mardi 19 octobre 2021

Affaire Sankara : « La justice burkinabè détient plus d’éléments de preuve que les archives françaises », Luc Hallade, ambassadeur de France au Burkina

sanka uneL’ambassade de France au Burkina Faso a procédé ce samedi 17 avril 2021 à la remise du troisième et dernier lot d’archives demandé par le juge d’instruction du tribunal militaire de Ouagadougou. C’est des mains de l’ambassadeur Luc Hallade que Maxime Koné, ministre délégué aux Affaires étrangères, représentant le gouvernement burkinabè, a reçu la pile de documents devant permettre au juge burkinabè de continuer son travail d’instruction dans l’affaire Sankara.

« Le président français Emmanuel Macron l’avait annoncé en novembre 2017 lors de sa première visite officielle sur le continent africain à Ouagadougou ». C’est par ces mots que le diplomate français a introduit son discours lors de la remise de ce troisième lot d’archives à propos du dossier Sankara. Selon Luc Hallade, le président français a pris la décision que tous les documents produits par les administrations françaises pendant le régime de Sankara et après son assassinat, couverts par le secret national, soient déclassifiés et consultés en réponse aux demandes de la justice burkinabè.

C’est pourquoi, continue-t-il, les services d’État français ont fait diligence pour que les archives françaises demandées dans le cadre de la commission rogatoire internationale ouverte par M. François Yaméogo, juge d’instruction au tribunal militaire de Ouagadougou, soient, quand cela le nécessitait, déclassifiées et mises à la disposition de la justice.

sanka 2« En effet, toutes les demandes de transmission d’archives sur l’assassinat de Thomas Sankara ont été étudiées favorablement. Et elles ont toutes été transmises en toute transparence selon les termes de la partie burkinabè, c’est-à-dire dans le cadre d’une coopération entre les deux pays qui ont signé des accords d’entraide judiciaire », s’est-il réjoui.

Les deux premiers lots ont été transmis aux autorités burkinabè en octobre et décembre 2018. Le diplomate français a précisé qu’il s’agissait de productions issues à la fois des administrations centrales et des postes (pour l’essentiel Ouagadougou, Abidjan, Lomé, Dakar et Alger). Ces documents, à l’en croire, ne comportent pas uniquement des notes diplomatiques, mais aussi et surtout des notes d’analyse, des notes de renseignements ou encore des documents locaux.

 En ce qui concerne le troisième lot de documents remis ce jour, il s’agit des archives du ministère de l’Intérieur en lien avec le contexte de l’assassinat de Thomas Sankara. Certaines étaient détenues par les Archives nationales et d’autres par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). 8 documents déclassifiés de la Direction générale de la police nationale proviennent des Archives nationales. Ce sont les archives du Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), du Service de coopération policière présent au Burkina Faso eu sein de l’ambassade de France, aujourd’hui Direction centrale de la coopération internationale (DCI). Les autres documents étaient détenus par la DGSI.

« Ces archives sont arrivées à l’ambassade sous plis scellés », a précisé Luc Hallade avant d’ajouter que la qualité de la justice burkinabè est telle que les éléments contenus dans ces dossiers d’archives françaises et portés au dossier d’instruction par le juge burkinabè ne doivent pas nous faire oublier que cette même justice a des moyens d’investigations propres. 

« Le dossier de l’instruction judiciaire qui a amené cette semaine la chambre du tribunal militaire à rendre mardi 13 avril son verdict dans son délibéré contient certainement bien plus d’éléments que les seules archives françaises, sur lesquelles l’opinion se focalise », a conclu le diplomate français.

Bessy François Séni

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