jeudi 5 février 2026

yarassoula« La réussite, c'est la volonté, la combativité... Mes loisirs, c'est d’abord le travail, ensuite le travail et enfin le travail », disait le Dr Jacob Yarassoula Yarabatioula, lors de l'enregistrement de l'émission TH de la RTB, alors qu'il était la personnalité de rêve de l'étoile Djia Fatoumata. Est-ce le travail acharné, auquel il fait allusion, qui l'a conduit à la tête de cette prestigieuse école qui forme des hauts cadres du Burkina ? Le parcours atypique du docteur en dit long. Retour sur la vie de l'homme qui aujourd'hui a eu la confiance du ministre de la Fonction publique pour commander l'ENAM.

Originaire de la ville de Pô, région du centre-sud du Burkina, Jacob Yarabatioula est docteur en sciences de l'information et de la communication de l'université Grenoble-Alpes (France) et enseignant-chercheur à l'université Joseph Ki-Zerbo. Sociologue de formation, le Dr Jacob Yarabatioula est plutôt passionné de culture, dans laquelle il est très industrieux. Ses travaux dans ce domaine portent sur les industries culturelles et créatives, et s'inscrivent dans le double champ des sciences de l'information étude de la communication et de la sociologie.

Après une maîtrise en sociologie, le Dr Jacob Yarabatioula désire poursuivre ses études pour devenir plus tard enseignant chercheur. N'ayant pas obtenu de bourse pour un troisième cycle, il sera obligé de donner des cours de français à Koudougou, afin de réunir suffisamment de ressources pour financer ses études supérieures, cette fois-ci à l'extérieur. D'abord en Egypte, puis en France pour une thèse de doctorat en sciences de l'information et de la communication de l'université Grenoble-Alpes (France). Doctorat en main, il avait désormais son rêve de devenir enseignant-chercheur à portée de main. De retour au pays, il est engagé à l'université Joseph Ki-Zerbo, comme enseignant-chercheur en 2013. Même devenu enseignant, il ne fléchit pas. Il est co-auteur d’un rapport national sur « La montée de l’insécurité transfrontalière : Ce que disent 800 Sahéliens », un document réalisé dans le cadre de l’étude des perceptions des facteurs d’insécurité et d’extrémisme violent dans les régions frontalières du Sahel.

Son dévouement à la tâche et sa détermination ont amené le directeur du collège d'enseignement général de Agonon à Pô, Boundayo Philippe, à le choisir comme personnalité de rêve de l'élève Djia Fatimata, étoile à TH 2022. « La personnalité de rêve de l'étoile est un petit frère. Je l'ai vu se battre dans la vie. Il est parti de rien du tout et présentement il est à un niveau supérieur. C'était vraiment un bon exemple pour notre élève. Si elle le prend comme modèle, elle pourra aller très loin. Donc c'est la combativité de cette personne, son abnégation au travail, son sérieux et le courage qu'elle a dans tout ce qu'elle fait qui m'ont amené à la proposer à notre étoile », a déclaré Boundayo Philippe lors de l'enregistrement de l'émission le 21 juillet 2022.

L’homme est assez connu du monde culturel. En effet, pendant trois ans, précisément de février 2012 à janvier 2015, il a été administrateur du Centre de développement chorégraphique la Termitière à Ouagadougou. Il a aussi été coordonnateur des Nuits atypiques de Koudougou (NAK) de janvier 2007 à septembre 2009. Le Dr Jacob Yarabatioula est l’auteur de deux ouvrages dédicacés le 26 mars 2021 et préfacés par le Pr Serges Théophile Balima. Il s’agit de « Industries culturelles et créatives au Burkina Faso : Trajectoires et enjeux » et de « Industries culturelles et créatives au Burkina Faso : Analyse des filières ». 

A noter que le Dr Jacob Yarabatioula a été nommé directeur général de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) lors du Conseil des ministres du mercredi 10 août 2022.

Etienne Lankoandé

agra uneDans sa vocation d’aider à la transformation structurelle de l’agriculture africaine, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) s’adosse à une approche qui mobilise les acteurs étatiques, les exploitants agricoles, la société civile et les acteurs du privé  autour des défis cruciaux du secteur agricole. En collaboration avec le ministère de l’Agriculture, elle a échangé avec les différents acteurs ce jeudi 18 août 2022 à Ouagadougou sur la participation du Burkina Faso au forum pour une révolution verte en Afrique. L’objectif était de fournir aux porteurs de projets burkinabè de la chaîne de valeur agricole les informations pratiques sur le forum qui se tiendra à Kigali et la possibilité de mieux saisir les opportunités de financement et de réalisation de leurs projets.

agra 2Pour le représentant pays de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA-BF), Jules Somé, un Burkina Faso prospère ne saurait se départir de l’agriculture et de ses différentes chaînes de valeur. C’est pourquoi il a invité les porteurs de projets agricoles à une participation active à ce forum afin de tirer parti des investissements uniques et de réseautage qui se présentent avec la participation de l’ensemble des acteurs financiers à l’échelle continentale  ainsi que des partenaires financiers et techniques qui offrent ces opportunités soit de financement, soit de partage d’expériences ou de réseautage. C’est une opportunité pour construire un avenir meilleur pour tous les Burkinabè, a-t-il ajouté.

Quant au représentant du ministre de l’Agriculture,  à savoir le directeur général de la Promotion de l’économie rurale (DGPER), Mohamed Porgo, il a indiqué que le gouvernement burkinabè est depuis longtemps engagé dans une dynamique de promotion de l'entrepreneuriat. L’idée étant de pousser les acteurs du secteur à une professionnalisation plus avancée,  ce forum  aidera le Burkina à professionnaliser davantage le secteur agricole en permettant  aux acteurs de rencontrer d’autres acteurs au niveau africain de sorte à partager des expériences.

« La professionnalisation reste un objectif ultime pour que notre secteur agricole puisse prendre son envol et assurer la sécurité alimentaire de l’ensemble des Burkinabè, d’où  l’importance de participer à au forum », a-t-il conclu.

La 2e édition du forum pour une révolution verte en Afrique se tiendra du 5 au 9 septembre 2022 à Kigali au Rwanda sur le thème « Cultiver, nourrir et récompenser sur des actions audacieuses pour des systèmes alimentaires résilients ».

Flora Sanou

aafapp une112 médias privés, tous genres confondus, ont reçu la subvention de l’Etat par le truchement du Fonds d’appui à la presse privée (FAPP). Chaque organe de presse concerné recevra, in fine, entre 1 696 429 et 7 221 133 francs CFA, mais cela ne réjouit par pour autant les bénéficiaires. Ils dénoncent les difficultés pour entrer en possession de cette manne financière et les modalités de dépenses exigées.

Les responsables des médias sont unanimes : au regard de la spécificité des médias, il serait judicieux de revoir les modalités de justification de la subvention qui leur est accordée.

Pour André Eugène Ilboudo, directeur de la Radio des écoles, cette subvention a dévié de son objectif premier. La presse fait un travail d’intérêt public, donc l’Etat vient en appui à celle privée. « C’est un soutien qu’on apporte à la presse privée ;  cela ne devrait pas devenir comme une entreprise qui vient prester des services », dit-il. « Comment peut-on demander d’envoyer un contrat pour une dépense de 15 mille francs ? On rend la vie compliquée or la presse a une autre manière de fonctionner. Si vous devez acheter des piles, des unités pour vos reporters, devriez-vous signer des contrats pour cela ? C’est compliqué. Il faut revenir à l’esprit initial qui consistait à donner l’argent et à demander la justification », fulmine M. Ilboudo.

Pour les responsables des médias privés, au lieu que ce fonds leur serve d’appoint, il est en train de causer au contraire des problèmes.

aafapp 2Le fonctionnement du FAPP est aussi décrié. « Au départ ils donnaient l’argent au mois de mars mais actuellement ça peut traîner jusqu’en août. Parce qu’il y a une personne qui n’arrive pas à justifier, ils bloquent tous les bénéficiaires, même ceux qui sont en règle », dénonce le directeur de la Radio des écoles.

« Dites aux gens du BBDA, de l’ARCEP, de la CNSS et des Impôts que la subvention qu’on donne, ce n’est pas pour eux. Envoyez-leur une note pour le leur signifier », martèle un autre responsable de média.

« Le fonds alloué à la presse privée doit augmenter »

Le fonds a été mis en place en 1995 et subventionnait toute la presse privée nationale à hauteur de 400 millions. « Depuis cette époque, on est toujours à cette somme alors qu’actuellement, on est plus de 100 médias. Or, le Burkina Faso est l’un des premiers pays de la sous-région à avoir commencé à subventionner la presse privée. Mais actuellement, on est derrière ; la Côte d’Ivoire est à plus de deux milliards de FCFA de subvention, le Sénégal également. Il faut donc que l’Etat burkinabè pense à augmenter la cagnotte », plaide le directeur de la Radio des écoles.

Tous les responsables des médias privés proposent la relecture des textes qui régissent cette subvention.

Nafisiatou Vébama

fraisapeLes frais APE (Association des parents d’élèves) suscitent des débats ces derniers jours. Certains pensent qu’il faut simplement les supprimer tandis que d’autres citoyens proposent plutôt leur révision à la baisse. Pour ces derniers, l’Association a été créée dans un but : prendre en charge, au niveau local, certains aspects du fonctionnement des écoles. Pour Assamiyou Compaoré, président de l’Association des parents d’élèves du lycée Wendmanégda Ouaga 2000, il faut réguler les frais APE par des textes juridiques. Il estime qu’on ne devrait pas renvoyer un élève parce que ses parents n’auraient pas honoré lesdits frais.  

Pour Assamiyou Compaoré, président de l’Association des parents d’élèves (APE) du lycée Wendmanégda Ouaga 2000, la création de l’association s’inscrit en droite ligne de la politique éducative du Burkina. Elle répond à la loi 64/CNT 2015 et a forcément besoin de textes juridiques pour l'encadrer. « Malheureusement, de nos jours, nous constatons des dérives en ce sens que certains en ont fait leur caverne d’Ali Baba », dénonce-t-il. M. Compaoré estime qu’il est anormal de faire cotiser chaque élève au lieu de chaque parent quel qu’en soit le nombre d’enfants. « Un parent ne devrait cotiser qu’une et une seule fois en son nom, quel que soit le nombre d'enfants qu'il a », précise-t-il.

Le président de l’Association des parents d’élèves (APE) du lycée Wendmanégda Ouaga 2000 précise qu’il n’est pas contre la suppression de la cotisation APE ; il préconise plutôt sa révision à la baisse et une cotisation raisonnable. « Une cotisation de 5000 F par parent et non par tête d'élève serait raisonnable», souligne-t-il.

Les frais d’APE sont utilisés pour combler le manque à gagner dans l'organisation de certaines activités comme « les prix excellence, le soutien social de l'administration, du corps enseignant et des élèves, la tenue d'examens blancs, les cours d'appui, l'organisation de conférences de sensibilisation au civisme, au code de la route, à la dangerosité de la prise des stupéfiants, à la santé sexuelle, à la nécessité de l'acquisition d’une CNIB », cite Assamiyou Compaoré.

Il se désole qu’il y ait un manque de transparence dans la gestion du fonds APE dans les structures d’enseignement et désapprouve l'absence de cadres de redevabilité, ce qui cause des dysfonctionnement dans certains établissements.

Il faut donc des textes d'encadrement et de gestion de ces cotisations. Ainsi, « tout est à revoir : non à la suppression mais oui à la diminution des frais de cotisation ».

« Malheureusement, certains du corps enseignant ne se gênent pas de renvoyer les élèves non à jour des cotisations de leurs parents alors que les autorités ont toujours dit que l'école est obligatoire de 7 à 16 ans », déplore le président de l’association des parents d’élèves (APE) du lycée Wendmanégda, qui fait remarquer que « c'est l'association du parent et non de l'élève ».

Nafisiatou Vébama

aaouagaiLe prévenu comparaît ce 16 août 2022 au Tribunal de grande instance Ouaga I, pour répondre des faits de vol portant sur deux motos, une de marque Sania et l’autre Sirius. Le présumé coupable nie tous les faits qui lui sont reprochés alors que tous les faits l’incriminent.

Lors d’une fête, SZ dépose sa moto près du lieu où se tenait ladite fête. En quelques minutes d’inattention, il ne retrouvait pas son engin là où il l’avait déposé. Il se met donc à le rechercher  avec l’aide de ses camarades. Ils sont allés trouver la moto sous un arbre à l’écart et voulant savoir qui l’avait déplacée, ils se sont donc cachés pour voir qui viendrait la récupérer.  

Après quelques minutes, ils aperçoivent AC qui vient  s’accouder sur la moto, faisant semblant de passer un appel.

Le propriétaire l’a saisi et remis aux « koglwéogo », il a été ensuite conduit à la gendarmerie.

Lors de son interpellation, les gendarmes ont trouvé en sa possession une moto de marque Sania. Après vérification, il s'avère que cette moto est volée et appartiendrait à un nommé IK.

Interrogé sur les faits à la barre,  AC nie en bloc tout alors qu’on a trouvé sur lui un lot de clés de moto, ce qui lui permet selon le procureur de « débloquer les motos condamnées et les soustraire facilement».

Le prévenu affirme avoir acheté la moto de marque Sania à 315 mille francs sans avoir pris de document avec son voisin. « Celui avec qui j’ai acheté la moto a écrit son numéro sur un bout de papier et il m’a dit que si on me demandait les papiers de la moto je pouvais l’appeler mais, quand on est venu récupérer la moto, je n’avais plus le contact du vendeur pour l’appeler », explique le prévenu.

Quant à la moto Sirius, il dit ne  pas être au courant de qui l’a déplacée et affirme qu’il était juste venu communiquer et repartir. Sur le lot de clés, il insiste l’avoir ramassé et prétend qu’il comptait demander à qui appartenaient ces clés.

 

« Il faut donc que le tribunal lui inflige une peine exemplaire »

De toutes ces déclarations le procureur pose la question : Est-il coupable oui ou non ? « Il est conscient qu’il est la seule personne qui a été retrouvée avec les mains sur la moto. Contre toute attente, l’intéressé nie les faits mais comme on le dit, les faits sont têtus », s’exclame le procureur. 

Celui-ci est convaincu que la manière dont le prévenu se défend et nie les faits malgré l’évidence prouve qu’il s’est inscrit dans une logique de délinquance et n’est pas près de s’arrêter. « Je vous garantis que si ce monsieur sort dans 6 mois ou 1 ans, ne vous étonnez pas qu’il se retrouve devant vous. Il pense qu’il suffit de faire, venir nier les faits et se retrouver dehors. On dit qu’une faute avouée est à moitié pardonnée, lui, il a décidé de nier tous les faits malgré l’évidence, il faut donc que le tribunal lui inflige une peine exemplaire», argue-t-il.

Le procureur, dans ses réquisitions, a demandé au tribunal de condamner le prévenu  à une peine d’emprisonnement de 36 mois, dont 24 ferme, et à une amende de 500 mille francs assortie de sursis.

Le tribunal, déclarant le prévenu coupable des faits qui lui sont reprochés, a précisé que l’infraction portait uniquement sur le vol de la moto Sania. Il a par conséquent  condamné le mis en cause à une peine d’emprisonnement de 18 mois ferme ainsi qu’à une amende de 500 mille francs assortie de sursis.

Nafisiatou Vébama

aamarial uneA l’occasion de la commémoration de l'élévation céleste de la Vierge Marie, les membres de l'Association des amis du sanctuaire Notre-Dame de Yagma ont organisé un pèlerinage diocésain au profit des fidèles catholiques de l’archidiocèse de Ouagadougou. Tenu les 14 et 15 août 2022 sous le thème « Avec Joseph et Marie, prions pour la paix dans nos familles et dans notre pays », l’évènement a connu son apothéose avec la célébration eucharistique présidée par Son Eminence le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou.

C’est la procession avec la statue de la Vierge Marie qui a marqué la fin de la célébration eucharistique du jour et la clôture du pèlerinage. Après quoi, les fidèles venaient se prosterner au pied de la statue pour confier leurs intentions à l’intercession de la mère de Jésus. Selon certains fidèles que nous avons approchés, ce sont des prières qu’ils ont adressées à la sainte Vierge pour leurs familles ou pour un parent malade ou encore en quête d’emploi ; pour d’autres, c’est pour que la paix revienne au Faso. Jeanne, une dame de la paroisse Saint-Camille de Ouagadougou, nous a par exemple confié être venue dire merci à la Vierge Marie parce qu’elle lui avait confié les examens de ces deux enfants. Au finale, c’est trois enfants qui ont ramené des diplômes dans sa famille. « C’est le signe que Dieu écoute toujours les prières de la Vierge Marie ; il faut simplement savoir les lui confier », a souligné la fidèle catholique.

aamarial 2Selon l'abbé Kisito Nikiéma, chapelain au sanctuaire Notre-Dame de Yagma, il y a beaucoup de témoignages de gens qui viennent à Yagma pour prier et c’est parce qu’ils ont l’assurance de l’intercession de la Vierge Marie qu’ils le font. Et pour Son Eminence le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, c’est cela l’esprit de la prière et de la foi catholique en l’intercession de la Vierge Marie. Dans son homélie, il a affirmé que l’Eglise catholique reconnaît en Marie, proclamée « Mère de Dieu » (Theotokos) par la Concile d’Ephèse en 431, un rôle de médiatrice entre l’humanité et Jésus, tout comme à Cana où elle a efficacement intercédé en faveur des mariés. « Pour nous, chrétiens, la Vierge Marie est, après son fils, le modèle par excellence de la vie chrétienne, de la vie selon la volonté de Dieu. A sa suite, nous sommes donc appelés à vivre du mystère de l’Assomption », a renchéri l’archevêque.

aamarial 3S’agissant de la journée du 15 août, le cardinal Philippe Ouédraogo a souligné qu’elle est placée cette année sous le triple signe de la solennité de l’Assomption, de la clôture de l’année de la famille et de saint Joseph, et enfin de la prière pour la paix. Pour ce qui est de la fête de l’Assomption, Son Eminence a rappelé que c’est depuis le VIe siècle qu’elle a été unanimement admise dans l’Eglise catholique sous le vocable de « Dormition » ou de « Repos ». « En cette fête de l’Assomption, nous célébrons la Vierge Marie ‘’élevée en corps et en âme à la gloire céleste’’ », a-t-il relevé avant d’ajouter que c’est en 1950 que le pape Pie XII proclama le dogme de l’Assomption par la Bulle « Munificentissimus Deus ». Quant à la clôture de l’année de la famille et de saint Joseph, le cardinal a souligné que la famille constitue l’avenir de l’Eglise et de l’humanité. Nous devons donc en prendre soin et la défendre parce que pour lui, la famille est le premier lieu où l’on apprend à aimer. Parlant de saint Joseph, le cardinal a indiqué qu’après Marie, aucun saint n’a occupé autant de place dans le magistère pontifical que Joseph son époux ! « Il est bel et bien un intercesseur, un protecteur et le patron de l’Eglise universelle », a-t-il conclu.

Concernant le 3e acte majeur du jour qui a été la prière pour la paix, le cardinal est revenu sur les évènements du moment, qui menacent la quiétude et la vie des hommes. Il a, dans cette lancée, invité les fidèles catholiques à accepter de mettre tout en œuvre pour abattre les murs de haine, d’hostilité, d’incompréhension, d’extrémisme… « Comme je le dis souvent, la paix est un don de Dieu et le fruit des efforts des hommes », a souligné le père évêque avant d’inviter les chrétiens à persévérer dans la prière et les gestes de solidarité et de partage envers ceux qui sont dans le besoin, particulièrement les Personnes déplacées internes (PDI), estimées aujourd’hui à près de 2 millions.

Les évêques Jean Marie Ountani Compaoré, émérite de l'archidiocèse de Ouagadougou, Séraphin Rouamba, émérite de l'archidiocèse de Koupéla, et Thomas Kaboré, émérite de Kaya, étaient également à la célébration aux côtés du cardinal Philippe Ouédraogo.

Etienne Lankoandé

distrib uneLancée officiellement ce 12 août à Ouagadougou, précisément à la maison du Peuple, un lieu chargé d’histoire, l’opération de distribution de vivres et de cash transfert conduite par le gouvernement burkinabè entend soulager près de 3 millions de personnes indigentes, principalement des déplacés internes. Cette aide gouvernementale vise à accroître la résilience des bénéficiaires à la crise humanitaire.

Au Burkina, plus de 3 millions de personnes seront en situation d’urgence alimentaire entre juin et août 2022. L’insécurité a occasionné également des déplacés internes dont le nombre dépasse le million. Le gouvernement a donc décidé de voler au secours de ces nombreuses personnes indigentes à travers la distribution de vivres et de cash transfert.

Selon le Premier ministre burkinabè, Albert Ouédraogo, cette opération découle du plan d’action de la Transition et vise à répondre de façon efficace à la crise humanitaire à laquelle est confronté le Burkina en vue de renforcer la résilience de nos populations.

distrib 2« Cette opération contribuera à soulager  nombre de personnes en situation de besoins alimentaires et nutritionnels en cette période de soudure très éprouvante », a affirmé le PM.

Le chef de l’État, Paul Henri Damiba, a tenu à préciser qu’aucun acte de détournement de cette aide ou de favoritisme ne serait toléré. « Je mets en garde toute personne qui, pour des raisons inavouées, tramerait contre le bon déroulement de ce processus », a-t-il prévenu.

A entendre le ministre de la Solidarité nationale et de l’Action humanitaire, Wendlassida Lazare Zoungrana, cette opération traduit la volonté du gouvernement  d’apporter une assistance au maximum de personnes vulnérables durant cette période de soudure. Il a ajouté que c’est aussi un message de solidarité que le gouvernement veut faire passer afin que chaque citoyen burkinabè contribue à soulager au moins une personne vulnérable, qu'il s'agisse d’une personne déplacée interne ou non.

aadistrib 3Chaque bénéficiaire recevra 36 kg de céréales, supposés couvrir une période de trois mois. Ceux n’ayant pas obtenu cette aide en nature bénéficieront de cash transfert d’un montant équivalent à celui des vivres.

C’est avec beaucoup de gratitude que Mariam Nikiéma, l’une des bénéficiaires, a reçu son don : « Je suis veuve, donc ce don m’aidera à prendre soin de mes enfants. »

« L’annonce de cette opération nous a donné le sentiment de redevenir des citoyens pleins de ce pays, car nous avons souvent le sentiment d’être abandonnés. Cette opération vient rappeler que notre pays n’a pas oublié ceux qui appellent au secours », s'est réjouie Delphine Sourwemba, représentante des bénéficiaires de l’opération de distribution de vivres et de cash transfert.

Elle a émis le souhait que l’exécutif, à travers d'autres actions tout aussi salutaires, leur permette de mettre en œuvre des activités génératrices de revenus.

A noter que cette opération de distribution de vivres et de cash transfert concerne toutes les provinces du Burkina Faso.

Nafisiatou Vébama

terrAu Burkina Faso, les jeunes constituent une cible de choix pour les groupes terroristes. En effet, on constate que cette frange de la population est active tant dans le recrutement, la radicalisation au sein d’organisations extrémistes violentes que dans la commission d’attentats terroristes. Et on peut affirmer sans risque de se tromper que c’est principalement la situation sociale précaire de ces jeunes qui les pousse à rejoindre les rangs des « forces du mal ». Le Conseil national de la jeunesse (CNJ), conscient de cette réalité,  a donc initié un certain nombre d’activités en vue d’occuper sainement la jeunesse. Il s’agit de la création d’emplois, de la sensibilisation et de la mise en place d’un système d’alerte précoce.

Le moins qu’on puisse dire est que la situation sécuritaire du pays plombe sérieusement les activités économiques et sociales de la jeunesse, qui représente plus de 77% de la population. Face à cette pression du terrorisme, certains jeunes n’ont d’autre choix que de s’engager dans le camp de l’ennemi, qui leur promet monts et merveilles. La vulnérabilité des jeunes constitue donc une brèche dans laquelle s’engouffrent les groupes terroristes.

Pour le président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), Moumouni Dialla, les jeunes sont à la fois acteurs et victimes du terrorisme au Burkina Faso. « Nous avons compris que pour assécher les sources d’enrôlement des terroristes, il faut s’attaquer à la cause », affirme le responsable dudit Conseil. La solution, c’est de trouver des emplois aux jeunes.

Le président du CNJ confie que le Conseil est donc dans la dynamique d’une opération « un jeune, un métier », qui consiste à former les jeunes et à leur donner ensuite des kits d’installation dans des métiers porteurs comme l’agriculture, l’élevage, la technologie, etc.

« Au-delà de cela, il faut aussi les appuyer par de la sensibilisation parce qu’il y en qui sont pris au piège, qui ne savent pas à quoi ils s’adonnent. Nous avons entamé une vaste campagne de sensibilisation à la prévention de la radicalisation parce que comme vous le savez, le terrorisme est la phase finale ; avant d’y arriver, il y a la radicalisation qui conduit les enrôlés à avoir un point de vue extrémiste », explique M. Dialla.

Outre la formation à des emplois, des actions sont menées pour que les jeunes contribuent au renseignement, une donne cruciale dans la lutte contre l’hydre terroriste. « La lutte contre le terrorisme est une lutte armée et les jeunes peuvent y participer en offrant des services de renseignement. L’alerte précoce est un dispositif qui consiste à donner des informations sur les cas de terrorisme constatés dans certaines régions », a-t-il précisé.

La jeunesse doit s’engager activement

« La lutte contre le terrorisme ne peut être gagnée si la jeunesse n’est pas engagée. Il faut donc que les jeunes soient au centre des actions de la lutte », a insisté Moumouni Dialla qui a ajouté : « L’avenir d’un jeune s’inscrit dans la stabilité et le progrès du pays et si on a un pays qui vacille, tout naturellement les activités économiques et autres ne pourront pas se réaliser. »

Un appel a donc été lancé aux jeunes, ces acteurs-clés de la lutte contre le terrorisme, à s’engager pleinement pour participer à ce combat.

Nafisiatou Vébama

cybercrimDans cette interview dans laquelle il s’attarde sur les cyber-attaques et les arnaques en ligne, le lieutenant de police Julien Legma, chargé de la collaboration policière au sein de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), fait un décryptage sans langue de bois de la cybercriminalité au Burkina. Les types d’arnaques, le mode opératoire et les actions de bon sens à cultiver, voilà autant de points sur lesquels il se prononce. Lisez plutôt.

Radarsburkina.net : Que veut dire cybercriminalité ?

Lieutenant Julien Legma : La définition, la mieux partagée de la cybercriminalité, c’est que c'est l'ensemble des infractions susceptibles de se commettre en matière informatique, facilitées par l'utilisation des technologies de l'information et de la communication. Il y a deux volets concernant la définition. En matière informatique lorsque le cyber-délinquant ou la personne malintentionnée fait valoir ses compétences et s'introduit directement sur un système, on parle d'infraction en matière informatique ou d’attaque du système. Là c'est l'outil informatique qui est visé. S’agissant du second volet, c'est lorsque c’est l'outil qui a favorisé la commission de l'infraction. Dans ce cas, on parle d’arnaque en ligne, de piratage de compte comme Facebook et autres, de chantage à la webcam, etc.

Quels sont les différents outils à travers lesquels les cyber-délinquants peuvent commettre des infractions ?

LJL : Quand on parle de l'outil de technologie qui a facilité la commission de l'infraction, on cite le téléphone portable, la tablette, l'ordinateur, l’imprimante, tout ce qui est objet connecté. Actuellement on a même des montres qui sont connectées, et tellement d'appareils numériques, des jeux vidéos qui peuvent servir de canal pour les infractions en matière informatique. Dans l'usage de ces objets, on passe sur des plateformes. Et il y a plusieurs plateformes numériques comme les réseaux sociaux sur Twitter, Facebook, Tiktok ou même WhatsApp et bien d'autres plateformes numériques. Vous pouvez également vous rendre sur des sites Internet pour faire des achats ou des investissements en ligne.  Donc on peut, étant sur l'une des plateformes citées ou sur les réseaux sociaux, être une cible potentielle des cyber-délinquants.

Quels sont les types d'arnaques en ligne qu'on voit le plus souvent ?

LJL : L'arnaque, c'est le fait d'user d'un moyen ou d'une technique frauduleuse dans l'optique de soutirer un bien ou de l'argent ou même pour bénéficier d'un service. Maintenant c'est « cyber » parce que cela se produit sur le numérique ou sur le cyberespace. Et pour ce qui est des arnaques en ligne, il y en a plusieurs types. Nous avons par exemple les escroqueries, on a aussi des infractions comme le chantage à la webcam, il y a les cas des tontines en ligne, les piratages de comptes suivis d'escroquerie, il y a les questions de fond d'offres d'emplois ou de stages sur les réseaux sociaux, il y a également les questions d’investissement en ligne qui concernent par exemple les crypto-monnaie et bien d'autres. Donc il y a toute une panoplie d'arnaques en ligne qu'on peut retenir. Mais l'arnaque souvent est baptisée en fonction de la technique qui est utilisée.

LJL : Est-ce que vous recevez des plaintes d’arnaque régulièrement ?

La BCLCC est une structure spécialisée en matière de lutte contre la cybercriminalité avec une compétence d'agir au niveau national. La compétence est préférentielle, surtout pour ce qui est en lien avec la cybercriminalité. Ainsi,  que ce soit sur une infraction qui a été commise directement sur un système informatique ou dont l'outil technique a été à la base de la commission de l'infraction, nous sommes compétents pour recevoir une plainte. Donc pour tous les types d'arnaques que j'ai citées, nous sommes compétents. Mais au-delà même des arnaques en ligne, il y a des arnaques qui ne sont pas forcément commises en ligne mais dont la commission a été facilitée par l'utilisation de l'outil technique. Quand vous prenez les questions d'attaques des systèmes, par exemple si Radars info a un système de gestion de carrières de son personnel et une personne fait valoir ses connaissances et prend le contrôle du système, il ne s'agit pas d'une arnaque en ligne mais d’une infraction commise à travers un outil numérique.

Est-ce que vous constatez qu'il y a une hausse des crimes liés aux cyberattaques ?

LJL : Tout à fait : La BCLCC a été créée en mai 2022. De cette date à décembre 2020, nous avons reçu plus de 500 plaintes. En 2021, le service était assez connu et là nous avons reçu assez de plaintes. Nous avons reçu plus de 2000 plaintes. Pour ce premier semestre de l'année 2022, nous sommes déjà à plus de 1000 plaintes reçues. Et chaque année il faut noter qu'en moyenne le préjudice global tourne autour de 1 milliard de F CFA. Donc près d'un milliard de F CFA perdus pratiquement chaque année par les citoyens burkinabè.

Est-ce qu'il y a des cas isolés qui ne viennent pas vers vous mais que votre brigade a pu recenser ?

LJL : Bien évidement. Il faut noter que la question de la lutte contre la cybercriminalité n'est pas un monopole. Nous avons cette compétence préférentielle mais si vous considérez les autres services de police ou de gendarmerie, ils connaissent aussi des questions de cybercriminalité. Donc ils reçoivent également des plaintes liées à des cas de cybercriminalité, qu'ils traitent souvent à leur niveau et nous dans nos attributions nous avons cette mission également d'apporter assistance technique à l'ensemble des services de police judiciaire qu'ils soient de la police nationale ou de la gendarmerie dans le cadre de leurs investigations. Lorsqu'ils ont un dossier et ont besoin d'éléments ils peuvent nous requérir. Et dès lors que nous recevons cette requête nous la traitons et nous recherchons l'ensemble des informations qu'ils souhaitent et nous faisons un rapport d'expertise que nous leur envoyons à des fins d'exploitation. Oui ils reçoivent des cas de cybercriminalité qui ne sont pas forcément comptabilisés à notre niveau ce qui veut dire que s'il arrivait qu'on fasse le point global au niveau national, il est certain que le nombre de plaintes sera plus élevé.

Est-ce qu'il y a des résultats satisfaisants du traitement de ces plaintes reçues ?

LJL : Bien évidemment. Ce qu’on peut retenir, c'est qu'en 2020 nous avons déféré une vingtaine de personnes ; en 2021 on a déféré une trentaine et cette année déjà on est à plus de dix qui ont été déférés. Donc oui, il y a de la satisfaction parce qu'il y a des résultats palpables. Pour ce qui est de notre rôle qui est de collecter les éléments de preuve, rechercher les auteurs des infractions et les transmettre au parquet pour les autres fins. Donc c'est un travail d'échelle et à partir de notre niveau dès que vous parvenons à ça, nous pensons que nous avons atteint ce résultat. Et il y a des éléments de satisfaction par rapport à cela. Notre brigade aussi a contribué à déjouer certaines attaques de systèmes contre des entreprises de la place qui les ont permis de ne pas perdre assez de millions de F CFA. Donc il y a beaucoup à faire parce qu'il y a assez de victimes. Et il y a ce volet sensibilisation qui pour nous est l'axe central parce que nous souhaitons recevoir peu de plaintes, parce qu'il y a eu un travail qui a été fait en amont, de sorte à rendre les Burkinabè beaucoup plus prudents ou très peu exposés aux pièges de ces Cyber-délinquants.

LJL : Comment se protéger en ligne ou contre les cyberattaques ?

La protection en ligne est fonction de l'arnaque qui est orientée contre vous. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que lorsque vous êtes sur les réseaux sociaux, il faut éviter d'accepter des amitiés venant de personnes que vous ne connaissez pas. C'est ce qui facilité les piratages de comptes et les chantages à la webcam. C’est pourquoi nous invitons aussi les populations à ne pas partager des contenues sensibles en image ou en vidéo de leur propre personne à des personnes qu’elles ne connaissent pas, et même avec ceux que vous connaissez. Parce que comme on le dit, une relation peut être bien aujourd'hui et demain cette relation peut partir en vrille. Et donc pour cela, il est important d'éviter de partager des contenues assez sensibles de nous. Au-delà de cela il faut éviter d'aller sur des sites qui n'offrent pas une certaine sécurité. Il y en a même quand ils sont sur certains sites, à un certain moment, il y a un panneau noir qui sort qui les avertis que le site sur lequel ils sont n'est pas sécurisé. Mais au regard du contenu alléchant que le site offre, ils forcent pour y aller. Pourtant en ce moment ils exposent leurs données personnelles. Donc lorsque vous êtes sur un site, regardez au niveau de la barre d'adresse. Vous verrez généralement qu’il y a « https » qui est précédé d'un cadenas. Dès lors qu'il y a ce cadenas, vous savez que le site offre une certaine sécurité. C'est vrai qu'en informatique on dit qu'il n'y a pas de sécurité à 100% mais ce cadenas permet d'offrir un minimum de sécurité. Et aussi à la fin du Http il doit y avoir le ''s'' qui est la matérialisation qu'il y a une certaine sécurité dans la transaction. Donc si le ''s'' n'est pas là vous devez savoir que ce site n'est pas sécurisé et que vous devriez observer une certaine prudence.

Autres conseil que je voudrais donner, c’est premièrement qu’ici au Burkina quelqu'un d'autre peut te demander ta CNIB pour acquérir une carte SIM. Il faut faire très attention en la matière et ne pas donner sa pièce qu’à une personne qui est très proche de vous et dont vous êtes sûr. Et même cela nous vous recommandons la prudence parce que rien n'est sûr. C'est toujours mieux, si la personne dispose de ses documents d'identité de lui recommander d'utiliser les siens plutôt, de sorte qu'en cas de problème ça remonte à lui immédiatement. En plus de cela, il faut éviter les liens qui offrent des gains par exemple des mégas de tel ou tel réseaux. Il n'en est rien. Il faut aussi faire très attention à ne pas donner sa position en ligne. Nous voyons souvent des gens dans leur habitude, il est quelque part en train de manger ou de faire une certaine activité et c'est lui qui poste une photo “c'est ici qui est doux à l'heure-là“ et pendant ce temps quelqu'un qui vous suit sait déjà où vous êtes, ou que vous n'êtes pas à la maison et cela peut offrir un champ facile à un délinquant qui peut se rendre chez vous et vous voler. Également lorsque vous utilisez un mot de passe pour un compte il faut éviter d'utiliser sa date de naissance parce qu'on peut facilement deviner. Il y a tout un tas conseils à savoir afin de se protéger sur Internet.

Est-ce qu'il y a un lien entre cybercriminalité et terrorisme ?

LJL : Bien sûr, dans la mesure où la cybercriminalité peut être un canal qui conduise au terrorisme. Il y a plusieurs infractions en la matière. Quand les terroristes commettent des actions il y a des vidéos qui sont faites et qui sont relayées. Ces vidéos qui montrent des atrocités commises par les terroristes, il est certain que c'est eux-mêmes qui les ont produites et les ont balancées. Et ils savent qu'en le balançant, dès lors que plusieurs internautes l'auront partagé, ça va contribuer à créer l'effet de psychose et cela tue à petit feu les populations.

Le second volet est que de plus en plus les identités d'autres personnes peuvent être utilisées dans les questions de communication. Vous avez égaré votre CNIB, elle peut être utilisée. Et dès lors qu'elle est utilisée dans l'acquisition de carte SIM par exemple, c'est votre identité qui est enregistrée là-bas. Cette SIM peut être utilisée par des personnes de mauvaise intention. Et des éléments d'investigations peuvent conduire à vous. Également il faut savoir que cela peut offrir aussi des champs de financement au terrorisme. Que ce soit la question des crypto-monnaies, ou des transactions électroniques de manière générale, ils peuvent les utiliser à des fins de financement de leurs activités. Donc il y a lien entre cybercriminalité et terrorisme. Et l'un facilite le développement de l'autre.

Votre message à l’endroit des populations burkinabè.

LJL : Je voudrais dire aux populations de rester toujours prudentes et d’éviter le gain facile. Mais par-dessus tout c'est de parler d'un phénomène qui est devenu très récurrent, c'est le partage des contenus audio dans les plateformes numériques en général, qui souvent contiennent des propos diffamatoires, incitatifs à la haine ou à la discrimination sur les réseaux sociaux. Nous les invitons à éviter ce type de comportements qui contribuera à mettre en péril la nation qui est déjà éprouvée. Nous avons besoin de plus d'unité et de cohésion sociale. Et il est encore mieux d'utiliser ces réseaux sociaux pour diffuser des messages de paix, d'unités nationale. Il y a également la question du relai des fausses informations qui contribuent à créer davantage de psychose au sein des populations. Donc il faut toujours prendre le temps de vérifier la source et la véracité de l’information.

Interview réalisée par Étienne Lankoandé

frais apeDans une interview qu’il a accordée à Radars Info Burkina ce jour 10 août 2022, Issiaka Kaboré, directeur des Études (DE) du lycée privé Wend-Manegda Ouaga 2000, s’est prononcé sur la suppression des frais APE (Association des parents d’élèves) dans les établissements scolaires privés au Burkina Faso demandée au ministère de l’Education nationale par  le Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF).

Radars Info Burkina : Qu’est-ce que les frais APE ?

Issiaka Kaboré : C’est une cotisation annuelle de l’Association des parents d’élèves. Ces frais sont payés par chaque élève dans les établissements publics et ceux privés.

Le montant des frais APE est-il fixé par le ministère de l’Education nationale ou par chaque établissement d’enseignement ?

IK : L’Association des parents d’élèves (APE) est une « institution » reconnue par l’État. Elle n’a pas été improvisée ; elle figure dans le cahier des charges du ministère de l’Education nationale. S’agissant du montant des frais APE, il varie d’un lycée à un autre. À moins que je me trompe, c’est chaque établissement qui fixe ses frais APE.

A quoi servent lesdits frais ?

IK : Ils jouent un rôle très important dans le système éducatif si et seulement si il y a une transparence dans leur utilisation et s’il y a véritablement une rationalisation des dépenses. L’APE est un partenaire des établissements et a plusieurs fonctions : sociale, de médiateur  et d’assistance.

Primo, les fonds APE peuvent être utilisés pour financer une partie d’un examen blanc. Par exemple, l’école peut monter son projet  d’examen blanc et il se trouve que le budget alloué aux examens blancs est insuffisant. En pareil cas, l’école peut recourir à l’Association des parents d’élèves pour demander sa contribution. Secundo, certains établissements peuvent avoir des difficultés de paiement de leurs enseignants, surtout en fin d’année. Face à cela, si l’APE est en mesure d’apporter de l’aide, elle peut contribuer à  résoudre ce problème. Tertio, les activités socioculturelles des élèves en fin d’année sont en partie  financées par l’APE. Bref, celle-ci joue un rôle capital dans le système éducatif, d’autant plus qu’elle participe au succès des activités des établissements scolaires.

Au cas où le ministère de l’Education nationale donnerait son OK pour la suppression des frais APE tel que le demande le Réseau national des consommateurs  du Faso (RENCOF), quelles sont les alternatives que vous prévoyez, vu que, à vous entendre, celle-ci joue un rôle non négligeable ?

IK : À mon humble avis, il serait bien que l’État y mette de l’ordre, c’est-à-dire qu’il uniformise les frais en fonction des bourses et des salaires des parents d’élèves parce qu’il se pourrait que les frais soient élevés. Ainsi, on pourrait trouver le juste milieu : 1 000 FCFA ou même 500 FCFA, car il y a des APE qui vont au-delà de 5 000 FCFA. En tout cas, la suppression des frais APE ne serait pas une bonne idée. Par exemple, l’État pourrait octroyer une subvention aux établissements pour solutionner les problèmes. Sans compter que les établissements eux-mêmes peuvent récupérer ces frais autrement, notamment en les ajoutant aux frais de scolarité. On doit donc mettre l’accent sur l’essentiel, car il y a d’autres défis à relever.

Le mieux, ce serait donc que les différents acteurs du système éducatif travaillent en synergie et proposent les solutions idoines dans l’intérêt supérieur du pays, surtout pour l’amélioration de l’éducation. Il y a, par conséquent, lieu d’échanger pour trouver les solutions les plus appropriées. Il faudra faire preuve de sagesse et de responsabilité sur cette question des APE.

Interview réalisée par Flora Sanou

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