Le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), placé cette fois sous le thème « Artisanat africain, levier de développement et facteur de résilience des populations, se tient du 27 janvier au 5 février 2023. À quelques heures de l’ouverture de cet événement majeur, une équipe de Radars Info Burkina a fait un tour sur le site dédié audit Salon.
A quelques heures de l’ouverture officielle de cette grand-messe de l’artisanat, les préparatifs vont bon train sur le site dédié au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) dans la capitale burkinabè : ici des décorations des différents stands, là l’exposition d’articles par les participants venus de plusieurs contrées du monde. C’est le cas de ces participants venus de Madagascar, qui s’activent frénétiquement à installer leurs articles au pavillon « arc-en-ciel ». Une femme, qui semble être la responsable de l’équipe mais qui n’a pas voulu se présenter, nous a confié : « Nous sommes en pleine installation. Nous allons exposer des corbeilles, des abat-jours, des lanternes… Tous ces objets sont faits à base de fibre naturelle ». Cette équipe malgache invite les visiteurs à faire un tour dans son stand pour découvrir les merveilles artisanales de son pays.
N’Kpo Charlotte, elle, venait d’arriver sur le site. Elle dit être venue du Bénin. Après quelque temps de recherches, elle trouve enfin son stand au pavillon « pyramide ». Elle compte y écouler des articles cosmétiques faits à base de produits naturels : le savon au curcuma, le savon à base de beurre de karité, de cacao, de noix de coco et bien d’autres produits. Dame N’Kpo espère tirer son épingle du jeu. « Mon souhait est de vendre tous mes articles d’ici la fin du SIAO. J’invite donc les visiteurs à visiter massivement mon stand», a-t-elle dit. Notre interlocutrice ajoute qu’elle avait peur de participer à ce Salon au regard des informations qui étaient données sur la situation sécuritaire du Burkina. Mais laissant tout entre les mains de Dieu, elle dit avoir foi que tout se passera bien et que par la grâce du Tout-Puissant, le péril terroriste prendra fin.
Un peu plus loin dans ce pavillon, Malick Diabaté, arrivé de Bobo-Dioulasso, lui aussi attend la décoration de son stand. Il exposera des objets d’art comme des balafons, des tams-tams, des djembés et des assiettes en bois, entre autres. Il espère faire une bonne recette avec ses expositions.
Dans l’ensemble, les participants prient pour que tout se passe dans de bonnes conditions.
Rappelons que la 16e édition du SIAO avait été annulée en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19. Ensuite, il avait été prévu du 28 octobre au 6 novembre 2022, puis il avait été reporté après le coup d’Etat du 30 septembre 2022, selon un communiqué du secrétaire général du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des petites et moyennes Entreprises dans l’optique d’attendre la mise en place du gouvernement de transition.
La dernière édition du SIAO, à savoir la 15e, a eu lieu du 26 octobre au 4 novembre 2018.
Le mardi 17 janvier 2023, le chef d’état-major général des armées, le colonel major David Kabré, avait lancé un appel aux personnes de bonne volonté à mobiliser des moyens logistiques nécessaires à titre gratuit ou à prix social, afin de permettre aux forces armées nationales d’assurer le ravitaillement des populations dans les zones d’insécurité. Le samedi 21 janvier 2023, l’Agence d’Information du Burkina informait sur sa page Facebook que des propriétaires de camions réclameraient deux millions de FCFA par véhicule pour le transport des vivres dans les zones à fort défi sécuritaire. Suite à cette information, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec le président national de la Faîtière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB), Issoufou Maïga, à ce sujet. Il nous donne sa version des faits dans cette interview.
Radars Info Burkina : Comment avez-vous accueilli l’appel du chef d’état-major général des armées à aider au ravitaillement des zones à fort défi sécuritaire ?
Issouf Maïga : Nous avons répondu favorablement à l’appel de l’armée et nous lui avons disponibilisé 26 camions à titre gratuit depuis la semaine dernière, mais il se trouve qu’elle en veut plus.
Radars Info Burkina : Comme l’armée veut beaucoup plus de camions, quelles résolutions avez-vous prises à votre niveau ?
Issouf Maïga : Nous avons eu des échanges avec les autorités. Lors de ces échanges, nous leur avons expliqué comment nous mobilisons les camions et à combien nous revient un camion. Nous leur avons dit que pour mettre un camion à leur disposition, nous dépensons deux millions (2 000 000) de FCFA et que si elles veulent plus de camions, nous sommes prêts à les accompagner.
Radars Info Burkina : Que répondez-vous à cette information selon laquelle des transporteurs réclameraient deux millions par camion ?
Issouf Maïga : Nous n’avons pas signé de contrat avec eux, nous n’avons pas déposé non plus de facture pro forma à leur niveau. Nous leur avons expliqué tout simplement comment nous faisons pour mobiliser les camions.
Si les autorités sont donc intéressées et pensent que les deux millions que nous avons dépensé par camion dépassent leurs capacités, le minimum c’est de nous dire combien elles peuvent consentir comme effort pour qu’ensemble nous voyions ce qu’on peut faire. Mais tel que c’est fait, on a tendance à croire que c’est une accusation.
Nous ne savons vraiment pas comment qualifier cela, nous ne comprenons pas l’intention. Nos interlocuteurs ont eu à lancer un appel et la faîtière les a rencontrés pour mettre effectivement 26 camions à leur disposition à titre gracieux. Ils ont souhaité en avoir plus et nous leur avons juste expliqué comment nous mobilisons les camions.
Aucune association n’a ses propres biens ! Ce sont les membres qui s’organisent pour faire face à toute demande. Mais si la demande est au-dessus de leurs capacités, permettez-leur au moins de s’expliquer.
Maintenant s’ils pensent qu’on ne doit pas leur expliquer, nous sommes vraiment limités. Nous ne pouvons pas aller dans le garage de quelqu’un prendre son véhicule sans son accord. Les véhicules déjà mis à la disposition de l’armée ont été entièrement financés par la Faîtière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB) à travers des contributions exceptionnelles que nous avons faites et continuons de faire. Excepté le gasoil, l’armée n’a pas payé 1 franc.
Donc ça nous a étonné d’apprendre à travers les médias que des propriétaires de camions réclameraient deux millions (2 000 000) FCFA pour le transport des vivres. Une réclamation, c’est comme si c’était un dû, pourtant ce n’est pas le cas.
Radars Info Burkina : N’est-ce pas un problème de communication ou de compréhension entre la faîtière et le gouvernement ?
Issouf Maïga : On nous a demandé quelle pouvait être la faisabilité et nous avons expliqué les conditions sur le terrain. Ils n’ont pas manifesté leur accord ou désaccord, ils n’ont pas donné un ordre de commande, aucune proposition écrite n’a non plus été faite. Il n’y a pas d'engagement. Nous n’avons pas signé de contrat où on peut dire que nous avons encaissé de l’argent.
Radars Info Burkina : Comment avez-vous pu convaincre les transporteurs ?
Issouf Maïga : Vu que nous sommes le patronat des transporteurs et que la demande émane de l’Etat, comme nous ne pouvons pas prendre gratuitement leurs camions, nous leur avons proposé deux millions de francs pour qu’ils partent avec le convoi. C’est ainsi que certains transporteurs ont accepté de donner leurs camions avec tous les risques que cela comporte.
Car ce sont bien des risques que nous prenons parce que le besoin du gouvernement est pour une destination inconnue, un temps non maîtrisé. Au-delà des risques, les coûts que nous avons supportés représentent les 2/3 du coût des transporteurs sur le terrain.
Par exemple, actuellement il est impossible d’avoir à moins de trois millions de francs la location d’un véhicule Ouaga-Djibo. Le transport d’une tonne de marchandises coûte 75 000 FCFA. Donc pour un camion de 40 tonnes, ça fait trois millions.
Radars Info Burkina : La FUTRB est-elle prête à continuer d’accompagner le gouvernement ?
Issouf Maïga : Nous restons dans la dynamique consistant à aider l’Etat. Si demain nous avons la possibilité de mobiliser d’autres camions, nous le ferons mais si les bonnes volontés voient que leurs efforts ne sont pas reconnus, cela va les démoraliser. Néanmoins, la sécurité est l'affaire de tous, donc on ne se découragera pas.
Par lettre adressée aux autorités françaises, le gouvernement du Burkina Faso dénonce l'accord de coopération militaire de 2018 entre les deux Etats. La même lettre exige le départ de la force militaire française présente sur le sol burkinabè.
Cette décision forte, claire et courageuse est en phase avec la doctrine défendue par les gouvernants actuels.
Je ne connais pas les contours exacts de ce qui a motivé cette décision mais dénoncer un accord international est quelque chose de tout à fait courant et normal. Récemment d’ailleurs, la Secrétaire d'Etat française au développement avait dit qu'il appartenait aux autorités burkinabè de décider de l'avenir de l'accord de coopération militaire de 2018. Avec cette lettre, on peut dire qu'elle a été bien entendue.
Cette lettre s'inscrit dans une longue tradition des relations entre le Burkina Faso et la France dans le domaine militaire. Déjà, au lendemain des indépendances, les autorités politiques du Burkina Faso avaient dit non à la présence militaire française. Elle est également en phase avec une bonne partie de l'opinion publique burkinabè.
A titre personnel, sans entrer dans une surenchère inutile, j’ai toujours défendu l'idée qu'il n'est pas admissible qu'une armée étrangère soit présente sur le territoire d'un autre État souverain. La seule exception admissible, c'est l'hypothèse dans laquelle l'autorisation est donnée par le Parlement. Or, une des faiblesses de ces accords avec la France, et bien d'autres pays, c’est qu'ils ont été pris sans l'aval du parlement, et dans une opacité totale.
L’opinion publique est donc fondée légitimement à les rejeter. La France, elle-même, ne devrait pas rougir de cela. Dans ce pays, il n'est pas concevable que des forces étrangères interviennent sans l'autorisation du Parlement. Il faut appliquer la réciprocité.
Dans le projet de constitution de la Ve République, de tels accords passeraient désormais devant le parlement pour être adoptés. Si ces aspects sont maintenus dans la nouvelle constitution, la ratification par le Parlement leur donnerait plus de transparence et de légitimité.
La coopération militaire a des domaines divers : formation, renseignements, logistiques. Il y a nécessairement matière à coopérer. Il n’y a aucune raison d'en faire une affaire singulière. Je souhaite le retour à un climat de sérénité et de respect mutuel dans nos rapports avec la France et tous nos partenaires afin d’établir des axes de coopération correspondant à nos attentes et à nos besoins réels. Nous sommes dans un monde d'interdépendance. Nous avons en commun des valeurs sur lesquelles, il faudra écrire les nouvelles pages de la coopération dans le seul intérêt des peuples et des nations.
Machiavel dans son traité de politique Le prince, disait que les meilleures troupes, les meilleures armes sont celles nationales. Autrement dit, seuls les citoyens organisés en armée nationale, avec leurs propres armes, peuvent fidèlement et loyalement défendre la patrie. Voilà le défi que nous Burkinabè devrions relever ensemble unis et solidaires. Tout le reste n'est qu’illusion !
L’identification de nouvelles sources de résistance à la maladie des taches brunes causée par C. capsici constitue un espoir et permettrait le développement de nouveaux matériels génétiques plus résistants avec des caractéristiques agronomiques plus intéressantes. La sélection à partir de ces variétés résistantes passe par une meilleure compréhension du mode de transmission des gènes de résistance, de leur nombre et de leur mode d’action. Chez le niébé, un seul gène récessif désigné rcc1, impliqué dans la résistance aux taches brunes chez la variété résistante IT82E-16 cultivée au Nigeria a été rapporté. Au Burkina Faso, des variétés de niébé résistantes à différents isolats de C. capsici ont été identifiées et constituent un espoir pour l’amélioration de variétés élites. Le présent document de vulgarisation a pour objectif de contribuer à une meilleure connaissance des gènes et QTLs associés à la résistance du niébé à C. capsici. Il permettra d’une part de proposer une nomenclature aux différents gènes et QTLs et d’autre part, d’orienter le travail des sélectionneurs, généticiens, phytopathologistes dans le choix des sources de résistance.
Méthodologie
Des populations F2 et Backcross issus de croisements entre variétés sensibles (femelles) et résistantes (mâles) ont été utilisées. Le groupe des variétés sensibles de niébé est constitué des variétés Tiligré (KVx775-33-2G), KVx61-1, KVx396-4-5-2D et Bambey 21. A l’opposée, le groupe des variétés résistantes étaient constitué de KN-1, Moussa Local, Donsin local et IT93K-503/46-13. Les populations issues des différents croisements ont été évaluées en serre sous inoculation de trois isolats de C. capsici au Burkina Faso. Les symptômes de taches brunes ont été observés et ont permis de classer les individus en phénotypes sensibles et résistantes sur la base de la sévérité de la maladie. La génétique classique qui utilise la Loi de Mendel et les rapports de ségrégation phénotypique a été utilisée pour déterminer la nature et le nombre de gènes impliqués dans la résistance. Par ailleurs, des échantillons de feuilles issus de la population F2 issus du croisement entre Tiligre et KN-1 ont été transférés à Timko Lab à l’Université de Virginie pour être génotyper par séquençage. L’analyse d’association marqueur-phénotype a été utilisée pour la détection et la confirmation de QTL chez la variété KN1. En se basant sur le concept “gène pour gène” développé par Flor (1945) et la nomenclature proposée par Abadassi et al. (1987), plusieurs gènes et un QTL associés à la résistance ont été identifiés.
Résultats
Au terme des investigations de la présente étude, des gènes de nature différente ont été mis en évidence. En effet, chez la variété Donsin local, la résistance est sous le contrôle d’un gène à dominance partielle. Ce gène qui contrôle la resistance à l’isolat C.cap-SA de C. capsici a été désigné Rcc1 (resistance to Colletotrichum capsici, dominant gene 1). Chez la variété Moussa local, la résistance est monogénique et contrôlée par un gène majeur dominant Rcc2. (resistance to Colletotrichum capsici, dominant gene 1). Par contre, chez la variété IT93K-503/46-13, un gène récessif majeur désigné rcc2 (resistance to Colletotrichum capsici, recessive gene 2) a été identifié dans la résistance à l’isolat C.cap-PO de C. capsici. Chez la variété KN-1, la résistance à l’isolat C.cap-SA est contrôlée par deux ou plusieurs gènes à effet quantitatif. Ces gènes ou QTL ont été identifiés sur le chromosome Vu02 du niébé. Le QTL mageur dominant a été désigné qBBDR2.1 (QTL for brown blotch disease resistance located on chromosome 2 number 1) (Figure 1).
Conclusion
La présente étude a permis de mettre en évidence plusieurs gènes de nature différente et un QTL de résistance associée à la maladie des taches brunes. La connaissance de ces gènes et QTL de résistance permettra de renforcer les programmes de sélection variétale et de développer de nouveaux génotypes résistants de niébé à partir des sources de résistance prometteuses identifiées.
1: CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Génétique et Amélioration des Plantes (LAGAMEP), Ouagadougou, Burkina Faso
2: Université Joseph KI-ZERBO/ Laboratoire Biosciences, Ouagadougou, Burkina Faso
3: University of Virginia/ Timko Lab, Department of Biology., Virginia, USA
*Adresse de l’auteur correspondant: Thio Ibié Gilles, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Références bibliographiques
Abadassi, J.A., Singh, B.B., Ladeinde, T.O.A, Shoyinka, S. A. and Emechebe, A. M. (1987). Inheritance of resistance to brown blotch, septoria leaf spot and scab in cowpea (Vigna unguiculata (L.) Walp.). 47:299-303.
Flor, H.H. 1942. Inheritance of pathogenicity in melampsora. Phytopathology, 32:653–69.
Thio, I. G., Tignegre, J. B., Drabo, I., Batieno, J. T. B., Zida, E. P., Sawadogo, M., Sereme, P., Ohlson, E. W., & Timko, M. P. (2021). Inheritance and detection of QTL in cowpea resistance to brown blotch disease. Journal of Plant Breeding and Crop Science, 13(3), 123-135.
Thio, I.G., Ouédraogo, N., Zida, W.F.M.S., Batieno, T.B.J, Zida, P.E., Tignegre, J.-B., Ouédraogo, T.J., Sawadogo, M., Sérémé P., Ohlson, W.E. and Timko, P.M., 2021. Confirmation de QTL et validation de marqueurs SNPs associés à la résistance du niébé à Colletotrichum capsici, agent responsable de la maladie des taches brunes. Int. J. Biol. Chem. Sci. 15(3): 909-922.
« Des chercheurs qui cherchent on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. » Cette assertion est battue en brèche au pays des hommes intègres car ici, on a bel et bien des chercheurs qui trouvent et dont les résultats des travaux concourent, entre autres, à l’amélioration des rendements agricoles. Lisez plutôt.
1.Introduction
Les nématodes parasites ont été signalés comme l'une des principales contraintes à la production de soja dans le monde. La majorité des nématodes sont dits "libres" et se nourrissent principalement de bactéries, champignons, protozoaires et autres nématodes. Au Burkina Faso, la présence de nématodes parasites dans des cultures telles que le riz, le sorgho et le niébé a été rapportée. Parmi les nématodes phytoparasites, les nématodes des racines tels que les espèces Meloidogyne incognita, Meloidogyne javanica et Meloidogyne arenaria causent d'énormes dégâts à la production de soja. Ces dommages entraînent des pertes de rendement allant de 18 à 56 % de la production. Plusieurs facteurs tels que le nombre de nématodes (densité et abondance), leur virulence, la résistance ou la tolérance de la plante hôte, le climat, la disponibilité de l'eau, le type de sol, la fertilité du sol et la présence d'autres maladies contribuent à aggraver les dégâts des nématodes. L'objectif de cette étude était d'identifier les principaux genres et espèces de nématodes parasites associés à la production de soja au Burkina Faso. Des investigations ont été menées sur 24 génotypes appartenant au groupe de maturité variétale moyen de soja à la station de recherche de Farako-Bâ.
Méthodologie
Des investigations ont été menées sur 24 génotypes du groupe de maturité variétale moyen du soja à la station expérimentale de Farako-Bâ (DRREA- Ouest, Burkina Faso). Des prélèvements d’échantillons de sol ont été réalisés sur le sol de l’essai avant son installation. A la récolte, des prélèvements de sols avec les racines ont été effectués sur chaque génotype représenté par les parcelles élémentaires.L’échantillon composite est représenté par 4 lots d’échantillons de sol avec les racines. Les échantillons étiquetés ont été transférés au Laboratoire de Nématologie pour extraction et comptage. Après la transformation des données brutes en Log10(X+1) où X est la donnée observée, une analyse de variance (ANOVA) a été réalisée à l’aide du logiciel GenStat Release 12.1 sur toutes les variables. Les analyses de la variance (ANOVA) ont été réalisées à l’aide du logiciel GenStat Edition 12 et le test de Duncan pour la séparation des moyennes en cas de différences significatives (au seuil 5 %) des caractères étudiés.
Résultats
Principaux genres et espèces de nématodes associés à la culture du soja
L'analyse nématologique des échantillons de sol et de racines de lignées de soja a révélé la présence de sept (07) genres de nématodes phytoparasites qui sont les genres Meloidogyne, Pratylenchus, Helicotylenchus, Scutellonema, Xiphinema, Tylenchorhynchus et Paratrichodorus. Les résultats de l'inventaire ont révélé que les genres Pratylenchus, Helicotylenchus et Scutellonema étaient les plus importants en termes de fréquence et d'abondance. L'espèce Pratylenchus brachyurus représentait la densité la plus élevée avec 7805 nématodes/dm3 suivie par Helicotylenchus dihystera avec 362 nématodes/dm3 et Scutellonema cavenessi avec 251 nématodes/dm3. La densité la plus faible a été observée chez l’espèce Paratrichodorus minor avec 1,39 nématodes/dm3. Les espèces du genre Paratrichodorus sont en générale polyphages et favorisent la transmission des maladies virales. Le tableau 1 présente les différents genres de nematodes parasites rencontrés et leurs fréquences.
Tableau 1: Les principaux genres de nématodes parasites, leur fréquence et leur abondance
Genres
Fréquences (%)
Abondance
Nematodes du sol
Nematodes racinaires
Nematodes des sols
(N/dm3 de sol)
Nematodes racinaires
(N/g de racine)
Pratylenchus
100
100
7804,86
61,68
Helicotylenchus
65,28
65,28
361,81
3,41
Scutellonema
50
50
250,69
2,73
Tylenchorhynchus
29,16
-
21,53
-
Xiphinema
34,72
-
29,86
-
Meloidogyne
9,72
-
7,64
-
Paratrichodorus
1,38
-
1,39
-
3.2. Interaction entre les nématodes parasites du sol et les génotypes de soja
Les résultats des analyses de variance (ANOVA) n'ont indiqué aucune différence significative entre les génotypes de soja pour les densités de population de nématodes du sol et des racines appartenant aux genres Pratylenchus, Helicotylenchus et Scutellonema. Cependant, parmi les lignées de soja, les génotypes TGX1989-19F et TGX2015-1E étaient les moins infestés aux nematodes parasites du genre Pratylenchus présents dans le sol avec respectivement 2233 et 2250 N/dm3 de sol. Le génotype TGX2027-1E a été le plus attaqué avec 17 000 N/dm3 de sol. Pour les communautés d'Helicotylenchus présentes dans le sol, les génotypes G175, TGX2016-3E, TGX2017-6E et TGX2025-6E ont montré les niveaux d'infestation les plus faibles tandis que les densités les plus élevées ont été observées chez la variété témoin G197 soit 800 nématodes/dm3 de sol. Pour les communautés de Scutellonema présentes dans le sol, les valeurs moyennes des densités de population étaient significativement faibles par rapport aux deux premiers genres. Les génotypes TGX2008-4F et TGX2019-1E ont présenté les niveaux d'infestation les plus bas.
3.3. Interaction entre les nématodes parasites des racines et les génotypes de soja
Au niveau racinaire, les densités de population étaient très faibles par rapport à celles présentes dans le sol. Les genres Pratylenchus et Helicotylenchus étaient les plus représentatifs avec respectivement une moyenne de 61,68 et 2,73 N/g de racines. Pour la communauté Pratylenchus, le génotype TGX2025-10E a montré le niveau d'infestation le plus faible avec 16,56 N/g de racine. Il a été suivi par les génotypes TGX2025-6E et TGX2027-1E avec respectivement 21,18 et 21,78 N/g de racine. Le génotype TGX2011-6F a enregistré la valeur de densité la plus élevée de 202,81 N/g de racine. Pour les communautés de nématodes du genre Scutellonema, les génotypes TGX2017-5E, TGX2016-3E et TGX1989-19F étaient exempts d'infestation (0 N/g de racine) tandis que la variété TGX2016-4E a montré le niveau d'infestation le plus élevé avec 7,58 N/g de racine.
Conclusion
Aux termes des investigations, 7 genres de nématodes phytoparasites associés au soja ont été identifiés au Burkina Faso. Il s’agit des genres Meloidogyne, Pratylenchus, Helicotylenchus, Scutellonema, Xiphinema, Tylenchorhynchus et Trichodorus. Parmi ces genres, Pratylenchus, Helicotylenchus et Scutellonema étaient les plus répandus en termes de fréquence et d’abondance. La présence de nématodes parasites dans les sols et les racines du soja constitue une menace sérieuse pour la production de soja au Burkina Faso et pourrait compromettre les systèmes de culture en rotation avec des céréales comme le sorgho et le maïs. Toutefois, des génotypes de soja moins sensibles au genre Pratylenchus connu très pathogène ont été identifiés. Il s’agit principalement des génotypes TGX2025-10E, TGX2023-3E et TGX2025-14E. Ces génotypes constitueraient des sources potentielles de résistance et pourraient être exploité dans un schéma d’amélioration variétale du soja contre des espèces de nématodes parasites comme Pratylenchus brachyurus.
Thio Ibié Gilles1, 2, 3*, Thio Bouma2, Ouédraogo Nofou1, 3, Nikiema W. Fabrice1, 2, 3, Drabo Inoussa1, 3, Pierre Alexandre Eric Djifaby Sombié1, Oumar Boro1, Sawadogo Mahamadou1, 3 et Sérémé Paco2
1 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Génétique et d’Amélioration des Plantes (LAGAMEP) Ouagadougou, Burkina Faso
2 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Protection et Défense des Cultures (LAPRODEC) Ouagadougou, Burkina Faso
3: Université Joseph KI-ZERBO/ Laboratoire Biosciences, Ouagadougou, Burkina Faso.
*Adresse de l’auteur correspondant: Thio Ibié Gilles, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Références Bibliographiques
Thio, I.G., Ouédraogo, N., Drabo, I., Essem, F., Neya, F.B., Sombié, P.A.E.D., Nikiema, F. W., Boro, O., Thio, B., Néya, J.B., Zagré, B. M., Sawadogo, M., & Sérémé, P. (2022). Evaluation of medium maturity group of soybean (Glycine max L. Merr.) for agronomic performance and adaptation in Sudanian zone of Burkina Faso. African Journal of Agricultural Research, 18(4), 264-275.
Thio, I.G., Thio, B., Ouédraogo, N., Essem, F., Drabo, I., Boro, O., Nikiema, W.F., Sombié, P.A.E.D., Yago, D., Bama, B.H., Sawadogo, M. and Sérémé, P. (2023). Evaluation of Soybean Genotypes (Glycine max L. Merr.) Susceptibility to Parasitic Nematodes in Western Part of Burkina Faso. Agricultural Sciences, Vol. 14(1), 23-34.
« Des chercheurs qui cherchent on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. » Cette assertion est battue en brèche au pays des hommes intègres car ici, on a bel et bien des chercheurs qui trouvent et dont les résultats des travaux concourent, entre autres, à l’amélioration des rendements agricoles. Lisez plutôt.
1.Introduction
Le riz (Oryza sativa L.) est une culture vivrière importante et une source de revenus pour de nombreux ménages agricoles en Afrique. La demande de riz en Afrique subsaharienne augmente plus rapidement que la production. Au Burkina Faso, le riz occupe la 4ème place parmi les céréales cultivées, tant du point de vue des superficies que de la production. Pour accroître la production et réduire les importations, des stratégies nationales de développement de la riziculture ont été mises en place et ont consisté notamment à l’aménagement et l’exploitation, l’organisation, l’encadrement et le suivi des producteurs par les techniciens de l’agriculture et les différentes structures habilités ainsi que la poursuite des subventions pour les intrants agricoles dont les fertilisants et les semences améliorées. Malgré cet essor de la production, la riziculture burkinabè reste confrontée à des défis majeurs liés aux effets de facteurs abiotiques (températures défavorables, inondations, sècheresse, etc.) et biotiques (maladies, insectes, oiseaux, mauvaises herbes). Parmi les maladies fongiques du riz, le gigantisme du riz (Bakanae), est causé par des espèces de Fusarium appartenant au complexe Gibberella fujikuroi. L’analyse de la mycoflore des grains de différentes variétés de riz a mis en évidence des espèces fongiques très diversifiées, notamment celles du genre Fusarium, au Burkina Faso. Cependant, au plan national, peu d’informations existent sur le gigantisme, son expansion géographique et les principales espèces fongiques impliquées dans l’infection. Le présent document de vulgarisation est une contribution à une meilleure connaissance de la maladie, de sa prévalence, de son incidence et de la distribution de Fusarium spp. associés aux semences de riz produites au Burkina Faso. Ce document est destiné aux phytopathologistes, aux agents de l’agriculture, aux producteurs du riz et aux chercheurs des autres disciplines.
Matériel et méthodes
Les opérations de collecte d’échantillons de semences de riz ont été conduites en 2018 à travers tout le pays et ont concerné différentes localités situées dans les trois zones climatiques. Elles ont été réalisées dans 59 sites localisés dans 31 provinces. Au laboratoire, un échantillon de travail constitué de 400 grains a été prélevé à partir de chaque échantillon de semences, pour l’étude et le reste des semences a été stocké dans un réfrigérateur et conservé à 4 °C. La méthode standard du papier buvard a été utilisée pour détecter les champignons du genre Fusarium capables de se développer sur les semences en présence d’humidité. Quatre cent (400) semences pures de chaque échantillon ont été disposées dans des boîtes de Pétri (90 mm de diamètre) contenant trois couches de papier buvard humidifié, à raison de 25 grains par boîte. Les Fusarium présents sur chaque grain, quelle que soit l’espèce, ont été notés et le pourcentage de grains infectés par Fusarium spp. a été calculé pour chaque échantillon de semences selon la formule: Ti (%) = [(Nombre de grains infectés par Fusarium) / N] X 100. Où Ti = Taux d’infection des semences par Fusarium spp. N= Nombre total de grains examinés par échantillon de semences (N=400). Les données sur la prévalence et le taux d’infection des semences de riz par Fusarium spp. ont été soumises à des analyses de variance (ANOVA) à l’aide du logiciel SAS. La séparation des moyennes a été faite par le test de Newmans Keuls au seuil de 5%.
Résultats
Résultats de la collecte des échantillons de semences
Au total, 59 échantillons de semences ont été collectés dans 59 localités réparties dans les trois zones agro-écologiques du pays. Parmi ces échantillons de semences, 36 échantillons (soit 61,02%) proviennent de la zone soudano-sahélienne, 18 échantillons (soit 30,51%) proviennent de la zone soudanienne et 5 échantillons (soit 8,47%) proviennent de la zone sahélienne.
Prévalence de Fusarium spp. sur le riz et taux d’infection de semences produites au Burkina Faso
Les résultats portant sur les niveaux d’infection des semences des différents échantillons par Fusarium spp. ont été présentés dans le Tableau 1. Sur l’ensemble des 59 échantillons de semences collectés à travers le pays, Fusarium spp. a été détecté sur 48 échantillons, soit un taux de prévalence national de 81,35%. Sur les 48 échantillons de semences infectés par Fusarium spp. 32, 12 et 4 proviennent respectivement de la zone soudano-sahélienne, de la zone soudanienne et de la zone sahélienne, ce qui correspond à des taux de prévalence respectifs de 88,89%, 66,67% et 80% observés dans lesdites zones (Tableau 2). Les champignons ont été rencontrés dans les semences dans toutes les zones agroécologiques à des taux moyens d’infection compris entre 1,40% et 7,72%. Les semences produites dans la zone sahélienne, avec 1,4% de taux moyen d’infection, ont été statistiquement moins contaminées par Fusarium spp. que celles produites dans les zones soudano-sahélienne (7,72% de taux moyens de contamination) et soudanienne (3,00%).
Tableau 1: Prévalence de Fusarium spp. sur le riz produit au Burkina Faso en 2018 et niveauxd’infection des semences par ces champignons.
Zones de collecte des échantillons
Nbr. d’échantillons collectés
Nbr. d’échantillons contaminés par Fusarium spp.
Taux de prévalence
de Fusarium spp. (%)
Taux moyen d’infection des semences par Fusarium spp. (%)
Zone Sahélienne
5
4
80,00
1,40 b
Zone Soudano-sahélienne
36
32
88,89
7,72 a
Zone Soudanienne
18
12
66,67
3,00 b
Total
59
48
81,35
-
Moyenne
-
-
-
5,74
Valeur de p
-
-
-
<0,0001
Les valeurs suivies d’une même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5% selon le test de Newman Keuls.
Taux d’infection des semences par Fusarium spp. selon la variété d’appartenance des échantillons de semences
Les échantillons de semences collectés proviennent de sept variétés de riz dont six améliorées et une locale. Il s’agit de: FKR19 (35 échantillons de semences), FKR45N (3 échantillons), TS32 (15 échantillons), FKR56 (3 échantillons), et, FKR78, NERICA4 et la variété locale (Tableau 2). Pour chaque variété, le nombre d’échantillons de semences contaminés par Fusarium spp. a été le suivant: 30 échantillons (soit 85,71%) pour FK19; 13 échantillons (86,67%) pour TS2 ; deux échantillons (66,67%) pour FKR56; un échantillon (33,33%) pour FKR45N; un échantillon (100%) pour FKR78 et NERICA et enfin zéro échantillon (0%) pour la variété locale. La variété locale est l’unique échantillon collecté à être exempte d’infection. Les niveaux d’infection des semences des différentes variétés par Fusarium spp. ont varié de 0 à 6,90% (Tableau 2). Les analyses statistiques n’ont indiqué aucune différence significative entre ces taux d’infections. La variété locale n’a pas été infectée par Fusarium spp. comparativement aux variétés améliorées.
Tableau 2: Pourcentages d’échantillons de semences contaminés et taux d’infection des semences par Fusarium spp. selon la variété d’appartenance des échantillons de semences.
Variétés de riz
Nombre d’échantillons
collectés
Nombre d’échantillons contaminés
% d’échantillons contaminés par Fusarium spp.
Taux d’infection
des semences par Fusarium
FKR19
35
30
85,71
6,90 a
FKR45N
3
1
33,33
5,00 a
TS2
15
13
86,67
4,90 a
FKR56
3
2
66,67
2,00 a
FKR78
1
1
100
2,00 a
NERICA4
1
1
100
1,00 a
Var.locale
1
0
0
0,00 a
Moyenne
-
-
-
5,74
Valeur de p
-
-
-
0,1495
Les valeurs suivies d’une même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5% selon le test de Newman Keuls.
Conclusion
L’étude a montré que 81,35% des échantillons de semences de riz collectés au Burkina Faso ont été contaminés par Fusarium spp. chaque échantillon contenant en moyenne 5,34% de semences infectées. Elle fournit également des indications sur la qualité sanitaire des semences de riz produites dans le pays. Il est important de mettre en place un système de gestion phytosanitaire pour réduire cette prévalence des agents pathogènes afin de permettre aux riziculteurs de produire des semences de qualité et de prévenir une éventuelle épidémie de maladies telle que le gigantisme du riz.
1 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Génétique et d’Amélioration des Plantes (LAGAMEP) Ouagadougou, Burkina Faso
2 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Protection et Défense des Cultures (LAPRODEC) Ouagadougou, Burkina Faso
3 : Université Joseph KI-ZERBO/ Laboratoire Biosciences, Ouagadougou, Burkina Faso.
*Auteur correspondant ; E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tél : +226 76 33 99 22
Références Bibliographiques
Nikiema, W. F., Zida, E. P., Thio, I. G., Nitiéma, W. L., Koita, K., & Sawadogo, M. (2020). Incidence de Fusarium spp. associés aux semences de riz (Oryza sativa L.) au Burkina Faso. Int. J. Biol. Chem. Sci. 14(6): 2160-2171.
Ouedraogo I., Wonni I., Sérémé D., Kaboré K.B. (2016). Survey of Fungal Seed-Borne Diseases of Rice in Burkina Faso. International Journal of Agriculture Innovations and Research, 5(3): 476-480.
van Oort, P.A.J., Saito, K., Tanaka, A., Amovin-Assagba, E., Van Bussel, L.G.J., van Wart, J., de Groot, H., van Ittersum, M.K., Cassman, K.G., Wopereis, M.C.S. (2015). Assessment of rice self-sufficiency in 2025 in eight African countries. Global Food Security, 5:39-49.
« Des chercheurs qui cherchent on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. » Cette assertion est battue en brèche au pays des hommes intègres car ici, on a bel et bien des chercheurs qui trouvent et dont les résultats des travaux concourent, entre autres, à l’amélioration des rendements agricoles. Lisez plutôt.
1.Introduction
Le soja (Glycine max L. Merr.) est une légumineuse cultivée pour sa graine riche en huile et en protéines végétales Il constitue la quatrième culture la plus importante au monde en termes de production et de superficie récoltée. La production mondiale de soja a explosé depuis 40 ans et a connu une croissance annuelle moyenne bien plus rapide que celle des céréales (+5% par an pour le soja, 2% pour le blé, 3% pour le maïs). Au Burkina Faso, le soja a été choisi en 2006 par le gouvernement comme culture stratégique avec une production annuelle estimée à près de 50 000 tonnes /an. Malgré l'importance de la culture du soja, les rendements sont faibles et les producteurs n’arrivent pas à tirer profit de cette culture oléagineuse. Plusieurs facteurs dont la déhiscence des gousses, les maladies dues aux bioagresseurs, la sècheresse contribuent à réduire les rendements. La recherche de génotypes non déhiscents et adaptées aux conditions climatiques du pays permettra de booster la productivité du soja et d’accroitre significativement les revenus de producteurs. Le présent document de vulgarisation, destiné aux producteurs de soja notamment dans l’ouest du Burkina Faso, est une proposition de lignées introduites de soja résistantes à la déhiscence des gousses et à haut potentiel de rendement. Ces lignées pourront être inscrites aux catalogues national et régional pour faciliter leur vulgarisation.
Méthodologie
Le matériel végétal est composé de 24 lignées de soja dont 21 génotypes introduits à cycle moyen et trois variétés témoins (G175, G196 et G197). Les 24 lignées ont été évaluées à la station expérimentale de Farako-Bâ dans la zone soudanienne du Burkina Faso. Le dispositif utilisé est un alpha Lattice de trois répétitions dont la parcelle élémentaire était constituée de 4 lignes de 4 m séparées entre elle de 50 cm. Des observations ont été effectuées sur 6 paramètres agronomiques. Les analyses de la variance (ANOVA) ont été réalisées à l’aide du logiciel GenStat Edition 12. Les échelles de Bailey et al. (1997) ont été utilisées pour déterminer les classes de sensibilité à la déhiscence des génotypes de soja.
Tableau 1 : Description des paramètres agronomiques
Nom de l’observation/ Caractères
Abréviations
Descriptions
Unité
50 % Floraison
50 % Flo
C’est la date à partir de laquelle 50% des plants de la parcelle élémentaire fleuri
JJ/MM/AA (jour)
Jours jusqu'à maturité (50% Maturité)
50% Mat
c'est à ce moment que 50% des gousses sont passées du jaune au brunâtre ou au gris
JJ/MM/AA (jour)
Hauteur de la plante à la récolte
HP
Hauteur de la plante depuis la base de la tige principale jusqu’au sommet sur 10 plantes centrales de la parcelle élémentaire
cm
Poids de 100 graines
PDS_100 gr
Poids moyen de 100 grains après séchage. Pour chaque variété, compter trois lots 100 grains puis les peser
g
Rendement potentiel
Rdt_pot
C’est la masse de grains des gousses récoltés par hectare
t/ha
Déhiscence (Éclatement des gousses)
Deh_go
1 = 0%, pas de gousses éclatées (R) ;
2 = 25% des gousses éclatées (T ou I)
3 = 50% des gousses éclatées (T ou I)
4 = 75% des gousses éclatées (S)
5 = toutes les plantes éclatées (TS)
%
Résultats
Les résultats de cette recherche ont révélé des différences significatives (𝑃 < 0,05) entre les génotypes de soja pour les cycles de floraison et de maturité, la hauteur des plantes, la déhiscence des gousses et le poids des 100 graines.
Variabilité des jours de floraison et de maturité
Sur les 24 génotypes, 15 ont montré des valeurs inférieures à la moyenne des jours jusqu'à la floraison (51 jours), dont deux témoins (G175 et G197). Pour la maturité 50%, 11 génotypes ont présenté des valeurs inférieures à la moyenne (98 jours). Le génotype témoin G175 avec 78 jours pour le cycle 50% de maturité a confirmé sa précocité (groupe 00). Il est suivi des génotypes TGX2008-4F (89 jours) et TGX2025-14E (91 jours).
Tableau 2: Valeurs moyennes des six paramètres agronomiques chez les 24 lignées de soja
Génotypes
50 % Flo
50% Mat
HP
Deh_go
PDS_100 gr
Rdt_pot
G175 (témoin 1)
45
78
71
42
13
6
G196 (témoin 2)
56
106
60
50
11
2,75
G197 (témoin 3)
49
93
83
25
13
4,79
TGX1987-14F
52
103
108
25
13
2,93
TGX1989-19F
51
93
68
0
10
4,51
TGX1993-4FN
58
101
107
8
12
3,89
TGX2008-4F
47
89
71
0
13
5,22
TGX2009-16F
52
96
78
0
16
4,95
TGX2010-11F
47
92
80
0
14
3,73
TGX2011-6F
58
104
106
0
15
2,97
TGX2015-1E
47
102
72
0
14
2,77
TGX2016-3E
50
99
85
25
13
4,53
TGX2016-4E
50
98
88
0
13
4,33
TGX2017-5E
50
94
109
25
14
4,72
TGX2017-6E
49
105
88
8
15
5,11
TGX2019-1E
48
96
86
25
11
2,40
TGX2020-1E
51
100
86
25
12
3,60
TGX2022-4E
58
111
80
0
14
3,34
TGX2023-3E
58
101
94
0
10
4,43
TGX2025-10E
47
105
64
0
13
4,45
TGX2025-14E
49
91
68
17
13
4,49
TGX2025-6E
52
98
69
0
14
2,68
TGX2025-9E
54
100
99
8
13
1,56
TGX2027-1E
46
102
84
0
14
2,66
Moyen_gén.
51
98
83
12
13
3,87
CV (%)
2
4
20,6
55,8
12,6
50,1
P value
0,001**
0,001**
0,014*
0,001**
0,010*
0,528NS
** : très significatif ; * significatif ; NS : non significatif, au seuil de 5%.
Variabilité de la déhiscence des gousses
Les valeurs moyennes de la déhiscence des gousses ont varié de 0 à 50 % avec une valeur moyenne de l’essai de l’ordre de 12 % (Tableau 2). Au total, 15 génotypes étaient résistants à la déhiscence (0-10 % de gousses éclatées) et 9 génotypes étaient tolérantes ou intermédiaires (11-70 %). Sur les 21 génotypes introduits, 71,43 % étaient résistants à la déhiscence des gousses.
Variabilité du poids des 100 graines
Le poids de 100 graines est un caractère essentiel pour optimiser le rendement et joue également un rôle important dans l'adaptation d'un cultivar et influencerait la vigueur des graines. Plus de 75% des génotypes évalués (y compris deux témoins) ont un poids de 100 graines supérieur ou égal à la moyenne de l’essai (13 g) (Tableau 2). Il s’agirait de génotypes à grosses graines.
Conclusion
Les génotypes de soja évalués dans cette étude ont présenté des caractéristiques agronomiques et une capacité d'adaptation très intéressantes pour la plupart des paramètres. Plusieurs lignées introduites étaient résistantes à la déhiscence des gousses (0-10% de gousses éclatées) et ont enregistré des poids de 100 graines de plus de 13 g et des rendements grains de près de 4 t/ha. Parmi ces lignées, les génotypesTGX2008-4F (5,22 t/ha), TGX2009-16F (4,95 t/ha), et TGX1989-19F (4,51 t/ha) étaient les plus productives avec de grosses graines. La dehiscence des gousses est un paramètre qui est affecté par différents facteurs environnementaux tels qu'un climat sec, une faible humidité, une température élevée et des changements rapides de température. Des études plus approfondies permettront de confirmer l’adaptabilité de ces génotypes dans différents zones agro-écologiques du pays et faciliteront leur adoption par les producteurs.
Thio Ibié Gilles1, 2, 3*, Ouédraogo Nofou1, 3, Nikiema W. Fabrice1, 2, 3, Drabo Inoussa1, 3, Thio Bouma2, Pierre Alexandre Eric Djifaby Sombié1, Oumar Boro1, Néya Bouma James2, Zagré M’bi Bertin1, 3, Sawadogo Mahamadou1, 3 et Sérémé Paco2
1 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Génétique et d’Amélioration des Plantes (LAGAMEP) Ouagadougou, Burkina Faso
2 : CNRST/ Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles/ Laboratoire de Protection et Défense des Cultures (LAPRODEC) Ouagadougou, Burkina Faso
: Université Joseph KI-ZERBO/ Laboratoire Biosciences, Ouagadougou, Burkina Faso.
*Adresse de l’auteur correspondant: Thio Ibié Gilles, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Références Bibliographiques
Bailey M.A, Mian M.A.R, Carter T.E., Ashley D.A., Boerma H.R. (1997). Pod dehiscence of soybean: Identification of quantitative trait loci. Journal of Heredity 88(2):152-154.
Thio I.G., Ouédraogo N., Drabo I., Essem F., Neya F. B., Sombié P.A.E.D., Nikiema F. W., Boro O., Thio B., Néya J.B., Zagré B.M., Sawadogo M., Sérémé, P.(2022). Evaluation of medium maturity group of soybean (Glycine max L. Merr.) for agronomic performance and adaptation in Sudanian zone of Burkina Faso. African Journal of Agricultural Research, 18(4), 264-275.
Aujourd’hui en Afrique, et particulièrement au Burkina Faso, en raison de l'urbanisation galopante et de ses corollaires, l’assainissement et la gestion des déchets sont devenus de réelles préoccupations. Au Burkina Faso, les gouvernements successifs et même certaines associations tentent de résoudre ce problème en lançant des expériences nouvelles pour garder les villes propres. Malgré ces énormes sacrifices en matière d’assainissement, la capitale burkinabè ploie toujours sous les ordures, surtout devant certains services publics. Ce jour mercredi 18 janvier 2023, une équipe de Radars Info Burkina s’est rendue à la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), sur le site de la gare internationale de Ouagadougou (OUAGARINTER,) pour faire un constat.
Ce sont des sachets plastiques qui vous accueillent dès l’entrée principale de ce service sis à la Zone d’activités diverses (ZAD). Peu après l’entrée, en direction de l’échangeur de Ouaga 2000, ce sont des tas de cartons qui jonchent le sol. Un peu plus loin, l’on aperçoit des verres plastiques à usage unique, des coquilles d’œufs, des pneus usés, des cartons, sans compter les différents types de sachets de toutes couleurs, des bidons, etc.
Le hic, c'est que ces ordures s’amoncellent en ces lieux malgré les panneaux d’interdiction bien visibles sur le mur d’enceinte où il est écrit : « Interdit de stationner, interdit d'uriner, interdit de jeter les ordures, sous peine d’amende ».
Poursuivant notre marche, nous apercevons un panneau indiquant clairement : « Interdiction de déposer des marchandises ou autres objets ». Malgré cela, des ordures y traînent.
Au regard de cela, l’on est tenté de se poser la question suivante : est-ce l’incivisme qui a atteint son paroxysme ? Sinon, pourquoi un tel comportement ? Mais en poussant la réflexion, l’on se rend compte qu’il n’y a aucun bac à ordures devant ce service, comme dans plusieurs services publics au Burkina. Ainsi, les « déverseurs » de ces ordures pourraient prendre prétexte de cela pour se justifier.
Tout compte fait, le mal est là et persiste. Une sensibilisation de façon continue pourrait amener les auteurs de ces actes inciviques à se ressaisir. A cet effet, l’actualisation de l’opération « mana mana » pourrait probablement y contribuer.
La province du Sourou est caractérisée, depuis décembre 2022, par une nouvelle vague de déplacement de sa population. Les déplacés internes des villages de Bassan, Djiara, Kouy, Mora petit, Dissi, etc., ont ainsi trouvé refuge dans la ville de Tougan. La raison ? Un ultimatum de déguerpissement a été lancé auxdites populations par des individus armés. S’en est donc suivi un exode forcé de la population qui a eu pour conséquence d’accroître le nombre de déplacés internes dans cette ville, déjà confrontée à un problème de prise en charge de ces personnes vulnérables.
Même si elles espèrent pouvoir repartir chez elles dans les prochains jours, en attendant, que faire face à leurs nouvelles conditions de vie à Tougan ? Tel est le souci majeur actuel de ces personnes déplacées internes qui y ont trouvé refuge. Leurs nouveaux hôtes, ainsi que les autorités de la province du Sourou se posent aussi cette question. Face à cette regrettable situation, le haut-commissaire du Sourou a plaidé la cause de ces personnes vulnérables lors d’un don des commerçants de ladite province le 10 janvier 2023. Salif Traoré a dépeint la situation qui prévaut et les dures conditions de ces personnes déplacées internes. « Au cours de mes visites, j’ai constaté que des populations vivent dans le désarroi. Elles sont sans abri et vivent dans des conditions d’hygiène et d’assainissement très déplorables. En somme, elles sont dans une situation de perte de dignité », a déploré le haut-commissaire.
Un habitant de la ville ayant requis l’anonymat, pour des raisons évidentes de sécurité, révèle que les conditions de ces déplacés internes sont difficiles. « Dès les premiers jours de leur arrivée, les foyers qui étaient les tuteurs des élèves ont dû accepter d’accueillir leurs familles aussi chez eux ; une prise en charge inattendue s’installe alors dans ces familles. Ceux qui n’ont pas de logeurs sont laissés à leur propre sort ; ils ne sont à l’abri de rien. Un site n’a pas été véritablement désigné pour les abriter, ils sont disséminés dans la ville. Globalement, ils sont confrontés à des problèmes de nourriture et de médicaments. Des associations humanitaires de la place et des opérateurs économiques récemment ont volé à leur secours mais j’avoue que cela est très minime, vu le nombre important de déplacés », déplore-t-il.
Il a ajouté que les voyages sont temporairement arrêtés en raison de l’insécurité. Conséquence, plusieurs élèves et enseignants sont absents des salles de classe, faute de ne pouvoir retourner dans leurs zones.
Autre fait notable, de nombreux enseignants et élèves venus passer les congés de Noël à Ouagadougou y sont toujours bloqués, eu égard à la dangérosité de la route. C’est le cas d’Issa Paré (nom d’emprunt), obligé de patienter dans la capitale en espérant une amélioration de la situation. Il précise que rien qu’avant-hier, d’après des sources locales, on ne pouvait ni sortir de la ville de Tougan, ni s’y rendre.
La commune de Tougan, chef-lieu de la province du Sourou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, est réputée pour sa forte productivité agricole.
Le mercredi 11 janvier 2023, la Direction générale des impôts (DGI) a annoncé une batterie de nouvelles mesures fiscales. Taxe sur les véhicules à moteur, taxes sur les boissons alcoolisées, les tabacs, les logements, telles sont, entre autres, les contributions attendues des citoyens. L’objectif de cette pression fiscale est de collecter le maximum d’argent pour l'injecter dans la lutte contre le terrorisme, puisque les acteurs sociaux ont refusé le prélèvement de 1% sur leurs salaires, comme l’a précisé le ministre de l’Economie, Aboubacar Nacanabo, à l’issue du Conseil des ministres du 11 janvier 2023. Sur le sujet, Radars Info Burkina a tendu son micro au président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), Dasmané Traoré, ainsi qu’à d'autres citoyens.
Selon le président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), cette décision est préoccupante d’autant plus qu’aujourd’hui nous assistons à une inflation jamais égalée dans notre pays. Cette inflation qui est, entre autres, la somme de l’inflation née de l’apparition de la COVID-19 et éventuellement de la guerre en Ukraine a entraîné des augmentations tous azimuts des prix des produits de première nécessité, à tel point que le consommateur ne peut plus s’approvisionner comme il se doit.
Toujours selon M. Traoré, ces nouvelles taxes sont également préoccupantes parce qu’à l’intérieur du Burkina, les dispositions ne sont pas prises par l’Etat pour atténuer la situation ni même pour suivre les décisions prises par le même État afin que le consommateur, au final, puisse éventuellement bénéficier de cette assistance pour pouvoir résister.
Il ajoute que cet effort qui est demandé aux uns et aux autres dans le cadre de la lutte contre le terrorisme est assez difficile à supporter par le consommateur.
L’imposition de taxes sur les logements par exemple est assez délicate d’autant plus qu’aujourd’hui, toute forme d’imposition se répercute sur les consommateurs parce que le propriétaire du logement ne fera qu’augmenter le loyer à hauteur de la taxe pour pouvoir prélever cette taxe et s’en acquitter, a-t-il poursuivi. « Qui supporte cela finalement ? » s’interroge Dasmané Traoré. C’est bien entendu le consommateur, a-t-il répondu. C’est pourquoi nous, « les consommateurs, nous ne sommes pas pour les taxes imposées au niveau des logements parce que c’est une chose qui viendra augmenter l’inflation qui est déjà à un niveau très élevé, surtout dans la sous-région ».
En outre, selon lui, ces récentes mesures fiscales vont engendrer évidemment de nouvelles inflations. A cet effet, en faisant cas des 14 milliards qui avaient été injectés par le gouvernement pour atténuer la souffrance des populations en juin 2022, il relève que sur le terrain, les consommateurs continuent de subir l’inflation, donc ces nouvelles taxes sont inquiétantes.
« L’inflation va de plus belle au point que ces nouvelles mesures fiscales nous inquiètent parce qu’on ne sait pas à quelle sauce on sera mangé demain. Le commerçant va naturellement satisfaire aux différentes taxes mais étant donné que les taxes constituent des charges, elles seront récupérées, à la vente, sur le consommateur. C’est le consommateur qui va encore payer ces taxes et dans ces conditions, il ne pourra pas s’en sortir », a-t-il déclaré.
Ces mesures fiscales vont tirer l’inflation vers le haut et si d'aventure les contrôles ne sont pas effectifs, le consommateur va beaucoup en pâtir. Les commerçants ne travaillent pas pour perdre et dans ces conditions, toute charge liée aux impôts sera répercutée sur le consommateur.
Par contre, le président de la LCB propose la contribution volontaire pour réunir la somme nécessaire pour la lutte contre le terrorisme.
« Nous n'avons qu'un pays et étant donné qu’il y a des difficultés liées à la sécurité, il faut reconnaître que toute mesure visant la sécurisation des personnes et des biens et des consommateurs de façon générale est la bienvenue. Mais il ne faudrait pas que les solutions proposées portent par la suite préjudice à l’existence même du consommateur. Nous préconisons donc la contribution volontaire qui pourrait être étendue à la diaspora. Cela peut aider à avoir des entrées d’argent pour faire face à ce besoin immense qui permettra d’aller vers la sécurisation totale de notre pays », a-t-il proposé.
Pour un autre citoyen, un fonctionnaire du public ayant requis l’anonymat, ces mesures fiscales sont de trop pour la population au regard de la cherté de la vie. Il propose d’ailleurs en lieu et place des nouvelles taxes imposées une quête volontaire à la manière des églises. « Il faut placer des coffres aux entrées des marchés, des maquis, bars, restaurants, stations-service, services publics comme privés », a-t-il proposé. Selon lui, cela permettrait en un temps record de réunir la somme nécessaire à la lutte contre le terrorisme.
Contrairement à ces deux interlocuteurs, d’autres ne font pas de ce train de nouvelles mesures fiscales un souci. « Ce n’est pas un problème. Comme c’est pour soutenir l’effort de guerre et vaincre le terrorisme, elles ne me posent pas problème », a pour sa part affirmé Jules Ouédraogo, entrepreneur dans le domaine du solaire.