Le métier d’humoriste attire plus d’un. C’est sans complaisance que certains jeunes ont fait de cette activité un métier d’avenir et porteur. Le rire est thérapeutique, dit-on. Il a su trouver une thérapie lors de son incarcération à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Ben Ali Ouédraogo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, jouit de sa liberté. Radars Info est allé à sa rencontre.
Entre les 4 murs de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), celui que l’on surnommait ‘’l’honorable Bauer’’ a su mettre à profit son talent d’acteur. Ben Ali Ouédraogo a durant 8 ans dormi dans les couloirs de la prison. « C’est en 2012 que tout bascule dans ma vie. Une histoire de vol de vélomoteur. Avec des copains de retour d’un show piscine, on a décidé de façon unanime de repartir avec le vélomoteur de quelqu’un qu’on ne connaissait pas », nous dit-il. Suite à des recherches, la police met la main sur le groupe et ses membres doivent être déférés à la MACO. Ben Ali Ouédraogo a su se faire un nom en taule et ce, grâce à l’humour. « Je n’avais pas confiance en moi et c’est derrière les barreaux que j’ai compris que j’ai quelque chose à prouver dans ce domaine ; que j’avais de quoi faire valoir », précise M. Ouédraogo. A la faveur des différentes activités culturelles organisées pour aider les détenus, Ben Ali Ouédraogo se fraye un chemin pour sortir de prison, car plutôt que de purger totalement sa peine, il est en semi-liberté. « La semi-liberté est une faveur qu’on accorde à la MACO pour récompenser la bonne conduite de certains détenus », souffle-t-il.
« Mon séjour en prison n’a pas été facile, car c’est un endroit qui a ses exigences et règlement intérieur. Si tu ne les respectes pas, tu as des ennuis », confie l’ex-détenu à la MACO. Et d’ajouter : « Aucun prisonnier n’aime les gardes pénitentiaires et je pense que cela est compréhensible. Mais après, j’ai compris qu’ils ne sont pas à l’origine de ce que nous traversons et je me suis vite rangé (…) Ils trouvaient que je faisais honneur à la prison. C’était un bel exemple de réinsertion sociale donc on était beaucoup amis », raconte-t-il. Libéré du poids de la prison, c’est tout confiant que Ben Ali affirme mettre à profit ce qu’il a appris derrière les barreaux. « C’est pour cela que je n’hésite pas à me battre corps et âme pour rattraper le retard, même si je sais que cela ne sera pas facile. Je suis résolument engagé dans l’humour », affirme-t-il. Mais au préalable, l’homme nous dit qu’il a fait des formations et est qualifié pour faire valoir son savoir-faire. « Actuellement je suis retenu pour deux castings de tournage de film. J’ai aussi fait pas mal de formation en ce qui concerne l’humour. La formation, quoi qu’on dise, est capitale pour tout projet et toute activité », a-t-il rappelé. Dans le but de partager son expérience et lever le voile sur les suppositions dans le domaine carcéral, Ben Ali Ouédraogo se dit prêt à faire des témoignages à tout organisme. Il invite la jeunesse a la retenue et à faire de la bonne pratique son cheval de bataille.
Ben Ali Ouédraogo avait été condamné à 9 ans de prison ferme pour vol et évasion. Il a purgé une peine de 8 ans avant d’être remis en liberté.
Le Salon international du textile africain (SITA) a organisé le samedi 17 juillet 2021 une soirée podium à son siège à Ouagadougou. A cette occasion, le créateur de mode OB Style a été mis en lumière pour son travail de valorisation du textile "made in Burkina". Cette soirée était parainnée par le ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières, le Dr Béchir Ismaël Ouédraogo.
Après François 1er et Prince Dessuti, le SITA a frappé fort en allant dénicher dans la belle cité de Sya OB Style ou Boubacar Ouédraogo à l’état civil. Ce talentueux créateur dont la carrière a débuté en 1994 est l’un des porte-flambeaux de la mode burkinabè. Au cours de cette soirée podium, le public a été gratifié d’un défilé de mode qui lui a permis de découvrir le génie créatif de ce natif de la capitale économique du Burkina.
L’homme qui a pour marque de fabrique dans ses créations le Faso Danfani a, une fois de plus, émerveillé le public par ses collections artistiques pour hommes et femmes.
Le SITA, créé en 2009, s’inscrit dans un processus de valorisation des créateurs de mode. “Pourquoi attendre d'aller jusqu’à Djibouti pour valoriser le textile d’autres pays en oubliant le nôtre ? Cette soirée est vraiment la bienvenue pour le textile et les acteurs du textile au Burkina Faso’’, a précisé le commissaire général du SITA, Abdoulaye Mossé, à l’ouverture du défilé.
Présent à cette soirée, le parrain de l’événement, Béchir Ismaël Ouédraogo, ministre de l'Énergie, des Mines et des Carrières et par ailleurs président des jeunes du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), s'est réjoui de cette initiative nationale de valorisation du textile et a promis d’en faire le plaidoyer auprès de qui de droit. ‘’La meilleure façon d'accompagner ces millions de Burkinabè qui travaillent dans le textile, c'est d'encourager ce genre d'initiative. C'est aussi la seule manière de faire en sorte que notre économie soit productive'', a lancé Béchir Ismaël Ouédraogo. Et d'ajouter : ‘’Accompagner ces initiatives, c'est nous accompagner nous-mêmes, car c'est accompagner la production et l'emploi. Cela permet aux Burkinabè de vivre de façon décente. Je prends l'engagement de faire le plaidoyer de cet événement auprès de qui de droit pour booster le textile''.
A en croire le ministre Ismaël Ouédraogo, cette initiative permettra au Burkina de conserver des devises qu'il perd en important des vêtements et contribuera non seulement à créer des emplois mais aussi à faire vivre toute la chaîne qui travaille le coton.
Cette soirée qui est la 3e du genre s’est achevée en beauté ; en témoigne le sourire qui se lisait sur les visages. Et ce n'est certainement pas OB Style qui dira le contraire, lui qui a dit être honoré par cette initiative inédite. C’est par une exposition-vente des tenues d’OB Style qu'a pris fin l’événement.
La Confédération paysanne du Faso (CPF) a organisé ce vendredi 16 juillet une conférence de presse relative à l'accaparement des terres rurales et à la sécurisation foncière au Burkina Faso. Selon elle, plusieurs facteurs empêchent le foncier d'être un des leviers du développent durable dans ce pays.
Les politiques et pratiques antagonistes, la léthargie des institutions légales de gestion foncière, voire leur absence, ainsi que l'urbanisation accélérée des terres destinées à la production et à la conservation, tels sont les facteurs explicatifs du désastre foncier cités par la CPF au cours de sa conférence de presse. Si ces obstacles ne sont pas levés, la CPF pense que la course effrénée vers la terre à des fins de promotion immobilière, d'agro-business ou d'exploitation minière pourrait entraîner des risques d'exclusion foncière avec à la clé des conflits, des menaces pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de même que pour la cohésion sociale et la paix.
Les conférenciers se sont prononcés sur le projet de réalisation du « Grand Ouaga ». Selon Marc Gansoré, citant la déclaration liminaire, le « Grand Ouaga », c'est 3 450 km2, soit un rayon de 25 km. Quel avenir pour les exploitations familiales et maraîchères périurbaines, étant donné que près de 80% des terres agricoles deviendront des terrains urbains dans un proche avenir ?
Selon la CPF, cette situation change les conditions de sécurisation foncière. Sur ces terres du projet « Grand Ouaga », les exploitants familiaux ne pourront plus se faire délivrer d'Autorisation de possession foncière rurale (APFR) pour sécuriser leurs droits fonciers conformément à la loi 035-2009, portant régime foncier rural.
Pour venir à bout de ces difficultés qui minent le secteur foncier, la CPF recommande la réalisation d'un audit foncier rural, suivie du rétablissement dans leurs droits des ruraux floués par les accapareurs de terres ; la mise en œuvre de l'article 218 du Code général des collectivités territoriales qui dispose que la commune rurale comprend un espace d'habitation, un espace de production et un espace de conservation ; la cessation de la confusion et du chaos qui règnent dans le domaine du foncier rural, notamment l’accaparement des terres par les agences immobilières, qui est contraire à la loi 034-2009 ; la mise en place d’opérations spéciales subventionnées de délivrance d'APFR au profit des populations rurales ; la mise en œuvre d’un programme national de sécurisation foncière des exploitations familiales avec délivrance d'APFR collectives ; l’amendement de la loi 034-2009 portant régime foncier rural pour y introduire des mécanismes de régulation des transactions foncières plus rigides, notamment en ce qui concerne les ventes ; la mise en place dans les meilleurs délais d’un fonds national pour la sécurisation foncière en milieu rural et, enfin, la préservation du patrimoine foncier pour les générations futures.
La pluie de ce vendredi 16 juillet 2021 a sonné comme une bénédiction pour certains candidats au Bac, session 2021. Au lycée Wend-Puiré de Saaba, c’est peu après 10h 15 mn que les délibérations ont débuté. Radars Info Burkina y était.
Le lycée Wend-Puiré a accueilli les candidats des jurys 230, 231 et 232 de Ouagadougou. Et ils étaient nombreux, malgré la pluie matinale, à attendre leurs résultats après plus de 9 mois de dur labeur. Confiants, certains l’étaient. « Au vu de ce que j’ai fait comme travail, je reste confiant malgré le stress», nous confie Claude Idani, candidat au Bac D. Mariam Ilboudo, elle, est crispée mais attend patiemment la proclamation des résultats. Si elle est admise, ce sera pour elle la récompense de toutes les nuits blanches passées à bûcher. « Je sens actuellement un poids, mais j’espère que je serai soulagée après la proclamation. On a passé des nuits à ‘’bosser’’ et maintenant on attend le dénouement », dit la jeune candidate au baccalauréat A4.
Sous la houlette du Pr Jean Célestin Ki, les présidents des jurys ont délibéré. Les premiers cris de joie se font entendre. « Alléluia ! On s’en fout de la mention » ; « Merci, Seigneur », scandaient à pleins poumons des admis au 1er tour. Après des cris bien nourris, la première des choses que font certains d’entre eux, c’est de passer un coup de file à leur famille pour l’informer de la bonne nouvelle.
Mais comme c’est aussi en général le cas lors de la proclamation des résultats d’un examen, à côté des effusions de joie, c’est la tristesse et la déception chez les candidats recalés. Pleurant à chaudes larmes, certains se retirent, accompagnés d’amis qui essaient de les consoler et de leur remonter le moral. « C’est enfin la libération ; pour la suite je ne sais pas, mais en tout cas je vais passer d’excellentes vacances », nous dit Boukary Kaboré, fraîchement admis au Bac A4. Même son de cloche chez Ilboudo Martin qui affirme, jovial : « Je suis simplement content ; je vais dormir tranquille ! »
Au jury 230, 70 candidats sont admis dès le 1er tour, tandis que 61 sont au second tour. Au jury 231, il y a 55 admis au 1er tour et 57 candidats sont au second tour. Quand au jury 232, on y dénombre 59 admis au 1er tour et 49 admissibles.
L’administration des épreuves du second tour se fera le lundi 19 juillet 2021 et le mercredi 21 juillet 2021, le mardi 20 juillet étant férié en raison de la fête de Tabaski.
Sur l’initiative d’Olivier Kiswendsida Gansaoré, danseur, chorégraphe et formateur, les détenus de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) ont restitué une partie de la formation en danse dont ils ont bénéficié. C’était ce jeudi 15 juillet 2021 en présence du directeur adjoint de la MACO, Alexis Paré, et de nombreux acteurs culturels comme Ildevert Méda, Jean Bayili « Johnny Johnny », Maï Lingani et bien d’autres.
« Vagues des ailes », c’est le nom du projet grâce auquel des détenus ont été formés. Selon Olivier Gansaoré, « Vagues des ailes » a vu le jour, car il n’avait plus envie de se contenter de se plaindre des vices que rencontrent les jeunes, mais de poser des actions concrètes. « J’avais envie de poser des actions (…) », confie-t-il. L’une des raisons ayant conduit à ce projet est la marginalisation et, selon son initiateur, le danseur est marginalisé comme un détenu qui sort de prison. « J’ai senti que l’artiste a un peu une vie comparée à celle d’un détenu ou ex-détenu (…). La danse comme métier n’est pas très considérée. On pense que c’est le résultat de l’échec scolaire ; pourtant, la danse est une vocation. Le danseur et même l’artiste est un peu mis à l’écart. Cela m’a inspiré l’idée du détenu : quand il sort de prison, il est marginalisé et laissé pour compte », nous explique M. Gansonré.
Mais au-delà de la danse, Olivier Gansaoré dit vouloir montrer que l’art participe au développement durable. « Ces détenus ont un vide en eux et la danse vient en quelques sorte comme un rempart pour eux », dit-il. Et de préciser : « Je suis venu à la MACO dans un cadre très spécial pour montrer au détenu, qui est considéré comme le raté de la famille, le marginalisé, que par la danse, il peut être un exemple de la société et pour sa famille. Qu’il puisse inspirer d’autres ».
A l’instar de l’initiateur de ce projet, Ildevert Méda, homme de culture et écrivain, salue cette initiative qui vise à soutenir les détenus et à leur faire prendre conscience que la société, dehors, les attend impatiemment pour leur réinsertion. « Acceptez votre peine pour vous améliorer. Nous vous attendons dans la société avec enthousiasme pour que cet apprentissage vous soit utile une fois que vous serez dehors et que vous puissiez vivre de votre art », a-t-il martelé.
« Un détenu qui sort et qui arrive à s’insérer et à s’occuper de sa famille par la danse, c’est évidemment un produit concret », s’est réjoui Olivier Gansaoré. « A travers ce projet, je veux donner aux détenus un cadre récréatif, que la danse puisse leur permettre d’apaiser le poids de la prison », conclut Olivier Gansaoré tout en déplorant le manque de soutien des autorités, dont il attend un peu plus de soutien pour réaliser ses nobles projets.
La restitution finale de cette formation est prévue le 18 novembre 2021 dans l’enceinte de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).
Le samedi 17 juillet 2021 prochain, le Conseil national de la jeunesse procédera au renouvellement de ses instances dirigeantes. Radars Info Burkina a rencontré pour vous Moumouni Dialla, président sortant du Conseil national de la jeunesse (CNJ). Il nous parle de son bilan après 3 années passées à la tête de la structure, mais aussi de la crise qu’elle traverse à quelques jours des élections.
Le mandat de Moumouni Dialla à la tête du Conseil national de la jeunesse n’a pas été un long fleuve tranquille, de l’aveu même de l’intéressé. « Le mandat passé a été un mandat de difficultés, de mise sur pied du Conseil national de la jeunesse, de traçage du chemin que doit prendre la structure », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Au premier mandat, mon équipe et moi nous nous sommes mis à l’œuvre à travers nos bureaux régionaux provinciaux et communaux. Nous avons pu déconcentrer le Conseil jusqu’au niveau communal pour permettre la prise en compte des préoccupations des jeunes à la base. Vous verrez qu’à travers le ministère de la Jeunesse, nous avons plus de 38 000 associations au Burkina Faso », a-t-il indiqué.
Pour Moumouni Dialla, candidat à sa propre succession aux élections à venir, beaucoup reste à faire. Il faudra, selon lui, continuer le travail de capitalisation et d’accélération du processus de promotion de la jeunesse, notamment au niveau de la question de l’emploi des jeunes. Le président sortant compte à son prochain mandat aller au-delà des actes déjà posés en réorientant toutes les politiques publiques dans la création de l’emploi, en orientant les partenaires vers la création de l’emploi pour prévenir la radicalisation, les conflits et permettre à la jeunesse de s’épanouir.
Le Burkina Faso est confronté depuis un certain temps à une situation criarde d’insécurité, fait constater Moumouni Dialla, lequel précise que cette situation touche directement la jeunesse. « Aujourd’hui, il faudra que nous ayons une stratégie jeune pour accompagner la question de la résolution de l’insécurité, accompagner la question de la recherche de la sécurité au Burkina Faso. Après notre installation, il y aura une synergie d’actions au sein de la jeunesse pour accompagner la recherche de la paix et de la sécurité dans notre pays », explique-t-il.
Le Conseil national de la jeunesse a connu quelques remous ces semaines dernières. Des jeunes ont manifesté devant le ministère de la jeunesse pour dénoncer certaines manipulations de la commission chargée des élections par le président sortant. Selon ces frondeurs, les règles électorales ne sont pas respectées. Ils accusent Moumouni Dialla d’avoir une mainmise sur la commission pour favoriser sa réélection à la tête de la structure. Pour le président sortant, ces allégations sont infondées parce que le CNJ, comme toute structure, à des règles de fonctionnement. Le Conseil est attaché à ses textes fondamentaux, à savoir les statuts et le règlement intérieur, et en matière d’organisation des élections le Code électoral, auquel s’annexe la feuille de route qui a été adoptée de façon consensuelle. Ce que je veux dire à ce propos, c’est qu’on ne change pas les règles d’un jeu lorsqu’on sent qu’on est en perte de vitesse ou qu’on a épuisé sa dernière cartouche », conclut-il.
Utiliser le digital pour venir à bout du tabagisme, c’est le défi que s’est lancé l’Organisation mondiale de la Santé-Burkina (OMS-Burkina) à travers la mise en place d’un outil dénommé « M-sevrage Tabac », afin d’aider les fumeurs à arrêter. Pour en savoir davantage, Radars Info Burkina a tendu son micro à Moumouni Ouédraogo, chef dudit projet et consultant pour OMS-Burkina.
Selon Moumouni Ouédraogo, « M-sevrage Tabac » est un programme mis en place par l’OMS, l’Union internationale des télécommunications (UIT) et Expertise France et qui vise à offrir à tous les fumeurs qui le désirent l’accompagnement gratuit nécessaire, via leur téléphone mobile, pour réussir leur sevrage. Pour s’inscrire, les personnes intéressées doivent envoyer par sms le mot « laafisore » au 3350 et suivre les instructions. Ensuite, elles recevront des messages qui les aideront à arrêter de fumer. Ce programme enverra en moyenne trois messages par jour pendant le premier mois, puis trois messages par semaine les 2 mois suivants. Il est aussi possible de mettre fin au programme en envoyant STOP au même numéro.
La mise en œuvre de ce programme a été guidée par le développement croissant du digital. C’est facile d’atteindre plus de personnes à travers le téléphone. Cela a aussi l’avantage d’autonomiser les individus. « Vous êtes obligé d’aller voir un médecin et un soignant pour vous faire consulter et parfois les gens ne veulent pas se déplacer », explique Moumouni Ouédraogo.
En plus de « M-sevrage Tabac », d’autres initiatives sont à mettre à contribution, selon le chef du projet, notamment l’augmentation des taxes sur les cigarettes et l’interdiction de fumer dans les lieux publics. « Vous allez voir : au mois d’août, il y aura d’autres images sur les paquets de cigarette pour lutter davantage contre le fléau », conclut-il.
L’artiste slameur burkinabè Nael Melerd, Nathanaël Minoungou à l’état civil, a vu l’un de ses textes constituer le sujet de commentaire composé du Bac D, session 2021, dont les épreuves écrites ont débuté le jeudi 8 juillet sur toute l’étendue du territoire national. Joint au téléphone par Radars Info, l’artiste slameur a affirmé être ravi d’une telle reconnaissance.
« Je suis content, comme toute personne normale, que ce produit de ma pensée ait pu atteindre ce niveau d’importance », s'est réjoui d’entrée de jeu l’artiste slameur. « 100 millions d’années », c’est le titre du texte proposé en commentaire composé aux candidats au baccalauréat, série D, cette année. C'est un texte qui a été rédigé en 2018, comme nous le confie Nael Minoungou.
Le slameur raconte que la rédaction de ce texte est intervenue à un moment sombre de l’histoire du Burkina, particulièrement en proie à cette époque-là aux attaques terroristes et à la pandémie de COVID-19. Toujours selon lui, c’est la peur qui s'était emparée de lui et de ses compatriotes qui l’a amené à prendre sa plume en vue de redonner espoir aux populations. « J’ai écrit ce texte pour galvaniser mes compatriotes et leur dire qu'ils ne doivent pas se tromper d’ennemi », dit-il.
Dans son texte « 100 millions d’années », l’auteur affirme qu'en dépit du désarroi et de la psychose, il faut vivre et se serrer la main.
« J’ai l’impression qu’on espère que nos ravisseurs finiront par avoir pitié de nous, qu’on espère qu’ils finiront par nous lâcher. En réalité, la guerre est lancée et chacun doit s’armer de courage. Ce n’est plus nouveau, on connaît maintenant le phénomène. Que chacun s’arme par conséquent de courage pour vivre tout en combattant cette adversité», conclut Nael Minoungou.
Crise sécuritaire, insuffisance des intrants agricoles, hausse du prix des produits de grande consommation, tels sont les maux qui minent l’agriculture burkinabè ces dernières années. Pour mieux cerner ces phénomènes, Radars Info Burkina a tendu son micro à Christophe Ouédraogo, chargé à la formation au bureau national du Syndicat national des travailleurs de l’agriculture (SYNATRAG). Il nous parle des réalités du monde paysan mais propose aussi des solutions pour sortir le secteur de l’ornière.
« Les réalités du monde paysan sont aussi les nôtres. Nous sommes embarqués dans le même bateau». C’est en ces termes que Christophe Ouédraogo introduit son propos sur la question du monde paysan. Selon lui, la politique agricole nationale menée l’est vraiment sans boussole. « Nous naviguons à vue », martèle-t-il.
« C’est pourquoi, par exemple, des intrants qui devraient être disponibilisés avant le début de la campagne pour que les producteurs puissent les utiliser n’arrivent qu’en mi-campagne. C’est un peu le médecin après la mort et les quantités reçues sont même insuffisantes », explique ce travailleur de l’agriculture, l’air triste. Selon Christophe Ouédraogo, il est prévu 18 000 tonnes d’engrais pour un besoin d’un million de tonnes cette année. « C’est une goutte d’eau dans la mer », fait-il remarquer.
S’agissant des semences améliorées, c’est 6 000 tonnes qui sont disponibles, ce qui ne représente que 9% des besoins. « Vous comprenez qu’avec cela on ne puisse pas sortir de l’ornière ! On ne développera pas l’agriculture de ce pays avec ce type d’appui », poursuit-il.
Concernant la distribution électronique, processus par lequel on informe le producteur à travers un SMS qu’il a droit à telle ou telle quantité de produits agricoles, de nombreuses difficultés existent. Dans les faits, c’est au producteur qu’il revient d’aller voir le gestionnaire de stock, appelé « agro-dealer », pour recevoir sa part.
L’insécurité n’est pas à exclure des difficultés du monde agricole dans la fourniture des intrants. D’après M. Ouédraogo, c’est même l’une des causes principales. « Lorsque vous regardez les régions les plus touchées, notamment le Sahel et l’Est, vous constatez que c’était les plus abandonnées du pays, avec des populations majoritairement rurales et agricoles. Leur paupérisation favorise ce phénomène », affirme-t-il. « A côté de ce phénomène ambiant, il y a environ un million et demi de déplacés internes qu’il faut nourrir sur la base de la production nationale », continue-t-il. Il propose que l’Etat pense à l’idée que les zones qui ont une relative stabilité pourraient produire plus et dégager des excédents pour nourrir les populations déplacées.
Le chargé de la formation du bureau du Syndicat national des travailleurs de l’agriculture (SYNATRAG) a saisi l’occasion qui lui était offerte pour rendre hommage aux vaillants producteurs, aux déplacés internes et aux victimes de la barbarie des terroristes, parmi lesquels figurent certains de ses camarades et collègues.
En rappel, le SYNATRAG a tenu les 2 et 3 juillet 2021 à Ouagadougou son dernier congrès pour faire le bilan à mi-parcours du mandat du bureau national. Les participants en ont profité pour échanger sur les préoccupations des travailleurs de l’agriculture. Ce sont des militants venus des 13 régions du Burkina Faso qui ont répondu massivement au rendez-vous.
Wilfried, 37 ans, célibataire sans enfant, était à la barre du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou ce mercredi pour répondre des faits de vol de téléphones portables.
Les faits se seraient déroulés courant avril 2021. Appréhendé par la police aux alentours du stade du 4-Août, Wilfried avait en sa possession 4 téléphones portables emballés dans un sachet qu’il aurait frauduleusement soustraits à des individus venus suivre un match de football. Selon la déclaration de l’accusé, le sachet contenant les téléphones portables lui aurait été remis par une de ses connaissances, un certain « kôrô ladji ». Ce dernier, qui voulait faire ses ablutions pour la prière, lui aurait confié ledit sachet, selon la version de l’accusé.
Wilfried, dans sa déclaration à la police, a cependant reconnu les faits qui lui étaient reprochés. « Il m’a dit qu’il allait m’offrir un téléphone portable après la prière », confie-t-il dans sa déposition devant le procureur. Mais chose étrange, devant le tribunal, il nie les faits et prétend qu’il ne savait pas que le sachet en question contenait des téléphones portables. Pire, il affirme ignorer où habite celui qui le lui aurait remis, arguant qu’ils étaient juste des amis dans la rue.
Le procureur, dans son réquisitoire, a relevé des contradictions dans les propos du prévenu. Il lui a, en outre, fait remarquer que si son prétendu ami a pu emporter le sachet contenant les téléphones jusqu’au lieu de la prière, il pouvait très bien l’empocher aussi pour prier. Le procureur a donc requis contre l’accusé, qui selon lui est bel et bien coupable des faits qui lui sont reprochés, 24 mois d’emprisonnement et 500 000 F CFA d’amende.
Le tribunal, dans son délibéré, a reconnu Wilfried coupable des faits de vol qui lui sont reprochés et l’a condamné à 12 mois de prison ferme et 500 000 F CFA d’amende.
Conformément à la loi, l’accusé dispose de 12 jours pour interjeter appel du verdict du tribunal.