jeudi 5 février 2026

bbetmamanLes enfants sont particulièrement vulnérables en cette période d’harmattan et de fraîcheur, car exposés à des risques de pathologies comme l’hypothermie, une maladie malheureusement peu connue sous nos cieux. Pour lever le voile sur cette affection, Radars Info Burkina s’est entretenu avec Bernard Sawadogo, médecin pédiatre au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulle (CHUP-CDG), à Ouagadougou.

Radars Info Burkina : Qu’est-ce que l’hypothermie ?

Dr Bernard Sawadogo : La température à laquelle l’organisme peut fonctionner normalement sans problème, c’est-à-dire la température centrale, se situe entre 36,5 et 37,5°c. L'hypothermie est définie comme la baisse anormale de la température centrale du corps. Autrement dit, c'est quand la température de l’organisme chute. Il y a trois types d’hypothermie : l’hypothermie légère ou modérée, où la température varie entre 32°c et 35°c ; l’hypothermie grave, entre 28°c et 32°c, et l’hypothermie sévère ou majeure, qui est en dessous de 28°c (les fonctions vitales, en particulier le système cardiovasculaire, sont alors en danger).

Radars Info Burkina : Quelles en sont les causes chez l’enfant ?

Dr BS : En général, l’hypothermie est liée à des causes environnementales. Elle apparaît généralement lors d'une exposition à un environnement très froid et peut être déclenchée par une combinaison de facteurs, notamment une baisse de température normale.  Elle est liée au milieu dans lequel l’organisme se trouve. Par exemple, le froid peut l'occasionner, surtout si l’enfant n’est pas bien protégé avec des vêtements chauds. L’hypothermie peut être due aussi à une infection parce que lorsque certaines infections sont très sévères, elles peuvent amener l’organisme à une sous-température.

A cela peuvent s’ajouter des troubles hormonaux. Par exemple, la thyroïde est un organe au niveau du cou qui peut réguler la température. Si cet organe ne fonctionne pas bien, ou si la commande de cet organe n’est pas correcte, l’enfant est en hypothyroïdie. Un enfant qui vient de naître n’a pas cette aptitude de contrôler efficacement cet organe ; le contrôle est immature, donc il aura tendance à prendre la température du milieu. S’il fait froid il va facilement devenir glacé.

De plus, le fait de laisser pendant longtemps un enfant avec des habits mouillés, notamment lorsqu’il pisse au lit ou dans une couche, l'expose au risque d’hypothermie.

Radars Info Burkina : Quels sont les symptômes hypothermiques chez l’enfant ?

Dr BS : Les symptômes varient en fonction du degré d’hypothermie. On considère que l'enfant est en hypothermie quand sa température corporelle est inférieure à 35 degrés (prise de température rectale). Chez l'enfant, l'hypothermie se traduit par une rougeur, des marbrures, une peau froide, un engourdissement général et une accélération de la respiration.

Radars Info Burkina : conséquences d’une hypothermie ?

Dr BS : Quand l’enfant est exposé au froid pendant longtemps, ses extrémités peuvent noircir, ce qui signifie que ces parties ne vivent plus et qu'il faudra les amputer pour éviter une intoxication des autres parties du corps.   Quand la température est très basse sur une longue durée, cela peut occasionner des troubles respiratoires. L’enfant peut perdre connaissance. Il peut même mourir suite à un arrêt cardiaque.

Radars Info Burkina : Que faire en cas d’hypothermie ?

Dr BS : La personne doit être réchauffée à l'aide de plusieurs couvertures de survie isothermiques et placée dans un lieu chaud. Le réchauffement doit être progressif du fait de complications graves possibles en cas de variations trop brutales de la température, comme des troubles du rythme cardiaque.

Outre cela, on peut recourir à la méthode dite kangourou. En effet, le contact de l’enfant avec le corps maternel permet d’échanger la chaleur pour le réchauffer rapidement.

Radars Info Burkina : Comment prévenir l’hypothermie ?

Dr BS : L’hypothermie est très fréquente chez les nourrissons, les nouveau-nés. De ce fait, il faut bien les protéger car ils sont à risque. Afin de prévenir l’hypothermie, il est conseillé de prendre les mesures nécessaires pour se protéger du froid.

De ce fait, il faut porter à l’enfant plusieurs habits pour retenir la chaleur, couvrir les extrémités avec des gants et un bonnet (20% de la chaleur sont retenus au niveau de la tête), éviter de l’exposer au vent. De plus, il faut changer rapidement les vêtements s’ils sont mouillés par des vêtements secs car un vêtement trempé perd 90% de sa capacité isolante. Par ailleurs, il faut éviter de laver les enfants sur une longue durée et il faut bien les pommader, surtout avec du beurre de karité.

Par ailleurs, en situation de confort (usage de ventilateur ou de climatiseur), la température doit être maintenue entre 23°c et 32°c pour les nourrissons. En dessous de 23°c, l’enfant aura du mal à compenser par la chaleur interne.

Propos recueillis par Flora Sanou

bbsawdgoLa circulation routière devient plus dangereuse en période de fin d’année, où la majorité de la population, notamment la jeunesse, semble avoir l’esprit aux fêtes. Cela a pour conséquence des accidents, parfois mortels. Etant donné qu’on n’est plus qu’à quelques jours des fêtes, Radars Info Burkina a tendu son micro à l’Association Faso One Village (AFOV) et à l’association Zéro goutte de sang sur la route, qui ont toutes les deux pour objectif de promouvoir la sécurité routière, pour qu’elles se prononcent sur la question.

« 95% des usagers déconnent dans la circulation », fulmine Ousmane Sawadogo, président-fondateur de l’Association Faso One Village (AFOV). « Si vous observez à chaque feu tricolore, vous constaterez que ce sont des personnes âgées qui se permettent de venir s’arrêter après le feu et qui sont prêtes à le brûler. Et la manière dont nous travaillons, certains d’entre elles nous détestent parce qu’elles se disent que nous n’avons aucune autorité pour leur donner des ordres. Cette mentalité fait que ces gens mettent en péril leur vie et celle des autres », a-t-il déclaré.

Pour lui, certains Burkinabè manquent d’esprit de responsabilité. « Un poteau avec un jeu de lumière vous dit de sauver votre vie et celle des autres en vous arrêtant lorsqu’il est rouge, mais cette mentalité manque parce que les gens refusent de respecter cela », a-t-il soutenu.

bbswdgo 2Sur la question de la fréquence des accidents, surtout en période de fin d’année, M. Sawadogo confie qu’il y a une réduction en 2022 par rapport aux années antérieures. « On a commencé à réguler il y a 11 ans maintenant. Il y avait beaucoup d’accidents mais on ne comptait pas. En cette année 2022, au carrefour de Katr-yaar, il n’y a pas d’accidents en tant que tels. Excepté la semaine surpassée où une femme a été percutée mortellement et son enfant gravement blessé par deux camions qui étaient en vitesse ; ce sont plus à des accrochages que nous assistons », a-t-il confié.

« De plus, il y a certains élèves qui s’adonnent à l’alcool et donc la sécurité routière n’est rien pour ces derniers quand ils sont sur leurs motos. Quand nous essayons de les sensibiliser, ils n’hésitent pas à nous insulter », a-t-il ajouté.

En guise de conseils, M. Sawadogo exhorte chacun à faire le bilan de son comportement dans la circulation, à corriger ses défauts et à être prudent.

« En cette fin d’année, chaque Burkinabè a la responsabilité de faire le bilan de son comportement dans la circulation. Qu’est-ce que j’ai fait et qui a été préjudiciable à ma vie ou à celle d’autrui ? Il faut être conscient de son comportement sur la route parce qu’en un clin d’œil, on peut quitter ce monde. Avant de sortir, chacun doit se dire qu’il est utile pour sa famille et la société, donc la prudence doit être de rigueur. Ta vie est ta vie, ta moto t’appartient, tu connais ta destination, personne ne t’empêchera d’y aller donc tu as tout le temps de t’organiser pour arriver sain et sauf sans mettre en danger la vie des autres. Si chaque usager de la route respectait le feu rouge (qui ne dure que 28 secondes) ainsi que le panneau Stop, il y aurait assurément moins d’accidents », a fait remarquer notre interlocuteur de l’Association Faso One Village (AFOV).

Selon les données de l'ONASER, indique Moumouni Koudougou, président de l'association Zéro goutte de sang, dans le seul mois de décembre 2021, il y a eu presque 200 victimes d'accidents de la route dans la ville de Ouagadougou. La majorité de ces accidentés étaient des jeunes. M. Koudougou invite donc les usagers de la route, en cette période de fêtes de fin d'année, à éviter l’excès de vitesse et à respecter le Code de la route, sans oublier le port du casque.

« Pendant les périodes de fête particulièrement, les gens doivent prendre leurs précautions en portant un casque (pour les motocyclistes), en roulant à une allure raisonnable et en respectant le Code de la route. Cela évitera énormément d'accidents »,  a-t-il conseillé.

Flora Sanou

consommons uneLa 3e édition du Mois du « Consommons local » se tient du 15 au 17 décembre 2022 à Ouagadougou sous le thème « Consommation des produits locaux, un levier d’accroissement des investissements productifs, de développement et d’intégration régionale ». En trois ans d’organisation de l’événement, le ministère du Commerce non seulement a réalisé des avancées notables, mais également a relevé des défis. A cette édition, la 3e du genre, les producteurs et transformateurs ont encore pris d’assaut le site du SIAO pour exposer le génie burkinabè en matière de transformation des produits locaux.

La 3e édition du Mois du « Consommons local » a réuni plusieurs producteurs et transformateurs de produits locaux. A l’ouverture ce 15 décembre 2022 au SIAO, Radars Info Burkina a constaté la présence d’une multitude d’exposants de produits locaux, aussi bien des produits agroalimentaires que des produits non alimentaires. Du côté des visiteurs ou potentiels clients, la mobilisation était timide, voire existante, dans la matinée de ce 15 décembre. La plupart des exposants rencontrés sur place, à l’instar d’Yves Ilboudo, exposant de divers produits de Café made in Burkina, ont dit espérer que les visites vont s’intensifier un peu plus tard dans la journée et se densifier au fur et à mesure que les jours passeront. Comme lui, nombreux sont les exposants qui espèrent gagner en visibilité grâce à l’événement cette année, comme ce fut le cas lors des deux éditions passées.

consommons 2En termes de bilan, en trois ans, ce sont environ 438 milliards de F CFA qui ont été engrangés par les producteurs et transformateurs de produits locaux. C’est en tout cas l’information qu’a livrée Seydou Ilboudo, directeur général du Commerce, à Radars Info Burkina, à l’occasion de cette 3e édition du Mois du « Consommons local ». Cette performance, selon lui, les producteurs et transformateurs de produits locaux la doivent à la décision des premières autorités du pays de contraindre les administrations publiques à acheter et consommer des produits locaux, d’une part et, d’autre part, à l’exhortation faite aux populations de consommer ces produits locaux. D’après le ministre du Commerce, en plus de ces mesures, le ministère qu’il dirige a mis en place une plateforme numérique appelée « site web made in Burkina » pour faire la promotion des produits locaux et aider les transformateurs ou producteurs à commercialiser leurs produits. consommons 3Le ministère a également décidé de créer le « Label made in Burkina », une marque protégée par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et qui fait la labélisation des produits burkinabè. A ce jour, cinq produits locaux sont labélisés, selon le ministère du Commerce. Il s’agit du Faso danfani, du Kôkô Donda, du chapeau de Saponé, du beurre de karité et du poulet bicyclette.

En rappel, le Mois du « Consommons local » a été institué par les ministres chargés du commerce des pays membres de l’UEMOA en 2019 à Ouagadougou. Il vise à faire la promotion d’activités de sensibilisation et de visibilité des produits locaux dans les pays membres de l’UEMOA. Pour le cas du Burkina Faso, le ministre du Commerce, dans son allocution d’ouverture, a cité comme défis l’amélioration de la qualité, la disponibilité et l’accessibilité d’une diversité de produits locaux à des prix abordables ainsi que l’intégration de produits locaux par les Burkinabè dans leurs habitudes de consommation.

Etienne Lankoandé

soutienpdiCourant novembre, un groupe de personnes physiques et morales, en collaboration avec l’Association pour le développement communautaire et la promotion des droits de l’enfant (ADC/PDE), ont organisé une collecte à travers le réseau social WhatsApp pour venir en aide à des personnes déplacées internes de la province du Sanmatenga, région du Centre-Nord. Comment ledit groupe a-t-il pu mobiliser les ressources à travers WhatsApp ? Comment a-t-il réussi à avoir la confiance des volontaires pour que ceux-ci contribuent ? Combien de personnes ont bénéficié de cette aide ? Pour avoir des éléments de réponse, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec le responsable de l’ADC/PDE, Mahomed Ouédraogo.

Selon notre interlocuteur du jour, cette collecte est partie de l’initiative d’une seule personne. L’idée est née d’une question : que faire pour apporter un soutien aux personnes déplacées internes ? Cette interrogation a suscité un objectif qui devait être atteint sur une période d’un mois, précisément au mois de novembre. Le principal objectif fixé était d’offrir à 100 ménages un kit alimentaire. Ledit kit devait être d’une valeur de 30 000 F CFA par ménage de Personnes déplacées internes (PDI).

Ainsi, l’information a été relayée de bouche à oreille entre amis, connaissances et l’idée a pris corps.  C’est ainsi qu’un groupe WhatsApp a été créé pour collecter les fonds. Ledit groupe était hétérogène, nous dit M. Ouédraogo. Et de préciser : « Les contributeurs viennent du Burkina, du Mali, de la Centrafrique , de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique. C’était des personnes du même service ou d’institutions différentes et des membres de l’association. Une trésorière était chargée de recevoir les fonds et le groupe suivait l’évolution des contributions volontaires. C’est une quarantaine de personnes qui ont donné leurs contributions, soit une somme totale de 3 millions 200 mille F CFA ».

Sur la base de cette somme, un kit d’une valeur de 30 000 F CFA a effectivement été proposé, conformément à l’objectif de départ. L’association s’est chargée des démarches auprès de l’administration pour opérationnaliser l’acte. Et avec le département de l’Action humanitaire, le choix des bénéficiaires a été fait. Les sites de déplacés étant nombreux, il y avait des critères : par exemple, le bénéficiaire ne devait pas être quelqu’un qui a déjà reçu une aide, selon Mahomed Ouédraogo. C’est ainsi que, de concert avec le haut-commissaire, le directeur régional de l’Action humanitaire, toute la hiérarchie de l’humanitaire et des représentants des donateurs, les kits ont été remis aux différents bénéficiaires.

« On a pu réunir les 100 ménages et ils ont reçu des kits composés d’une enveloppe de 5 000 F CFA, d’un sac de riz, d’un bidon d’huile alimentaire, d’un paquet de cube maggi, d’un paquet de soumbala, d’un sachet de poisson sec et de savon », a précisé le président de l’ADC/PDE.

Pour lui, l’objectif a été largement atteint parce que pouvoir mobiliser en un mois plus de trois millions pour venir en aide à des personnes dans le besoin via un réseau social n’était pas un pari gagné d’avance.

S’agissant de la confiance dans pareille initiative, notre interlocuteur répond que tout le monde est conscient de la situation qui est celle de notre pays donc chacun n’a pas hésité à mettre la main à la poche pour soutenir les personnes déplacées internes d’autant plus que la gestion des ressources a été faite de manière transparente. A son avis, c’est un devoir moral qui doit s’imposer à tout Burkinabè, d’où qu’il vienne, afin qu’il ou elle prenne des initiatives pouvant contribuer à soulager un tant soit peu nos concitoyens en détresse.

Flora Sanou

adamabayalaPour la prise en charge et l’équipement des 50 000 nouveaux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) récemment recrutés, le gouvernement burkinabè a besoin d’environ 104 milliards de F CFA. Au nombre des canaux proposés pour recouvrer ladite somme figure l’instauration d’une taxe sur les produits de grande consommation. Une idée que rejette le Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF), en raison des conséquences drastiques qu’elle pourrait avoir sur les conditions de vie des populations, déjà victimes d’une inflation record dans l’UEMOA. Pour en savoir davantage, une équipe de Radars Info Burkina a échangé avec le président dudit réseau, Adama Bayala. Pour lui, un tel prélèvement pourrait aggraver la situation des Burkinabè.

Le président du Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF) a d’abord salué à leur juste valeur les efforts déployés pour la mobilisation des ressources humaines, matérielles, techniques et financières dans le cadre de la lutte contre l’insécurité. Cependant, affirme-t-il, certaines voies de recours, comme l’instauration d’une taxe sur les produits de grande consommation, dans un contexte de flambée sans précédent des prix, ne devaient même pas être imaginées. « Les pauvres consommateurs, encore clients, les seuls d’ailleurs qui ont encore un faible pouvoir d’achat, seraient taxés doublement », estime M. Bayala. En effet, argumente-t-il, « le gouvernement prélèverait 1% sur leurs salaires, d’une part et, d’autre part, ils vont saigner encore avec une nouvelle vague inflationniste induite par l’application desdites taxes ». A l’en croire, c’est évident que les nouvelles taxes vont entraîner l’augmentation des prix des boissons, des produits cosmétiques et des parfums, produits qui avaient connu une augmentation de 15 à 30%, suite à la double augmentation des prix des hydrocarbures à la pompe. « A cette occasion, le prix de certaines boissons a augmenté avec une marge de 50 à 100 F CFA, les pommades de 300 à 700 F CFA. L’effet domino de la plausible augmentation desdits produits, c’est l’augmentation des prix des produits de nécessité. Entendez par là le riz, le mil, le maïs, les huiles alimentaires, le sucre, le lait, etc. », a-t-il soutenu.

Le président du RENCOF redoute donc le dépérissement du panier de la ménagère, l’explosion de la famine, l’expansion de la malnutrition et la paralysie de la consommation et, partant, de l’économie à cause d’une amplification de l’inflation, qui a atteint 18% en août 2022 et qui, depuis lors, reste la plus élevée de l’UEMOA. Il faut donc abandonner cette idée pour le bien des populations burkinabè et, partant, pour celui de l’économie, foi d’Adama Bayala du RENCOF.

Le gouvernement devait plutôt voir le cas des pertes de fonds dans les grandes entreprises d’Etat

Pour le financement de ce fonds, le gouvernement burkinabè avait-il meilleur choix que l’imposition d’une taxe ? « Evidemment », répond Adama Bayala. Pour lui, il y a plusieurs autres moyens de recours qui pourraient être explorés et qui, s’ils aboutissaient, seraient plus bénéfiques à la Nation burkinabè. « Nous croyons qu’il y a des poches à explorer et à exploiter », affirme-t-il. Et de renchérir : « Sur la base de suspicions, nous pensons à la déperdition et à la volatilisation d’énormes sous à la SONABHY, la SONABEL, la SOFITEX, l’ONEA et la LONAB. Le dernier scandale à la LONAB parle si fort ! La publication des audits, déjà réalisés, l’infirmeront ou le confirmeront. Nous pensons également à l’audit des budgets de la Défense et de la Sécurité pour s’assurer qu’il n’y a pas de déperditions ». A son avis, ce sont autant de moyens de recours qui pourraient compenser largement le prélèvement d’une taxe. Il ajoute que plusieurs autres moyens de même nature existent et que les exemples sont légion. « Nous pensons aussi à la volatilisation de ressources avec des commerçants et non des moindres qui échappent au fisc, aux exonérations sur les activités minières. Pour un pays minier, voyez combien les populations souffrent ! Nous le répétons : il existe énormément de poches insoupçonnées et les autorités le savent mieux que quiconque !» a-t-il martelé. Adama Bayala pense au contraire que le gouvernement peut mieux faire pour son peuple qui souffre « en baissant les prix des hydrocarbures, car le prix du baril de pétrole a significativement baissé sur le marché international, passant de 113 dollars, au moment de l’augmentation en mai dernier, à environ 75 dollars aujourd’hui ».

Etienne Lankoandé

chefandre uneL'Etat burkinabè a reconnu le mérite d’André Bayala, plus connu sous le titre de chef André, le 11 décembre 2022, à l'occasion de la célébration de l'indépendance. A cette occasion, l’artisan chocolatier a été fait  chevalier de l'ordre du mérite burkinabè, à l’instar de 148 autres récipiendaires de la région du Centre. Cette distinction a été célébrée le lendemain de sa décoration.

Chef André est un "maître du chocolat" en Afrique. Il a hissé le drapeau du Burkina Faso sur le toit du continent en remportant le titre de grand chocolatier d’Afrique en 2016. Ce prix lui a permis d'être membre de la Fédération mondiale de chocolat. Il a également été lauréat du prix du meilleur artisan chocolatier d'Afrique au Dubaï Business Award. Le chevalier de l'ordre du mérite burkinabè a apporté de l'innovation dans la transformation du chocolat en y intégrant des produits locaux tels que le moringa, le soumbala, le gingembre, le bissap, etc., qui ont des capacités curatives.

chefandre 2Sa famille, ses amis et partenaires ont été invités à partager la joie de cette décoration à travers une réception tenue à sa chocolaterie "Chez chef André" le 12 décembre. À cette occasion, a également eu lieu la dédicace de son ouvrage intitulé "le chocolat BEAN-TO-BAR", dans lequel il détaille les différentes étapes du processus de fabrication du chocolat. L'artisan chocolatier déclare que « cette médaille vient renforcer son engagement à faire évoluer le domaine des métiers de bouche au Burkina ». Comme projet, il souhaite renforcer la capacité d'accueil du centre de formation et l'étendre au niveau national.

Il a conclu en souhaitant le retour de la paix au Burkina Faso et davantage de cohésion entre les fils et les filles du terroir.

Armella Kibtongo (stagiaire)

trbnlIl est cordonnier, personne vivant avec un handicap. Il se déplace à l’aide d’un morceau de bois qui lui sert d’appui. Il a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et écope d’une peine d’emprisonnement de 18 mois et d’une amende de 500 mille francs CFA, le tout assorti de sursis.

C’est pour une affaire foncière que B.I., 43 ans, a comparu ce jour 13 décembre devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance Ouaga I. Il lui est reproché d’avoir vendu un terrain non loti dont il n’est pas le seul propriétaire. Ledit terrain a été acquis à 250 000 francs CFA avec la contribution de deux personnes, à savoir lui-même et son épouse : la contribution de cette dernière s’élèverait à 150 000 FCFA.

Par la suite, le couple a investi sur le terrain en construisant une maison de 16 tôles et une autre de 10 tôles. Mais des problèmes de foyer vont séparer B.I et sa femme.

C’est ainsi que le prévenu va procéder à la vente du terrain à hauteur de 1 million 100 mille francs CFA sans informer la copropriétaire qui est désormais son ex-femme.

La victime, ayant remarqué la présence de bornes sur le terrain en question, va chercher à comprendre et c’est là qu’elle se rendra compte que B.I. a vendu le terrain. Celle-ci réclame ses droits mais est menacée de mort. Devant la chambre, elle s’est constituée partie civile et réclame ce qu’elle a investi, d’une valeur de 600 000 francs CFA.

Interrogé par le parquet, le prévenu dit n’avoir jamais menacé son ex-femme. Il ajoute que c’est un complot de certains membres de sa belle-famille dans le but de lui nuire.

Par contre, il a reconnu avoir vendu le terrain sans en informer la femme et sans lui donner ce qui lui revenait de droit.

Au regard de cela, le parquet a déclaré l’infraction constituée et a condamné B.I. à une peine d’emprisonnement de 18 mois et à une amende de 500 mille francs, le tout assorti de sursis.

De plus, le tribunal a déclaré recevable la constitution de partie civile et condamné B.I. aux dépens.

Flora Sanou

aabado uneDans la région du Centre, la cérémonie de décoration à l’occasion du 62e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso (ex-Haute-Volta) s'est déroulée à la place de la Nation à Ouagadougou. L'abnégation au travail de 148 récipiendaires, dont Léopold Lounkiéné Jean-Rodrigue Bado, vice-président du Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des Carrières (CBMGC), a été reconnue et récompensée par la nation burkinabè.

Le travail acharné de Léopold Lounkiéné Jean-Rodrigue Bado a été reconnu et récompensé par la nation burkinabè le 11 décembre 2022, à l’occasion du 62e anniversaire de l’accession de l’ex-Haute-Volta à la souveraineté internationale. L’heureux lauréat a à son actif plusieurs expériences professionnelles. En effet, il a été spécialiste des relations publiques au sein de la société minière Nordgold Bissa Gold de juin 2019 à février 2021. Depuis le 1er mars 2021, il  est  responsable des relations publiques dans la même société. Il a également servi dans plusieurs entreprises de renom telles que  le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), la clinique les Genêts, l’agence de communication Indigo Publicité, le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC)… Par ailleurs, M. Bado a enseigné à l’Institut supérieur de la communication et du multimédia (ISCOM). Il est également président de l’Académie d’or des archers (AOA), ainsi que de l’école de formation et du club de première division de basket-ball burkinabè, depuis mai 2020. Ledit club a été champion national 2020-2021 et vice-champion national 2021-2022. Autant d’expériences qui forcent l’admiration et le respect.

aabado 2Cette détermination au travail a valu à l’intéressé sa décoration par la nation burkinabè. « C'est avec une immense satisfaction que je reçois cette distinction honorifique de la nation burkinabè. Je la dédie non seulement à toute ma famille mais aussi à mes collaborateurs. Je la dédie également à la mémoire des  Forces de défense et de la sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui sont tombés », a précisé le récipiendaire.

aabado 3A noter que la fête de l'indépendance a été  célébrée dans la sobriété sur toute l'étendue du territoire, cela en raison du contexte sécuritaire national, marqué par des attaques terroristes à répétition avec des morts, des blessés et des déplacés internes. A cela s'ajoutent des cas de  personnes portées disparues et de  villages occupés par des terroristes.

Modou Traoré (stagiaire)

cifoeb uneA l'occasion de la 17e édition des Journées nationales de refus de la corruption  (JNRC), le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a organisé un panel, le vendredi 9 décembre 2022, sur le thème "Corruption et terrorisme : Quelles perspectives ?" Plusieurs couches socioprofessionnelles ont pris part à ce panel, qui été l'apothéose de la 17e édition des JNRC, entamée le 1er décembre 2022

« C'est une tribune qu'on a voulu offrir au public pour réfléchir sur le thème du panel, à savoir Corruption et terrorisme : Quelles perspectives ? » a expliqué Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du Réseau national de lutte anti-corruption  (REN-LAC). Il ajoute qu'il s'agit surtout d'un cadre pour permettre aux citoyens de discuter de la corrélation qu'il y a entre la corruption et l'efficacité ou l’inefficacité de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. « Par ce biais, précise-t-il, nous voulons ameliorer la participation du citoyen à la lutte contre la corruption mais nous voulons surtout permettre au citoyen de contribuer à trouver les mécanismes efficaces pour permettre de lutter contre ce fléau », précise-t-il. C'est pourquoi parmi les panélistes il y a des universitaires qui peuvent approfondir la réflexion, mais également des praticiens tels que des journalistes d'investigation, des commissaires de police afin de montrer que si les gouvernants n'ont pas la confiance des populations dans la lutte contre le terrorisme, cette lutte est vouée à l'echec. Or la corruption est un frein à la confiance entre les populations et les gouvernants.

cifoeb 2Le panel a été coanimé par le Pr Abdoul Karim Saïdou, enseignant-chercheur à l'université Thomas Sankara, qui a démontré que la corruption prépare les conditions d'installation et de développement de l'insécurité. Il ajoute que la lutte contre l'insécurité et la corruption ne sont pas compatibles. En effet, explique-t-il, la corruption empêche la lutte contre l'insécurité et un Etat corrompu ne peut gagner aucune guerre. Il estime en outre que la capacité à mobiliser le peuple est fonction du crédit que les populations accordent à leurs gouvernants. Issouf Ouattara, secrétaire exécutif du Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB), pour sa part, estime qu'il y a un déficit de transparence et de redevabilité dans la gestion des ressources publiques, particulièrement pour les ministères investis de la mission de lutte contre l'insécurité. Même son de cloche pour Constant Tandaogo Ouédraogo, contrôleur à l'Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), pour qui le mystère que renferme le terme “secret-défense” contribue à alimenter ce manque de transparence et de redevabilité. "Pourtant, c'est cette redevabilité qui va contribuer à renforcer la symbiose entre les populations et les forces de défense et de sécurité", estime le contrôleur général de police à la retraite Paul Sondo, un autre panéliste. Attiana Serge Oullon a montré enfin que tous les corps de métiers des forces militaires et paramilitaires sont infestés par le phénomène de la corruption. Ce qui, pour lui, rend caduques les politiques publiques.

Etienne Lankoandé

prx uneLe Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a procédé à la remise des prix de la 3e édition du concours du meilleur reportage humanitaire le vendredi 9 décembre 2022. Quatre journalistes ont été primés à cette édition dont le thème était "Crise sécuritaire combinée aux effets des changements climatiques au Burkina Faso : quel impact pour l'accès à l'eau par les populations ?" En marge de la cérémonie de remise des prix, le chef de la délégation du CICR, Laurent Saugy, a tenu une conférence de presse sur le thème de cette troisième édition. Il a appelé à cesser les violences contre les populations vulnérables.

Au cours de cette conférence de presse, le chef de la délégation du CICR, Laurent Saugy, a confié que le Burkina Faso reste l’un de leurs contextes prioritaires, eu égard à l'ampleur des besoins humanitaires des populations. C'est pourquoi le vice-président du CICR était en visite au Faso du 5 au 8 décembre 2022 parce que, selon Laurent Saugy, cette situation commande une augmentation des opérations du CICR au Burkina, qui compte désormais 4 sous-structures, notamment à Djibo, Fada, Ouahigouya et dernièrement à Dori, cette sous-structure ayant été ouverte récemment au cours de la visite du vice-président du CICR. prx 2A cette occasion, celui-ci a, entre autres, signé un accord de coopération humanitaire en faveur des personnes privées de liberté au Burkina avec le gouvernement burkinabè. C'est dire donc que le CICR compte mettre un accent particulier sur ses actions humanitaires au Burkina Faso.

 Le chef de la délégation a en outre rappelé que les millions de personnes vulnérables au Burkina ont droit non seulement à la vie, mais aussi à la sauvergarde et au respect de leur dignité humaine. Il a donc appelé à cesser les violences, à proteger les populations civiles et à éviter de détruire leurs habitations et leurs biens.

Roméo Koéta de BF1 et Emile Segda des Éditions Sidwaya lauréats de cette 3e édition

Au concours du meilleur reportage humanitaire, Émile Segda des Editions Sidwaya et Roméo Koéta de la télé BF1 ont remporté les premiers prix, respectivement dans la catégorie presse écrite-presse en ligne et dans la catégorie presse audiovisuelle. prx 3Ils remportent chacun un trophée, un certificat, des gadgets et la somme de 250 000F. Les deuxièmes prix ont été remportés par Madi Ouédraogo, correspondant des éditions Le Pays à Kaya, dans la catégorie presse écrite-presse en ligne, et par Bamoni Traoré de la télévision TVZ dans la catégorie presse audiovisuelle. Ces lauréats repartent chacun avec un trophée, un certificat, des gadgets et la somme de 150 000F.

Selon Emile Segda, c'est le calvaire que vivaient les populations de Kaya, particulièrement les personnes déplacés internes, suite au sabotage des installations de l'ONEA du côté du Lac Bam, qui l'a poussé à faire le reportage pour interpeller les autorités sur la nécessité de réparer et de sécuriser ces installations de l'ONEA. Roméo Koéta a également saisi cette occasion pour réaliser un reportage. Il explique que les populations de Kaya, en manque d'eau du fait du sabotage des installations ONEA par les groupes armés, se sont ruées sur les sites des déplacés internes qui ont fini par manquer d'eau à leur tour, tout comme le reste de  cette ville d’ailleurs.

Etienne Lankoandé

  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes