jeudi 5 février 2026

teer uneDans la matinée du lundi 4 mai 2020, la société minière Nordgold a offert du matériel médical d’une valeur de 50 000 000 francs CFA au ministère de la Santé. Ce don porte à 75 000 000 F CFA le total de la contribution de cette entreprise citoyenne à la lutte contre le coronavirus au Burkina Faso.

Le soutien des communautés locales est un élément clé de l’activité de Nordgold. «Dans un premier temps, nous avons commencé au niveau régional, où nous travaillons. Nordgold, à travers ses filiales du Burkina Faso que sont Bissa Gold à Sabcé et SOMITA à Taparko, a investi autour de 20 000 000 de francs CFA cumulés pour du matériel médical, des sessions de formation des agents de santé et des campagnes de sensibilisation des populations. Ces actions sont coordonnées et mises en œuvre sur le terrain par les districts sanitaires de Kongoussi pour Bissa Gold et Tougri pour Taparko», a expliqué Rasmané Sawadogo, directeur pays de Nordgold.

Par ailleurs, la mine répond à un appel du président qui invitait à la solidarité dans la lutte contre la maladie à coronavirus. «Nous ne pouvons pas rester en marge de cet appel du Président du Faso. 

teer 2C’est ainsi que nous avons décidé d’apporter notre contribution à la lutte contre cette pandémie. Maintenant ; nous sommes venus au niveau central. Nous avons apporté du matériel composé essentiellement de gants, de réactifs, de pipettes pasteur, de bonnets à usage unique, de masques, etc. La valeur de cet ensemble de ce matériel médical est évaluée à 50 000 000 FCFA. Nordgold se réjouit vraiment d’accompagner le ministère de la Santé » a ajouté Rasmané Sawadogo. En outre, afin de venir en appui au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo, cœur des opérations médicales contre le coronavirus, Nordgold a fait un don de trois (3) respirateurs artificiels et de deux (2) dispositifs portables d’oxygène d’une valeur 5 000 000 FCFA.

Le directeur de cabinet de la ministre de la Santé, Emmanuel Sorgho, qui a reçu le don de Nordgold, a exprimé sa reconnaissance à ladite société.

teer 3« Au nom de Madame le ministre de la Santé, Claudine Lougué, et du chef de l’Etat, je voudrais vous dire merci. Merci d’être venus au ministère de la Santé pour nous témoigner votre solidarité. C’est une contribution majeure. Venir avec les bras chargés du matériel qui est utilisé dans la lutte contre cette pandémie et qui se chiffre à près d’une valeur de 55 000 000 FCFA.  C’est une contribution à cette lutte qui mérite d’être saluée à sa juste valeur. Nous vous promettons d’utiliser ce matériel à bon escient afin que la lutte que nous menons soit, dans un proche avenir, un lointain souvenir», s’est-il réjoui.

Nordgold est une compagnie ayant trois filiales au Burkina Faso qui sont : Bissa Gold, la Société des mines de Taparko et Nordgold Saatenga. Elle évolue dans la région du Centre-Nord et celle du Plateau central. Bissa Gold est situé à Sabcé, dans la province du Bam, Nordgold Taparko à Namentenga (Boulsa) et la société Nordgold Saatenga dans la province de l’Oubritenga (Ziniaré).

Nordgold a commencé ses opérations en 2008. Entre 2009 et 2017, ce sont plus de 329 millions de dollars que l’enteprise a payés en taxes et royalties.

En plus d’être un grand pourvoyeur d’emplois, Nordgold vient à aide aux communautés par la formation professionnelle, les donations diverses et le développement de l’infrastructure sociale (construction d’écoles, de centres médicaux). Les initiatives sociales de Nordgold les plus importantes sont deux programmes principaux de réinstallation au Burkina : le programme de boulies, mis en oeuvre par la mine de Bissa en 2016, et celui de Tangarsi en 2017, réalisé par Taparko. 1100 personnes au total ont profité de ces programmes de Nordgold.

Aly Tinto

mgueTrès appréciée parce que savoureuse, la mangue est un fruit aux multiples valeurs nutritives. Elle est particulièrement riche en vitamines A et C, en minéraux, en fibres de même qu’en eau. De multiples vertus qui font d’elle un fruit à consommer à souhait, d'autant que c'est un fruit actuellement disponible dans bien des étals au Burkina Faso à un prix accessible.

Les mangues constituent une importante source d’antioxydants et sont particulièrement riches en vitamines C et A. La vitamine C aide à réduire la fatigue. Elle favorise également la production de collagène, qui aide la peau à rester ferme tout en la protégeant contre les UV. Les mangues sont gorgées de vitamine B6, ce qui fait d’elles un allié pour la santé cérébrale. En effet, cette vitamine joue un rôle important dans le maintien des fonctions cérébrales en même temps qu’elle préserve celles cognitives. En outre, elle aide autant à la gestion des humeurs qu'elle favorise un sommeil de qualité. La forte quantité d'acides glutamiques contenus dans ce fruit à la succulente pulpe jaune contribue à stimuler les cellules du cerveau et à améliorer la mémoire.

Consommer des mangues est très bénéfique aux femmes enceintes et aux personnes souffrant d'anémie, eu égard à  la forte teneur en fer de ce fruit, lequel est par ailleurs conseillé aux femmes post-ménopausées, qui s'exposent davantage au manque de fer dans le corps.Grâce à ses fibres, la mangue réduit le taux de mauvais cholestérol (LDL), ce qui permet de diminuer les risques d'accidents et de maladies cardiovasculaires.  La mangue fait partie des fruits les plus riches en bêtacarotène, car 100 grammes de mangue couvrent l’apport journalier recommandé en bêtacarotène. Le bêtacarotènes booste les défenses du système immunitaire, qui est la première barrière de notre corps contre les maladies et qui est par conséquent essentiel pour rester en pleine forme. De même, les antioxydants des mangues sont également centraux pour une bonne santé.

Les mangues contiennent de la vitamine K, essentielle à la santé des os, car elle permet l’absorption du calcium par le corps : en effet, les carences en vitamine K sont liées à des risques plus élevés de fracture osseuse. Les mangues contiennent également du calcium, nécessaire à la formation osseuse. Parce qu’elles sont riches en magnésium et en potassium et qu’elles contiennent peu de sodium, consommer des mangues est très efficace pour faire baisser sa tension artérielle.

Même si les vertus de la mangue sont incontestables, il faut noter qu’il faut en consommer en quantité raisonnable pour éviter les problèmes gastriques et éviter d’en consommer si l’on prend des anticoagulants, car une consommation trop fréquente de ce fruit peut accentuer le risque de saignements.

Armelle Ouédraogo

raa uneC’est un truisme d’affirmer que la maladie à coronavirus n’épargne aucun secteur d’activité depuis son apparition. Ce ne sont certainement pas les entreprises privées qui diront le contraire, d’autant plus que beaucoup d’entre elles subissent le contrecoup économique de la crise du Covid-19. La preuve, nombre de sociétés ont réduit l’effectif de leur personnel, traînent des arriérés de salaire ou ont simplement mis la clé sous le paillasson en attendant que la situation revienne à la normale. La rédaction de Radars Info Burkina est allée à la rencontre de quelques acteurs du privé pour s’imprégner de leur situation.

Au Burkina, comme partout ailleurs dans le reste du monde, la majeurs partie des secteurs d’activité tournent au ralenti et cela, en raison de la crise née du Covid-19. Le secteur privé, pour des raisons évidentes, est le plus touché, contraint qu’il est d’assurer la continuité du service même s’il n’y a pas d’entrées financières. Des charges comme le paiement des factures et des salaires ont fait que certaines entreprises ont dû fermer. D’autres ont dû procéder à une compression du personnel afin de réduire leurs charges. Il y a aussi des cas où des employés ont démissionné ou ont été obligés de trouver une autre source de revenu ou même de s’endetter à cause des arriérés de salaire. Un de nos interlocuteurs, employé d’un établissement d’enseignement privé, affirme n’avoir pas encore reçu son salaire de ce mois. « Le mois passé, nous avons reçu nos salaires à temps mais pour ce mois, nous n’avons rien perçu jusqu’à présent. Notre employeur dit que le compte de l’établissement est au rouge et que cette année, il n’y a pas eu beaucoup d’entrées », nous confie-t-il. Son avis est que ce genre de situation d’inconfort financier devrait être pris en compte dans la gestion des finances de l’établissement.

raa 2« Pour ne pas réduire notre personnel, nous programmons les employés de manière à ce que chacun puisse travailler et obtenir quelque chose à la fin du mois », explique Jean Marie Bakieka, gestionnaire de l’entreprise Eau Gloria. Un patron d’une entreprise de vente de matériel électronique et d’accessoires de téléphones, quant à lui, dit continuer jusque-là à s’acquitter du paiement de ses factures et des salaires de ses employés. Pour lui, ce genre de situation se prévoit et aussi, il n’a pas beaucoup d’employés à son actif donc pas trop de charges.

Peu de sociétés qui avaient fait des économies continuent de fonctionner grâce cette épargne en attendant que les activités reprennent leur cours normal, mais nombre d’entreprises privées sont confrontées à des défis financiers. Conséquence : beaucoup de leurs employés n’arrivent plus à s’occuper de leurs familles. Des mesures ont été certes prises par le chef de l’Etat pour atténuer les choses, mais la pandémie de coronavirus vient rappeler à chaque travailleur la nécessité d’épargner.

Elza Nongana (Stagiaire)                        

mangoesLa période de mars-avril correspond généralement à la saison des mangues au Burkina Faso. Les vendeuses de ce fruit à chair jaune dans la capitale s’approvisionnent surtout auprès des autres villes du pays. Des greffes aux mangues ananas en passant par celles ordinaires, les clients ont l’embarras du choix. Le moins qu’on puisse dire est que les vendeuses de mangues au bord du barrage de Tanghin sont connues de la plupart des Ouagavillois. Lisez plutôt.

Awa, vendeuse de mangues à Tanghin au bord du barrage, non loin du collègue protestant, y est installée depuis une dizaine d’années. Mariée et mère de trois enfants, c’est avec la vente des mangues qu’elle arrive à subvenir aux besoins de sa famille. Mais depuis l’apparition du coronavirus au Burkina, qui a entraîné une mise en quarantaine de nombreuses villes du pays, ces vendeuses de mangues n’arrivent plus à s’approvisionner comme auparavant et même si elles obtiennent le délicieux fruit à pulpe jaune, c’est à un prix exorbitant.

Awa précise que la variété de mangue communément appelée « timtim » provient de Bobo Dioulasso tandis que les mangues appelées « greffes » proviennent de Koudougou. « Cette année, les mangues manquent et les clients n’achètent plus comme avant ; le carton de mangues qui coûtait 12 500 francs CFA est aujourd’hui vendu à 15 000, voire 20 000 francs CFA», dit-elle. Elle ajoute que la plupart des clients apprécient ses mangues.

Quel est le secret de ces vendeuses de fruits et qu’est-ce qui fait leur particularité ? Awa nous répond qu’elle et les autres vendeuses au bord du barrage ont opté de ne vendre que des mangues naturelles : « Nous achetons les mangues cueillies directement de l’arbre, mûres et non mûres. On conserve les mangues non mûres dans des cartons en attendant qu’elles mûrissent pour les vendre ». Elle ajoute que contrairement aux autres vendeuses de mangues, elles ont pris la décision de ne pas utiliser de produits comme le carbure pour accélérer le processus de mûrissement. Une autre dame vendant des mangues ordinaires affirme qu’elle va cueillir ses mangues elle-même à Tintilou (Tanghin Dassouri) pour s’assurer qu’elles sont naturelles. Sur les lieux, un client venu acheter des mangues, affirme qu’il a l’habitude de venir acheter ses mangues à Tanghin. « Je loge à Pissy, mais je préfère venir jusqu’ici parce que les mangues sont vraiment naturelles. Lorsque je les mange je n’ai pas de maux de ventre, ce qui n’est pas toujours le cas quand j’achète les mangues ailleurs », dit-il. Une cliente renchérit qu’elle s’approvisionne en mangues soit à Tanghin, soit sur la route de Koudougou. « A l’intérieur de la ville, il est difficile de trouver de bonnes mangues si ce n’est à Tanghin ou à l’extérieur de la ville ». A les écouter, ces femmes constituent une référence en matière de qualité de mangues à tel point que parcourir de longues distances et payer des mangues à des prix un peu exorbitants ne leur causent aucun souci.

Elza Nongana (Stagiaire)

cnzo uneLe 3 mai est célébrée la Journée mondiale de la liberté de la presse. L’édition 2020 se déroule dans un contexte de pandémie de coronavirus. L’Organisation des Nations unies a placé la commémoration 2020 sous le thème : « Le journalisme sans crainte ni complaisance ». Au Burkina Faso, le thème choisi par le comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) est : « Médias, élections et insécurité : faire du journalisme sans crainte, ni complaisance ! » Cela, d’autant plus que le pays doit tenir en novembre prochain des élections présidentielle et législatives couplées. Ainsi selon le CNP-NZ, « en cette année 2020, les enjeux sont nombreux pour les journalistes, et sûrement, les risques aussi ».

Pour le comité de pilotage, la pandémie de Covid-19 fait certes l’actualité, mais elle n’est pas la seule préoccupation. « En plus du terrorisme, plusieurs pays du continent doivent organiser des élections à différentes échelles. En effet, les élections ont toujours été des facteurs d’accroissement des conditions de fragilité sur le continent, surtout pour la liberté de presse. Si l’on y ajoute le terrorisme, nous devons donc nous préparer à faire face à des moments difficiles », a soutenu le comité.

cnzo 2«En cette année 2020, les enjeux sont donc nombreux pour les journalistes, et sûrement les risques aussi. Ils seront à coup sûr au cœur de toutes les pressions. Malgré tout, ils doivent poursuivre leur travail sans complaisance ni parti pris pour telle ou telle chapelle politique », a-t-il poursuivi.

Le CNP-NZ a indiqué que le thème choisi est certes toujours d’actualité, « mais le Covid-19 s’est imposé davantage dans nos agendas ».

« Autant le traitement de l’information électorale et la couverture du terrorisme exigent à la fois une garantie de l’indépendance et une grande rigueur des professionnelles des médias, autant le Covid-19, avec les restrictions qu’il impose, nécessite des mécanismes de protection des journalistes », a expliqué le comité.

C’est ainsi que le CNP-NZ a dû « réduire au minimum les activités commémoratives de cette journée si importante dans l’agenda des médias burkinabè ».

Le Burkina Faso perd 2 places, se classant 38e sur 180 pays avec un score de 23,47 dans le classement mondial de la liberté de la presse, édition 2020, effectué par Reporters sans frontières (RSF). Le pays, qui était classé 36e en 2019, passe à la 38e place en 2020, soit une régression de 2 places.

«C’est le lieu d’interpeller les journalistes et les gouvernants sur les efforts à consentir pour sauvegarder les acquis en matière de liberté de presse », a martelé le CNP-NZ.

En outre, il salue « le courage de tous ces journalistes burkinabè qui s’investissent avec courage d’une part pour faire triompher la vérité à tous les coups en dépit des intimidations, des agressions, des calomnies et autres tentatives de corruption et d’autre part pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail ».

«Nous fondons l’espoir que les autorités tireront les conséquences du recul de notre pays dans le classement mondial et prendront des dispositions pour l’amélioration de l’environnement institutionnel, économique et social des médias au Burkina Faso », a conclu le comité de pilotage.

Aly Tinto

dte uneLe mois du jeûne représente pour les fidèles musulmans un temps de prière, de pénitence et de charité et une occasion pour eux de se rapprocher d'Allah. 30 jours durant, ils se privent de manger et de boire, du lever au coucher du soleil, a la recherche de biens spirituels. Pour profiter des retombées de ce jeûne, aussi bien sur le plan spirituel que sur celui physique, il est important de savoir quoi manger avant de jeûner et comment composer son menu de rupture du jeûne.

Pour bien vivre le mois de jeûne, il est important d'adopter une alimentation saine et équilibrée. En cette période de chaleur, il ne faut pas négliger l'eau qui se révèle être un allié de choix si on veut éviter la déshydratation. Yasmine Zerbo, diététicienne, recommande de boire un verre d’eau le matin au réveil avant la nourriture de l’aube et de boire 30 mn après le repas la quantité qui vous convient pour pouvoir tenir toute la journée. En outre, boire un verre d’eau avant la rupture du jeûne permet de lubrifier l’estomac avant de manger et de boire 30 mn après le repas la quantité voulue. En ce qui concerne les menus, elle conseille aux jeûneurs de ne pas mélanger les aliments afin de ne pas souffrir d’inconfort intestinal, de reflux et de ballonnements, tout en privilégiant les fruits et légumes. Le petit déjeuner doit être  riche et consistant, source d’énergie pour toute la journée tandis que le repas du soir doit être léger afin de faciliter la digestion et le sommeil du jeûneur. Il faut éviter de se gaver pendant la rupture, sinon on peut provoquer des douleurs intestinales, des reflux gastriques, des ballonnements et des vomissements. Rompez toujours votre jeûne avec 3 dattes ou un verre de jus de fruit de naturel pour que la glycémie revienne à la normale, 2-3 dattes équivalent à une portion de fruit. Pensez également à fractionner le repas de rupture du jeûne en deux parties pour éviter de surcharger l’estomac. Baissez votre consommation de sucre, de sel et de gras, pratiquez une activité physique au quotidien », ajoute-t-elle.

 Le repas de l'aube, la diététicienne recommande de le composer d'une boisson chaude (thé, café, lait), d'aliments protéiques (viande, poisson, œufs, produits laitiers, fromage), de fruits, de produits céréaliers (pain, riz, pâtes, couscous, bouillies, etc.) sans oublier de boire suffisamment d’eau pour ne pas être déshydraté  pendant la journée. Quant au repas du soir pour la rupture, il doit être équilibré  et plus léger que celui du matin. Il peut être composé de 3 dattes ou d’un verre d’eau ou encore d’un verre de jus de fruit naturel, d'une soupe ou bouillons de légumes qui apportent des sels minéraux et des fibres, d'un aliment protéique ou d'un produit céréalier.

Armelle Ouédraogo

jjob uneC'est dans un contexte de pandémie du coronavirus que les travailleurs du Burkina Faso et du reste du monde célèbrent cette année le 1er mai. Compte tenu de cette situation, l'Unité d'action syndicale (UAS) n'a pas voulu organiser une manifestation de grande envergure à l'occasion de cette fête du Travail. Elle s'est contentée de s'adresser à ses militants et aux autorités à travers une déclaration. Pour l'UAS,  les attaques contre les libertés démocratiques et syndicales, marquées au départ par la tentative des autorités d’adopter des lois liberticides, se sont poursuivies et ont même pris un relief particulier en 2020.

 « En cette période de pandémie, il nous plaît de rendre hommage aux personnels de la santé et des autres secteurs d’activité en première ligne qui se dévouent et même se sacrifient pour sauver des vies et fournir des services essentiels aux populations », a introduit la coalition syndicale.

L’UAS a, à la date du 26 mars 2020, rédigé une déclaration dans laquelle elle a fait au gouvernement un ensemble de propositions. « Si nous pouvons nous réjouir de la prise en compte de celle relative à la suspension des factures d’eau et d’électricité, nous observons que bien d’autres propositions sont jusque-là ignorées. 

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Il s’agit, en l’occurrence, de la suspension des loyers, de la baisse des prix des produits de première nécessité, de la mise à disposition des tests du Covid-19 et de l’augmentation de la capacité d’accueil des structures sanitaires », a tenu à rappeler l'UAS.

Selon ce mouvement syndical, outre la pandémie et ses effets, la situation nationale reste marquée par une recrudescence des attaques terroristes avec leurs lots de victimes et de déplacements des populations et par la poursuite des attaques contre les libertés démocratiques et syndicales.

jjob 3« Contre les libertés démocratiques et syndicales, marquées au début par la tentative d’adopter des lois liberticides, elles se sont poursuivies et ont pris un relief particulier en 2020 avec l’interdiction et/ou la répression de marches-meetings malgré la contestation des travailleurs, la saisine et l’avis de la commission des experts pour l’application des conventions et recommandations (CEACR) en 2014, le blocage de la révision du Code du travail, livrant les travailleurs du privé pieds et poings liés au patronat, la révision par l’Assemblée nationale du Code pénal  intégrant de nouvelles dispositions visant en fait à museler la presse et la liberté d’expression et les agressions contre les droits des travailleurs comme c’est le cas des mesures prises contre l’Alliance police nationale (APN), en violation non seulement des textes nationaux et internationaux sur la liberté syndicale mais aussi des décisions de justice prononcées par le tribunal administratif et le Conseil d’Etat », a dénoncé l'UAS.

Bien avant que la crise sanitaire liée au coronavirus ne s'installe au Burkina, le mouvement syndical avait engagé un bras de fer avec le gouvernement. « Comme l’an passé, nous réitérons notre appel aux travailleurs du public et du privé à maintenir et à développer l’unité d’action à la base autour des préoccupations communes, qui s’accumulent malheureusement », a dit l'UAS.

Dans son message à l'occasion du 1er mai, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a déclaré : « Je réaffirme l'attachement du gouvernement et sa disponibilité au dialogue avec tous les partenaires sociaux ».

Aly Tinto

 

 

tont uneSelon Wikipédia, la tontine est une association collective d’épargne qui réunit des épargnants pour investir en commun dans un actif financier ou dans un bien dont la propriété revient à une partie seulement des souscripteurs. En français facile, c’est un regroupement de plusieurs personnes qui décident d’épargner ensemble dans l’objectif de réaliser leurs projets. Au Burkina Faso, le système de tontine connaît un succès. Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Comment elle fonctionne ? Des réponses dans cet article.

De plus en plus d’individus préfèrent s’adonner au système de tontine plutôt qu’à celui d’épargne ou de crédit dans les banques et autres institutions financières classiques. Cela, parce que la tontine est accessible à toutes les couches sociales sans distinction de sexe et ne nécessite pas de taux d’intérêt. Des groupes d’amis, des voisins, des collègues peuvent décider de mettre une tontine en place. Ainsi la durée, le nombre de participants et le montant de la cotisation de chaque membre sont décidés par les acteurs. La tontine se fait généralement sur la base de la confiance. Il existe deux types de tontines : la tontine à accumulation et la tontine rotative. Celle la plus répandue au Burkina est la tontine rotative. Là, les participants s’engagent à verser un montant décidé par l’ensemble du groupe, à la fréquence déterminée par ce dernier. A la date de paiement, le total des contributions des membres est reversé à un des participants et c’est ainsi jusqu’à ce que tous les participants aient bénéficié de ces contributions.

Une secrétaire nous confie avoir initié une tontine de 25 000 francs CFA dans son service en vue de terminer la construction de sa maison. « Nous étions 10 et notre cotisation était mensuelle. A la fin du mois, la somme de 250 000 francs CFA était reversée à un des membres et c’était ainsi chaque mois jusqu’à ce que tout le monde reçoive cette somme », affirme-t-elle. Il y a des tontines pour acquérir des motos, du matériel de cuisine ou de construction, des meubles, des voitures, des vêtements, etc., bref un peu de tout. Pour nombre de personnes, la tontine permet de réaliser des projets en un temps record sans crainte de remboursement. Jessica Nimi ne dira pas le contraire, elle qui nous a confié : « J’ai participé à une tontine d’argent dans mon service et j’ai beaucoup apprécié. Les membres payaient dans les délais impartis et avec l’argent obtenu, j’ai pu me lancer dans le commerce ».

Malgré les nombreux avantages que présente le système de tontine, il a aussi de multiples inconvénients. Par exemple après avoir touché leur part, certains refusent de cotiser afin de permettre aux autres participants d’en profiter à leur tour.  Une dame nous raconte : « Un de nos collègues n’a pas été honnête avec nous. Il devait partir du service mais ne nous a rien dit. Au contraire, il a insisté pour être le premier à toucher. Après, il est parti sans crier gare et nous étions en colère et impuissants face à cette situation. » Il faudrait alors faire la tontine à nombre réduit avec des personnes dignes de confiance et qui respectent leurs engagements.

Elza Nongana (Stagiaire)

avovid uneUn groupe de 13 avocats burkinabè provenant de divers barreaux a lancé l’initiative « Avocats face au COVID » (Avovid-19) pour un audit juridique de la riposte au coronavirus au Burkina. Ce jeudi 30 avril 2020, des membres de ce Think Tank étaient face aux hommes de médias pour présenter leur rapport déjà rendu public intitulé « Initiative sur la gestion de la pandémie au Burkina Faso ». Il en ressort que le décret présidentiel du 21 mars 2020 instaurant le couvre-feu ne trouve aucun fondement juridique solide dans la législation de crise en vigueur au Burkina Faso et que la plupart des mesures prises sortent du champ d'application de l'état d'alerte sanitaire tel que prévu par le Code de santé publique.

Selon ces hommes de droit, la panique et la psychose liées à la lutte contre le coronavirus ont eu pour conséquence la prise de mesures, le plus souvent de manière hâtive et sans une analyse approfondie de toutes les implications juridiques. Nul besoin de rappeler que le Burkina Faso est un Etat de droit.

C’est pourquoi l’initiative « Avocats face au COVID » (AVOVID-19) est née. Sa mission est de mener des réflexions durant tout le temps de la crise et même après afin de proposer des idées, moyens, stratégies et actions pour faciliter la prise de décisions sur le plan strict du droit.

Dans son premier rapport, qui a consisté en un audit juridique de la gestion de la crise, 10 axes stratégiques ont été préalablement identifiés au regard des mesures prises par les pouvoirs publics. Ces axes stratégiques ont été regroupés en 4 principales rubriques qui sont : la gestion juridique de la crise, la gestion socio-économique de la crise, les répercussions politiques et intentionnelles ainsi que les questions spéciales et diverses.

avovid 2En ce qui concerne la gestion juridique de la crise, les avocats ont fait savoir que les différents actes juridiques ainsi que les mesures prises par les pouvoirs publics souffrent d'un véritable problème de fondement juridique.

« A titre d'exemple, le décret présidentiel du 21 mars 2020 instaurant le couvre-feu ne trouve aucun fondement juridique solide dans la législation de crise en vigueur au Burkina Faso. La plupart des mesures prises sortent du champ d'application de l'état d'alerte sanitaire tel que prévu par le Code de santé publique. La loi de 2019 portant règlement de l'état d'urgence et de l'état de siège ne constitue pas une base juridique suffisante pour la gestion de la pandémie…Il est nécessaire d’avoir une loi d’urgence qui tienne compte de toutes les situations de crise et fixe les compétences et pouvoirs des différentes autorités », ont-ils recommandé.

 « La loi 2019 sur l’état d’urgence concerne les situations de terrorisme. Elle est uniquement en rapport avec le terrorisme. Il fallait la modifier et étendre son champ d’application », a poursuivi Antoine Kaboré, principal animateur de la conférence.

Sur le plan du fonctionnement des services publics et des activités des entreprises, « le constat est que le principe de continuité du service public a été mis à rude épreuve à tous les niveaux. Des recommandations ont été faites à ce niveau en vue d’assurer la continuité du service public dans l’administration publique, de la justice et des entreprises ».

« Dans le rapport, nous avons présenté des options ainsi que les avantages et les inconvénients de chaque hypothèse sur les répercussions politiques et institutionnelles de la pandémie. Il appartient aux décideurs de tenir compte de toutes les considérations du moment pour pouvoir prendre l’option qui semble être la meilleure. La première hypothèse consiste en un réaménagement du calendrier électoral, non pas pour reporter les élections mais pour peut-être les tenir à bonne date mais en réaménageant le calendrier d’un mois ou deux de deux mois ce qui vous nous amener à la fin de l’année 2020 ou au plus tard en début 2021. En ce qui concerne la seconde hypothèse, qui consiste à reporter les élections d’une année, l’avantage est de tenir compte des contraintes au niveau sanitaire. Par contre d’un point de vue strictement juridique, cette hypothèse pose problème. En ce qui concerne spécifiquement le statut du président du Faso, il n’y a aucune règle constitutionnelle qui autorise la prorogation de son mandat pour des raisons liées à une situation de crise comme celle sanitaire. Ainsi, nous proposons que soit saisi d’ores et déjà le Conseil constitutionnel, si cette hypothèse doit se réaliser, pour avoir son avis sur la situation », a conclu M. Kaboré.

Aly Tinto

jnnePendant le jeûne du Ramadan, des valeurs comme le pardon et le partage sont prônées. Durant cette période, les couples se doivent soutien mutuel pour un bon déroulement du jeûne. Comment les couples biconfessionnels, en l’occurrence islamo-chrétiens, vivent-ils ce moment ? Comment se passe la cohabitation ? La famille Tarpilga a bien voulu partager avec nous son expérience.

La majorité des couples islamo-chrétiens vivent le jeûne musulman comme les couples dont les conjoints sont de même religion. Ils se soutiennent de façon mutuelle pendant cette période de privation. Le couple Tarpilga, islamo-chrétien et domicilié au quartier Karpala, est à sa troisième année de mariage. Dans ledit couple, l’époux est catholique et l’épouse musulmane. Selon Monsieur et Madame Tarpilga, même s’ils sont de confessions distinctes, c’est la compréhension qui prime dans leur relation. M. Tarpilga assiste son épouse en faisant le jeûne avec elle le premier jour du jeûne du Ramadan. « Je la réveille tous les matins à 3h du matin pour qu’elle puisse se préparer à son jeûne. Aussi, je fais tout mon possible pour être avec elle à la maison à l’heure de la rupture », précise-t-il. M Tarpilga accompagnait son épouse les années passées à la mosquée pour les prières du soir, pour la Nuit du destin et à l’occasion de la grande prière de la fête du Ramadan. « Si la nuit du destin coïncide avec un week-end, je veille avec mon épouse à la mosquée et nous rentrons ensemble à la maison au petit matin », affirme-t-il. Il jeûne aussi avec son épouse au dernier jour en guise de soutien comme le recommande sa religion. Chaque année, Dame Tarpilga, en bonne épouse, demande la permission à son mari pour faire le jeûne. jnne 2Permission que lui accorde toujours volontiers ce dernier. Mme Tarpilga, avant d’aller au service, prépare le repas de midi à son homme. Et le soir à son retour vers 17h, elle cuisine le repas du soir pour rompre avec son mari. « Je rends grâce au Tout-Puissant de m’avoir donné un mari compréhensif. Il me soutient beaucoup en cette période de jeûne du Ramadan ». Tout comme le mari accompagne son épouse durant cette période, Mme accompagne soutient son époux durant son carême. Vraisemblablement, l’harmonie règne dans ce couple biconfessionnel d’autant plus que les deux conjoints ont établi leur union sur de solides bases comme le pardon et la confiance. Si on se fie à la vie de ce couple, on peut dire que l’union mixte est bien possible.

Elza Nongana (Stagiaire)

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