jeudi 5 février 2026

retrosjudicL’année 2022 n’a pas été de tout repos pour l’administration judiciaire. L’actualité a été fort chargée avec le plus emblématique des procès : celui sur l’assassinat de Thomas Sankara. Outre ce dossier marquant, il y a eu les dossiers Dabo Boukary, Ousmane Guiro et lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Radars Info Burkina vous propose une rétrospective de ces affaires judiciaires.

On ne saurait évoquer les faits marquants de l’administration judiciaire au Burkina en 2022 en passant sous silence l’emblématique dossier de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons. Cette affaire a connu son épilogue le 6 avril 2022 au tribunal militaire de Ouagadougou. Les trois principaux accusés étaient l’ancien président du Faso Blaise Compaoré, Hyacinthe Kafando, toujours en cavale, et Gilbert Diendéré. Tous ont été condamnés à la prison à vie.

Le 19 septembre 2022, soit quatre mois après, c’est au tour du dossier Dabo Boukary, étudiant en  7e année de médecine au moment des faits, tué le 19 mai 1990 au Conseil de l’entente, d’être jugé. Dossier inscrit au rôle de la 3e session de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Ouagadougou, Ce procès n’a duré que soixante douze heures, après trente-deux ans d’attente.

Le verdict est tombé le 22 septembre 2022, après que le dossier a été ouvert le 19 septembre 2022.

Le général Gilbert Diendéré, chef de corps du Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Pô, capitaine au moment de la mort de Dabo Boukary, est le principal accusé. A ses côtés comme co-accusés, le lieutenant-colonel  à la retraite Mamadou Bemba et Victor Yougbaré, en cavale.

Au terme du jugement, les trois accusés ont été reconnus coupables de complicité « d’arrestation illégale, de séquestration aggravée et de recel de cadavres ».

Dans cette affaire, le général Gilbert Diendéré a écopé de 20 ans de prison ferme et d’1 million de F CFA d’amende. Le lieutenant-colonel  à la retraite Mamadou Bemba, lui, a été condamné à 10 ans de prison ferme et à une amende d’1 million de F CFA. Victor Yougbaré, jugé par contumace, a été condamné  à 30 ans de prison et à 5 millions de francs d’amende.

Une autre affaire qu’on peut qualifier de feuilleton judiciaire est celle des cantines d’argent d’Ousmane Guiro, ancien directeur général des Douanes, cantines qui contenaient près de 2 milliards de francs CFA. Cet ex-DG des gabelous est poursuivi pour faits de corruption passive, enrichissement illicite et violation de la réglementation des changes depuis 2012.

Arrêté dans la nuit du 1er janvier 2012, puis limogé par décret présidentiel dès le lendemain, l’ex-patron  de cette importante régie financière avait été placé sous mandat de dépôt le 6 janvier 2012,   puis reconnu non coupable « d’enrichissement illicite ». Son procès avait été renvoyé devant la Cour de cassation en juin 2016. Le 25 juillet 2022, le ministère de la Justice annonce enfin la reprise du procès. Le 22 septembre 2022, ce fut sa reprise effective, mais il sera renvoyé  pour manque de pièces.

Le 8 décembre 2022, le dossier est de nouveau renvoyé parce le parquet n’a pas accompli toutes les diligences pour la comparution de toutes les parties. Onze ans après les faits, le dossier  est toujours en attente de jugement.

Le président de la Commission nationale des droits humains (CNDH), Kalifa Rodrigue Namoano, est également poursuivi pour « fraude en matière de commande publique, complicité d’usage de faux et de blanchiment d’argent avec sept autres personnes à ses côtés. Le procureur a requis contre lui une peine d’emprisonnement de 36 mois, dont 12 ferme, ainsi qu’une amende de 12 millions de francs CFA.

Un autre dossier brûlant est l’affaire lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Après 11 mois de détention et plusieurs demandes de mise en liberté provisoire introduites par son avocat, l’intéressé obtient une liberté provisoire le 15 décembre 2022, mais il se retrouvera de nouveau devant le tribunal militaire pour, entre autres, le même chef d’accusation de tentative de coup d’Etat.

2022 aurait été l’année par excellence des dossiers judiciaires emblématiques si le dossier Norbert Zongo avait connu une suite dans la procédure d’extradition du principal accusé dans cette affaire, à savoir François Compaoré, frère cadet de l’ancien président Compaoré. Les yeux restent donc rivés sur les hommes de droit européens, dont la décision pourrait donner un coup d’accélérateur à ce dossier qui n’a que trop duré, même si un jugement par contumace n’est pas à exclure.

Flora Sanou

pnur uneDurant une semaine, Ouagadougou et d'autres villes du Burkina Faso ont subi une pénurie d'essence dans les stations-service suite au communiqué de la SONABHY, publié le 26 décembre 2022, annonçant la limitation de la distribution du Super 91 à 60%. Plusieurs secteurs, particulièrement celui de l’informel, ont été touchés par cette pénurie. Après ce cauchemar, une équipe de Radars Infos Burkina a fait un tour d'horizon dans le monde de l'informel à Ouagadougou, le 11 janvier 2023.

L’univers du secteur informel au Burkina Faso est divers. Il couvre, entre autres, l’électronique, la mécanique, le tissage, la restauration, le commerce, la soudure et la transformation agroalimentaire.

La carence de carburant est venue balayer le dernier espoir de l'année 2022 des acteurs de ce secteur, déjà secoués par l'insécurité et l'inflation grandissante, puisqu'elle est survenue au moment des fêtes de fin d'année.

pnur 2Alassane Nikiéma, trentenaire, est commerçant de volaille à la Patte-d’oie, quartier populaire de Ouagadougou. Bien que les fêtes soient passées, il détient toujours par-devers lui des têtes de volaille, espérant trouver des clients qui les lui achèteront. M. Nikiéma confie que la pénurie de Super 91 a gâché tout son business de fin d'année alors qu’il y avait placé tous ses espoirs, car les fêtes de fin d'année sont le seul moment où il peut véritablement espérer se mettre quelques billets de banque dans les poches afin de pouvoir faire face aux dépenses de fin d'année et préparer la reprise des cours de ses enfants. « Avant, j’allais à Djibo acheter la volaille à un prix abordable et je la revendais ici à Ouagadougou. Malheureusement, je ne peux plus me rendre dans cette partie du pays en raison de l'insécurité. J'ai donc réorienté mes achats vers la province du Sanguié mais là encore, à cause du manque de carburant ce projet est tombé à l’eau. Conséquence, je n'ai pu obtenir que 10 gallinacés, contre 200 l'année dernière. Pire, le marché a été particulièrement morose en fin d’année car les gens n’avaient pas de carburant pour se déplacer, a fortiori aller faire des achats. On a été victime d'un mal alors qu’on n’y est absolument pour rien », a déploré le commerçant.

pnur 3Le marché à légumes n’a pas non plus été épargné par la mévente provoquée par le manque d'essence. Des vendeuses de légumes d’une gare routière située juste à proximité d’une station d'essence de la place, toujours dans le quartier Patte-d’oie, témoignent avoir été victimes du long rang. A les en croire, la file d’attente formée par les Ouagavillois en quête du précieux or noir devant cette station faisait écran et les cachait de leurs clients qui ne sont autres que les riverains de la route. « Non seulement les clients ne se bousculaient pas devant nos étals pour des achats, mais en plus certains de ceux venus chercher du carburant à la station n’hésitaient pas à nous narguer », nous a-t-elles indiqué. « La longue file qui était maintenue toutes les journées, nous avait encerclées durant cette crise. Donc, il fallait lutter pour la sécurité de ses marchandises mais également pour convaincre les quelques rares clients qui venaient pour qu’ils achètent », raconte Edwige Ilboudo, vendeuse de légumes.

Même sort pour cette vendeuse de condiments dans le quartier Wemtenga, Marina Ilboudo. Elle qualifie cette période de manque de carburant de cauchemar et invite le gouvernement à y remédier. Elle a précisé que c'est le marché du 31 décembre et  celui du 1er janvier qui sont les meilleurs jours pour elles dans l'année. Par contre, elle regrette de n’avoir pas eu de condiments à vendre car, explique-t-elle, ses livreurs étaient bloqués dans les provinces par manque de carburant. Pour fidéliser sa clientèle, elle dit avoir cherché un minimum de condiments à double prix afin de les revendre à ses clients à bas prix. Mme Ilboudo continue en racontant que les produits de certaines de ces collaborateurs ont fini par pourrir car les clients n'ont pas pu effectuer le déplacement. « Des crédits pour le marché de fin d'année peinent à être remboursés parce que, les intéressés n'ont pas eu de carburant pour venir chercher les produits commandés », a-t-elle révélé.

Un jeune homme ayant requis l'anonymat nous informe qu'il s’est retrouvé quelque temps au chômage à cause du manque du précieux liquide, car n'ayant pas de carburant pour sa machine de lavage de motos, quand bien même il aurait veillé par moments à la station.

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 Il lâche : « Ma fête a été gâtée et j'ai failli perdre ce métier que j'exerce. »

Le styliste Kassoum Diabaté, installé à Nonsin, affirme que satisfaire ses clients pendant cette période de manque de carburant a été un parcours du combattant. Il dit avoir constaté une diminution du nombre de ses clients car nombreux sont ceux n'ont pu venir chercher leurs habits confectionnés. « J’ai même dû batailler dur afin de pouvoir livrer dans les délais la tenue d'une cliente, qui en avait besoin pour son mariage », raconte-t-il. 

Modou Traoré (stagiaire)

chanvreindienB.J., quadragénaire, a comparu ce 10 janvier 2023  à Ouagadougou, devant la chambre correctionnelle, pour cession illicite et consommation de drogues. Ayant été reconnu coupable, l’accusé a écopé de 24 mois de prison ferme et d’une amende d’un million de francs CFA avec sursis. Il a, en outre, été condamné aux dépens.

Il ressort de l’audience que les faits remontent au  22 décembre 2022, où B.J. a été interpellé à Ouagadougou au centre-ville, aux encablures de la mosquée sunnite. Selon le parquet, c’est suite à une dénonciation auprès de la brigade anti-drogue que cette unité a procédé à son interpellation, après des investigations. Lors de son arrestation, le mis en cause s’est débarrassé d’un sachet. Après vérification, il est ressorti que ce sachet contenait 51 doses d’héroïne et 21 doses de cannabis.

Cependant à la barre, le prévenu a nié les faits. C’est ainsi que le procureur lui a rappelé qu’il avait pourtant reconnu les faits qui lui étaient reprochés lors de son interrogatoire. « Dans sa déclaration, il a reconnu qu’il prenait de la drogue depuis 2015 et même qu’il en vendait. Il a dit qu’il pouvait se taper par jour 30 000  à 40 000 FCFA », a notifié le juge.

Après ce rappel, le procureur a interrogé le prévenu : « Pourquoi vous niez  les faits devant la chambre correctionnelle, alors que vous les aviez reconnus lors de votre déposition ?» Et celui-ci de répondre : « C’est parce qu’on m’avait frappé et que j’avais peur qu’on me chicotte davantage ».

Visiblement pas du tout convaincu par les arguments de B.J., le procureur a requis contre ce dernier 24 mois de prison, dont 12 ferme, et une amende d’un million de francs CFA avec sursis. En définitive, le tribunal, après délibération, l’a déclaré coupable et condamné à une peine d’emprisonnement de 24 mois ferme et  à une amende d’un million de francs CFA avec sursis. Il l’a, en outre, condamné aux dépens.

Il est important de relever que le Burkina Faso est en train de devenir une plaque tournante  de la drogue. Ces dernières années, le Faso est ainsi passé du statut de pays de transit à celui de zone de production et de consommation massive de drogue. Courant mai 2022, par exemple, une saisie record de 115,158 kg de cocaïne en provenance de Sierra Leone  et à destination du Ghana a été effectuée à Bobo-Dioulasso. En 2017, la seule ville de Ouagadougou a enregistré 782 patients pris en charge pour consommation de drogue, selon des sources sanitaires.

Malgré les efforts des autorités nationales, cette situation semble empirer, avec pour corollaires la délinquance juvénile et la dépravation des mœurs dans les villes.

Flora Sanou

planburk uneLe 6 janvier de chaque année, est célébrée la Journée mondiale des orphelins victimes de guerre. Cela vise à rappeler l’importance de la protection des enfants en période de guerre. La situation des orphelins au Burkina, particulièrement celle des orphelins victimes du terrorisme, préoccupe plus d’un. Ainsi, plusieurs organisations, en l’occurrence Children Believe et Plan International, s’emploient à donner le sourire à ces enfants qui sont souvent des laissés-pour-compte. En marge de cette journée dédiée aux orphelins de guerre et au regard du contexte actuel du Burkina, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec des représentants de ces organisations sur la situation des orphelins au Faso, de même que sur les actions menées en leur faveur.

« Sans toi, père, je suis comme un arbre sans racines, juste un orphelin sans futur réel. » Cette citation d’Abel Yanguel est certainement reprise par plusieurs enfants orphelins, d’une manière ou d’une autre. Force est de reconnaître que de nombreux enfants, à travers le monde, sont victimes de conflits de tout genre. Le Burkina Faso n’est pas en reste à cause du terrorisme, cette guerre asymétrique qui, depuis 2016, endeuille des familles et fait des orphelins de guerre.

planburk 2En effet, selon Rasmata Ouédraogo, directrice adjointe du programme des urgences à Plan International, au moins 60% des populations déplacées ont moins de 18 ans au Burkina Faso et l’ONG a pu assister, entre juillet 2021 et juin 2022, près de 541 512 mômes de moins de 18 ans, soit 290 524 filles et 251 783 garçons, dans les 6 régions humanitaires (l’Est, le Centre-Est, le Sahel, le Nord, le Centre-Nord et la Boucle du Mouhoun) avec des bases d’implantations dans les zones comme Kaya, Gaoua, Koupéla et Sapouy.

De l’avis de la représentante pays par intérim de Plan International, Anika Kristic, cette organisation travaille à porter la voix des sans-voix. « Nous travaillons à ce que la voix des enfants les plus vulnérables soit entendue » a-t-elle déclaré. De ce fait, plusieurs actions ont été menées en faveur de ces enfants, avec divers programmes. Il s’agit, entre autres, de l’initiative « Campagne retour à l’école » qui consiste à aller dénicher les enfants qui ont vu leur éducation impactée par la crise sécuritaire pour les ramener à l’école.

planburk 3En sus, il y a la protection de l’enfant qui permet de travailler à mettre les enfants démunis, orphelins de conflit ou de guerre et autres dans des cadres sécurisés appelés « Espaces ami des enfants » afin de les protéger et de leur apporter tout le soutien psychosocial qui leur est nécessaire. On note aussi le programme Stratégie de scolarisation accélérée passerelle (SSAP), les Espaces d’apprentissage temporel (cadres d’apprentissage en attendant de trouver de meilleures opportunités pour réintégrer l’école normale), les bourses scolaires, des moyens de déplacement comme les vélos.

A cela, on peut ajouter le programme Renforcement économique des ménages par l’assistance directe et l’appui au relèvement, notamment la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus (AGR) au profit des ménages qui ont en leur sein des orphelins afin que les enfants vulnérables puissent retrouver une vie normale et que leur droit soit respecté.

Les entraves à l’action philanthropique de Plan International sont le difficile accès à certaines zones qui sont sous blocus et le financement. Mais l’ONG dit adapter sa stratégie d’invention pour s’assurer de toucher le maximum d’enfants, en travaillant avec des partenaires de mise en œuvre qui sont des organisations locales plus proches des communautés pouvant atteindre ces zones.

Quant à l’ONG Children Believe, elle a pu accompagner environ 8 000 enfants en 2022 à travers des formations en couture, menuiserie, peinture, etc., dans les régions du Centre-Nord et de l’Est, à en croire Seydou Dialla, spécialiste d’éducation à Children Believe.

 L’objectif est de permettre à ces enfants de s'insérer dans la société et d’obtenir un revenu pour leurs besoins quotidiens, d’où un appui qui leur est également apporté en kits d’installation pour le début de leurs activités.

« En outre, nous travaillons à unir les enfants qui se sont séparés de leurs familles. Nous réalisons également des activités de prise en charge psychosociale à travers les jeux récréatifs dans des ‘’Espaces amis d'enfants’’», a confié M. Dialla. Il ajoute que ces enfants sont soutenus en vêtements, en nourriture et à travers l’établissement de leur acte de naissance.

Selon lui, une post-formation est faite sur la gestion d'entreprises au profit des enfants pour les outiller en matière de gestion des ressources humaines, en matière de finances, de management, etc.

A cela s’ajoutent la formation de 240 enseignants à l’Est pour qu’ils s’adaptent aux difficiles conditions d’enseignement des enfants PDI, la construction de hangars, leur équipement par des outils éducatifs et l’octroi de kits scolaires aux enfants.

« Pour ce qui est de l'année 2023, plusieurs projets sont en cours de réalisation pour ces enfants déplacés internes. Nous rêvons d’un monde où chaque enfant a une voix et la capacité de réaliser son plein potentiel. Tel est notre credo », a affirmé Seydou Dialla.

C’est pourquoi, a-t-il conclu, malgré le contexte d’insécurité, « nous ne pouvons pas abandonner les bénéficiaires, nous répondrons aux sollicitations de ces nombreux enfants déplacés internes ».

Flora Sanou

enfant mendiantOuagadougou est une ville où la mendicité est très développée. Si ceux qui font la manche sont remarquables par leur nombre, les motifs qui les ont conduits à la mendicité sont divers. Comme Amadou, nombreux sont ceux que la crise sécuritaire a poussés dans cette situation, ayant été dépouillés de toutes leurs richesses, y compris leurs terres. Radars Info Burkina s’est entretenu avec Amadou, ce petit bonhomme qui veut tenter le tout pour le tout afin de mettre fin à sa situation de mendiant.

Enfant mendiant à Ouagadougou, Amadou est arrivé de Dori avec ses parents, tous poussés par la crise sécuritaire qui sévit dans le Sahel. Lui et ses mamans sont tous les jours postés à des feux tricolores, où ils font la manche auprès des passants, chose qui leur permettrait d’assurer leur ration quotidienne. Et cette pratique, Amadou, ses mères et d’autres personnes dans la même situation s’y adonnent depuis plus de deux ans. Le sort semble donc s’acharner sur eux. « A quand la fin de cette routine quotidienne qui n’a que trop duré ?» s’interroge le petit bonhomme, âgé d’environ 13 ans ?

Si aujourd’hui le jeune homme sait très bien pratiquer la mendicité aux abords des voies, au début ce ne fut pas facile. « On avait honte au début. On ne voulait pas se résoudre à mendier dans la rue auprès des passants. On n’a pas appris à le faire parce qu’on n’était pas musulmans au départ », confie le jeune garçon qui admet qu’ils n’ont pas eu le choix, tant lui que ses mamans. C’était la seule issue de survie qui s’offrait à eux. « Ce qui nous a donné du courage, c’est le fait que personne ne nous connaissait à Ouagadougou. On se disait à quoi bon avoir honte devant une personne avec qui l’on ne partage aucune familiarité », soutient-il.

Si Amadou est obligé de mendier aujourd’hui pour survivre, il avait pourtant foi en un avenir radieux. En effet, l’adolescent était écolier dans un village de la province de l’Oudalan. Selon lui, tout se passait bien et l’école lui réussissait. C’est en 2018 que le cauchemar d’Amadou débutera. Tout son village a été contraint à la fuite par les terroristes qui s’étaient rendus maîtres des lieux. Et c’est ainsi qu’Amadou et sa famille trouvèrent refuge dans la ville de Dori. Trouver à manger étant devenu difficile, lui et ses parents prirent le chemin de Ouagadougou en décembre 2020. Arrivés dans la capitale, ils s’installent d’abord à Bendogo puis à Kalgondé chez un imam du quartier. C’est de Kalgondé qu’Amadou et d’autres enfants, accompagnés parfois de leurs mères, vont de feu tricolore en feu tricolore pour pratiquer la mendicité. Une situation qu’ils avaient pensée éphémère dans l’espoir que l’armée burkinabè réussisse à inverser rapidement la tendance et les réinstalle chez eux. Mais cela semble peine perdue pour Amadou, qui au fil des années a constaté que le mal continue de gagner du terrain, et se rapproche même de Ouagadougou.

Mais comme dit le dit un adage, même quand tout semble perdu, l’espoir, lui, demeure. Malgré la situation difficile, qui semble devenir le sort qu’il va devoir accepter, Amadou ne compte pas finir dans la mendicité. « Certains se complaisent ici, mais moi, cette situation me déplaît » s’insurge-t-il. Et de poursuivre : « Auparavant, même si les récoltes n’avaient pas été bonnes, nous on avait toujours à manger, on avait du lait de temps à autre ». Ce qui relevait du devoir des parents, à savoir se démener pour apporter à manger en famille, est devenu aussi l’affaire de ces enfants, qui sont traumatisés lorsque la moisson n’a pas été bonne la journée. Amadou, pour sa part, a déjà entrepris des démarches auprès d’un patron menuisier en vue d’apprendre la menuiserie. « J’ai déjà pris contact avec un patron menuisier qui est prêt à m’engager comme apprenti. Ma mère est d’accord. Grâce à ce métier, je pourrai dire adieu à la mendicité en 2023. Et si la guerre finit un jour, je pourrai continuer la menuiserie à Gorom », a-t-il confié.

Etienne Lankoandé

shell2La Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) a annoncé le 26 décembre 2022, dans un communiqué, de fortes perturbations de la distribution du super 91, invoquant un problème de maintenance dans certains dépôts côtiers abritant les stocks. Elle avait aussi précisé qu’en attendant la reprise normale des chargements dans les pays côtiers, elle procéderait à un plafonnement des quantités servies à 60%. Cette sortie médiatique a eu pour inconvénient d’entraîner une ruée des motocyclistes, automobilistes et autres dans les stations-service, ce qui a créé des rangs parfois « kilométriques ». A quelques heures de la reprise des cours, Radars Info Burkina a voulu s’enquérir du sort des élèves et des étudiants avec cette pénurie.

Après le communiqué de la SONABHY, le ministre burkinabè du Commerce, Serge Poda, a assuré sur le plateau de la télévision nationale du Burkina qu’il n’y avait pas de rupture et que la situation rentrerait dans l’ordre deux ou trois jours plus tard, car des stocks ayant quitté les pays côtiers étaient en route pour Ouagadougou.

Or, le constat est que depuis la semaine passée, les quelques stations-service qui servent le précieux carburant sont prises d’assaut par des motocyclistes, des automobilistes et des détenteurs de bidons de toutes capacités. Résultat, les files d’attente étaient interminables, particulièrement la semaine écoulée. Cela fait dix jours que ce liquide vital pour le transport est devenu rare. A la veille de la reprise des cours, élèves, parents d’élèves et éducateurs sont tous inquiets.

L’angoisse des habitants de certaines villes du pays, en l’occurrence Ouagadougou, Koupèla, de ne pas trouver de carburant pour leurs voitures ou leurs cyclomoteurs demeure à la veille de la reprise des cours.

Moumouni Zida, élève en classe de 1re dans un lycée de Ouagadougou, dit être très inquiet du problème de carburant et invite les autorités à y remédier.  « L’essence, c’est une grande préoccupation. Il faut que le gouvernement fasse tout pour remédier à la pénurie, sinon ce sera difficile pour nous, les élèves », a-t-il plaidé.

Dans la même lancée, Timothée Kaboré que nous avons joint au téléphone depuis Koupèla et qui devait conduire ses enfants ce 4 janvier 2023 au juvénat Saint-Camille, à Ouagadougou, pour la reprise des cours nous a dit être confronté au manque d’essence. Il affirme qu'il est très difficile de se procurer le précieux liquide. Dans l'espoir qu'il en trouvera aujourd'hui, c'est demain 5 janvier qu'il prévoit d’effectuer avec ses enfants le voyage sur Ouaga.

Dans la soirée du 3 janvier 2025 vers 18 h, à une station-service du quartier Rayongo, Mariam Sawadogo, enseignante en province, était dans le rang avec le numéro 198 mentionné sur sa moto. Toute embarrassée, elle nous a avoué qu’elle ne pourrait pas se rendre à son poste si elle n'arrivait pas à obtenir du carburant.

Au regard de cette difficile situation, certains de nos interlocuteurs ont fait des propositions concernant les élèves et les étudiants. C’est le cas de Dominique Koanda, parent d’élève. Pour lui, étant donné que les élèves et les étudiants ont pratiquement l’obligation de se rendre chaque jour aux cours, on devrait leur accorder la priorité dans les stations-service. « Je demande aux autres personnes d’être tolérantes avec les élèves et les étudiants et de les privilégier », a-t-il souhaité.

Tout compte fait, la situation semble s’améliorer dans l’après-midi du 4 janvier 2023 car les files d’attente dans les essenceries sont très réduites, comparativement aux jours précédents.

Flora Sanou

actuburkinaLe Burkina Faso est en proie à des attaques perpétrées par des Groupes armés terroristes (GAT) depuis 2016, une malheureuse situation qui perdure jusque-là. A ce difficile contexte sécuritaire sont venus s’ajouter des soubresauts à la fois politiques et diplomatiques en 2022. En tout cas le moins qu’on puisse dire, c’est que plusieurs faits majeurs ont marqué l’année 2022 au Burkina. Retour sur quelques-uns d’entre eux.

Le 24 janvier 2022, un coup d'État perpétré par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a mis fin au pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) avec à sa tête Roch Kaboré, président élu démocratiquement le 22 novembre 2020 pour un dernier mandat constitutionnel avec 57,74% des suffrages.  

Le 27 janvier 2022, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba prononce son premier discours dans lequel il justifie le coup d’Etat de janvier par une volonté de l’armée de prendre ses responsabilités pour le retour de la sécurité, la restauration du territoire national et la refondation de l’Etat.

Suite à ce coup d’arrêt constitutionnel, des vagues de démissions sont enregistrées dans le désormais ex-parti majoritaire, le MPP, lesquelles ont abouti à la création du parti Panafricain pour le salut (PPS) le 2 avril 2022, dirigé par Abdoulaye Mossé, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale sous le mandat de Roch Marc Christian Kaboré.

En détention depuis le coup d’Etat du 24 janvier, Roch Marc Christian Kaboré sera enfin libéré le 6 avril 2022.

De plus, à l'appel de Paul-Henri Sandaogo Damiba, une réunion entre anciens chefs de l'État du Burkina Faso s'est tenue le 8 juillet 2022 à Ouagadougou, une rencontre à laquelle l’ancien président Blaise Comparé a pris part après 8 ans d'exil en Côte d'Ivoire. L'objectif affiché par cette initiative du président Damiba de la Transition était de sceller « la réconciliation nationale » afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Ce retour s'est soldé par une polémique et a entraîné une manifestation d'opposants.

Le 30 septembre 2022, soit 8 mois après la prise du pouvoir par Paul-Henri Sandaogo Damiba, le Burkina Faso enregistre son 2e coup d’État de l’année, orchestré par le capitaine Ibrahim Traoré, 34 ans, chef d’une unité d’artillerie de l’armée.

Après avoir renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le capitaine Ibrahim Traoré a justifié sa prise du pouvoir par la détérioration de la sécurité au Burkina Faso.  Ce coup d’Etat a été apprécié, voire soutenu, à travers des remous sociaux, notamment des manifestations dans la capitale burkinabè ainsi que dans d’autres villes du pays.

Les 10 et 11 novembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré rencontre les acteurs politiques, les représentants des Organisations de la société civile (OSC), les patrons de presse ; bref, les différentes couches. Au cours de ces rencontres, le nouvel homme fort du pays a signifié que le Burkina était en danger, que la responsabilité de tous était engagée et que chacun devait jouer sa partition pour sauver la mère patrie.

Le 18 novembre 2022, des centaines de manifestants étaient dans les artères de la capitale pour exiger le départ des soldats français et de l’ambassadeur de France, Luc Hallade, du territoire burkinabè. Quelque temps après, des manifestants étaient encore dans les rues pour réclamer la révision des accords entre le Burkina et l’ancienne métropole.

L’actualité politique en 2022 aura été également marquée par l’incarcération d’hommes politiques aux maisons d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou parmi lesquels Aristide Ouédraogo et Ousmane Nacro, ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement. Le ministère de l’Administration territoriale a aussi, au cours de cette année, délivré le récépissé du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à Eddie Komboïgo le vendredi 16 décembre 2022, soit un an après la tenue de son congrès. Faut-il le rappeler, une crise mine le parti de « l’épi et de la daba », crise qui oppose les pro-Achille Tapsoba aux pro-Eddie Komboïgo.

En 2022, on a noté le communiqué diffusé le mardi 27 décembre  par l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) et sommant les députés des 7e et 8e législatures de rembourser sous huitaine les « prêts véhicules » dont ils ont été bénéficiaires.

Sur le plan diplomatique, le vendredi 28 janvier 2022, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a suspendu le Burkina de ses instances dirigeantes.

Le 7 décembre 2022, le Premier ministre, Apollinaire Kyélem, s’est rendu sans tapage en Russie.

Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2022, le Burkina Faso a expulsé deux citoyens français interpellés pour activités d'espionnage.

L’année 2022 a été aussi marquée par l’expulsion de la coordinatrice résidente du système des Nations unies au Burkina, Barbara Manzi, le 23 décembre.

Le Burkina n’a pas été convoqué au sommet USA-Afrique tenu du 13 au 15 décembre 2022. En marge de ce sommet, le président ghanéen, Nana Akufo Addo, a allégué d’une présence du groupe Wagner au Faso et qu’une mine était mise à la disposition dudit groupe en contrepartie de ses services, chose qui a créé un incident entre Accra et Ouagadougou.

Depuis le 2 janvier 2023, plusieurs médias informent également que les autorités de la Transition ont demandé à la France de rappeler son ambassadeur, Luc Hallade, une information qui n’est pas encore confirmée par le gouvernement burkinabè.

En mi-décembre, deux citoyens français, accusés d'espionner l'armée, ont été expulsés du pays. On retient aussi la suspension du Burkina de l’AGOA (African Growth Opportunities Act) par les USA, la suspension de RFI au Burkina et le renforcement de la coopération Mali-Burkina.

Flora Sanou

penu uneDepuis le début de cette semaine, les Ouagavillois peinent à se procurer de l'essence. Pour espérer obtenir le fameux super 91, il faut patienter pendant de longues heures dans des files « kilométriques », qu’on soit motocycliste ou automobiliste. Et dans beaucoup de stations-service, cette « denrée » est tellement rare qu’elle est rationnée : pas plus de 1 000 ou 2 000 F CFA par client. Objectif : servir le plus grand nombre. En dépit de ce rationnement, nombreux sont ceux et celles qui sont en « panne  sèche ». Résultat : de nombreuses activités sont au ralenti dans la capitale, et c’est la quasi-totalité des secteurs d’activité qui sont touchés

Nous sommes au quartier Wayalghin. Une station-service de la place ayant été ravitaillée hier n’a pas pu satisfaire toute sa clientèle. Certains de ceux qui n’ont pas obtenu le précieux liquide ont décidé d’y passer la nuit. D’autres se sont  joints à eux ce matin, ce qui n’a fait qu'allonger la file, déjà longue.

penu 2Issaka (nom d’emprunt), maçon de son état,  à l’instar d’autres citoyens, est dans le rang. La mine renfrognée, il fulmine car « son programme a été bouleversé ». Il affirme qu’à cause de cette déplorable situation, il risque de perdre un marché qu’il vient d’obtenir. « J’ai eu un marché que je dois exécuter. Depuis 5h du matin, je suis aligné mais jusqu’à cette heure (11h), je suis loin derrière. »

Tout comme Issaka, ils sont nombreux à voir des opportunités leur glisser entre les doigts à cause de cette pénurie qui dure depuis plus de 4 jours.

Abdoul Ramane Ilboudo, commerçant de vêtements, nous confie : « Depuis que la population a pris d’assaut les stations, nos boutiques sont désertes. S’il n'y avait pas ce problème, à l’heure là je n’aurais même pas le temps de discuter avec vous, car ma boutique serait bondée de clients. »

Plus loin, nous croisons Amidou Léglégué. Il nous informe qu’il a en ville des marchandises à livrer mais est bloqué à cause de cette pénurie d'essence. « Je suis aligné depuis 3h du matin, espérant être servi», nous dit-il.

penu 3« Nous avons une présentation de familles (NDLR : Étape qui précède celle des fiançailles) demain et je suis venu m’aligner pour prendre du carburant pour cela. Je suis là depuis 4h du matin. C’est vrai que ceux de la station nous ont dit qu’il n’y avait pas d’essence, mais selon certaines rumeurs, le carburant va arriver. C’est pourquoi nous attendons. J’ai même revu ici beaucoup de vieilles connaissances et il y a l'une  d’elles qui m’a confié la clé de sa voiture, disant qu’elle va voir ses enfants avant de revenir. Elle aussi est arrivée à 4h du matin », affirme un automobiliste ayant requis l’anonymat.

Abdoul Sow, lui, a pu avoir 2 litres d’essence en bouteille à raison de 1 000 francs CFA le litre.  « Je vends des  pièces détachées et cette situation impacte négativement mon activité commerciale », nous a-t-il déclaré.

« Le marché est au ralenti » : voilà le refrain seriné par la plupart de nos interlocuteurs Cette situation est-elle due au communiqué de la SONABHY datant du 26 décembre 2022, dans lequel a été annoncé un plafonnement des quantités d’essence servies à 60% ? En tout cas pour les usagers que nous avons rencontrés, il n’en est rien. « Ce plafonnement était déjà appliqué. Si  la situation perdurait, la population allait se poser des questions. La SONABHY devait communiquer sur cette situation », indique le conducteur ayant requis l’anonymat.

Nafisiatou Vébama

groupeparlm uneAu cours d’une conférence de presse tenue ce jeudi 29 décembre 2022,  des députés de la 7e législature ont donné des explications sur les « prêts véhicules » que l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de la lutte contre la corruption (ASCE-LC) leur a intimé l’ordre de rembourser sous huitaine. Ils disent avoir été à la fois choqués et surpris d’apprendre l’information via les réseaux, affirmant qu’aucun d’eux n’a été approché par l’ASCE-LC au sujet du remboursement de l’avance contractée avec l’Assemblée nationale alors que des discussions ont été engagées sur le processus de remboursement et ce, entre l’Assemblée législative de Transition (ALT) et les 127 « honorables ».

Selon Achille Tapsoba, ancien président du groupe parlementaire CDP, dire que les députés n’avaient pas l’intention de rembourser ces « prêts véhicules » est inexact, car ils en ont affiché la volonté et l’ont même concrétisée.

groupeparlm 2« Les députés étaient autorisés à prendre une avance sur leurs indemnités de session à un plafond maximum de 13 500 000 F CFA. Pendant la durée de leur mandat et même jusqu'à l'avènement du coup d'Etat, ils étaient tous à jour de leur engagement. À cette date, chaque député emprunteur a pu rembourser la somme de 2 000 000 F CFA correspondant à 55,56% des indemnités de session de l'année 2021. Et les avances devaient être épongées en fin 2025 avec la dernière session ordinaire », a-t-il expliqué. Cependant, le coup d’État du 24 janvier a  entraîné la dissolution de l’Assemblée  nationale. Ainsi, un processus de négociation a été entamé entre les députés et l’Assemblée législation de transition depuis que ce coup d’Etat est intervenu.

groupeparlm 3A cet effet, de nouveaux échéanciers de paiement  ont été proposés par les députés de la 8e législature, à la demande de l’Assemblée législative de Transition (ALT). Cela, conformément à l'arrêté « qui prévoit en son article 5 qu'en cas de cessation avant terme du mandat de député, le député qui n'aura pas intégralement remboursé son avance devra conclure un nouvel échéancier de remboursement avec l'Assemblée nationale », a signifié Alexandre Tapsoba, ancien président du groupe parlementaire MPP.

De ce fait, ces députés estiment que « sans doute, l'Assemblée est en train d'étudier les propositions de chaque député et fera aussi ses observations afin de parvenir aux nouveaux échéanciers de remboursement en fonction de l'accord qu'elle aura trouvé avec chacun d'eux ». Par ailleurs, les conférenciers déplorent la voie de communication choisie par l'ASCE-LC,  affirmant que cela ne leur permet pas de savoir avec exactitude la situation des députés de la 7e législature. D’autre part, ils disent préférer « faire confiance aux lois de la République en restant dans l'esprit du respect des termes du contrat conclu avec l'Assemblée nationale et des discussions qui sont en cours avec elle pour trouver les meilleures formules de remboursement ». Ils disent aussi vouloir que « les choses suivent la procédure et tiennent compte de l’actualité de l’ancien député »,  car ce n’est pas facile dans le contexte actuel du pays.

Flora Sanou

aapaludismLe 29 décembre a été décrété au niveau mondial Journée de lutte contre les épidémies. Au Burkina Faso, les nombreuses avancées dans le domaine médical ont contribué à l’éradication de certaines maladies historiques, mais d’autres persistent et peuvent ressurgir à n’importe quel moment. Radars Info Burkina a consulté le ministère de la Santé à ce propos.

Le paludisme est la maladie qui fait le plus de ravages dans la population burkinabè. D’après le Dr Ambroise Ouédraogo du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), cette maladie constitue la première cause de consultation (37% des motifs de consultation), d’hospitalisation (55%) et de décès (15% des décès) dans les centres de santé. Il précise qu’en 2021, les services de santé ont enregistré 12 231 860 cas de paludisme avec 4 355 décès et une forte incidence de 569 cas pour 1 000 habitants. Ce qui signifie qu’en moyenne 12 personnes meurent chaque jour du paludisme au Burkina Faso, selon le médecin. Il faut reconnaître cependant que le paludisme n’est pas considéré comme une épidémie, à l’inverse du choléra et de la poliomyélite.

Concernant les maladies comme celle à coronavirus (COVID-19) et les épidémies de variole du singe ou de polio, des cas existent plus ou moins au Burkina Faso, selon les données du ministère de la Santé, qui fait cependant remarquer que chaque jour, les agents de santé publique enrayent les épidémies avant qu’elles ne se déclenchent. C’est le cas, par exemple, du choléra. Selon un récent rapport de « Resolve to save lives » rendu public le 11 octobre 2022, le Burkina Faso a réussi à enrayer cette maladie grâce à la prévention. « Grâce à des stratégies de préparation, de communication et de prévention, le Burkina Faso n’a connu que 4 cas de choléra en 2021, contrairement à l’Afrique de l’Ouest qui a enregistré près de 109 000 cas de choléra et plus de 3 700 décès. Chaque pays touché par le choléra a connu un taux de létalité supérieur à 1%, l’objectif international convenu, à l’exception du Burkina Faso, dont le taux de létalité était de 0 % », a mentionné « Resolves to save lives » dans son rapport.

Pour ce qui est de la COVID-19, en janvier 2022, les cas confirmés au Burkina depuis l’apparition de ladite maladie le 9 mars 2020 étaient d’environ 22 000 avec 395 décès. D’autres maladies infectieuses parfois historiques telles que la tuberculose, la méningite à méningocoque et les maladies sexuellement transmissibles comme l’hépatite B ou C, le VIH, la gonococcie, la syphilis, l’infection à chlamydiae, sont encore présentes au Burkina Faso.

Afin de permettre un suivi permanent et une évaluation régulière et continue du système de santé au Burkina Faso et de tenir compte des récents changements qui affectent le fonctionnement des structures sanitaires, le ministère de la Santé a mis en place la Direction du suivi, de l’évaluation et de la capitalisation (DSEC). D’autres mesures ont permis de renforcer la lutte contre certaines épidémies. Parmi celles-ci figurent la mise en œuvre de la gratuité des soins et des produits de santé pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, de même que la décentralisation effective.

Etienne Lankoandé

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