ruminants et de 60% de volaille, ainsi que d’une diversité floristique source de produits forestiers non ligneux très appréciés. « A cela s’ajoutent l’existence de technologies éprouvées mises au point par la recherche en matière de production agro-sylvo-pastorale, faunique et halieutique, mais aussi un vaste marché de plus de 386 millions de consommateurs de l’espace CEDEAO », a-t-il poursuivi. Pour le ministre Bazié, éradiquer la faim n’est donc pas uniquement une question de production, parce que la production mondiale de nourriture est aujourd’hui suffisante pour nourrir tous les habitants de la planète. « Le problème, c’est l’accès et la disponibilité d’aliments nutritifs, qui sont de plus en plus difficiles à cause de nombreux défis comme la pandémie de COVID-19, les conflits, le changement climatique, les inégalités, la hausse des prix et les tensions internationales », a-t-il précisé.

Le gouvernement entend faire des jonctions entre zones déficitaires et zones excédentaires

Un peu plus tôt dans la matinée, c’est le Comite de prévision de la situation alimentaire et nutritionnelle qui ouvrait sa 2e session de l’année 2022 pour valider les agrégats de sécurité alimentaire, analyser la situation alimentaire et nutritionnelle courante et les perspectives, déterminer les zones et les populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et formuler des recommandations. D’après le ministre de l’Agriculture et des Ressources animales et halieutiques, le Dr Denis Ouédraogo, ces résultats permettront de disposer d’informations fiables et consensuelles sur les perspectives alimentaires et nutritionnelles. Il a aussi précisé que dès le premier Conseil des ministres, le gouvernement a approuvé un plan opérationnel de soutien à la production de campagne sèche et que cela n’était qu’une étape. « Nous sommes en train de réfléchir pour engager une réforme pour que dès la campagne humide prochaine nous puissions faire en sorte que la production soit améliorée de manière significative. Nous ne visons pas 2% ou 5% d’augmentation ; c’est 20 à 30% au moins pour la 1re session et lorsque les productions sont importantes et diversifiées, nous sommes sûrs d’atteindre la sécurité alimentaire dans une perspective très proche », a affirmé le ministre Ouédraogo. Le directeur des Etudes et des Statistiques sectorielles du ministère, Yves Gérard Bazié, a ajouté qu’au-delà du rapport adopté en Conseil des ministres, l’eau mobilisée à travers les barrages et les autres réseaux pourra aider à produire en quantité énorme pour la campagne sèche afin d’appuyer la production de campagne pluviale.

Plusieurs transformateurs de produits locaux en produits alimentaires ont effectué le déplacement aux stands du ministère de l’Agriculture à l’occasion de cette 42e édition de la Journée mondiale de l’alimentation.

Etienne Lankoandé

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