Procès Thomas Sankara et 12 autres : Le coup d’Etat du MPSR comme moyen de défense des conseils des accusés
Après les trois semaines accordées aux avocats de la défense pour préparer leurs plaidoiries, l’audience du procès Thomas Sankara et 12 autres a repris ce jeudi 3 mars 2022 à la chambre criminelle du tribunal militaire de Ouagadougou. Mais sitôt reprise, l’audience a été suspendue à la demande des avocats de la défense qui ont soulevé un cas d’exception d’inconstitutionnalité. Selon eux, le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a accédé au pouvoir par un coup d’Etat, ce qui est un attentat à la sûreté de l’Etat, et le président Damiba a prêté serment devant le Conseil constitutionnel, alors que certains accusés comme Jean Pierre Palm sont poursuivis pour attentat à la sûreté de l’Etat.
C’est l’une des conséquences du coup d’Etat perpétré par le MPSR le 24 janvier 2022. Un coup d’Etat qui perturbe le procès procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons, assassinés le 15 octobre 1987.
En effet, les avocats des personnes mises en cause par la défense ont déposé une requête auprès du Conseil constitutionnel demandant qu’il soit sursis audit procès. Selon les avocats de la défense, si le président Damiba a prêté serment devant le Conseil constitutionnel, cela veut dire que les coups d’Etat sont admis par la loi. Selon Maître Olivier Somé, la loi est générale et impersonnelle. Et si l’attentat à la sûreté de l’Etat est devenu légal, leurs clients ne doivent plus être poursuivis. « L’histoire du pays nous montre qu’il y a une forme de légalisation, de légalité de ces actes d’attentat à la sûreté de l’Etat. Si aujourd’hui il y a un cas d’espèce qui est posé et qui est patent, il faut que le Conseil constitutionnel se prononce. Parce que nous avons suivi les derniers développements de l’histoire du pays à la matière. Ceux-là sont poursuivis pour attentat à la sûreté de l’État, mais on verra bien si l’attentat à la sûreté de l’Etat, du point de vue du droit, est toujours interdit ou admis par la loi. Voilà pourquoi cette requête a été soumise au Conseil constitutionnel », a-t-il déclaré.
Cette démarche de la défense n’a pas surpris la partie civile. Pour Maître Prosper Farama, la requête de la défense est légitime, même si dans la forme la partie civile la trouve irrecevable. « L’actualité nationale politique nous rattrape dans ce procès. La question posée sur le plan national depuis un certain temps, c’est la décision prise par le Conseil constitutionnel relativement à la prestation de serment du président du MPSR et son investiture. C’est de savoir si en droit cela veut dire que désormais au Burkina Faso le coup d’Etat constitue un mode constitutionnel d’accession au pouvoir », a-t-il affirmé.
Cependant selon Maître Farama, les conséquences seront désastreuses pour l’Etat de droit si le Conseil constitutionnel valide la requête de la défense. « Ce qui voudrait dire que tous ceux qui sont poursuivis pour attentat à la sûreté de l’Etat dans l’assassinat du président Thomas Sankara ne pourraient pas être condamnés. Parce qu’ils auraient alors agi de façon légale parce qu’ils auraient organisé un putsch pour accéder au pouvoir. Cela enlèverait aux actes qui ont été posés le 15 octobre 1987 leur caractère infractionnel», a-t-il poursuivi. Ainsi, l’audience a été suspendue en attendant que le Conseil constitutionnel se prononce sur cette question dans un délai maximum d’un mois.
Barthélémy Paul Tindano
Nous vivons dans un monde trépidant où la quantité de données générées au quotidien s’accroît de manière exponentielle. Ces Data représentent le nouveau pétrole aussi bien pour les grandes entreprises que pour les administrations publiques. Cependant, vu leur énorme quantité il est devenu presque impossible de les traiter avec les méthodes traditionnelles pour en extraire de l’intelligence. Dans le but d'accompagner la jeunesse burkinabè à profiter de cette aubaine, le génie informaticien Dr Wendkuuni Moïse Convolbo est allé ce vendredi 25 février 2022 briefer les étudiants de l‘Institut du génie informatique et des télécommunications (IGIT) de l'Ecole polytechnique de Ouagadougou sur la collecte et le stockage des données de masse, la manière d'assurer la sécurité de ces données et leur traitement avec les nouvelles technologies. Une conférence publique saluée à sa juste valeur par ces futurs ingénieurs.
Pour l'expert informaticien, l'Afrique doit rattraper son retard dans la révolution de la technologie. Une chose qui passe par une formation à la fois de qualité et adaptée à ce domaine. Selon l'inventeur-chercheur et manager technologique, le boom numérique et celui démographique que connaît l'Afrique est une opportunité à ne pas rater. Ces deux éléments doivent être des vecteurs de développement pour l'Afrique. La Chine et l'Inde sont toutes passées par la coïncidence de ces deux booms. "L'Afrique en ce moment a les atouts pour relever le défi d'autant plus que hors de ce continent, on a une population vieillissante et le taux de natalité qui est en deçà du temps de remplacement qui doit être de deux moins un par couple. Donc ça représente une opportunité si les jeunes Africains sont bien formés pour compétir avec le reste du monde et si aussi ils ont cette ouverture d'esprit là qu'on leur donne en leur montrant ce qui se passe vraiment de l'autre côté pour qu'on sache que nous sommes vraiment en retard et qu'on doit redoubler d'efforts pour diminuer ou effacer la fracture numérique et la facture numérique ", a-t-il conclu.
Selon l’enseignant chercheur, par ailleurs journaliste, les autorités actuelles du Mali, à travers des sorties médiatiques, ont dévoilé les « scandales criminels » d'une coopération française basée sur l'incohérence, la tricherie, le mensonge, le faux et surtout le mépris. « Il faut retenir que sous les régimes démocratiques aux ordres, le Mali a encaissé trop de coups de la France qui était pourtant venue en sauveur de ce pays. Je ne vois pas quel plaisir le Mali tirerait à chasser un partenaire qui produit des résultats sur le terrain de la lutte contre le terrorisme. Tout cela a abouti à ce que la France soit chassée du Mali, qui n'a que faire d'une coopération et d'une diplomatie gagnant-perdant. Pour l'heure, la France cherche un asile pour déposer ses valises dont on ignore encore le contenu. Elle jouera toutes les cartes pour légitimer sa présence militaire sur le sol africain », a-t-il affirmé.
De l’avis de notre interlocuteur, la France usera de tous les moyens pour faire échouer le Mali, car ce pays est sur la voie de son affranchissement. « Le Mali offre ici l'occasion de changer de paradigme depuis la traite négrière et de fermer la parenthèse d'une coopération mafieuse. L'avenir de la Françafrique dépend du succès ou de l'échec du Mali(…). La France a horreur de ses esclaves qui veulent assumer leur révolte. Et ça, depuis les bateaux des négriers dans les océans. Gageons qu'elle échoue dans le cas du Mali. Restons soudés autour du Mali. La France n'a pas peur des dirigeants de son pré carré. Elle a plutôt peur des peuples éclairés », soutient-il.
Au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce mardi 22 février, quatre frères étaient à la barre pour une affaire de sorcellerie. C'est l'aîné, sa femme, son fils et sa fille qui ont attrait en justice trois autres membres de la fratrie. Ces derniers, qui ont comparu pour accusation de sorcellerie, coups et blessures et menaces de mort, ont finalement été relaxés par le tribunal au bénéfice du doute. Radars Info Burkina a assisté à l’audience.
Selon eux, c'est leur nièce, c'est-à-dire la fille de leur frère aîné, qui a dit que c'est sa mère qui est à l'origine de la mort de sa grand-mère. Mais elle également a tout nié. Situation tendue au tribunal avec d'un côté les trois frères et de l'autre leur frère aîné, son épouse, son fils et sa fille. Le président du tribunal était obligé de rappeler les différents protagonistes à l'ordre. Prenant la parole, le procureur a fait observer qu'en réalité, l'origine de la discorde entre ses différentes personnes, c’est la cour familiale, donc il s’agit d’un problème d'héritage. Selon lui, c'est une honte que des frères de même père et de même mère se livrent à des bagarres en y entraînant également leurs enfants à cause d'un problème qui ne devrait pas arriver jusqu’au tribunal. Pour le procureur, il est certain que le trio a accusé la femme du grand frère de sorcellerie, il y a bel et bien eu aussi menace avec une arme à feu, et l'un du trio a porté la main sur le fils de leur frère aîné. Cependant étant donné que les trois ont tous rejeté les accusations, il y a un doute, puisque c'est la parole de X contre celle d'Y. C'est pourquoi le procureur a demandé que les prévenus soient relaxés au bénéfice du doute, tout en exhortant les quatre frères à veiller à trouver un terrain d'entente pour ne plus avoir à revenir au tribunal pour le même problème. L'affaire se poursuivra dans une autre juridiction, étant donné qu'il est question d'héritage.
Des étudiants ont manifesté ce lundi 21 février 2022 à Ouagadougou contre le rejet de leurs dossiers par le Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER). Selon les mécontents, plus de 5 000 dossiers ont été rejetés. La raison invoquée par l’administration pour justifier ce rejet est le manque de fonds. Regroupés au siège du FONER, à Paspanga, les étudiants n'ont pas trouvé d’interlocuteur sur les lieux. Ils se sont alors rendus à la direction générale du FONER ; là non plus, il n’ont guère eu satisfaction. Selon la première responsable de cette structure, il n’y a pas d’argent disponible pour que tous les demandeurs du FONER puissent en bénéficier.
Selon lui, les autorités universitaires font tout pour supprimer le FONER, si l’on en juge par les réformes engagées par l’administration. « Lorsque vous regardez les nouvelles réformes qui ont été entreprises par le FONER, on dit que pour bénéficier du FONER lorsque tu viens d’arriver à l’université, l’âge passe de 26 ans à 23 ans. Cela veut dire si tu as plus de 23 ans, automatiquement tu tombes dans le prêt. Et pour le prêt on passe de 3% à 7% pour le remboursement », a-t-il poursuivi.
Cependant, selon la directrice générale du FONER, Dr Marie-Thérèse Arcens/Somé, le problème est bien plus complexe qu’il n’y paraît. « En 2020, le nombre d’étudiants est passé de 50 000 à 110 000. Or, le montant de la subvention n’a pas bougé. On reçoit toujours 7 milliards de F CFA. Les 7 milliards nous permettent de payer les allocations de 40 000 étudiants. En 2021, on a reçu 110 000 demandes d’étudiants postulant au FONER. Sur les 7 milliards, on a fait la première session et la deuxième ; à la troisième session on a eu des difficultés. On attendait de notre ministère de tutelle, qui est le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, qu’il nous octroie de l’argent. Il nous a octroyé 5 milliards de F CFA que le FONER doit rembourser. Pour la quatrième session, en octobre, au moment où on devait ouvrir la liste, ils nous ont dit d’attendre, qu’il n’y a pas de financement. En octobre, nous n’avons pas ouvert de liste, tout comme en novembre et en décembre. En janvier, on a reçu l’autorisation d’ouvrir une liste à hauteur de 4 milliards de F CFA alors qu’on avait besoin de 6 milliards», a-t-elle expliqué. Malgré ces précisions de la DG du FONER, les étudiants ne décolèrent pas. Ils ont regagné le campus en déclarant qu’ils se feraient de nouveau entendre s’ils n’obtenaient pas satisfaction.
Depuis le 24 janvier 2022, un nouveau régime est au pouvoir au Burkina Faso : il s’agit du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), dirigé par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Une période de transition s’ouvre donc au Pays des hommes intègres et ce, jusqu’aux prochaines élections. Soucieux de la réussite de cette transition, le Balai citoyen, mouvement de la société civile, a donné une conférence publique ce samedi 19 février à Ouagadougou pour interpeller les OSC sur le rôle qui devra être le leur dans cette Transition. « Burkina Faso, quelles sont les bonnes pratiques pour une Transition réussie ? Comment les acteurs des Organisations de la société civile (OSC) s’organisent pour contribuer à une Transition réussie ?» C’est le thème de cette conférence animée conjointement par le Dr Thomas Ouédraogo du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) et Ollo Mathias Kambou, membre du Balai citoyen.
Thomas Ouédraogo, directeur exécutif du CGD, est revenu sur les raisons du coup d’Etat et de l’adhésion populaire au MPSR. Elles ont pour noms crise sécuritaire et mal gouvernance. Pour lui, après le coup d’Etat, il va falloir maintenant travailler ensemble afin de trouver les voies et moyens pour accompagner le processus. « Le Burkina vient de loin mais aussi de près parce qu’on a connu une transition il y a seulement six ans et nous savons comment elle s’est achevée. Donc la première chose à faire, c’est de construire ensemble une équipe de transition. C’est une posture sacrificielle qui demande que les acteurs n’occupent pas des positions de rentes, mais qu’ils travaillent pour l’intérêt général et de manière convenable », a-t-il martelé.
S'agissant du rôle des OSC dans la transition, Ollo Mathias Kambou du Balai citoyen soutient que la société civile a essentiellement pour mission d'être un contrepouvoir. Toutefois, souligne-t-il, les OSC peuvent aussi faire des propositions concrètes qui pourront contribuer au succès de la transition, chose que le Balai citoyen a déjà faite. « L’une des propositions que le Balai citoyen a faite, c’est de répondre à l’appel à contributions que la commission mise en place pour proposer un projet de charte avait lancée », a-t-il précisé.
Si Ouédraogo reconnaît avoir pris de l’argent, ce n’est pas le cas du chef de mission, qui ne serait concerné par cette affaire ni de près ni de loin. Ce dernier affirme d’ailleurs qu’il n’a pas vu l’argent. Et le procureur de lui répliquer ironiquement : « Vous avez manqué la chance d’être millionnaire ».
Quant au nommé Balima, le parquet note qu’il est possible qu’il soit impliqué dans l’affaire. Cependant, il n’y a pas de preuve qui l’incrimine. Même les échanges sur l’argent se passaient entre Nikiéma et Ouédraogo. C’est pourquoi le parquet a demandé qu’il soit relaxé au bénéfice du doute.
D’ores et déjà, le CEMGN entrant sait quels défis il devra s’atteler à relever au plus vite. « Nos priorités, c’est premièrement la lutte contre le terrorisme. Deuxièmement, en tant que gendarmerie nous nous attaquerons aux différents fléaux, aux différents trafiques qui contribuent à alimenter ce phénomène. En ce qui concerne la refondation de l’Etat, notre priorité sera la lutte contre la corruption et la fraude afin d’assainir le paysage institutionnel du Burkina Faso », a-t-il déclaré. Pour y arriver, une réorganisation profonde de la gendarmerie s’impose, foi du chef des pandores. «Après une soixantaine d’années d’existence, il est impérieux que la gendarmerie nationale du Burkina Faso soit réorganisée, à l’image des gendarmeries sœurs de la sous-région, afin d’être pleinement opérationnelle pour répondre présente aux rendez-vous importants qui nous sont fixés. L’ancrage actuel de l’institution est préjudiciable à la sécurité et à la défense nationale. Les dysfonctionnements constatés lors de la dernière attaque survenue à Inata viennent rappeler l’urgence de procéder à une réorganisation profonde de notre institution afin de lui donner l’autonomie nécessaire à son efficacité, sans porter préjudice à la modernisation des autres armées et aux liens fonctionnels qui devraient exister », a-t-il poursuivi.
Le lieutenant-colonel Evrard Somda s’engage, en plus des misions actuelles de la gendarmerie, à œuvrer au renforcement du service social en vue d’une meilleure assistance psychologique des hommes engagés sur les théâtres d’opérations, à la dynamisation des unités de police judiciaire et technique, au renforcement des missions traditionnelles de la gendarmerie ainsi qu’au renforcement de la modernisation des emprises et des infrastructures de formation et d’entraînement. Selon le lieutenant colonel Evrard Somda, la gendarmerie devra, en outre, lutter contre des pratiques corruptives en son sein afin de légitimer son action régalienne.
Selon lui, cette intervention va prendre un peu de temps. Mais tout compte fait, d'ici demain vendredi 11 février dans l'après-midi, il y aura un retour de la situation à la normale.
Mais en attendant de pouvoir changer la pièce fissurée et de rendre de nouveau possible la fourniture d'eau, des initiatives sont prises pour alléger la peine des populations qui sont dans les quartiers de Ouagadougou les plus impactés par cette regrettable situation, notamment Bassinko, Karpala, Yagma et Bonheur ville . « Sur instruction de notre DG, nous avons pris des mesures pour convoyer des citernes d’eau dans les zones que nous avons estimées être très déficitaires », a fait souligné Francis Keré.
S’il y a un point sur lequel la défense va certainement attaquer, c’est bien certaines charges qui pèsent sur les accusés, notamment l’infraction d’attentat à la sûreté de l’Etat pour ce qui concerne Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Hyacinthe Kafando et celles de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat pesant sur Yamba Elisé Ilboudo, Bossobè Traoré et Nabonswendé Ouédraogo.










